Rencontre avec Jay Lin, PDG de la plateforme GagaOOLala

Il y a 1 mois
M. Jay Lin, militant LGBTQ+, PDG de Portico Media, cofondateur du Taiwan International Queer Film Festival (TIQFF) est aussi le fondateur de la plateforme de streaming LGBTQ GagaOOLala.
Jay Lin

GagaOOLala est présent cette année à Series Mania, dans la compétition Formats Courts, avec “Fragrance of the first flower”.


Yaël Yermia pour Ecran Total : GagaOOlala est un énorme succès puisque la plateforme est présente partout dans le monde. D’où viennent vos abonné.es?  Vous attendiez-vous à un telle réussite? 

Jay Lin – GagaOOLala : Nous avons des abonnés originaires de plus de 230 pays, soit plus que l’ensemble des pays membres des Nations Unies, puisque Taïwan n’en fait partie.

La plateforme propose plus de 2500 titres, ce qui est un nombre significatif puisque nous avons lancé GagaOOLala seulement en 2017. Au début, comme nous étions une petite structure, nous avons d’abord lancé la plateforme à Taïwan, puis à Hong Kong en 2018, en Asie du Sud-Est en 2019, et en 2020, partout dans le monde.

Pendant la pandémie, nous avons constaté une hausse de la demande de contenus en streaming, en provenance des États-Unis et d’ailleurs. Et depuis 2021, nous nous concentrons sur la production de contenus originaux, 14 sont en cours actuellement, cela fait 40 en tout depuis notre lancement en 2017.

La pandémie a-t-elle changé votre vision de la production ?

Absolument. Nous avions de nombreuses coproductions internationales en cours (avec les Philippines, la Thaïlande, le Mexique) et en raison de la pandémie nous avons dû faire des ajustements.
Nous avons mis de côté de nombreuses coproductions internationales. Comme nous sommes dans une période d’incertitude, nous nous concentrons sur des projets plus petits avec de petites équipes. Mais cela ne nous pose pas de problème, car nous sommes une petite plateforme avec un budget réduit, et nous devons donc être plus créatifs. Avec de petites équipes de production, nous avons pris conscience qu’il fallait nous adapter à l’air du temps (zeitgeist). 

Cela a d’ailleurs plutôt bien fonctionné. Nous avons créé des projets tels que “Unlocked”, en collaboration avec Adolfo Alix Jr., un réalisateur philippin. Cette série est la première série d’anthologie mondiale LGBT sur les relations LGBT pendant le confinement. “Unlocked” a résonné positivement dans le monde entier. Aux États-Unis, elle a été la série la plus regardée de l’été parce qu’elle a rencontré un écho favorable chez beaucoup de personnes angoissées et inquiètes quant à l’avenir de leurs relations amoureuses.

« Cette satisfaction de savoir que ce que je faisais aurait un impact sur le monde m’a toujours permis d’aller de l’avant. »

Quand est sorti “Unlocked” ?

“Unlocked” est sortie en juillet 2020. Il y avait en tout neuf épisodes, avec à chaque fois des acteurs différents, mais la même équipe technique. Il y avait un épisode sur les personnes en couple depuis longtemps qui se demandaient comment elles allaient se supporter sur le long terme, des personnes confinées dans des petits espaces, et d’autres sujets liés au confinement.

Unlocked : l’un des plus gros succès de la plateforme GagaOOLala

Comment choisissez-vous les films et les projets ? Certaines histoires vous attirent-elles plus que d’autres ?

Je pense qu’il y a des histoires captivantes, mais plus que les histoires, ce qui compte pour nous c’est le créateur. Je ne pense pas qu’une histoire puisse être consistante sans un bon créateur.

Nous travaillons avec les créateurs avec lesquels il y a une bonne alchimie, avec qui nous partageons les mêmes idées. Nous voulons mettre en scène des envies, relever des défis ensemble et avoir une communication fluide, tout cela en symbiose avec le créateur.
Avant GagaOOLala, j’ai cofondé le Taiwan International Queer Film Festival (TIQFF) en 2014 et je l’ai dirigé pendant trois ans. Pendant ces trois années, j’ai rencontré de nombreux producteurs et réalisateurs du monde entier et j’ai pu les inviter à Taiwan. 

