Imagissime multiplie les projets

21 juillet 2022
La société, qui s’est distinguée pour ses productions s’inscrivant dans le « true crime », est aussi présente dans d’autres champs.
Elodie Polo Ackermann

Fondée en 2015 par Elodie Polo Ackermann, la société Imagissime est l’un des labels de production documentaire du groupe Mediawan. Depuis ses débuts, sa ligne de conduite est d’aborder le documentaire avec une narration innovante, souvent proche des codes de la fiction. « A chaque fois, notre volonté est d’accorder, dans le récit, une place centrale à la dimension émotionnelle. Pour nous, c’est elle qui permet de provoquer un engagement du public et de faire avancer des causes », indique Elodie Polo Ackermann. Si la structure investit la plupart des genres (découverte, science, histoire, art, société…), elle s’est particulièrement distinguée pour ses oeuvres s’inscrivant dans le true crime. Notamment, sa série Grégory, sur l’affaire Grégory, produite pour Netflix, a rencontré un vif écho médiatique. Constituée de cinq épisodes durant à peu près une heure chacun, réalisée par Gilles Marchand, elle a été mise en ligne par la plateforme en 2019.

« Gaïaland », « un polar psychologique » attendu prochainement

Actuellement, Imagissime porte de nombreuses productions. L’une d’elles est Gaïaland, de Yvonne Debeaumarché et Hannu Kontturi (4 x 52’), que l’on verra prochainement. Cette série feuilletonnante revient sur la trajectoire de jeunes idéalistes écologistes, qui, dans les années 1980, ont intégré une communauté dirigée par un chaman mystérieux. Leur parcours, qui les a conduits à traverser toute l’Europe, pendant environ quinze ans, jusqu’en Finlande, s’est transformé progressivement en cauchemar. « Cette histoire, je l’ai découverte dans le cadre d’un séminaire autour de la fiction organisé par Mediawan, précise Elodie Polo Ackermann. Aito Media [société finlandaise appartenant au groupe Mediawan, Ndlr] avait dévoilé le trailer d’un projet autour de ce fait divers, connu en Finlande. Le trailer était bien celui d’une fiction, mais on y voyait de nombreuses archives. Je leur ai alors suggéré que cette histoire pouvait être racontée sous la forme d’une série documentaire. Et nous sommes partis dans cette direction ». Le programme est alors piloté par Imagissime, Aito Media et la société belge Les Gens. Il est rapidement accompagné par trois diffuseurs européens : Arte G.E.I.E., YLE (Finlande) et RTBF (Belgique). D’autres partenaires s’ajouteront : la chaîne DR (Danemark), le programme Media, le CNC et la Finnish Film Foundation (Finlande). « La série est un polar psychologique, qui parle d’emprise et de manipulation. Elle s’appuie sur des archives inédites, notamment celles d’un photographe finlandais ayant rejoint cette communauté dans les années 1990. Elle convoque aussi des témoignages d’anciens membres de la tribu. Une partie de l’équipe créative de Grégory y a participé. Sa narration moderne emprunte aux nouveaux codes des séries de plateforme. Nous espérons qu’elle intéressera un large public », poursuit Elodie Polo Ackermann. La musique de Gaïaland est signée Yuksek, à qui l’on doit déjà celle de Grégory ou encore celle de la série En Thérapie.

Immersion au sein des yakusas

En parallèle, Imagissime a lancé la production de Yakusa, de Michaël Prazan (2 x 52’), coproduit par Arte France. Ce diptyque sera une immersion au sein de l’organisation mafieuse japonaise, dont l’évolution, de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale jusqu’à aujourd’hui, sera retracée, à base d’archives et de témoignages. Michaël Prazan est un fin connaisseur du Japon, où il a vécu. Le tournage démarrera à l’automne.

Toujours pour Arte France, Imagissime livrera à la fin de ce mois de juillet Amazonie, les civilisations oubliées de la forêt, de Marc Jampolsky et Marie Thiéry (90’), destiné à la case « Aventure humaine ». « Cet unitaire est né à la suite de ma rencontre avec Stéphen Rostain, archéologue au CNRS [Centre national de la recherche scientifique], qui mène des travaux sur l’Amazonie. Il a fait des découvertes majeures sur les civilisations précolombiennes ayant occupé la forêt, grâce à de nouvelles techniques d’archéologie. Le film rend compte de ces découvertes », détaille Elodie Polo Ackermann.

Poursuite de la collaboration avec Jérôme Delafosse

Dans un tout autre champ, on verra à la rentrée le dernier épisode de la collection Jérôme, les yeux dans le bleu (4 x 52’), qu’Imagissime a produite avec Radar Films, société du groupe Mediawan, pour la case « Les Nouveaux Explorateurs » de Canal+. La collection est incarnée, écrite et réalisée par Jérôme Delafosse, scaphandrier, grand voyageur et défenseur de l’environnement. Elle s’intéresse plus particulièrement à la relation entre l’homme et l’eau. « A présent, avec Jérôme Delafosse, nous développons un projet qu’il écrit avec Fabrice Schnöller, titré Premier contact. Il raconte la rencontre entre des protecteurs de la biodiversité et un béluga qui s’est échappé d’un centre « top secret ». Ce béluga, qui erre dans la Mer du Nord, est devenu une star des réseaux sociaux en Norvège. Des premières images ont été tournées en 2020 et 2021. Ce sera un unitaire ambitieux de 90’ », dévoile Elodie Polo Ackermann. Premier contact est coproduit par Miluna Productions & Consulting.

Une plongée au cœur de (LA)Horde

Par ailleurs, à la dernière édition de Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire et des expériences narratives, qui s’est tenue en juin, France Télévisions a annoncé les lauréats de son appel à projets « Rebelles ou l’art de bousculer ». Avec cet appel, France Télévisions avait pour objectif de constituer une collection de dix films de 52’ sur des « artistes contemporains français ou internationaux qui expriment par leur art une révolte, une vision du monde en rupture ». La collection sera proposée dans la case « Aux arts et caetera ! » de France 5. Imagissime est l’un des lauréats de cet appel à projets avec (LA)Horde – révolte à Marseille, écrit par Tom Schembri, et produit avec la société de ce dernier, Féroé. « (LA)Horde est un collectif de trois chorégraphes – Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel – qui casse les codes classiques de la danse contemporaine. Ils ont notamment introduit le voguing dans la danse. De plus, ils dirigent depuis 2019 le Ballet National de Marseille. Ils sont connus, entre autres, pour le spectacle Room With A View, qu’ils ont conçu avec Rone [le compositeur de la bande originale du film Les Olympiades, de Jacques Audiard]. Il est rare que des artistes si jeunes aient déjà marqué à ce point leur discipline. On les suivra au plus près de leur travail », explique Elodie Polo Ackermann. Les prises de vue débuteront à l’automne.

Photo : Elodie Polo Ackermann.

Copyright : Studio Ledroit-Perrin.