Ecran total Le Quotidien

№4941 • mardi 12 mai 2026

Spécial Festival de Cannes

SÉLECTION OFFICIELLE

Thierry Frémaux s'exprime à quelques heures du lancement du Festival de Cannes

D'emblée, les questions ont porté sur la politique. Les journalistes ont pu discuter avec Thierry Frémaux, à Cannes, lors d'une conférence de presse organisée le lundi 11 mai. Le délégué général du festival de Cannes a d'abord répondu à une interrogation sur le rôle de la manifestation quant à la prochaine élection présidentielle en France. "L'échéance est dans un an, a-t-il balayé. Je dois ma notoriété à ma fonction et je ne veux pas m'en servir pour défendre mes opinions personnelles." Il a donc préféré se concentrer sur la sélection officielle. À ce propos, il a été félicité la présence importante du cinéma espagnol dans la compétition. "Il faut cinq ans pour juger une tendance, a notifié le cinéphile, mais il est clair que l'Espagne montre sa vitalité depuis quelques années."

La composition du jury a de son côté suscité des débats. Le manque de personnalité française a été pointé du doigt. Thierry Frémaux, par ailleurs opposé à l'instauration de quota, s'est expliqué : "Nous élaborons ce groupe de façon à respecter l'universalité du cinéma avec une exigence de parité." Il tient enfin à la diversité des profils, citant Paul Laverty, scénariste, en tant que juré de la compétition. Pour autant, cinq jurés sont réalisateurs et trois exercent le métier d'acteur. Pour rassurer, l'homme promu en 2007 a déclaré : "Tous les professionnels peuvent prétendre à en faire partie." Surtout, les analyses doivent se réaliser sur "l'ensemble de la sélection officielle" et pas seulement sur la compétition. Y compris à l'égard des films projetés.

La question de la parité

Car la presse a par ailleurs interpellé le délégué général du festival de Cannes sur la place des femmes dans la programmation. Il a donné quelques indications chiffrées. À savoir que ses équipes ont reçu 2 800 films ; 28 % des candidatures sont des œuvres réalisées par des femmes. En sélection officielle, Thierry Frémaux compte 34 % de réalisatrices, contre 28 % à la Quinzaine des cinéastes par exemple. Mais ce pourcentage tombe à 22 % en compétition. Le festival de Cannes a en outre rappelé ses engagements avec le Collectif 50/50 dans le prolongement du mouvement Metoo. "Nous avons signé une charte, mais celle-ci ne mentionne pas la parité en sélection officielle." Un peu agacé, Thierry Frémaux a signalé : "La place des réalisatrices est croissante, pourquoi ne pas le remarquer ?"

Sinon, sur le sujet de l'intelligence artificielle, il ne s'est pas montré particulièrement inquiet. "La vraie problématique demeure celle de l'usage." Convaincu qu'il faut réglementer sur le sujet, il a également manifesté son soutien "aux artistes, aux scénaristes, aux comédiens, surtout ceux travaillant dans le doublage". Sur le rôle que joue le festival de Cannes dans la vie des films, Thierry Frémaux a indiqué que 19 productions nommées aux Oscars cette année avaient été présentées lors des festivités cannoises en 2025. Mais il a enfin tenu à mentionner son attachement aux écrits sur le septième art. Concernant la proposition de l'ouverture d'une librairie durant le festival de Cannes, avec des livres et des magazines imprimés, il s'est dit favorable.

EXPLOITATION

L’Afcae défend ses dispositifs lors de son assemblée générale à Cannes

L’Association française des cinémas art et essai (Afcae) a pris place à Cannes pour ses rencontres nationales entre le dimanche 10 et le mardi 12 mai. Installée au théâtre Claude-Debussy, sur la Croisette, l’assemblée générale s’est quant à elle tenue le lundi 11 mai. Les adhérents ont été conviés pour discuter du rapport annuel et des problématiques en cours en matière d’exploitation indépendante. En préambule, les équipes de l’Afcae ont transmis quelques chiffres importants de l’année 2025. La France dispose de 1 317 cinémas classés art et essai et 1 250 de ces établissements adhèrent à l’organisme présidé par Guillaume Bachy. Ils ont porté un secteur croissant. En effet, les films art et essai ont réalisé 44,9 millions d’entrées. La part de marché des salles classées art et essai s’établit à 38,5 %, contre 37 % en 2024.

Des pressions et des tensions

Et malgré ces scores en augmentation, le secteur reste fragilisé. En premier lieu, par la baisse des financements. Le groupe des associations territoriales a notamment alerté sur les conséquences subies par les salles de cinéma art et essai. Ainsi, 68 % des associations territoriales, qu’elles soient départementales ou régionales, ont subi un rétrécissement des financements en 2025. En outre, deux associations départementales ont cessé leur activité. Cela témoigne, selon l’organisation, d’une “grande fragilité de notre réseau”. Les associations territoriales attendent “une vraie reconnaissance”, parce que “la culture doit de nouveau défendre sa place dans un projet de société plus global”. Pour ce faire, le groupe milite pour une mutualisation des moyens. Il a également édité un Guide des bonnes pratiques de formation.

D’autre part, “la reconquête des publics passe par l’humain et une unité géographique”, a considéré le groupe Jeune public. De même, le groupe Inédits a manifesté ses inquiétudes. Ce dernier observe “un contexte politique et une tension au sein du marché qui contraignent les marges de manœuvre”. Il alerte surtout sur “l’extrême-droitisation de la société” et ses discours qui remettent en cause le modèle économique de l’exploitation cinématographique française. Dans son rapport moral, Guillaume Bachy a dénoncé que “certains exploitants incriminent leurs voisins”. “Toute pression nationale ou de groupe ne doit entrer dans la réflexion des distributeurs”, a-t-il souligné, en référence à la récente affaire Megarama. Gaëtan Bruel, invité par l’Afcae à son assemblée générale, a quant à lui affirmé : “Les polémiques ne grandissent pas ceux qui les lancent.

Les jeunes spectateurs

Cela dit, les actions de l’Afcae, au cours de l’année 2025, demeurent toujours des soutiens forts pour le secteur. Lors de l’assemblée générale, les intervenants ont notamment mis en valeur les mesures prises à l’égard du jeune public. À ce titre, le groupe Jeune public a soutenu 24 films, dont 11 longs métrages d’animation. La recommandation en fonction de la tranche d’âge s’accompagne de la production de documents spécifiques. Plusieurs événements se sont déroulés l’an passé. Parmi lesquels la 28e édition des Rencontres nationales art et essai Jeune public, qui a eu lieu entre le 9 et le 11 septembre 2025, à Sarlat-la-Canéda. Elles ont réuni 300 participants. Au niveau de la formation, un webinaire a été organisé le 25 juin 2025, en partenariat avec l’Archipel des Lucioles. Elle s’est posé la question : “Comment montrer des films en salles aux tout-petits ?”.

