Spécial Festival de Cannes
Julien Poupard, directeur de la photographie de “La Vénus électrique” : “Je me considère avant tout comme le bras droit du metteur en scène”
Comment avez-vous fait vos armes sur les plateaux de tournage ?
J'ai d'abord suivi un BTS audiovisuel, puis j'ai intégré la Fémis et son département Image en 2006. Ces deux formations étaient très complémentaires et m’ont beaucoup apporté : la première m'a donné les bases techniques solides, la seconde m'a ouvert à une culture cinématographique et m’a offert des rencontres déterminantes. Ensuite, j'ai voulu être assistant caméra, mais je n'étais pas bon dans ce rôle. Pendant quatre ou cinq ans, j'ai participé à des courts métrages pour gagner ma vie et me former sur le terrain.
Le court métrage est-il un passage obligé avant de travailler sur des longs ?
Ce n’est pas obligatoire, mais pour moi cela a été formateur. J'en ai fait énormément. Et c'est là que j'ai rencontré une grande partie des gens avec qui je travaille encore aujourd'hui, de toutes les générations. Ce sont des liens de confiance qui durent.
Quel a été l'élément déclencheur dans votre parcours ?
Le tournant a été Party Girl, présenté à Cannes en 2014. Le film a obtenu la Caméra d'or. Après cela, les choses se sont accélérées. Deux ans plus tard, j’ai travaillé comme directeur de la photographie sur Divines de Houda Benyamina récompensé du même prix.
En vingt ans de carrière, vous avez travaillé sur des projets très différents. Comment a évolué votre manière de procéder sur un tournage ?
Ma vision du métier a évolué avec le temps. Aujourd'hui, je me considère davantage comme le bras droit du metteur en scène. Mon rôle est vraiment de l'accompagner au plus près, pas seulement sur les questions d'image, mais aussi de parler avec lui du film, du jeu des comédiens, l'atmosphère générale. Il faut savoir diriger mais aussi être à l’écoute de ce qui se passe durant un tournage.
Vous signez l'image de La Vénus électrique, film d'ouverture du 79e Festival de Cannes. Qu'est-ce que ce film représente pour vous ?
Il s’agit de mon troisième film avec Pierre Salvadori après En Liberté ! et La Petite Bande. Ouvrir le festival est une fierté, et surtout avec ce film-là. Je suis très heureux du résultat et de la relation de confiance que j’ai nouée avec Pierre. Le tournage fût doux et joyeux. Je crois que c'est la meilleure façon de le dire.
Comment avez-vous travaillé ensemble ?
Sur En liberté !, au début, j'avais du mal à trouver le bon ton, la bonne note. Pendant un certain temps, Pierre et moi n’étions pas synchronisés. Et puis, au bout d’un moment, nous avons su nous accorder pour trouver le La. Le cinéaste possède son style, et moi je devais comprendre et prolonger ce geste-là. De là est née une vraie émulation.
Comment avez-vous abordé l'esthétique de La Vénus électrique, qui se déroule dans le Paris des années folles ?
Dès le départ, Pierre avait une exigence très claire : il ne voulait pas que l'époque prenne le dessus sur l'histoire. Pas de film-tableau, pas de reconstitution écrasante. Il fallait trouver le bon ton. Nous avons mené de nombreux essais avec le chef décorateur Angelo Zamparutti et la créatrice de costumes Virginie Montel. Les tableaux d’Otto Dix m’ont guidé pour orienter le choix des couleurs.
Vous êtes actuellement en tournage sur Dumas, Diable noir de Ladj Ly, votre troisième collaboration avec le cinéaste après Les Misérables et Bâtiment 5. Pouvez-vous nous en dire un mot ?
C'est un tournage très long que nous avons débuté en septembre 2025. Il se terminera mi-juillet. Nous avons filmé en Martinique, au Maroc, dans les Alpes et maintenant dans les Yvelines.
Vous naviguez entre des univers très différents. Quelles sont vos envies pour la suite ?
Je laisse les choses se faire. Je suis vraiment très heureux de toutes les collaborations que j’ai pu mener. Naviguer sur des projets aussi différents les uns des autres est ce qui me nourrit.
Julien Rejl (délégué général de la Quinzaine des cinéastes) : “À la fin de notre travail de sélection, rien ne doit manquer”
Quel regard portez-vous sur cette édition ?
Julien Rejl : Elle s'inscrit dans une forme de continuité, avec un désir prolongé d'ouvrir la sélection à tous les supports d'écriture cinématographique. Par exemple, nous travaillons à davantage mélanger les films tournés en prises de vues réelles et les films d'animation. Par ailleurs, nous poursuivons notre engagement à montrer à la fois des auteurs qui ont déjà une certaine réputation, comme à faire découvrir des talents émergents. Cette direction prise il y a plusieurs années se bonifie puisqu’un équilibre se dessine au sein de cette édition.
Lors de la conférence de presse, vous avez en effet insisté sur la présence de documentaires et de films d'animation...
J. R. : Il ne s'agit pas de les mettre dans des cases. Les trois films d'animation que nous avons choisis n'ont strictement rien à voir, tant du point de vue de la narration que de la technique. Ils ne sont pas nécessairement comparables entre eux. Dans notre programmation, tout coexiste. Nous mettons simplement en avant une pluralité des modes d'expression propres au septième art. Mais je me sens obligé de spécifier, durant l’annonce, la nature des films. Le mieux serait d'oublier ces étiquettes pour parler uniquement de cinéma.
Plus généralement, le nombre de productions qui vous sont envoyées a-t-il gonflé ces dernières années ?
J. R. : Le nombre de courts métrages reçus stagne. Soit dit en passant, nous partons quand même de très loin. Quand j'ai pris mes fonctions, après l'édition de 2022, nous en recevions environ 1 800. Désormais, il y en a 2 500. En ce qui concerne le long métrage, la hausse se confirme. Nous avons reçu cette année une centaine de films supplémentaires par rapport à l’édition précédente. Or, l'équipe n'est pas extensible et nous sommes trop peu pour réaliser le travail de sélection dans des conditions raisonnables. Nous travaillons en surchauffe, dans un état de fatigue et d'excitation.
Comment avez-vous pensé l'ouverture ?
J. R. : Il est plus difficile de projeter un film international en ouverture qu'une œuvre française. L’objectif est de créer un événement avec la venue de pointures et pour ce faire nous avons plus de possibilités du côté des productions nationales. Cette année, je me suis imposé de jouer une autre carte. Nous avons patienté afin de rechercher un auteur qui faisait sens. Butterfly Jam de Kantemir Balagov a été une évidence. Ce russe exilé a réalisé deux premiers longs métrages très remarqués. Il nous importait de le faire venir, sans sous-entendu politique. Le film est tourné à New York, en langue anglaise, avec Barry Keoghan et Riley Keough.
Vous créez la surprise avec Le Vertige de Quentin Dupieux en clôture...
J. R. : Nous savions que Full Phill, son autre film, était probablement destiné à la sélection officielle. Nous ne savions rien pour celui-ci. Il s'agit d'un plus petit film. Pour Quentin Dupieux, c'est un pari culotté, celui de produire un film d'animation 3D en motion capture. Il a pour modèles d'anciens jeux vidéo. La mise en scène est inédite et originale. Le récit ne manque pas d'humour. L'idée qu'un auteur identifié s'aventure dans l'animation est merveilleuse. Il s'approprie un médium qui n'est à l’origine pas le sien. Le ton décalé correspond par ailleurs à l'esprit de la Quinzaine des cinéastes.
