Peter Jackson (réalisateur, Palme d’or d’honneur) : “Je suis en train de préparer la suite de Tintin”

Le cinéaste considère que l'intelligence artificielle est un outil au service des auteurs. © Éléonore Houée
Sous le regard attendri de son jeune hobbit, Elijah Wood, Peter Jackson s’est confié sur sa carrière durant une heure et demie le mercredi 13 mai sur la Croisette. Le metteur en scène néo-zélandais a reçu la veille une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes. Interrogé sur ses futurs projets, le réalisateur multi-récompensé, auteur de la trilogie Le Seigneur des anneaux et de Lovely Bones, a évoqué la suite des Aventures de Tintin : le secret de la licorne. “Nous sommes en train d’écrire le scénario avec Fran Walsh, ma productrice et compagne”, a-t-il déclaré, provoquant les applaudissements de l’audience. L’annonce intervient quinze ans après la sortie du premier film, réalisé par Steven Spielberg et produit par Peter Jackson.
L’apport de la technologie
Durant la conférence, l’auteur du remake de King Kong, sorti en 2005, a d’abord défendu le cinéma de genre. “Les films d’horreur sont accessibles pour les jeunes cinéastes, parce que cela ne coûte pas cher, a-t-il avancé. Parfois, il n’y a pas besoin de scénario.” Bad Taste, son premier long métrage, n’a pas pu concourir dans une section cannoise en 1988. Mais, au Marché du film, il s’est vendu “dans de nombreux territoires”. Didier Allouch, journaliste et modérateur de la discussion, a remercié le cinéaste, ainsi que Sam Raimi : “Le cinéma de genre n’était pas à la mode à l’époque.” Depuis, l’apport de ces créateurs a contribué à “faire rentrer les monstres”, selon l’expression utilisée par Julia Ducournau quand elle a reçu la Palme d’or, en 2021, pour Titane.
D’autre part, Peter Jackson s’est livré sur l’adaptation des livres de J. R. R. Tolkien. “Nous n’avons pas envisagé la saga comme une œuvre fantasy, plutôt comme un récit historique.” La société d’effets spéciaux Weta Workshop, créée en 1987, a pu survivre grâce à cette production gigantesque, filmée en Nouvelle-Zélande pendant quatorze mois. Sur la technologie, et l’intelligence artificielle spécifiquement, l’artiste a jugé qu’elle était un outil au service des idées originales d’un auteur. Par ailleurs, il a déploré la disparition du marché du making of, due à la baisse des ventes des éditions physiques des films. “Il n’existe plus que des vidéos promotionnelles”, a-t-il regretté, alors que les bonus du Seigneur des anneaux ont renforcé la communauté autour de la trilogie.