Les plus grands bénéficient aussi des dispositifs de l’association. Le comité 15-25 mobilise 30 professionnels. Ils ont porté 47 œuvres cinématographiques, dont 20 premiers longs métrages. L’opération Terreur nocturne a connu sa deuxième édition. Sinon, il existe un label 15-25 et celui-ci distingue les salles de cinéma qui effectuent un travail éditorial important à l’adresse de cette cible. Au cours de l’assemblée générale, il a été annoncé que le comité 15-25 devenait le groupe 15-25. De plus, l’Afcae s’illustre à travers le dispositif Étudiants au cinéma. 4 000 élèves sont impliqués. L’action concerne 150 séances, 22 salles de cinéma installées dans neuf régions différentes. Lors du festival Étudiants au cinéma, organisé le 25 mars 2025, le nombre de séances a triplé. Il a attiré 2 700 étudiants, c’est-à-dire deux fois plus qu’en 2024.

Une Charte des bonnes conduites en 2027

L’intérêt pour le jeune public constitue un engagement pour le renouvellement des spectateurs. Cela se manifeste aussi par des séances organisées autour des films de patrimoine. Le groupe Répertoire a ainsi rappelé “qu’il ne peut y avoir de cinéphilie sans les œuvres qui la fondent”. En 2025, 25 films réédités ont été soutenus. Qui plus est, le groupe Répertoire a demandé aux distributeurs de ne pas appliquer le minimum garanti dans ce cadre, même si cette mesure est déjà majoritairement appliquée. Durant la présentation du rapport annuel, les équipes de l’Afcae ont communiqué sur le renouvellement des partenariats. La 27e édition du festival cinéma mené conjointement avec le magazine Télérama a réalisé 325 187 entrées l’an dernier. Les collaborations avec le Collectif 50/50, le festival de Cannes ou l’Acid, entre autres, continuent.

La pérennité de ces activités a pu être célébrée. L’Afcae a effectivement fêté ses 70 ans. Dans le cadre de cet anniversaire, 800 séances ont été labellisées. Les prochains projets de l’organisme concernent une refonte du site internet, dévoilé à la rentrée, ainsi que la mise en place d’une Charte des bonnes conduites, disponible en 2027, année de l’élection présidentielle.

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EXPLOITATION

Guillaume Bachy (Afcae) : “Cannes incarne une diversité indispensable à nos salles”

Le Festival de Cannes joue-t-il encore un rôle fort pour les salles ?

Guillaume Bachy : Oui, évidemment. Cannes reste une vitrine énorme, à la fois professionnelle et publique. Même si tous les titres ne restent pas en tête, le label Cannes donne une valeur supplémentaire à un film, pour les exploitants comme pour les spectateurs. Il y a un effet Cannes qui continue de fonctionner : un film sélectionné bénéficie d’un coup de projecteur très fort, parfois six à huit mois avant sa sortie. Cela ne sauve pas tout, mais cela compte beaucoup.

Comment l’Afcae accompagne-t-elle cette période ?

Nous accompagnons surtout les films qui sortiront après le mois de juillet. Les films en compétition sont projetés trop tôt pour nous, puisqu’ils arrivent au moment même du festival. Notre travail, c’est aussi du repérage et de la découverte : nous soutenons des cinéastes avant qu’ils ne deviennent des noms installés. C’est ce qu’on a fait avec Rodrigo Sorogoyen et son film As bestas ou il y a longtemps avec Pedro Almodóvar. Cannes s’inscrit aussi dans cette continuité-là.

Cette année, la sélection vous paraît-elle cohérente ?

Oui, dans l’ensemble, il y a de quoi être satisfait. Parmi les films que nous avons vus pour préparer nos rencontres, il y a des choses intéressantes partout. Nous allons devoir faire des choix difficiles, car nous ne pourrons en retenir qu’une dizaine pour nos rendez-vous cannois. Mais c’est aussi le signe d’une vraie richesse. Cannes reste un lieu où coexistent des films d’auteurs, des œuvres plus grand public et des propositions plus inattendues. C’est une bonne chose.

Vous insistez beaucoup sur la diversité. Pourquoi est-ce si important ?

Parce que Cannes incarne vraiment la diversité, au sens large. Diversité des films, diversité des origines, diversité des points de vue, mais aussi diversité des producteurs et des distributeurs. On voit par exemple des films venus de pays qui n’étaient pas forcément représentés auparavant. Cette pluralité est indispensable : elle fait partie de notre métier, de notre défense des salles et du cinéma comme espace ouvert.

La crise des publics en salle vous inquiète-t-elle ?

Oui, bien sûr, mais il faut bien comprendre ses causes. Le problème ne vient pas d’un manque d’efforts des distributeurs pour rendre les films visibles ; leur travail est au contraire considérable et de plus en plus coûteux. La crise vient aussi de l’irrégularité de l’offre sur l’année et du contexte général, avec des inquiétudes économiques et géopolitiques qui pèsent sur le public. Quand les gens sont inquiets, ils vont parfois moins spontanément vers des films fragiles, notamment les films d’art et essai.

La filière traverse aussi des tensions internes. Où en est-on ?

Il y a clairement des tensions fortes entre producteurs, distributeurs et exploitants. Le comité de concertation du CNC a été créé précisément parce qu’on arrivait à un niveau de tension devenu difficilement supportable. Il ne réglera pas tout, mais il permet de poser des bases communes. Deux recommandations ont déjà été formulées, sur les avant-premières massives et les bonnes pratiques entre exploitants et distributeurs. L’idée est de rappeler qu’un film doit être traité pour ce qu’il est, salle par salle, et pas comme un simple outil de pression commerciale.

Le cas des avant-premières massives vous a particulièrement marqué ?

Oui, parce qu’on a vu des pratiques déstabilisantes. Quand une demande de visa couvre 500 points de diffusion et qu’on en arrive à 1 300, le cadre n’est plus respecté. Ce type de situation bouleverse la chronologie des sorties et peut déprogrammer d’autres films, souvent plus fragiles. Nous ne sommes pas contre ces opérations, mais elles doivent être strictement encadrées. Sans règles claires, tout le monde perd.

Les salles indépendantes sont-elles menacées dans ce contexte ?

Elles doivent rester libres. Le vrai sujet, c’est qu’elles ne subissent ni la pression des grands circuits ni celle des distributeurs. La diversité des salles dépend de cette liberté de programmation. Si l’on impose des logiques nationales ou des rapports de force permanents, on fragilise tout l’équilibre. C’est aussi pour cela que nous sommes attachés au rôle du CNC : il faut un arbitre, un espace de médiation et des règles partagées.

Vous préparez aussi des rencontres avant Cannes. Quel est leur objectif ?