Comment équilibrez-vous la sélection entre ces auteurs confirmés et les premiers films ?
J. R. : La sélection est un travail de longue haleine. Nous ne savons jamais avant la conférence de presse à quoi elle va ressembler. En d'autres termes, il faut sortir des schémas simplificateurs. Nous ne mélangeons pas des films d'auteurs connus et des premiers films. Il s’agit plutôt d’un corps organique qui se transforme petit à petit. Le tout est d'avoir des œuvres personnelles et singulières. Il ne faut ni se focaliser sur les cinéastes émergents, ni sur ceux qui ont eu leur heure de gloire. Mais à la fin de notre travail de sélection, rien ne doit manquer.
Lors de la conférence de presse, vous avez déclaré que, pour un réalisateur français, la production d'un second long métrage reste difficile
J. R. : C'est une déduction. Cette année, sur les 220 films français que nous avons regardés, la moitié sont des premiers films. Et puis, étant en contact permanent avec les producteurs, nous constatons que ces œuvres ont du mal à se faire. Certains auteurs, qui plus est renommés, doivent désormais chercher des financements au Luxembourg, en Italie ou en Espagne. D'autres doivent mettre leur projet entre parenthèses.
Et sur le plan international, quelles dynamiques remarquez-vous ?
J. R. : Les difficultés sont partout et même dans un pays comme les États-Unis. En fait, la scène indépendante, avec des fresques comme The Brutalist, est féconde. Mais le cinéma de studio connaît des remous. La durée des tournages se réduit, le temps du montage se rétrécit. Cela a des conséquences sur la qualité artistique des films car ils sont imaginés avec plus d’ambition et donc, plus de moyens. Au-delà des États-Unis, la Corée du Sud traverse aussi une crise. Ce fut une cinématographie explosive dans les années 2000 et 2010, avec des auteurs mondialement célèbres. Désormais, ils ont du mal à remplir les salles de cinéma, donc les cinéastes se tournent vers les plateformes.
Comment Hollywood fait son marché sur la Croisette
Au Festival de Cannes, derrière le tapis rouge et les projections prestigieuses, se joue une autre compétition, plus discrète mais tout aussi stratégique : celle des acquisitions. Chaque année, des distributeurs américains arpentent la Croisette à la recherche de films capables de séduire le marché nord-américain — un marché exigeant, fragmenté et de plus en plus concurrentiel avec les plateformes.
Parmi ces acheteurs figure Thomas Quinn, cofondateur et dirigeant de Neon, société devenue incontournable depuis ses succès avec Parasite ou Titane. Neon incarne une nouvelle génération de distributeurs indépendants américains, prêts à miser sur des œuvres audacieuses, souvent internationales, à condition qu’elles disposent d’un potentiel critique et d’un angle marketing fort.
Dans plusieurs entretiens accordés ces dernières années à la presse professionnelle américaine (notamment Variety et The Hollywood Reporter), Thomas Quinn a expliqué privilégier « des films qui peuvent créer un événement culturel », plutôt que de simples sorties commerciales. Cette approche se traduit par une sélection rigoureuse et des investissements ciblés. Neon peut débourser entre 2 et 15 millions de dollars pour les droits nord-américains d’un film, avec des exceptions lorsque le potentiel de récompenses est élevé.
La stratégie A24
Mais Neon n’est pas seul. D’autres acteurs majeurs comme A24, Focus Features, Searchlight Pictures ou encore Netflix et Amazon Studios participent activement au marché cannois. Chacun adopte une stratégie distincte.
A24, par exemple, s’est imposé comme un prescripteur de goût auprès du public américain jeune et urbain. La société recherche des films d’auteur accessibles, souvent portés par une forte identité visuelle ou narrative. Elle investit généralement entre un et dix millions de dollars pour des acquisitions, mais peut monter plus haut pour des projets très attendus ou établir dès le départ un partenariat de production. Son co-financement il y a trois ans de The Zone of Interest (La Zone d’intérêt) de Jonathan Glazer (présenté à Cannes) illustre ce positionnement : un film exigeant mais porté par un fort capital critique.
Du côté des structures plus traditionnelles, Focus Features (filiale d’Universal) privilégie des œuvres internationales susceptibles de toucher un public adulte plus large. Les montants peuvent varier de 3 à 20 millions de dollars, selon le casting, le réalisateur et les perspectives de box-office. Searchlight Pictures, désormais intégré à Disney, fonctionne sur un modèle similaire, avec une attention particulière portée aux films à potentiel de récompenses (Oscars notamment).
Les plateformes, une présence sélective
Les plateformes, elles, ont bouleversé les règles du jeu. Netflix et Amazon peuvent proposer des montants bien supérieurs, parfois au-delà de 20 ou 30 millions de dollars pour une acquisition mondiale. Toutefois, leur présence à Cannes est devenue plus sélective, notamment en raison des tensions avec les exploitants de salles français. Elles ciblent en priorité des films déjà portés par des talents reconnus ou des projets susceptibles de générer un fort engagement en ligne.
Ce que recherchent concrètement ces acheteurs américains peut se résumer en quelques critères clés. D’abord, une signature artistique forte : Cannes reste un label de qualité, et les distributeurs veulent capitaliser sur cette aura. Ensuite, un potentiel narratif universel, capable de franchir les barrières culturelles. Enfin, un élément distinctif — qu’il s’agisse d’un sujet audacieux, d’une performance d’acteur remarquable ou d’une mise en scène singulière.
Un exemple typique d’acquisition serait un drame européen primé à Cannes, avec un réalisateur déjà reconnu dans les festivals, mais encore peu exposé aux États-Unis. Si le film suscite un bouche-à-oreille positif dès sa première projection, plusieurs distributeurs peuvent entrer en concurrence, faisant monter les enchères. Dans ce cas, un acteur comme Neon pourrait se positionner rapidement pour sécuriser les droits.
À l’inverse, certains films très attendus arrivent à Cannes avec un distributeur déjà attaché, mais cherchent à vendre leurs droits territoriaux. Les acheteurs américains évaluent alors leur potentiel commercial : casting international, langue anglaise, genre identifiable (thriller, biopic, etc.). Un thriller porté par une star montante pourrait ainsi être acquis pour 8 à 12 millions de dollars, avec une stratégie de sortie en salles suivie d’une exploitation en streaming.
Enfin, il faut noter que le marché s’est durci ces dernières années. Même si les chiffres du box-office remontent ces derniers mois, la fréquentation des salles américaines reste fragile pour le cinéma indépendant, et les distributeurs se montrent plus prudents. Les acquisitions « coup de cœur » existent toujours, mais elles sont désormais accompagnées d’une analyse très fine des risques.
Cannes demeure néanmoins un terrain de jeu unique. Pour les distributeurs américains, c’est à la fois un laboratoire artistique et un marché hautement concurrentiel, où se décident parfois, en quelques heures, le destin international d’un film.