Ce fut mon premier contact avec les créateurs avec lesquels j’ai décidé de travailler, parce que nous avons appris à nous connaître, à comprendre l’originalité de chacun.

Donc le plus important pour moi est d’abord le lien avec les créateurs.

L’histoire vient ensuite. Grâce à une collaboration, tant du point de vue de la plateforme que du créateur, nous sommes en mesure de créer un nouvel idéal, qui n’est pas seulement celui du réalisateur, mais qui comporte aussi des éléments susceptibles de fonctionner sur notre plateforme de streaming. Et au fur et à mesure des échanges, nous finalisons des projets gagnants pour GagaOOLala.

En général, comme il s’agit d’un service de streaming LGBT et qu’il est nouveau en Asie, nos projets sont souvent les premiers du genre. Par exemple, au début de l’année, nous avons produit une série intitulée “Pappa & Daddy”, avec le premier personnage gay dans une série asiatique au centrée sur le sujet de la parentalité et de l’éducation familiale.

Nous avons également réalisé une coproduction avec Anusorn Soisa-ngim, un réalisateur thaïlandais, pour une série intitulée “Call it what you want”, sur le harcèlement sexuel et les abus sociaux dans l’industrie du divertissement en Thaïlande. C’est également une première du genre pour une coproduction taïwanaise sur une série.

Ce sont donc des défis que nous aimons relever, créer de nouvelles histoires, avec de nouveaux points de vue et qui n’ont jamais été racontées auparavant.

Comment votre plateforme a-t-elle eu un impact sur la vie des gens ? Avez-vous reçu des témoignages liés aux contenus diffusés par GagaOOLala?

Oui, et pas seulement en provenance Asie, mais du monde entier, y compris d’Afrique, d’Amérique. C’est pourquoi il est si stimulant pour nous de poursuivre ce travail.
En fait, la principale raison pour laquelle j’ai voulu faire GagaOOLala, est que lorsque je dirigeais le TIQFF, j’ai reçu de nombreux messages de personnes originaires d’autres pays d’Asie, comme l’Indonésie, la Malaisie, qui m’écrivaient pour me demander : « Pouvez-vous trouver une solution pour nous rendre ce film accessible ? » . Comme vous le savez, le contenu LGBT est extrêmement censuré en Asie et il n’y a pas de moyen légal pour beaucoup de gens d’avoir accès aux histoires LGBT. D’où la naissance de GagaOOLala.

Et une fois que GagaOOLala a été lancée, nous avons pu rendre accessible un grand nombre de films et de séries. En effet, nous avons une option gratuite sur GagaOOLala, à laquelle tout le monde peut accéder. 

Nous essayons d’y mettre du contenu, des documentaires et des fictions, qui parlent à toute la population LGBT. Nous prenons ce rôle très à coeur. Et j’espère que nous continuerons de produire du contenu gratuit pour les individus en quête de réponses et de personnages auxquels s’identifier.

Etes-vous inspiré par des contenus étrangers ? Achetez-vous des contenus d’Asie, d’Amérique, d’Europe ?

Nous essayons d’être présent le plus possible sur la scène internationale. Actuellement notre contenu est composé à environ 65% en provenance d’Asie, et de 35% d’autres pays du monde.

Notre équipe de programmation se rend dans tous les festivals grand public et LGBT. Elle noue des contacts avec de nombreux producteurs et réalisateurs indépendants, ce qui nous permet d’avoir accès à un grand nombre de contenus. 

J’espère que plus GagaOOLala se développera, plus nous serons en mesure de proposer davantage de contenus. Mais actuellement, je pense qu’avec 2500 titres, nous possédons la plus grande médiathèque de films et de séries LGBT au monde.

Outre le contenu LGBT, quelle est l’originalité de votre plateforme par rapport à celles comme Netflix ou Prime Vidéo ? Comment vous situez-vous par rapport à elles ? Votre modèle économique en est-il proche ou éloigné ?

C’est un peu comme David et Goliath. Nous sommes une toute petite plateforme comparée à Netflix et Prime Vidéo.

Mais nous sommes le premier service mondial de streaming OTT de Taïwan et nous sommes présents aux quatre coins du globe. Même si elle est orientée LGBT, je pense que le contenu que nous créons est très différent de celui que l’on peut trouver sur d’autres plateformes grand public.