Créer du collectif. Les gens ont besoin de se retrouver, d’échanger, de construire ensemble. Nos rencontres seront l’occasion de voir des œuvres avant leur sortie, mais aussi de tenir une table ronde sur les politiques culturelles. Nous voulons préparer le débat de 2027, parce qu’il ne faut pas que la culture soit absente de cette séquence. La salle de cinéma est un lieu culturel, mais aussi social et économique, et cela doit être rappelé.

Vous attendez aussi beaucoup des collectivités territoriales ?

Absolument. Les salles jouent un rôle essentiel dans le maillage territorial, des grandes villes jusqu’aux zones rurales. Quand un maire soutient une salle, ce n’est pas seulement un geste culturel, c’est aussi un acte économique et social. À l’inverse, retirer brutalement un soutien ou modifier un équilibre de programmation peut avoir des effets très lourds. Nous voulons rappeler aux élus qu’une salle de cinéma est un équipement de territoire, pas un simple commerce.

Le jeune public reste-t-il une priorité ?

Oui, et c’est même une évidence pour nous. Nous accompagnons depuis longtemps les dispositifs à destination des jeunes, et le label 15-25 s’inscrit dans cette logique. Il faut que ce travail soit reconnu et valorisé dans les classements, mais aussi dans les pratiques. Les jeunes ont besoin de films repérés, d’actions de médiation, de salles qui les accueillent vraiment. C’est un travail de fond, mais c’est là que se joue l’avenir.

Propos recueillis par Éléonore Houée et Michel Abouchahla

VENTES INTERNATIONALES

Les deals du Marché du Film – Jour 1

FilmDirectorSales AgentBuyerTerritoires
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalNeonAmérique du Nord
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalPlaion PicturesAllemagne, Autriche
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalSeptember FilmBenelux
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalCurzonRoyaume-Uni
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalTeodora Film, Tucker FilmItalie
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalLeopardo FilmesPortugal
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalCaramel FilmsEspagne
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalVideorama – WeirdwaveGrèce
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalTriArt FilmSuède
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalCamera FilmDanemark
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalArthausNorvège
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalFuture FilmFinlande
All of a SuddenRyusuke HamaguchiCinéfrance InternationalBíó ParadísIslande
CowardLukas DhontReunion, Lumen, Topkapi Films & VersusMubiMondial
ParadiseBob ColaersA Team ProductionsKinepolis Film DistributionBelgique
ParadiseBob ColaersA Team ProductionsIndependent FilmsPays-Bas
The Day She ReturnsHong SangsooFinecutThe Cinema GuildAmérique du Nord
The Day She ReturnsHong SangsooFinecutAtalanteEspagne
The Day She ReturnsHong SangsooFinecutCarlotta FilmsFrance
The Day She ReturnsHong SangsooFinecutCola FilmsTaïwan
The Day She ReturnsHong SangsooFinecutthe Institute of Contemporary ArtsRoyaume-Uni
The Day She ReturnsHong SangsooFinecutBKS CinemaFinlande
The Day She ReturnsHong SangsooFinecutHugoeastChine continentale
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SÉLECTION

La Semaine de la critique, aux premières loges du jeune cinéma mondial

« La tendance est à la hausse, nous avons reçu environ 50 longs métrages de plus que les années précédentes, ce qui n'est pas rien ! », déclare d'emblée Ava Cahen, déléguée générale de la Semaine de la Critique. La section parallèle cannoise organisée par le Syndicat français de la critique de cinéma et de films de télévision (SFCC) et consacrée aux premiers et deuxièmes films a reçu cette année 1 050 longs métrages et 2400 courts. Parmi eux, 11 longs métrages et 13 courts ont été sélectionnés.

Concernant la place des femmes, « il y a une progression douce. Quand je suis arrivée, la proportion de films de femmes reçus était de 24%, aujourd'hui c'est 30%. En sélection nous avons six films de femmes sur onze. La parité est dépassée, y compris sur la sélection de courts métrages »

106 pays différents

La Semaine de la Critique 2026 démarrera le 13 mai avec In Waves de Phuong Mai Nguyen, adaptation d'un roman graphique à succès. C'est la première fois qu’un film d’animation est présenté en ouverture de la Semaine. « Le film confirme le savoir faire français de l'animation, mais se déroule aux Etats-Unis et emprunte beaucoup au genre du teen movie », explique Ava Cahen.

La Semaine a reçu des films de 106 pays différents. « Le cinéma français est très en forme, et le cinéma européen également ». L'Espagne confirme aussi l'énergie de son cinéma. Après Ciudad sin sueño l'an dernier, la Semaine propose cette année en compétition la comédie douce amère Viva Alive d'Aina Clotet. « Mais on a reçu aussi des films de territoires moins connus ». Comme en témoigne la sélection du film kosovar Dua de Blerta Basholli en compétition. Mais aussi le documentaire irlandais Tin Castle d'Alexander Murphy, sur la population nomade des Irish Travellers. 

Un territoire de cinéma jamais défriché jusqu'ici : le Yémen. La réalisatrice yéménite et écossaise Sara Ishaq, remarquée pour son court métrage documentaire Karama Has No Walls, nommé aux BAFTA en 2012, présentera The Station, un premier long sur une station service exclusivement réservée aux femmes, « entre la fable et le soap »

Chine et Mexique dans la sélection de la Semaine

Plusieurs pays font leur retour à la Semaine : comme la Chine, absente depuis Séjour dans les Monts Fuchun (2019). La réalisatrice Zou Jing, passée par la Semaine avec son court métrage Lili toute seule (Prix Découverte Leitz Ciné en 2021) a ensuite participé à l'Atelier Next Step, qui accompagne chaque année les courts-métragistes sélectionnés à la Semaine dans le développement de leur premier long. Lauréate du Prix Next Step en 2024 avec A Girl Unknown, elle vient le présenter cette année en compétition. 

Le Mexique fait également son retour avec Seis meses en el edificio rosa con azul de Bruno Santamaría Razo, un film qui hybride documentaire et fiction et a très vite retenu l'attention du comité de sélection. 

Le film français de la compétition est La Gradiva de Marine Atlan. Cette dernière avait remporté le Grand Prix à Clermont Ferrand en 2015 pour Les amours vertes et réalisé Daniel fait face, sélectionné à Berlin en 2019. Elle est aussi directrice de la photographie, récemment nommée aux César pour L'Engloutie de Louise Hémon. Le film, qui raconte le voyage à Pompéi d'une classe de lycée, « s'est tout de suite imposé pour la compétition »

Le jeune cinéma français est aussi à l'honneur lors des séances spéciales. La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri, avec Bastien Bouillon, « traite d'un sujet grave, l'inceste, mais d'une manière surprenante ». Plus léger, Du Fioul dans les artères de Pierre Le Gall est une comédie romantique entre chauffeurs routiers. Quant au film de clôture, Adieu monde cruel de Félix de Givry, « c'est une histoire de suicide raté, qui passe du drame à la comédie et rend hommage au cinéma français des années 1970 ».