Japon : pays à l’honneur au Marché du Film
Rappelons d’abord que pas moins de six longs-métrages japonais se sont invités dans les différentes sélections cette année. Le premier long-métrage d’animation indépendant de Kohei Kadowaki We are Aliens a décroché un ticket pour la Quinzaine des réalisateurs. Très belle sélection pour un projet à la gestation compliquée entre le Japon (Nothing New) et la France (Miyu Productions). Le cinquième long-métrage de Yukiko Sode, De Toutes les nuits, les amants sera présenté dans Un certain regard. La cinéaste avait déjà ravi le public français avec Aristocrats, récompensé au festival Kinotayo. Le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa est un chambara (le Château d’Arioka) et sera présenté dans la sélection Cannes Première. La compétition officielle enfin met en lumière les dernières œuvres de Ryusuke Hamaguchi (Soudain), Koji Fukuda (Nagi Notes) et l’incontournable Hirokazu Kore-Eda (Sheep in the Box).
À propos du réalisateur palmé en 2018, ne ratez pas le showcase Goes to Cannes du Tokyo International Film Festival (TIFF), demain 15 mai en salle K du palais. Parmi les cinq works in progress, vous pourrez découvrir les premières images de Look Back, le prochain projet de Kore-Eda, adaptation du manga best-seller de Tatsuki Fujimoto (Chainsaw Man), déjà adapté avec succès en long-métrage anime en 2024.
Une journée de projection de classiques japonais est également prévue le samedi 16 à partir de 9h30 avec, au programme, Pluie noire et L’Anguille de Shohei Imamura, Her Brother de Kon Ichikawa et une version restaurée 4K de Kwaidan de Masaki Kobayashi.
Accompagner une hégémonie globale
Organisées par le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI) et par l’organisation du commerce extérieur du Japon (JETRO), trois rencontres vont rythmer ce jeudi et vendredi. Depuis quelques années, grâce à des succès internationaux principalement sur les plateformes de streaming, le Japon semble enfin avoir dompté ses difficultés à faire adapter ses créations, y compris à Hollywood. L’accueil de l’adaptation live de One Piece (le manga le plus vendu au monde avec 600 millions d’exemplaires en 30 ans), sur Netflix, constitue en effet un précédent majeur. Tetsu Fujimara, président de Filosphia Inc., a servi de liaison entre Shueisha, le géant de l’édition derrière One Piece, et la production de la série. Il tentera de défricher les pistes vers une multiplication de ces adaptations de mangas à succès sur la scène principale (Riviera) ce matin à 10h30.
La valorisation et le potentiel des IP japonaises seront également des sujets développés par le patron de Sony Picture Motion Picture Group, Stanford Panitch en personne, et Atsuko Nakayama, expert en sociologie du divertissement et ancien cadre du marketing de Bandai Namco. À midi, également sur la scène principale.
Demain matin à 10h, vendredi 15 mai, un grand panel va s’intéresser aux récents efforts de l’archipel nippon pour attirer des tournages étrangers. Les coûts élevés, l’absence de crédits d’impôts, une économie fluctuante et l’éloignement sont toujours un frein pour faire du Japon un haut lieu de tournages. Les aides logistiques et les accompagnements pourtant concrets, l’expérience des équipes techniques et un taux de change actuellement à la fois stable et très favorable pourraient changer la donne. Le directeur pour les industries culturelles du METI, le gouverneur de la préfecture de Gunma (au Nord-Ouest de Tokyo) et les présidents des quatre plus importants studios japonais (Toho, Toei, Kadokawa Daiei et Shochiku) seront présents pour faire le point sur les avancées en matière de production.
Japan IP Market
Le plat de résistance de la présence japonaise au marché du film cette année sera indéniablement le Japan IP Market, organisé avec le TIFFCOM, qui prendra ses quartiers sur le catamaran Art Explora, amarré sur la jetée Albert-Edouard du port.
Le CNC y organise dès cet après-midi, entre 14h30 et 17h30, une session de rencontres entre onze sociétés de productions japonaises en quête de partenaires français pour leurs projets.
Demain, vendredi 15 mai, se tiendra à midi, un panel sur les synergies entre éditeurs de mangas et diffuseurs de leurs adaptations en anime. Deux acteurs clefs du marché français (deuxième plus gros marché du manga après le Japon), les éditions Glénat et le géant mondial du streaming d’anime Crunchyroll, présenteront les dynamiques actuelles avec le consultant international et expert en BD asiatiques (manga, manwha et webtoon) Sébastien Célimon.
Les rendez-vous autour de l'animation
Samedi 16 sera la journée la plus copieuse pour le Japan IP Market. Cela commence à 10h avec une keynote par Tetsu Fujimura (voir plus haut), suivie d’une session de pitching à 11h (pensez à vous pré-inscrire), toujours sous l’égide du TIFFCOM. Amuse Creative Studio, Kadokawa Corporation, Nihon Bungeisha, Nippon Animation, Shochiku, Shufu to Seikatsu Sha et Toei Company vont présenter les meilleures IP nippones à adapter pour un public international
Deux gros panels se tiendront également dans l’après-midi : d’abord, à 15h30, sur le scène principale (Riviera), une grande présentation des infrastructures et des atouts japonais en matière de tournage sous l’égide de la Japan Film Commission. Et à 17h enfin, sur la scène du palais (Palais – 1) une importante rencontre a lieu autour du financement des films au Japon. Les participants, dont Yohann Compte de la société Charades et Muneyuki Kii de K2 Pictures, expliqueront le système spécifique des « Production Committee » et l’émergence récente de fonds de financement du cinéma à la fois institutionnels et privés.
Le dimanche 17 mai sera consacré à un petit déjeuner du Producers Network à 9h pétante au Producers Club (Lérins) spécialement consacré au Japon ainsi qu’aux événements désormais traditionnels de Cannes Animation. Trois panels sont prévus sur la scène principale du Riviera. À 15h30, le géant nippon Toei Animation présentera une keynote sur les dernières évolutions de sa stratégie globale. Puis à 16h, les studios d’animation Trigger (Kill la Kill, Little Witch Academia) et Comix Wave (Your Name., Suzume) tenteront d’expliquer pourquoi l’animation japonaise s’exporte aussi bien. Enfin à 16h30, le Festival du Film d’Animation d’Annecy organise une rencontre sur le développement de la distribution internationale de l’animation japonaise.
Thomas Maksymowicz.
Nathalie Toulza-Madar (DG cinéma France de Studio TF1) : “Cannes s’impose toujours comme un rendez-vous stratégique”
Quelles sont vos attentes et vos objectifs pour le Festival de Cannes ?
Nous sommes très heureux de la sélection en compétition officielle de Moulin, réalisé par László Nemes avec Gilles Lellouche dans le rôle de Jean Moulin et produit par Alain Goldman. Le film sortira en salles le 28 octobre et sera une des premières sorties salles emblématiques de STUDIO TF1.
Pourquoi Cannes est-il particulièrement important pour votre société ?
Cannes nous permet de poursuivre la constitution de notre line up de distribution salles via des acquisitions ou des coproductions ainsi que le financement de nos productions à venir. Le Festival s’impose toujours comme un rendez-vous stratégique. Il nous permet de soutenir les films que nous portons aujourd’hui tout en préparant ceux de demain, avec la conviction que la maîtrise de la première fenêtre d’exploitation est clé dans la création de valeur. C’est également un espace privilégié pour valoriser notre catalogue, riche de plus de 1 000 titres, entre nouveautés et patrimoine.
Au-delà de Cannes, quelles sont vos perspectives pour l’année 2026 ?