Nous nous intéressons de près à la communauté LGBT pour trouver des films et des séries authentiques et percutants. 

Et beaucoup de nos titres sont des courts métrages. Ce format est aujourd’hui complètement adapté à la consommation de contenus en ligne. D’ailleurs, nous souhaitons un espace important réservé aux courts métrages sur la plateforme. Beaucoup sont très bien réalisés. Ils sont présents sur une plateforme pour que les gens puissent les voir pendant un court moment. Mais la durée de vie d’un court-métrage est elle aussi très courte. Vous faites un court métrage, il est présenté dans un festival ou non et puis c’est terminé.

Nous voulons que GagaOOLala soit une plateforme où de nombreux courts métrages de qualité aient le temps d’être découverts.

En effet, c’est une vraie différence par rapport aux autres plateformes. 

Nous avons fait une découverte sur notre plateforme. Elle attire aussi des femmes hétérosexuelles. Beaucoup de femmes consomment aujourd’hui ce qu’on appelle des films ou des séries BL, qui signifie “Boys Love” . C’est un phénomène énorme en Asie en ce moment et partout dans le monde, beaucoup plus récent en occident.

Les BL sont un peu comme des soap opera, des histoires à l’eau de rose, et mettent en scène deux hommes amoureux. Ces histoires attirent de plus en plus le public féminin. La tendance a commencé au Japon, puis en Thaïlande, à Taïwan et maintenant s’étend dans d’autres régions de l’Asie. Partout on crée du contenu BL.

Et non seulement le contenu BL est de plus en plus produit, cet engouement s’étend non seulement aux femmes mais aussi à toute la communauté LGBT. 

Nous trouvons ce phénomène démographique très intéressant. Lorsque nous avons lancé la plateforme en 2017, jamais nous n’aurions anticipé l’importance de ce phénomène. 

Le contenu BL vu chaque jour l’est à 30 à 40% par des femmes.

Comment expliquez-vous ce succès ?

Comme tout phénomène, il a de nombreuses raisons. Mais je pense que pour beaucoup de femmes, regarder une histoire d’amour entre deux hommes plutôt beaux est un moyen d’évasion. Les femmes ne se projettent pas et ne se comparent pas à un protagoniste féminin, elles se passionnent pour ce fantasme romantique. Je pense que c’est l’une des principales raisons pour lesquelles il y a une augmentation de la consommation du contenu BL en Asie et dans d’autres parties du monde.

« Inspirer, changer le cœur et l’esprit de personnes partout dans le monde »

En quoi la plateforme GagaOOLala est-elle liée à votre histoire personnelle ? Pourquoi vous êtes-vous engagé à créer GagaOOLala en plus du festival ? Y avait-il quelque chose de plus grand qui vous animait ?

En 2004-2005, j’ai d’abord créé Portico Media, une société de production de contenus digitaux. Pendant les dix premières années, nous nous sommes concentrés sur l’apport de contenus extérieurs. Aujourd’hui encore, nous continuons et travaillons avec des sociétés comme NBCU, Viacom, A&E. 

Puis il est arrivé un moment où j’ai réalisé que la situation de l’agence était précaire, qu’elle pouvait fermer à n’importe quel moment et que nous n’aurions laissé aucune idée, aucun contenu, aucune trace.

C’est donc dix ans plus tard, lorsque notre activité s’est stabilisée, que j’ai commencé à explorer ce que nous pourrions faire de mieux. D’une part, si nous possédions la plateforme, nous possédons la marque et, d’autre part, nous pourrions éventuellement diffuser notre contenu en dehors de Taïwan, dans d’autres parties du monde. 

À cette époque, j’étais également plus à l’aise avec mon identité et mon orientation sexuelle. Je me suis retrouvé à un poste à responsabilité dans l’industrie des médias à Taïwan où ma décision de faire plus de choses en rapport avec la communauté LGBT pouvait avoir un impact.
Et cet impact serait non seulement en B to C, c’est-à-dire envers les consommateurs, mais aussi en B to B, auprès d’autres producteurs, de chaînes de télévision ou des sociétés de production. J’ai finalement décidé de faire le grand saut, j’ai senti que c’était quelque chose que je pouvais faire, avec mon coeur, et qui m’apportait beaucoup de joie. 