Comme chaque année, les films sélectionnés reflètent un état du monde comme du cinéma : « Nous avons remarqué que les films étaient plus graves. Nous avons reçu moins de comédies. La thématique de la guerre est beaucoup revenue, avec des films venus de pays en conflit. Le cinéma de genre est aussi moins présent : on a cette année une couleur plus réaliste, naturaliste mais avec des registres très différents pour l'aborder ».

Belgique, Canada : 2 talents à suivre

BELGIQUE

10 visages du cinéma belge sur la Croisette : Emmanuel Marre, réalisateur

Avec son deuxième long métrage, présenté en Compétition à Cannes, Emmanuel Marre s’appuie sur une archive familiale pour raconter le parcours d’un homme ordinaire dans la France de Vichy. Porté par Swann Arlaud, le film s’attache à ces figures en retrait de l’Histoire, celles qui gravitent autour des événements sans en être les héros. Après Rien à foutre, le réalisateur poursuit un travail au plus près des situations, en refusant les codes classiques du film d’époque. “On n’a pas cherché à faire un film de professeur d’histoire”, précise-t-il. Le tournage privilégie des lieux existants, une équipe resserrée et un cadre qui laisse place aux acteurs. Une méthode qui donne au film une tension particulière, plus directe que démonstrative. Fidèle à ses collaborateurs, Marre construit ses projets dans la continuité, avec une même équipe artistique et technique. Ce fonctionnement permet d’aller vite, mais surtout d’installer une confiance qui nourrit le jeu et les choix de mise en scène. Avec ce nouveau film, il confirme une trajectoire déjà remarquée à Cannes, en déplaçant son regard vers un terrain plus frontalement politique.
Présent à Cannes 2026 avec Notre salut, Compétition officielle (prod. Michigan Films, avec Swann Arlaud)

CANADA

10 talents canadiens sur la Croisette : Isabelle Grignon Francke présente “Parrandas” à Cannes Doc

La productrice québécoise Isabelle Grignon-Francke sera présente au « showcase canadien » de Cannes Doc, le 15 mai, pour présenter son long-métrage documentaire « Parrandas »

« Les Parrandas, c’est une tradition cubaine ou deux quartiers s’affrontent avec des feux d’artifice », explique la productrice, basée à Montréal. « On a tourné en décembre dernier, on ne se doutait pas de ce que Cuba traverse aujourd’hui », détaille l’ancienne journaliste, dont c’est le premier long métrage.

Par le passé, Isabelle Grignon-Francke a déjà produit plusieurs courts-métrages documentaire, dont « Y'a pas d'heure pour les femmes », présenté à Sundance en 2021. Elle travaille en ce moment sur un premier projet en tant que réalisatrice, un documentaire sur la cohabitation entre ruraux et néo-ruraux dans la région québécoise de la Gaspésie. Elle produit aussi un second film avec la réalisatrice de Parrangas, sur le thème d’une quête familiale, et un film sur l’immigration tourné entre la Tunisie et le Québec.

Pour ces projets, elle se dit ouverte à la coproduction, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire, « tant qu’elle est enlignée avec ses envies artistiques ». « Ce qui m’intéresse, c’est le cru, le politique, l’intime ».

Présente le 15 mai au showcase canada

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À la une

AUDIOVISUEL

“Toucher un public pas YouTube-first” : Elsa Darquier (Brut) explique la stratégie de sa chaîne Fast

Se présentant comme le premier média numérique en Europe et en Inde, Brut a investi, mercredi 29 avril 2026, un canal beaucoup plus traditionnel en lançant sa propre chaîne. Dix ans après sa création en 2016, il se retrouve ainsi distribué chez « les principaux opérateurs », comme Orange et Bouygues Telecom, et sur les télévisions connectées du marché francophone. Elsa Darquier, sa CEO et Publishing Editor, a répondu, jeudi 7 mai, aux questions d’Ecran total pour expliquer sa stratégie. 

Brut a lancé sa chaine à la fin du mois d’avril 2026. Au terme de la première semaine de distribution, quel premier bilan tirez-vous ? 

Le lancement de notre chaîne s’est très bien passé. C’était même mieux que ce que nous attendions. Nous n’avions pas envisagé un tel engouement et de pareils niveaux d'audience, même si cela ne reste que de premières tendances, que je ne peux pas communiquer à l’heure actuelle. On sent que cela fonctionne car notre régie publicitaire de RMC BFM Ads, dirigée par Raphaël Porte, a reçu de nombreuses prises de contact d’annonceurs. En tout cas, cela nous encourage à continuer en ce sens et à garder une grande ambition pour cette chaîne FAST. D’ailleurs, je pense que nous allons dépasser nos objectifs, que je ne souhaite pas non plus communiquer précisément. 

Votre média s’est fait connaître dans le numérique, où il se démarque encore aujourd’hui. Pourquoi s’engager vers le canal traditionnel de la télévision, à une époque où la transition inverse semble plus fréquente ? 

On a longtemps mis en opposition les médias digitaux et traditionnels. Mais, finalement, on se rend compte aujourd’hui que l’on se rejoint. Notre univers est fait de convergences, plutôt que de silos. En plus de nous permettre de toucher un nouveau public, qui n’est pas forcément YouTube-first et qui nous découvrira grâce à cette nouvelle chaîne, ce lancement s’inscrit dans notre stratégie de multidistribution de notre contenu. Notre rédaction continue de produire ses vidéos comme jusqu’à présent et nous continuons de diversifier les écosystèmes de distribution pour toucher différentes cibles, notamment commerciales. 

Du point de vue de la production, combien coûte, humainement comme financièrement, un projet comme celui-ci ? 

Il y a 0 € d’investissement pour le lancement de cette chaîne, hormis les salaires des deux personnes chargées de ce projet au sein de CMA Média. Cela s’explique par le fait que, techniquement, notre groupe sait déjà créer et produire ce genre de chaînes FAST. RMC en dispose en effet déjà de quatre ou cinq et c’est exactement le même modèle qui a été suivi, avec les mêmes équipes digitales et commerciales. Cette importante expérience nous a d’ailleurs grandement servi pour réussir notre lancement, en appliquant les retours des premières initiatives de ce genre, insistant sur la nécessité d’avoir un angle éditorial très fort et très clair, le tout accessible gratuitement pour le public.

EXCLUSIF

Exclusif – Le Top 10 des audiences en replay de la semaine du 27 avril 2026

Écran total publie chaque semaine le classement des meilleures audiences de la semaine en replay. L’objectif est de mettre en avant les programmes inédits diffusés en prime time sur les chaînes historiques qui sont les plus visionnés sur les plateformes, dans les sept jours qui ont suivi. Ce mardi, découvrez le classement des programmes diffusés entre le lundi 27 avril au 3 mai 2026.