2026 est l’année de lancement de notre activité de distribution salles. Notre première sortie a été Pour le plaisir. Suivront Les Gendarmes le 5 août etCamembert le 18 novembre. Dans nos prochaines sorties, seront à noter le thrillerL’Homme qui s’envola avec Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg et la nouvelle comédie de Frédéric Quiring, Trois c’est bien avec Marilou Berry et Julien Pestel. Nous avons pour objectif en 2026 d’augmenter notre volume de productions et nos acquisitions pour alimenter notre line up de distribution salles.
Les deals du Marché du Film – Jour 2
| Film | Réalisateur | Vendeur | Acheteur | Territoires |
| Ashes | Diego Luna | Luxbox | Netflix | Amérique latine, Espagne et Portugal |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Gaga Corporation | Japon |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Well Go USA | Amérique du Nord |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Studio Canal | Royaume-Uni |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | ARP | France |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Plaion Pictures | L'Allemagne et l'Italie |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | K-Movie Entertainment U.K. | Australie et Nouvelle-Zélande |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | BF Distribution | Amérique latine, Espagne et Portugal |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Mis Label | Scandinavie |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Energia | Espagne |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | The World Pictures | CEI et pays baltes |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Edko Films Ltd. | Hong Kong |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | MovieCloud | Taïwan |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | PT Primacinema Multimedia | Indonésie |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Pioneer Fims | Philippines |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Sahamongkolfilm International | Thaïlande |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Purple Plan Pte Ltd. | Asie du Sud-Est |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Multivision Multimedia | Inde |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Media4Fun | Pologne |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Mars | Turquie |
| Colony | Yeon Sang-ho | Showbox | Izagur Media LLC | Mongolie |
| Tristes Tropiques | Park Honn-jung | Finecut | Splendid Film | Allemagne, Autriche et Suisse |
| Tristes Tropiques | Park Honn-jung | Finecut | PT Prima Cinema Multimedia | Indonésie |
| Tristes Tropiques | Park Honn-jung | Finecut | Media4Fun | Pologne |
| Tristes Tropiques | Park Honn-jung | Finecut | Multivision India | Sous-continent indien |
| Tristes Tropiques | Park Honn-jung | Finecut | Izagur Media LLC | Mongolie |
Meta succède à TikTok comme partenaire officiel
TikTok était partenaire officiel du Festival de Cannes depuis 2022. À la suite de polémiques autour de la plateforme, il vient d’être officiellement remplacé par Meta, comme l’indique un communiqué publié par ce dernier le 11 mai 2026. La durée de ce nouveau partenariat pluriannuel ainsi que le montant dont s’est acquitté la maison mère de Facebook et d’Instagram n’ont pas été révélés.
La multinationale américaine prévoit notamment de ramener sur la Croisette ses dernières technologies et objets connectés, à l’instar des lunettes Ray-Ban Meta et des traductions assistées par intelligence artificielle, qui permettront aux festivaliers internationaux de tenir des conversations en temps réel. Elle affiche l’ambition d’“offrir au monde une nouvelle façon de voir, partager et plonger dans la magie de Cannes”. Celles-ci feront l’objet de démonstrations et pourront être testées par les festivaliers. Aussi, du 12 au 19 mai, la Meta House sera installée à l’hôtel Majestic. Cet espace est décrit comme “un lieu d’expériences interactives, d’événements créateurs, de conversations sur l’avenir du storytelling et d’autres surprises”. Elle accueillera par ailleurs la Palme d’Or.
Des créateurs de contenu au coeur de la Croisette
Des créateurs (cinéastes, commentateurs…) partageront un accès privilégié aux coulisses du festival grâce aux réseaux sociaux. Parmi eux, l’Américain Reece Feldman, qui s’est fait connaître sur TikTok et Instagram en publiant des vidéos sur les coulisses de tournages de films, de séries et de tapis rouges, doit réaliser des interviews exclusives des talents sur le tapis cannois. Sont également cités la réalisatrice française Enora Hope et la créatrice de mode Lyas, le photographe belge Bleg, le créateur italien Matteo Varini, le cinéphile espagnol Ivan Hachez, la créatrice culturelle londonienne Zainab Jiwa, les figures de la mode britanniques Lola Clark et Victor Kunda, ainsi que le joueur de basket français Diamant Blazi.
“Cannes est un lieu où se rencontrent langue, cinéma et technologie. Pour aider notre communauté de créateurs et de partenaires à capturer ces moments, nous mettons en avant les outils les plus récents permettant de raconter des histoires à l’échelle mondiale.”
“Des vues immersives à la première personne sur le tapis rouge aux interviews des coulisses, des analyses mode aux réactions en temps réel… Ils feront vivre Cannes directement dans les fils d’actualité sur Instagram, Threads et Reels”, précise la communication, qui rappelle que plus de 4,5 milliards de Reels sont repartagés chaque jour par les utilisateurs. De son côté, Threads, qui compte plus de 400 millions d’utilisateurs mensuels actifs, est présenté comme l’outil de conversation du festival en direct, avec la possibilité de suivre #Cannes2026 en direct.
Par ailleurs, Meta est le partenaire technologique de John Lennon: The Last Interview, film documentaire réalisé par Steven Soderbergh faisant partie de la sélection officielle, qui a utilisé ses outils IA pour certaines scènes du film.
Canal+ renouvelle son soutien à la Queer Palm de Cannes
Le Groupe Canal+ soutient de nouveau, cette année, la Queer Palm, le Prix qui distingue lors du Festival de Cannes un court ou long métrage pour son regard sur les thématiques LGBTQIA+, toutes sélections confondues. Créée en 2010, cette distinction met à l’honneur des œuvres engagées, singulières et ouvertes sur la diversité des regards et des récits contemporains.
Cette année, le jury est coprésidé par Anna Mouglalis et Thomas Jolly. Accompagnés par les jurés, tous deux auront à désigner le lauréat de la Queer Palm parmi les 22 films sélectionnés – nombre record historique, témoignant de la vitalité et de la richesse des œuvres présentées au 79ᵉ Festival de Cannes.
Partenaire de la Queer Palm depuis 2019, Canal+ prolongera cet engagement à travers une programmation dédiée sur Hello Canal+, disponible via l’app Canal+, réunissant une quarantaine de films passés par le Festival de Cannes. Tout au long de ce mois de mai, Canal+ mettra en lumière une sélection de films forts et engagés, dont la Petite Dernière, d’Hafsia Herzi, Prix d’interprétation féminine et Queer Palm 2025.
Des recettes aux box-office en augmentation en Asie, des fréquentations en baisse en Europe
Selon l'Observatoire européen de l'audiovisuel, le box office mondial en 2025 s'établit à 29,6 milliards d'euros. Cela constitue une progression de 5 % par rapport à l'année précédente et elle est principalement due à la hausse de la fréquentation des salles dans les principaux marchés asiatiques. Elle a grimpé de 10 % en un an. La Chine et le Japon, plus particulièrement, affichent des scores en augmentation. Les films produits sur ce territoire battent même des records de fréquentation. Ainsi, Ne Zha 2, long métrage venu de Chine, est le premier film non-américain à se hisser à la tête du classement mondial avec près de 1,8 milliard d'entrées. Néanmoins, les données publiées dans la revue Focus restent inférieurs d'environ 30 % à la moyenne avant la crise pandémique en 2020.