Et j’ai essayé de mettre toutes ces histoires, de faire connaître cette plateforme dans d’autres parties du monde. GagaOOLala m’a aidé à ranimer cette flamme en moi, un peu éteinte après dix ans passés à diriger Portico Media.

J’ai donc d’abord cofondé le Taiwan International Queer Film Festival (TIQFF) et, comme je l’ai dit plus tôt, j’ai réalisé que le TIQFF avait un grand potentiel de développement en dehors de Taïwan.

J’ai ensuite lancé GagaOOLala, à l’origine une plateforme de streaming, puis j’ai créé une partie production, avec la création de GOL STUDIOS, qui nous permet de créer des histoires plus originales adaptées à nos abonné.e.s. 

La structure GagaOOLala faisait aussi partie des membres fondateurs de la Coalition pour l’égalité du mariage à Taïwan créée en 2016 pour faire avancer l’adoption de la légalisation du mariage homosexuel à Taïwan. GagaOOLala a donc été un membre très actif dans notre combat pour la législation du mariage entre personnes du même sexe et des droits LGBT.

Savoir que cette énergie où tout ce que je faisais, qui venait s’ajouter à l’entreprise, pourrait bénéficier à la société dans son ensemble, était très gratifiant. 

Mais il y a eu des moments de surmenage. En 2016, j’ai eu des jumeaux, aujourd’hui âgés de cinq ans, et je devais gérer l’entreprise, plus lancer GagaOOLala. J’ai failli m’effondrer. Mais cette satisfaction de savoir que ce que je faisais aurait un impact sur le monde m’a toujours permis d’aller de l’avant.

En effet vous êtes en phase avec votre époque et votre société. Y a-t-il d’autres pays que Taïwan où il existe une telle liberté ?

Non, à Taïwan, nous sommes très privilégiés. Nous vivons dans une société plutôt progressiste, libérale et ouverte à la communauté LGBT.

C’est pour cette raison que je veux travailler encore plus dur pour continuer de faire ce que nous faisons, et que nous puissions, par nos histoires et notre plateforme, continuer d’inspirer, changer le cœur et l’esprit de personnes partout dans le monde.

Reed Hasting dit qu’il n’applique qu’une règle à sa plateforme c’est aucune règle (« no rules rules »). Quelle est la vôtre ? Avez-vous un management particulier à part votre relation spécifique avec les créateurs ?

Le plus important pour nous, comme vous l’avez dit, c’est notre relation avec les créateurs.

Ensuite, pour que notre activité soit durable, nous avons pour objectif la construction d’un écosystème cinématographique LGBTQ, qui comprend la distribution, mais aussi la production et la partie média marketing.

Dans le cadre de notre écosystème, nous disposons de deux sites web, gagatai.com et lalatai.com, les sites web lesbiens et gays les plus populaires en langue chinoise où nous publions des critiques de films et des actualités liées au contenu de GagaOOLala.

Nous sommes également très impliqués dans la communauté LGBT et très actifs dans les ONG et les organisations de la communauté LGBT. Nous avons donc une relation symbiotique avec la communauté LGBT, que ce soit à Taïwan ou dans d’autres parties du monde.

Ces quatre piliers constituent notre écosystème cinématographique. Et ces quatre piliers doivent être stables pour avoir une base solide.

La production, la distribution, le média marketing et notre engagement dans les questions essentielles LGBT forment ces quatre piliers. Il est très important pour nous de trouver un moyen durable pour qu’ils se développent ensemble.

Combien de personnes travaillent à GagaOOLala ?

Nous avons des collègues venus d’Espagne, de Hong Kong, du Népal, qui travaillent à Taïwan ainsi que des consultants aux Philippines, en Thaïlande. La société compte environ 50 personnes et GagaOOLala en compte 20 à Taïwan. Nous sommes une petite équipe et nous comptons beaucoup sur nos créateurs et nos partenaires.

Avez-vous prévu des partenariats avec d’autres plateformes, des chaînes de télévision ? Allez-vous vendre des contenus à d’autres plateformes ? Ou bien gardez-vous le contenu uniquement sur GagaOOLala ?

Nous avons déjà vendu certains de nos contenus originaux à d’autres plateformes, notamment à Rakuten et U-next au Japon, WeTV en Thaïlande, Viki aux États-Unis, Filmdoo en Europe. Cela se fait généralement après une courte période d’exclusivité sur GagaOOLala. 