Dans le Top 10 des audiences délinéarisées de cette semaine d'avril, le programme qui a remporté une large audiences en replay est l'épisode inédit de Tropiques Criminels  (Federation Entertainment) avec 1,210 M de téléspectateurs supplémentaires au rendez-vous, soit 4,896 M d'audience consolidée. Le jeu d'aventure Koh-Lanta (ALP/Banijay) occupe le reste du podium avec une première partie à + 1,197 M de tvsp en replay, soit 3,749 M en audience consolidée, et + 1,070 M pour la P2, soit 3,275 M de TVSP au total. Remontada pour M6 avec Pékin Express, qui atteint le pied du podium avec +730 K d'audience non-linaire et 1,844 M de tvsp en consolidé. On repasse sur TF1 avec un épisode en P2 de la série Alter Ego (Empreinte digitale) et ses + 705 K (3,520 M de tvsp en consolidé), suivi des Mystères de la grotte des Regulus qui permet à France 3 de faire son entrée sur le podium avec + 688 K de téléspectateurs supplémentaires (audience consolidée haute de 4,768 M), ex aequo avec Les Traitres sur M6 (+688 K aussi et 1,852 M d'audience consolidée). La P1 d'Alter Ego engrange + 683 K de TVSP (soit 3,983 M d'audience consolidée).

Pour les dernières places du tableau : Mariés au premier regard sur M6 compte + 676 K de TVSP, soit 2,665 M en audience consolidée. Enfin Les Traitres (M6) ferme la marche avec + 641 K de fans supplémentaires, et 2,173 M en audience consolidée.

ProgrammeChaîneAudience non-linéaireAudience consolidéeAudience veille
Tropiques criminels P1France 2+ 1,210 M4,896 M3,686 M
Koh-Lanta P1TF1+ 1,197 M3,749 M2,552 M
Koh-Lanta P2TF1+ 1,070 M3,275 M2,205 M
Pékin Express P1M6+ 730 K1,844 M1,114 M
Alter Ego P2TF1+ 705 K3,520 M2,815 M
Les mystères des grottes du RegulusFrance 3+ 688 K4,768 M4,080 M
Les Traitres P1M6+ 688 K1,852 M1,164 M
Alter Ego P1TF1+ 683 K3,983 M3,300 M
Mariés au premier regard P1M6+ 676 K2,665 M1,989 M
Les Traitres P2M6+ 641 K2,173 M1,532 M
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L’actualité du secteur

PRODUCTIONS

Sandrine Kiberlain réalise “les Quatre Rendez-vous de Françoise”, son second film

Après Une jeune fille qui va bien en 2021, l’actrice et réalisatrice Sandrine Kiberlain revient derrière la caméra pour tourner son second long métrage, les Quatre rendez-vous de Françoise. Le tournage a débuté le 15 avril et se poursuit jusqu’au 2 juin à Paris et en région parisienne. Le film est produit par Olivier Delbosc, pour Curiosa Films, et coproduit par France 3 Cinéma et Umedia (Belgique). Il bénéficie du soutien de Canal+, de la participation de Ciné+ OCS et de France Télévisions, en association avec Palatine Etoile 24, Cineaxe 8 et Entourage Sofica 5. Les Quatre rendez-vous de Françoise sera distribué par Ad Vitam en France et Playtime à l’international. Son casting réunit Charlotte Rampling, Sandrine Kiberlain, Rebecca Marder, Camille Lethuillier, Édouard Baer, Arcadi Radeff et Pierre-Yves Cardinal.

Le synopsis : Françoise, actrice, espère le grand amour. À quatre moments de sa vie. Quatre âges.

FKA Twigs sera Joséphine Baker dans le biopic tourné par Maïmouna Doucouré l’automne prochain

Studiocanal indique, lundi 11 mai, que la Britannique FKA Twigs tiendra le rôle de Joséphine Baker dans le biopic écrit et réalisé par Maïmouna Doucouré, dont le tournage est prévu cet automne. FKA Twigs est une icône multidisciplinaire lauréate d’un Grammy Award : auteure-compositrice-interprète, productrice, danseuse-chorégraphe, artiste visuelle, actrice et visionnaire de la mode, dont l’empreinte culturelle s’étend à la musique, à la scène, au cinéma et au design.

Produit par Studiocanal et Bien Ou Bien Productions, le projet de long métrage est en cours de développement avec le soutien des fils de Joséphine Baker, Jean-Claude Bouillon Baker et Brian Bouillon Baker, ainsi que de la Rainbow Tribe. Le film racontera l’incroyable histoire de la vie de la magnifique et incomparable Joséphine Baker.

“Je suis honorée de collaborer avec la très talentueuse Maïmouna Doucouré sur cet incroyable projet. L’héritage extraordinaire de Joséphine Baker est une véritable source d’inspiration pour moi et pour tant de personnes à travers le monde. Elle continue de vivre dans nos cœurs en tant que femme visionnaire et pionnière, dont l’histoire est aussi puissante qu’actuelle.”

FKA Twigs.

“L’histoire de Joséphine Baker est celle que nous aspirons depuis longtemps à raconter, et le fait de le faire grâce à la vision créative exceptionnelle de Maïmouna Doucouré et au talent remarquable de FKA Twigs rend ce projet particulièrement significatif. Leur talent artistique, associé à l’héritage intemporel de Joséphine Baker, promet un film à la fois ambitieux et profondément authentique.”

Anna Marsh, PDG de Studiocanal et directrice des contenus du Groupe Canal+.

Studiocanal lancera la distribution mondiale du film au cours du Festival de Cannes, avec une sortie en salle prévue dans ses territoires : Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Benelux, Pologne, Australie et Nouvelle-Zélande.

CHIFFRES

Box-office week-end : “Michael” (Universal Pictures) poursuit son ascension

Michael s’impose avec 844 701 entrées sur cinq jours, portant son cumul à 3,44 millions de spectateurs au terme de son troisième week-end. Le biopic consacré au roi de la pop résiste bien malgré un recul de 19 % et poursuit sa trajectoire fulgurante vers les 5 millions d’entrées. Afin de soutenir cette ascension, Universal a augmenté son nombre de copies, passé de 540 à 838 d’un week-end à l’autre, et a profité du pont du 8 mai.

Le Diable s’habille en Prada 2 cumule désormais 1,61 million d’entrées en salles pour son deuxième week-end d’exploitation. La suite très attendue du film culte de 2006, portée par Walt Disney Studios, séduit son public à Paris (coeff. 7,7), tout comme Juste une illusion, distribué par Gaumont (coeff. 7,4). Le duo Nakache-Toledano a désormais dépassé les 1,5 million de spectateurs, nostalgiques des années 1980. 