Malgré tout, les films états-uniens demeurent en tête du box office dans la plupart des pays, à l'exception des marchés asiatiques. Leur part cumulée du marché mondial recule à 52 % contre 63 % en 2019. D'autre part, la fréquentation recule dans les territoires européens, de l'ordre de 5 %. Même chose en Amérique latine, avec une baisse estimée à 8 %. Les recettes brutes des salles de cinéma européennes sont estimées à 6,4 milliards d'euros, soit un recul de 3 %. Les films ayant dominés le box office européen l'an dernier sont Minecraft et Lilo et Stitch. En outre, en 2025, les productions venues d'Europe comptabilisent quasiment 31 % des entrées totales. C'est un résultat supérieur à la moyenne pré-pandémique.
L’Afcae renouvelle une partie de son conseil d’administration
Lors de son assemblée générale tenue lundi 11 mai à Cannes, l’Afcae (Association française des cinémas d’art et d’essai) a procédé au renouvellement partiel de son conseil d’administration. Sept membres ont été élus ou réélus.
Le conseil d’administration de l’Afcae est composé de 21 exploitants élus pour un mandat de trois ans, dont un tiers est renouvelé chaque année. Les membres du conseil d’administration, représentatifs de toutes les formes d’exploitation et issus de tous les territoires, définissent le projet politique et culturel de l’association. Le conseil d’administration se réunit tous les deux mois.
Les membres élus
- Emmanuel Baron (Cinéma Jacques-Perrin, Tarare), réélu, actuel vice-président
- Solenne Berger (Ciné Off, Tours), réélue, actuelle responsable adjointe du groupe Jeune Public
- Sylvie Buscail (Ciné 32, Auch), réélue, actuelle responsable du groupe Inédits
- Régis Faure (Cinémas Panacéa), réélu
- Chloé Guilhem (Le Pestel, Die), nouvelle élue
- Éric Miot (Megarama, Arras), réélu, actuel responsable du groupe Répertoire
- Sabine Putorti (Institut de l’Image, Aix-en-Provence), réélue, actuel responsable adjointe du groupe Répertoire
Belgique, Canada : 2 talents à suivre
10 visages du cinéma belge sur la Croisette : Mara Taquin, actrice

À Cannes cette année, Mara Taquin défend Sanguine, présenté en Séance de minuit, un rôle qui confirme un parcours déjà marqué par des choix assez précis. Dans ce premier film de Marion Le Corroller, elle incarne une jeune femme prise dans des tensions intimes et familiales, dans un récit qui privilégie les émotions plutôt que les effets appuyés. Le projet arrive après une période de pause. “Je ne pensais pas du tout avoir ce rôle !”, confie-t-elle. Un rappel qui a tout changé. Elle s’engage davantage, pousse son interprétation et s’inscrit dans une direction portée par une réalisatrice déterminée. “Elle visait Cannes, elle jouait l’officielle ou rien !”, raconte l’actrice. Le tournage, entre Nantes, Paris et Plaisir, se construit dans cette intensité, avec une attention portée aux partenaires de jeu, dont Karine Viard. En parallèle, elle explore d’autres formats, notamment avec le court métrage Notre Voix, un projet d’animation conçu à partir de prises de vues réelles tournées en extérieur, pour conserver une part d’imprévu. Sans s’enfermer dans un registre, Mara Taquin avance par projets, en privilégiant des expériences qui déplacent son jeu.
Présente à Cannes 2026 avec Sanguine, Séance de minuit (réal. Marion Le Corroller)
10 talents canadiens sur la Croisette : Jorge Thielen Armand, à la Quinzaine des cinéastes avec “Death has no Master”
Le réalisateur vénézuelien établi au Canada Jorge Thielen Armand, exilé depuis 2010, verra le 20 mai son film « La muerte no tiene dueno » projeté à la quinzaine des cinéastes. « C’est l’histoire d’une femme qui se rend au Venezuela pour récupérer la plantation de cacao de sa famille, mais qui se retrouve confrontée à un groupe d’anciens employés qui occupent la maison », résume-t-il.
Le thriller, imprégné d’éléments fantastiques dans la veine du réalisme magique sud américain, s’inspire à la base de faits divers réels. « Les squatteurs, c’est un phénomène très courant au Venezuela, parfois encouragé par le gouvernement », explique le jeune cinéaste. Si c’est la première fois qu’il se rend à Cannes, Jorge Thielen Armand est déjà un habitué du Festival Biarritz Amérique latine, où son premier long métrage La Soledad avait remporté le prix du Syndicat français de la critique de cinéma.
À Cannes, le réalisateur et son équipe seront évidemment là pour fêter l’aboutissement de leur plus gros projet à date, mais aussi pour chercher un distributeur pour leur prochain film. « On regarde du côté de la France, mais peut-être aussi de l’Europe du Sud, à cause des liens culturels avec l’Amérique latine », détaille la coproductrice Arantza Maldonado.
Présent le 20 mai à la quinzaine des cinéastes
À la une
"Etty" (Les Films du Poisson) : les coulisses d’une coproduction européenne hors norme portée par Arte
Quand Les Films du Poisson découvrent le projet d’adaptation des écrits d’Etty Hillesum par Hagai Levi, l’ampleur du défi s’impose immédiatement : une série en néerlandais et en allemand, portée par un auteur reconnu pour ses créations internationales, sans casting star et avec un plan de financement européen. Quelques années plus tard, Etty voit pourtant bien le jour. Présentée à la Mostra de Venise, diffusée à partir du 13 mai sur Arte après avoir été (un peu) exploitée en salles, la série de 6 épisodes - d’abord imaginée pour le cinéma - s’impose comme l’un des projets les plus ambitieux du moment pour la chaîne franco-allemande.
Le projet naît dans les yeux d’un diffuseur au festival Séries mania en 2023, lorsque le réalisateur israélien vient présenter la saison 2 d’En thérapie, série déjà produite par les Films du Poisson. « Nous avons rencontré Bruno Patino (le président d’Arte France, ndlr)en lui présentant deux projets possibles avec Hagai Levi. Il a immédiatement dit oui à Etty », résument Yaël Fogiel et Laetitia Gonzalez, les deux productrices. Arte devient le socle du financement de la série qui se fait grâce au contexte international qui joue un rôle déterminant : la grève des scénaristes américains libère l’agenda de Hagai Levi, alors sous contrat avec HBO. Dotée d’un budget qui atteint les 11 millions d’euros, dont près de 5 apportés par Arte, le reste du financement se construit grâce aux contributions de plusieurs pays : les producteurs allemands de Komplizen Film, les chaînes allemandes SWR/WDR, les mécanismes de tax Shelter et crédits d’impôt viennent compléter les besoins de la production. Et la série voit entrer un autre partenaire de choix : le distributeur Studio TF1, qui a eu « un vrai coup de coeur ». Le versant néerlandais se révèle en revanche plus compliqué. Malgré le sujet national et la figure d’Etty Hillesum, la société de production hollandaise Topkapi ne préachète la série qu’à hauteur d’environ 100 000 euros.