Nous sommes aussi ouverts aux contenus originaux présents sur d’autres plateformes dans d’autres parties du monde. À l’avenir, l’idéal serait de créer des synergies avec d’autres plateformes afin de concevoir des contenus qui auraient du sens pour les deux parties. Et nous espérons trouver des partenaires à Series-Mania pour de futures créations.

Justement, pour vous soumettre un projet, comment faut-il faire ?

Nous avons créé gol-studios.com, un site web où nous mettons en avant certains projets originaux en développement. Les personnes peuvent nous envoyer leurs projets pour que nous les examinions et nous mettions en relation avec eux. C’est d’ailleurs sur ce site que nous recevons la plupart de nos projets.
Vous organisez aussi un concours de pitch ?

Oui. C’est en effet un événement que nous avons organisé l’année dernière en 2020 avec TAICCA, la GagaOOLala Pitching Sessions, et c’est aussi un moyen très efficace de trouver beaucoup de contenus. L’année dernière, nous avons reçu 150 projets du monde entier.

Nous en avons choisi 15, 8 ont été sélectionnés et 3 ont reçu des récompenses pour des projets en provenance d’Allemagne, de Birmanie, de Taiwan bien sûr, du Mexique et des Philippines. Mais malheureusement, à cause du Covid, certains des projets ont dû être reportés. C’est trop compliqué pour le moment.

Comment travaillez-vous avec TAICCA ?

Justement avec la GagaOOLala Pitching Session 2020, en collaboration avec TAICCA, nous avons produit “Fragrance of the First Flower”, qui a remporté le Gold Price et que nous présentons cette année à Series Mania.

TAICCA est très présent, c’est un partenaire stratégique. Nous espérons que nous signerons d’autres accords avec eux dans le futur, et qu’elle pourra investir dans de nombreux projets.

Nous comptons également sur TAICCA car elle est notre vitrine sur le monde, elle est une réelle source d’informations et permet de nous donner une visibilité et un accès au marché du film et aux festivals.

Comment voyez-vous l’avenir de GagaOOLala ?

Le monde est en constante évolution. Je veux que GagaOOLala soit très flexible et s’adapte, d’une façon disruptive, positive ou non, aux changements.

Nous continuerons de produire des contenus originaux et de travailler avec des créateurs d’autres parties du monde pour créer des histoires qui résonnent dans leur pays. C’est très important pour nous.  

Et je pense qu’à partir du modèle SVOD (plateforme de vidéo à la demande), nous allons également explorer d’autres moyens de diffusion et de personnalisation de contenus, comme un modèle hybride SVOD-AVOD (vidéo à la demande gratuite avec de la publicité) et un nouveau modèle de télévision gratuite avec publicité, peut-être sur le marché américain et ailleurs.

Il y a donc beaucoup de dynamique dans le système économique des médias, et bien que nous soyons un petit acteur, nous sommes à l’écoute de toutes les tendances et nous sommes très agiles. Nous nous adaptons à toutes les possibilités et à tous les défis de l’industrie des médias, industrie qui évolue très rapidement.

Combien d’abonnés la plateforme GagaOOLala a-t-elle aujourd’hui ?

Nous avons un million d’abonnés, y compris les abonnements gratuits. Les abonnements payants représentent un petit pourcentage de ce chiffre. Mais ils sont en pleine croissance. 

En combien de langues sous-titrées sont disponibles les films et les séries sur GagaOOLala ?

Tout est sous-titré en anglais et en chinois, et 70% du contenu est disponible en thaïlandais et en indonésien. L’espagnol est déjà présent, le portugais le sera bientôt. 

Et le français ?

Pas tout de suite, mais vous les Français, vous parlez si bien l’anglais !

Comment souhaitez-vous conclure ?

C’est très excitant pour moi et aussi pour la société de participer à Series Mania cette année, le plus grand marché de séries. Nous avons déjà fait une coproduction avec l’Allemagne et je suis très heureux à l’idée de rencontrer les participants de Series Mania, de découvrir les opportunités de co-production en Europe. J’ai hâte d’être à la fin du mois d’août et de voir aussi les autres séries en compétition.

Propos recueillis par Yaël Yermia pour Ecran total