Seule nouveauté du Top 5, Pour le plaisir (Studio TF1) entre directement à la quatrième place avec 208 668 entrées sur cinq jours. La comédie avec François Cluzet et Alexandra Lamy porte à deux le nombre de productions françaises dans le haut du box-office.

La météo pluvieuse sur toute la moitié nord de la France, le dimanche 10 mai, a sans nul doute favorisé la fréquentation des salles, en particulier en région. Destiné à un public familial, Super Mario Galaxy, le film en a profité et a engrangé 197 427 entrées supplémentaires sur cinq jours, malgré une baisse de 45 %, portant son cumul à 5,26 millions d’entrées. Le film d’animation distribué par Universal Pictures s’approche de son plafond prévisionnel, estimé à 6 millions d’entrées.

Rang Semaine Film Copies Distributeur Entrées
5 jours
Entrées
par copies
Evol. Cumul à
dimanche
Prévisions Coeff
1 3 MICHAEL 838 UNIVERSAL PIC. 844 701 1 008 -19% 3 447 809 5 000 000 13.4
2 2 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 523 DISNEY 585 322 1 119 -33% 1 617 877 3 200 000 7.7
3 4 JUSTE UNE ILLUSION 1167 GAUMONT 219 257 188 -26% 1 562 798 2 000 000 7.4
4 1 POUR LE PLAISIR 454 STUDIO TF1 208 668 460 208 668 1 300 000 18.5
5 6 SUPER MARIO GALAXY… 977 UNIVERSAL PIC. 197 427 202 -45% 5 260 655 6 000 000 28.5
6 1 C'EST QUOI L'AMOUR? 445 MEMENTO 133 690 300 133 690 1 000 000 7.3
7 1 MORTAL KOMBAT II 387 WARNER BROS. 104 778 271 104 778 700 000 13.9
8 1 BILLIE EILISH-HIT ME HARD… 282 PARAMOUNT PIC. 75 460 268 75 460 150 000 8.1
9 1 THE CRIMINALS 236 SND 56 232 238 56 232 120 000 9.1
10 4 BAGARRE 361 STUDIOCANAL 55 219 153 -36% 488 317 550 000 26.9
11 6 COMPOSTELLE 583 APOLLO FILMS 53 514 92 -34% 1 089 689 1 100 000 47.6
12 4 LE REVEIL DE LA MOMIE 305 WARNER BROS. 35 750 117 -37% 341 750 400 000 14.5
13 3 NOUS L'ORCHESTRE 228 PYRAMIDE 28 534 125 -8% 111 801 150 000 4.2
14 5 COCORICO 2 474 SND 23 042 49 -62% 636 658 650 000 38.1
15 6 THE DRAMA 272 METROPOLITAN 21 524 79 -50% 812 648 850 000 3.8
16 10 JUMPERS 291 DISNEY 19 334 66 -36% 1 479 290 2 000 000 14.3
17 14 MARSUPILAMI 222 PATHE 18 858 85 6 094 446 6 150 000 53.9
18 6 PLUS FORT QUE MOI 291 TANDEM 18 315 63 -38% 350 413 380 000 4.6
19 5 L'ENFANT DU DESERT 509 STUDIOCANAL 17 589 35 -54% 334 860 360 000 32.9
20 8 PROJET DERNIERE CHANCE 157 SONY PICTURES 15 851 101 -48% 1 179 651 1 300 000 6.3
21 1 THE WORLD OF LOVE 80 THE JOKERS FILMS 15 739 197 15 739 30 000 2.9
22 2 ELFIE ET LES SUPER ELFKINS 421 KMBO 15 574 37 -51% 47 932 100 000 31.5
23 1 MON GRAND FRERE ET MOI 102 ART HOUSE 15 272 150 15 272 25 000 4.1
24 2 SORDA 189 CONDOR 14 022 74 -55% 52 054 75 000 5.7
25 2 HOKUM 184 JOKERS-BOOKMAKERS 13 332 72 -57% 50 800 75 000 5.5
26 4 LA CORDE AU COU 381 ARP SELECTION 11 210 29 -43% 133 455 150 000 3.0
27 2 DIE, MY LOVE 149 BAC FILMS 9 466 64 -49% 33 583 50 000 2.8
28 3 L'ARNAQUEUSE 234 WILD BUNCH… 9 076 39 -51% 67 073 86 000 22.6
29 1 THE NEW WEST 61 PYRAMIDE 9 061 149 9 061 20 000 8.3
30 2 VIVALDI ET MOI 249 DIAPHANA 8 833 35 -90% 123 552 150 000 3.6
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ENTREPRISES

Gaumont affiche sa nouvelle identité visuelle et sonore

Pensée comme une évolution naturelle, Gaumont dévoile, lundi 11 mai, sa nouvelle identité visuelle et sonore. Cette nouvelle expression de marque accompagne la transformation des usages et des formats, tout en réaffirmant ce qui fait l’essence de Gaumont : “Le goût du récit et le choix d’histoires audacieuses”. La marguerite historique de Gaumont a été réinterprétée par Publicis Consultants et Carré Noir dans “un geste graphique épuré et symbolique”.

La nouvelle identité graphique est incarnée par un rouge intense et profond, couleur emblématique du cinéma et de la passion pour les récits, ainsi que par une typographie dessinée sur mesure, mêlant lignes épurées et courbes tendues, entre histoire et modernité. Cette nouvelle identité s’enrichit d’une signature sonore originale, composée et interprétée par Thomas Rousse, et enregistrée avec un orchestre. Cette musique précède désormais chaque œuvre Gaumont, de la série au long métrage, en passant par l’animation.

Gaumont a toujours été une maison de récits. Aujourd’hui, ces histoires vivent à travers tous les écrans. Cette nouvelle identité ne constitue pas une rupture, mais une évolution. Elle exprime plus clairement notre manière d’accompagner les œuvres.

Sidonie Dumas, directrice générale de Gaumont.

Pour accompagner cette nouvelle identité, Gaumont dévoile également un film de marque porté par la voix de Guillaume Gallienne. À travers une sélection d’extraits emblématiques de films, séries et œuvres d’animation, ce film met en lumière la fabrication des récits, du geste technique à l’émotion, et affirme que chez Gaumont, les histoires se construisent, se vivent et se partagent sur tous les écrans.