Un tournage européen complexe et exigeant
Dans la mise en oeuvre du projet, le casting du personnage d'Etty Hillesum a constitué l’un des premiers défis. Après plusieurs mois de recherches aux Pays-Bas, Hagai Levi élargit les auditions à l’espace germanophone et choisit finalement une actrice de théâtre autrichienne, Julia Windischbauer, inconnue du grand public. Elle ne parle alors pas un mot de néerlandais, mais s’installe à Amsterdam pour une préparation intensive. « En quatre mois, elle parlait hollandais. Les figurants pensaient qu’elle était néerlandaise. »
Le tournage débute ensuite en septembre 2024 et s’étend sur quatre mois entre les Pays-Bas et l’Allemagne, avec 57 jours de tournage au total. Un planning resserré pour une série historique, qui impose une organisation quasi chirurgicale. Habitué aux productions américaines à très gros budgets, Hagai Levi doit adapter sa méthode. « Lui venait de projets à 40 millions de dollars. Là, on était sur un budget européen. » La préparation devient centrale : répétitions, découpage précis et coordination permanente entre pays et équipes techniques. Le réalisateur accepte aussi de travailler avec des techniciens européens qu’il ne connaît pas, rompant avec ses habitudes de collaboration. « Tous les chefs de poste étaient des gens avec qui il n’avait jamais travaillé. Mais il a complètement joué le jeu », raconte les productrices.
Un autre défi concernait la langue. Hagai Levi a d’abord écrit les scénarios en hébreu, avant une traduction vers l’anglais, puis vers le néerlandais et l’allemande. Le réalisateur, qui ne parle ni allemand ni néerlandais, met en place un dispositif extrêmement précis : traducteurs dédiés pour vérifier en permanence les nuances, répétitions et coaching sur le plateau.
Une mise en scène contemporaine de la mémoire
La post-production a elle aussi été internationale, avec un montage supervisé depuis Israël et réalisé entre l’Allemagne et les États-Unis. Malgré cette dispersion, les productrices soulignent une étonnante fluidité, portée par la précision du réalisateur et la préparation en amont. Hagai Levi a, par ailleurs, souhaité tourner dans les véritables lieux fréquentés par Etty Hillesum à Amsterdam. Une recherche d’authenticité qui s’est combiné à un dispositif esthétique singulier : aucune reconstitution historique frontale n’a été faite, les costumes ont été volontairement fabriqués pour être intemporels avec l’objectif d’abolir la distance entre passé et présent. L’idée pour Hagai Levi était avant tout de filmer une trajectoire intime et contemporaine. « Ce n’est pas une série historique classique », résument les productrices. Des ventes sont déjà engagées dans plusieurs pays européens et des discussions sont en cours aux États-Unis. Pour Les Films du Poisson, Etty représente un symbole : celui d’une création européenne ambitieuse, collective et capable d’exister hors des standards industriels dominants.
[Podcast] Regelegorila – Désenclaver la critique cinéma
La promotion cinématographique a changé d'ère. Si les attachés de presse courtisaient jadis exclusivement les mastodontes de la presse écrite et de la télévision pour assurer le succès d'un film, ils doivent aujourd'hui composer avec de nouveaux acteurs incontournables : les créateurs de contenu.
Parmi eux, Regelegorila s'est imposé comme une voix majeure. En alliant une véritable passion cinéphile aux codes de l'entertainment digital, il est parvenu à fédérer une audience massive et engagée. Pour ce nouvel épisode de Vertical, il passe derrière le micro d'Ecran Total pour une discussion transparente sur les rouages de son métier.
Au sommaire de cet échange :
- Loin de l'élitisme parfois reproché à la presse traditionnelle, comment utiliser la grammaire de YouTube pour rendre l'analyse de film accessible, pop et virale, tout en poussant le public à retourner en salle.
- Rétention, choix des formats (tier lists, reviews à chaud, live), analyse des données : les secrets d'une ligne éditoriale qui s'adapte en permanence à l'algorithme sans perdre son âme.
- Comment les distributeurs ont-ils appris à travailler avec ces nouveaux prescripteurs ? De l'invitation en projection de presse aux opérations sponsorisées complexes, plongée dans l'économie de la recommandation.
- La question de l'indépendance : Maintenir sa liberté de ton et sa crédibilité auprès de sa communauté quand l'industrie cherche à "sécuriser" sa communication.
🎧 Écoutez l'épisode complet de Vertical ci-dessous ou sur vos plateformes habituelles (Apple Podcasts, Spotify) :
L’actualité du secteur
Pink Parrot Media vend les films d’animation “Tistou” et “Winner” à Cannes
La société de vente et de distribution Pink Parrot Media (PPM), basée à Montréal et à Madrid, a conclu une série d’accords pour son prochain long métrage d’animation en images de synthèse Tistou, une adaptation du roman classique pour enfants de Maurice Druon Tistou les pouces verts (1957). Le film sera produit par la société française Finalement, en coproduction avec la société belge Walking The Dog. Amandine Taffin signe la réalisation et le scénario du film. Tistou a été vendu à Front Row (Moyen-Orient), Filmarti (Turquie), Pro Films (Bulgarie) et MCF (territoires de l’ex-Yougoslavie).
Pink Parrot Media a également conclu un nouvel accord pour son projet de comédie d’aventure animée récemment annoncé, Winner, avec Front Row (Moyen-Orient), d’autres territoires devant être annoncés prochainement. Le film sera réalisé par l’Espagnol Jaime Maestro et produit par Paratha Entertainment, en collaboration avec la Fondation Rafa-Nadal.
Matthieu Pigasse souhaite lancer une chaîne d’information “de gauche”
Propriétaire de Radio Nova et du magazine les Inrockuptibles, Matthieu Pigasse, à la tête du groupe Combat Media, ambitionne de créer sur la TNT une chaîne d’information en continu à la sensibilité de “de gauche”. Le projet est porté avec le sénateur communiste Fabien Gay, directeur du quotidien L’Humanité. Le banquier d’affaires et le sénateur escomptent obtenir l’une des six fréquences TNT que l’Arcom doit réattribuer en 2027. Matthieu Pigasse assume pleinement l’ambition idéologique et médiatique : “J’en fais un combat essentiel”.
En septembre 2025, l’Arcom avait annoncé le report du lancement de la procédure de réattribution des fréquences vacantes laissées par Canal+, estimant que “la situation économique” n’était “pas favorable”. L’autorité prévoit une vaste consultation publique sur l’avenir de la TNT et des médias audiovisuels, alors que les autorisations de plusieurs chaînes arriveront à échéance le 11 décembre 2027 : celles de TF1 Séries Films, L’Équipe, 6ter, RMC Story, RMC Découverte et RMC Life.
Prime Video programme la 3ᵉ saison du “Seigneur des Anneaux : les Anneaux du pouvoir”
La plateforme Prime Video a précisé, lundi 11 mai, que la troisième saison de la série le Seigneur des Anneaux : les Anneaux du pouvoir sera diffusée à partir du 11 novembre prochain. Véritable phénomène mondial récompensé de nombreuses fois, la série a séduit plus de 185 millions d’abonnés dans le monde. Le Seigneur des Anneaux : les Anneaux de pouvoir s’impose comme l’une des séries les plus performantes et les plus regardées de l’histoire de Prime Video, portée par une communauté de fans mondiale particulièrement engagée.
“Depuis le premier jour, cette série incarne ce que Prime Video fait de mieux à l’échelle mondiale : une ambition sans limite et une narration digne du grand écran. Des millions de fans à travers le monde l’ont confirmé : le voyage en Terre du Milieu continue de fasciner, et l’enthousiasme ne fait que grandir à l’approche de la saison 3.”