Le nouveau logo Gaumont apparaîtra pour la première fois au cinéma lors du 79ᵉ Festival de Cannes en ouverture de l’Affaire Marie-Claire, réalisé par Lauriane Escaffre et Yvo Muller, présenté en Séance spéciale, et en ouverture de Viva Maria ! (1965); réalisé par Louis Malle, présenté au Cinéma de la Plage dans une version restaurée.

https://www.youtube.com/watch?v=_yqm7u2WIBs
INSTITUTIONNEL

L’agenda prévisionnel de la ministre de la Culture du 9 mai au 17 mai

Le planning

Samedi 9 au mercredi 13 mai

  • Déplacement avec le président de la République en Égypte puis au Kenya à l’occasion du sommet Africa Forward

Jeudi 14 mai

  • 8 h 20 – Matinale de RFI

Vendredi 15 mai

  • Déplacement à Marseille à l’occasion de l’inauguration de la Saison Méditerranée

Samedi 16 et dimanche 17 mai

  • Déplacement à Cannes à l’occasion du 79ᵉ Festival de Cannes

La Médiateure du cinéma rappelle à l’ordre la société Megarama

Le président du CNC a saisi, le 30 avril dernier, la Médiateure du cinéma d’informations parues dans le journal Le Monde selon lesquelles le circuit Megarama aurait exigé de distributeurs de ne pas concéder leurs films en sortie nationale à certains cinémas placés en situation de concurrence avec ses propres établissements. Après avoir auditionné les principales organisations représentant les exploitants et les distributeurs et la société Megarama, la Médiateure du cinéma, Laurence Franceschini, a émis une injonction qui a été notifiée à Megarama le 7 mai.

Dans son injonction, la Médiateure rappelle que, conformément aux usages de la profession, il est de la responsabilité du distributeur de définir et de mettre en œuvre le plan de diffusion du film dont il a reçu mandat des ayants droit et que conformément au code du cinéma et de l’image animée le distributeur doit informer les exploitants d’une zone de chalandise donnée de la distribution de son film dans la zone afin que les cinémas fassent leur choix de manière éclairée. La Médiateure pointe aussi que le programmateur d’un cinéma est libre de définir sa propre ligne éditoriale et de faire ses choix de programmation. L’injonction mentionne également que la recommandation du 20 janvier 2026 émise par le CNC dans le cadre des travaux du comité de concertation entre exploitants et distributeurs expose que “d’une manière générale la libre négociation entre exploitants et distributeurs s’opère cinéma par cinéma, et film par film, de manière équitable au sein d’une même zone de chalandise, et en se gardant de tout abus”.

La Médiateure enjoint à la société Megarama de mettre fin aux pratiques commerciales qui, quelles qu’en soient la forme, visent à empêcher certains distributeurs de confier l’exploitation en sortie nationale de leurs films à des salles municipales dans la zone de chalandise de leurs enseignes et de subordonner l’exploitation d’un film à une décision de ne pas placer le même film dans un cinéma concurrent de la zone ou d’une autre zone.

Le texte complet de l’injonction est disponible en ligne sur le site du CNC (4 pages, format PDF).

Le CNC lance une aide aux dispositifs innovants d’éducation au cinéma et à l’image

Dans le cadre du plan de refondation de l’éducation au cinéma et à l’image, annoncé en novembre dernier par les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture, le CNC crée un fonds pour accompagner le développement de projets innovants en matière d’éducation au cinéma et à l’image. Il est doté d’un budget annuel de 700.000 € et vise à soutenir des actions et outils permettant de faire émerger de nouvelles approches pédagogiques dans les dispositifs d’éducation aux images, en prenant davantage en compte les pratiques des jeunes et en les incluant dans la construction des projets.

Les projets devront proposer des objectifs éducatifs permettant de répondre aux enjeux actuels liés aux pratiques culturelles des jeunes : valoriser la diversité des formes et formats d’œuvres, accompagner l’utilisation des nouvelles technologies et des outils numériques du quotidien, favoriser l’expérience collective dans la création et la réception des œuvres. Ils pourront concerner tous les champs couverts par les missions du CNC : cinéma, séries, jeu vidéo, court métrage, documentaire et création numérique.

Ce fonds prendra la forme d’une aide sélective annuelle avec un appel à projets et un examen par une commission réunie au CNC, qui se prononcera selon quatre critères : les objectifs éducatifs du projet, son caractère innovant, sa capacité de déploiement et sa viabilité économique.

Pour cette première année, le dépôt des dossiers sera ouvert du 1ᵉʳ au 30 juin, et la commission se réunira à l’automne. La présentation détaillée du fonds et son fonctionnement sont précisés sur la page dédiée du site du CNC.

AnimFrance salue la présence record de l'animation au 79ᵉ Festival de Cannes

À l'approche de la 79e édition du Festival International du Film de Cannes, AnimFrance a adressé ses félicitations à l'ensemble des producteurs et des équipes artistiques et techniques impliqués dans les seize films d'animation retenus cette année. Pour la première fois, le cinéma d'animation est présent dans la totalité des sections du festival, de la Sélection officielle aux sections parallèles.

"Un cinéma qui existe aussi"

Cette reconnaissance fait écho à une déclaration de Thierry Frémaux, délégué général du Festival, qui a indiqué lors de l'annonce de la Sélection officielle avoir entendu l'appel des professionnels, affirmant que l'animation est un "cinéma qui existe aussi". AnimFrance, qui représente la filière de l'animation française, souligne que le secteur concentre aujourd'hui le quart des entrées du box-office mondial et s'adresse à l'ensemble des publics.

Parmi les films sélectionnés, la production française occupe une place centrale. À la Sélection officielle figurent notamment Le Corset de Louis Clichy (Eddy Cinema) dans la section Un Certain Regard, Lucy Lost d'Olivier Clert (Xilam Films) en Séance Famille, et Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané (Bobbypills & UMedia) en Séance de minuit. La Quinzaine des Cinéastes a programmé de son côté Carmen, l'oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach (Folivari & La Garde Montante) et Le Vertige de Quentin Dupieux (Chi-Fou-Mi). Enfin, la Semaine de la Critique a retenu In Waves de Phuong Mai Nguyen (Silex & Charades Productions), tandis que l'ACID présente Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue (KG Productions & Je suis bien content).

Cette présence cannoise intervient à quelques semaines du Festival international du film d'animation d'Annecy, offrant à la production française une double vitrine internationale.

Le Scare renouvelle une partie de son conseil d’administration

À l’occasion de l’assemblée générale du Scare (Syndicat des cinémas d’art, de répertoire et d’essai), tenue le 10 mai 2026 à Cannes, il a été procédé au renouvellement partiel de son conseil d’administration. Cinq membres de ce conseil ont été élus ou réélus : Eva Brucato (Le Royal, Toulon), Stéphane Libs (Cinéma Star, Strasbourg), Élise Mignot (Le Café des Images, Hérouville-Saint-Clair), Arnaud Surel (Dulac Cinémas, Paris) et Mathias Triballeau (Le Concorde, La Roche-sur-Yon).

L’élection des membres du bureau aura lieu lors du prochain conseil d’administration du Scare.