Peter Friedlander, Head of Global Television, Amazon MGM Studios
La troisième saison est produite par les “showrunners” et producteurs exécutifs J.D. Payne et Patrick McKay. Ils sont rejoints cette saison par Lindsey Weber, Justin Doble, Kate Hazell et la productrice exécutive-réalisatrice Charlotte Brändström. Matthew Penry-Davey est producteur et Ally O’Leary, Tim Keene et Andrew Lee sont coproducteurs. La série est produite par Amazon MGM Studios.
Située plusieurs années après les événements de la deuxième saison, la nouvelle saison se déroule au plus fort de la guerre des Elfes et de Sauron. Le Seigneur des Ténèbres cherche à forger l’Anneau unique, l’arme qui lui donnera l’avantage décisif pour remporter la guerre, asservir tous les peuples à sa volonté – et régner enfin sur la Terre du Milieu tout entière.
France Médias Monde affiche des comptes à l’équilibre en 2025
Réuni mardi 12 mai sous la présidence de Marie-Christine Saragosse, le conseil d’administration de France Médias Monde a approuvé l’arrêté des comptes pour l’année 2025 et salué les performances réalisées par le groupe dans un contexte de grandes tensions sur la scène internationale. Particulièrement mobilisé pour couvrir une actualité très dense, le groupe parvient en 2025 à réaliser un exercice à l’équilibre grâce à la poursuite d’une gestion rigoureuse.
Avec une dotation publique de 278,7 M€ (hors compensation des effets fiscaux liés à la suppression de la contribution à l’audiovisuel public), France Médias Monde enregistre un résultat net positif de +0,2 M€, en nette amélioration par rapport au déficit de 4,9 M€ prévu dans le budget initial 2025. Cette amélioration résulte de la maîtrise des charges de l’entreprise, d’une dotation dans le cadre de la loi de finances 2025 et d’un versement exceptionnel d’une subvention du ministère de l’Europe et des affaires étrangères au titre de la lutte contre la désinformation.
Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, le groupe atteint une audience hebdomadaire de 278 millions de contacts dans le monde (+9%). Il signe par ailleurs un nouveau record numérique avec près de 5 milliards de vidéos vues et sons lancés (+28%). France Médias Monde réunit également des communautés totalisant 128 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et plateformes numériques.
France Médias Monde : lancement d'un appel d’offres pour sa future régie publicitaire
La procédure pour l'obtention du marché se déroulera en trois étapes : candidatures, remise des offres puis négociations. Les dossiers devront être déposés avant le 8 juin 2026 à midi, pour une notification du marché attendue en novembre et un démarrage opérationnel au 1er janvier 2027.
Le contrat sera conclu pour une durée ferme de trois ans, reconductible deux fois un an, soit une durée maximale de cinq ans hors phase d’initialisation. Cette période préparatoire permettra au futur titulaire de mettre en place les outils techniques et opérationnels nécessaires avant le lancement effectif des prestations
L’attribution reposera sur quatre critères principaux : le prix (30 %), la performance commerciale et la méthodologie (25 %), la qualité de l’organisation et des moyens techniques (35 %), ainsi que la démarche RSE (10 %). Les candidats devront notamment présenter des objectifs de chiffre d’affaires sur cinq ans et détailler leur stratégie de commercialisation des inventaires TV, radio, numériques et brand content.
Le volet environnemental occupe également une place importante dans la consultation. Les candidats devront démontrer leur capacité à intégrer des indicateurs de performance éco-responsables, à appliquer les recommandations de l’ARPP et de l’ADEME et à articuler performance commerciale et réduction de l’empreinte carbone des campagnes.
France Médias Monde met en avant la portée internationale de ses médias, revendiquant 254 millions de contacts hebdomadaires et plus de 125 millions d’abonnés sur les plateformes sociales.
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Une proposition de commission d’enquête à l’Assemblée nationale sur les liens entre l’extrême droite et les médias
La députée écologiste Sabrina Sebaihi (Écologiste et Social, Hauts-de-Seine) a déposé, le 22 avril, une proposition de résolution (n° 2693) à l’Assemblée nationale tendant à la création d’une commission d’enquête sur les liens de l’extrême droite avec les milieux économiques et médiatiques. Cette commission d’enquête de 30 membres serait chargée de recueillir des éléments d’information concernant l’existence, la nature, l’ampleur et les mécanismes des liens directs ou indirects entre, d’une part, les organisations, structures, réseaux et personnalités se revendiquant de l’extrême droite ou participant à sa sphère d’influence, et, d’autre part, des acteurs des milieux financiers et des médias – audiovisuel, presse, plateformes et médias numériques – incluant notamment les liens capitalistiques, contractuels, publicitaires, de conseil, de mécénat, de financement ou d’avantages en nature. La commission devrait aussi enquêter sur les effets de ces liens sur le pluralisme de l’information, l’indépendance des rédactions, la sincérité du débat démocratique et l’égalité d’accès à l’espace public, ainsi que sur l’effectivité des dispositifs publics de régulation et de contrôle en la matière. Enfin, la commission d’enquête aurait pour mission de contrôler l’adéquation du cadre juridique existant – transparence, prévention des conflits d’intérêts, financement de la vie politique, obligations de pluralisme – et de proposer les améliorations nécessaires pour prévenir la captation du débat public par des intérêts privés au service de dynamiques d’extrême droite.
Les signataires de la proposition de résolution
Groupe Écologiste et social
- Sabrina Sebaihi
- Cyrielle Chatelain
- Lisa Belluco
- Hendrik Davi
- Steevy Gustave
- Catherine Hervieu
- Julie Ozenne
- Marie Pochon
- Jean-Claude Raux
- Sandra Regol
- Jean-Louis Roumégas
- Sandrine Rousseau
- Eva Sas
- Danielle Simonnet
- Boris Tavernier
Groupe Socialistes et apparentés
- Romain Eskenazi
- Laurent Lhardit
- Estelle Mercier
- Claudia Rouaux
- Thierry Sother
24 nouveaux projets pour l’audiovisuel luxembourgeois
Réuni du 4 au 9 mai, le comité de sélection du Film Fund Luxembourg a accordé des aides à l’écriture, au développement ou à la production à 24 projets audiovisuels. Présidé par l’Allemand Meinolf Zurhorst, ancien responsable fiction d'Arte puis de ZDF/Arte, le comité confirme la ligne désormais bien installée du Fonds, avec un mélange de films d’auteur, d'animation, de séries, de documentaires et d'expériences immersives au sein d’un même mécanisme sélectif.
Dans un pays où le Film Fund reste le principal outil public de soutien à l’audiovisuel, avec une enveloppe annuelle d’environ 45 M€, la logique de coproduction continue de structurer l’ensemble du secteur. Historiquement très lié à la Belgique, à la France et à l’Allemagne, le Luxembourg multiplie aussi les passerelles avec d’autres territoires, comme le Canada, l’Irlande, l’Ukraine, la Jordanie ou la Bulgarie.
Le XR prend de la place
Longtemps considéré comme plus expérimental, le XR – qui regroupe notamment les œuvres immersives en réalité virtuelle ou augmentée – s’installe désormais durablement dans les soutiens du Film Fund. Parmi les projets retenus figurent ainsi Tachychronie de Gwenael François, Inside Theresienstadt de Max Jacoby ou Luxembourg, cœur battant de l’Europe.