La composition du conseil d’administration

  • Christine Beauchemin-Flot (Le Select, Antony), actuelle coprésidente
  • Martin Bidou (Haut et Court Cinémas), actuel coprésident
  • Stephen Bonato (Cinéma Utopia, Bordeaux)
  • Jérémy Breta (American Cosmograph, Toulouse)
  • Eva Brucato (Le Royal, Toulon), actuelle trésorière
  • Paul-Marie Claret (Cinémas Le Méliès, Saint-Étienne)
  • Sylvain Clochard (Le Concorde, Nantes), actuel vice-président
  • Frédérique Duperret (Comoedia, Lyon)
  • Stéphanie Jaunay (Ciné TNB, Rennes)
  • Sylvie Larroque (L’Atalante, Bayonne)
  • Stéphane Libs (Le Star, Strasbourg)
  • Élise Mignot (Le Café des Images, Hérouville-Saint-Clair), actuelle vice-présidente
  • Arnaud Surel (Dulac Cinémas, Paris)
  • Mathias Triballeau (Le Concorde, La Roche-sur-Yon)
  • Michel Humbert (président d’honneur)

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ÉVÉNEMENTS

La Sacem porte la musique à l’image et les compositeurs français sur la scène mondiale à Cannes

À l’occasion du Festival de Cannes, la Sacem (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique) renforce son engagement en faveur de la musique à l’image en organisant, lundi 18 mai, une journée entièrement consacrée aux compositrices et compositeurs. À travers cette journée, la Sacem entend rappeler combien la musique est au cœur de la création cinématographique et combien ses auteurs méritent une reconnaissance à la hauteur de leur contribution. La journée s’achèvera par une soirée musicale sur la plage Vega, portée par trois sets d’artistes de premier plan (programmation dévoilée prochainement).

La Leçon de musique mettra à l’honneur cette année le travail de composition d’Amine Bouhafa, César 2015 de la meilleure musique originale pour Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako. À travers ce rendez-vous animé par Stéphane Lerouge, la Sacem propose une immersion dans les processus créatifs et souligne la richesse des collaborations entre réalisateurs et compositeurs.

En dehors de ces temps forts, la Sacem affirme son soutien à l’ensemble des sélections cannoises – de la Sélection officielle à la Quinzaine des cinéastes, en passant par la Semaine de la critique, l’Acid et les Talents Cannes Adami – en accompagnant les compositeurs et compositrices membres dont les œuvres sont à l’honneur cette année. Acteur clé du financement de la musique originale au cinéma, elle soutient l’écriture et la production de musiques pour le court et le long métrage, le documentaire ou encore le film d’animation.

La musique à l’image est bien plus qu’un accompagnement : elle est une composante essentielle de l’écriture cinématographique. Elle porte le récit, révèle les intentions des réalisateurs et scénaristes tout en donnant une profondeur unique aux œuvres. À Cannes, la Sacem réaffirme son engagement pour que les compositrices et compositeurs soient reconnus à leur juste place au cœur du processus de création, et pour que leur contribution artistique soit pleinement visible, célébrée et valorisée.

Patrick Sigwalt, compositeur et président du conseil d’administration de la Sacem.

Cette année, la Sacem est fière d’avoir accompagné la création de musique originale de 13 films en sélection.

Le programme

  • Le Jardin Sacem – Point de ralliement des compositeurs et compositrices pendant toute la quinzaine, le Jardin Sacem (112, rue d’Antibes) s’installe à nouveau à l’hôtel Jardin Croisette.
  • Les Sunset Live Sacem – Du vendredi 15 au dimanche 17 mai de 19 à 21 heures, au Jardin Sacem. Trois jours de “showcases” pour mettre en avant les compositeurs de musique à l’image : Yasmine Meddour (15 mai), Adrien Gallo (16 mai), Yom & Don Turi (17 mai) et Camélia Jordana (17 mai)
  • Spot the Composer – Du vendredi 15 au lundi 18 mai, au Marché du Film. Organisé avec le soutien de la Sacem, l’événement accompagne cette année 10 compositrices et compositeurs français et internationaux pour des rencontres individuelles avec réalisateurs et producteurs de projets sélectionnés par le Marché du Film. Ces rencontres seront complétées par des cocktails dédiés aux films de genre et à l’animation.
  • La Leçon de musique d’Amine Bouhafa – Lundi 18 mai, à 14 heures, au Palais des festivals. Masterclasse animée par Stéphane Lerouge.
  • Montée des marches des compositeurs – Lundi 18 mai, à 18 h 00 environ.
  • Film Music Party, lives & DJ set – Lundi 18 mai, de 21 h 30 à 2 heures, à la plage Vega.

Cannes 2026 – Les deux candidates au Prix CST de la Jeune Technicienne

La Commission supérieure technique de l'image et du son (CST), plus ancienne association de techniciens du cinéma et de l'audiovisuel, décernera pour la sixième année le Prix de la Jeune Technicienne du Festival de Cannes lors de cette 79e édition.

"Les chiffres observés en 2026 rappellent la nécessité de valoriser et soutenir les jeunes femmes techniciennes", indique l'associaioin. "Sur 75 postes techniques dans les films français de la sélection officielle, seuls 18 sont occupés par des femmes, Parmi elles, 16 ont plus de 40 ans, et seulement 2 ont moins de 40 ans, représentant à peine 3% de l’ensemble des postes analysés."

Les deux candidates sont cette année des cheffes décoratrices. Il s'agit de :
・Livia Lattanzio pour Les Matins merveilleux de Avril Besson (Séance spéciale)
・Esther Mysius pour Histoires de la nuit de Léa Mysius (en Compétition)

Créé à l’initiative de Claudine Nougaret et Angelo Cosimano en 2021, le Prix CST de la Jeune Technicienne de cinéma est soutenu cette année par la photographe Sarah Moon. Le jury est composé de Michel Boujenah, acteur et réalisateur, et Sylvia Landra, cheffe monteuse. La lauréate de cette sixième édition sera annoncée le 23 mai.

PROGRAMMATION

Ad Vitam programme “la Frappe”, sélectionné à la Semaine de la critique

Le premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri, la Frappe, sera dans les salles le 26 août. Écrit par le réalisateur et Claudia Bottino, en collaboration avec Dorothée Lachaud, le film est produit par Marc-Benoît Créancier, pour Easy Tiger. Il a été sélectionné pour la compétition de la 65ᵉ édition de la Semaine de la critique du Festival de Cannes. Son casting est composé de Diego Murgia, Bastien Bouillon, Romane Fringeli, Héloïse Volle, Sophie Cattani, Karol Olejnik, Maxence Bendjelloun, Florence Janas, Carole Franck et Manon Clavel. la Frappe est vendu à l’international parCharades.

Enzo, 19 ans, et sa sœur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père Anthony est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire, contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.

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