L’animation reste un autre axe fort de la stratégie luxembourgeoise, avec Las Dos Fridas de Paloma Baeza, consacré à Frida Kahlo, ou La Petite Cavale de Julien Bisaro. Côté fiction live, plusieurs signatures internationales apparaissent également dans la sélection, comme Lisandro Alonso, Rodrigo Moreno, Najwa Najjar ou Pier-Philippe Chevigny.
Aide à l’écriture / développement
Longs métrages
- Alpha Amen (Gintaré Parulyte / Red Lion - Luxembourg, Lituanie) : 60.000 €
- (S)Nowhere To Go (Aka Flilleken) (Andy Bausch et Felix Sorger / Deal Productions - Luxembourg) : 60.000 €
- La Ultima Frontera (Rodrigo Moreno / Les Films Fauves - Luxembourg, Argentine) : 30.000 €
Séries
- Immo Schroeder (Philip Michels et Louis Loschetter / Encore Pictures - Luxembourg) : 60.000 €
Animation
- Drôles D’alliés (Sophia Kolokouri / Amour Fou Luxembourg - Luxembourg, France, Grèce) : 30.000 €
- Las Dos Fridas (Paloma Baeza / Melusine Productions - Luxembourg, Royaume-Uni, Mexique) : 45.000 €
Documentaires
- Ceci N’est Pas Un Portrait (Donato Rotunno / Tarantula Luxembourg - Luxembourg, Belgique) : 120.000 €
XR
- Luxembourg, Cœur Battant De L’europe (François Le Gall, Marion Guth et Karolina Markiewicz / a_BAHN - Luxembourg) : 150.000 €
- Inside Theresienstadt (Max Jacoby et Geoffroy Grison / Digital Voodooh - Luxembourg, France, République tchèque) : 52.000 €
- Alive (Fred Neuen / Digital Voodooh - Luxembourg) : 17.500 €
Aide à la production
Longs métrages
- Stephanie (Fergal Costello / a_BAHN - Luxembourg, Irlande) : 950.000 €
- Heart Beats (Johanna Lietha / Amour Fou Luxembourg - Luxembourg, Suisse) : 1.380.000 €
- Kiss Of A Stranger (Najwa Najjar / Deal Productions - Luxembourg, Jordanie, Égypte, Islande) : 1.500.000 €
- Arsenal (Pier-Philippe Chevigny et Chloé Robichaud / Red Lion - Luxembourg, Canada) : 1.200.000 €
- All Clear (Christina Tynkvych / Samsa Film - Luxembourg, Ukraine, Belgique, France) : 200.000 €
- The Block Universe (Stephan Komandarev et Pavla Kotova / Deal Productions - Luxembourg, Bulgarie) : 200.000 €
- La Terra Purpurea (Lisandro Alonso et Juan Mendez / Les Films Fauves - Luxembourg, Argentine) : 200.000 €
Séries
- Cité Ardente (Michael Dupret, Laurent Prim, Camille Didion, Christophe Beaujean, Etienne Bloc, Georges Huercano et Pascal Vrebos / Samsa Film - Luxembourg, Belgique) : 1.500.000 €
Animation
- La Petite Cavale (Julien Bisaro et Claire Paoletti / Doghouse Films - Luxembourg, France) : 1.500.000 €
- Mebh And The Wolf Pups (Tomm Moore, Denis Lambert et Cian McGarrigle / Melusine Productions - Luxembourg, Irlande) : 500.000 €
Documentaires
- Superhumans (Inna Shevchenko / Amour Fou Luxembourg - Luxembourg, Ukraine) : 187.800 €
XR
- Tachychronie (Gwenael François / Skill Lab - Luxembourg, France) : 500.000 €
- Sila Heroïnes Arctiques (Laura Mannelli, Agnès De Cayeux, Mélanie Courtinat et Aude Guivarc’h / Poulpe Bleu Production - Luxembourg, France, Finlande) : 156.932 €
Court métrage
- Imprévisible (Pascal Thiebaux / Skill Lab - Luxembourg, Belgique) : 150.000 €
Aurélien Piris est nommé directeur des ventes de Pink Parrot Media
À l’approche de la 79ᵉ édition du Festival de Cannes, Pink Parrot Media (PPM), basé à Montréal et à Madrid, a recruté Aurélien Piris pour occuper le poste de directeur des ventes senior. Dans ses nouvelles fonctions, il se concentrera sur les ventes internationales de longs métrages d’animation, tout en contribuant à l’acquisition de nouveaux projets d’animation, afin de renforcer et de diversifier davantage le catalogue de PPM. Aurélien Piris sera en charge de territoires tels que le Benelux, l’Allemagne (GAS), l’Italie, la Turquie, la CEI (Ukraine), l’Indonésie, le Japon, la Malaisie, Singapour, la Corée du Sud, la Thaïlande et le Vietnam. Il rendra compte à Tania Pinto Da Cunha, associée et vice-présidente de PPM, responsable des ventes et acquisitions internationales.
“Aurélien apporte une riche expérience, un véritable enthousiasme et un œil avisé pour repérer les récits exceptionnels, ce qui fait de lui un atout fantastique pour notre équipe alors que nous renforçons notre présence mondiale. Nous sommes ravis de l’accueillir en cette période de croissance passionnante pour PPM, alors que notre catalogue continue de s’étoffer et que de nouveaux projets comme Tistou et Winner prennent de l’ampleur à l’international.”
Tania Pinto Da Cunha, associée et vice-présidente, et Marie-Claude Beauchamp, présidente de Pink Parrot Media.
“Je suis ravi de rejoindre Pink Parrot Media à une étape aussi passionnante de son développement. La société s’est forgé une solide réputation en tant que fer de lance du divertissement familial de grande qualité et de projets d’animation ambitieux, et je me réjouis de contribuer à l’expansion continue de sa présence internationale et de ses partenariats.”
Aurélien Piris, directeur des ventes de Pink Parrot Media.
Aurélien Piris a passé 12 ans chez All Rights Entertainment avant de rejoindre PPM. Il s’y occupait de la distribution internationale, de la vente et du financement de contenus audiovisuels, avec une expertise particulière dans le domaine de l’animation et des sorties en salle à l’international. Au long de sa carrière, Aurélien Piris a contribué au déploiement mondial et à la promotion internationale de plusieurs grands films d’animation, dont Ne Zha 2, en collaborant étroitement avec les producteurs, les distributeurs et les partenaires locaux sur les stratégies de ventes internationales, de financement et de distribution.
Le Marché du Film maintient sa fréquentation à un niveau record
Le Marché du Film confirme son statut de premier marché international du film, dédié aux ventes, au financement des projets et aux échanges stratégiques de l’industrie, porté par une participation internationale en constante expansion en 2026. Cette année l’événement, qui se tient du 12 au 20 mai, compte quelque 16.000 participants accrédités, issus de plus de 140 pays. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni demeurent les trois pays les plus présents en nombre d’accrédités, tandis que l’Europe reste le premier continent représenté. L’Asie poursuit sa forte progression, portée notamment par le Japon – pays à l’honneur de cette édition 2026 – qui enregistre une hausse de près de 50% de sa participation et devient ainsi le cinquième pays le plus représenté du Marché.
Cette dynamique reflète la dimension résolument internationale du Marché du Film et son expansion continue vers de nouveaux territoires de création, de production et d’investissement, renforçant ainsi son rôle de plateforme mondiale incontournable pour l’industrie.
“Le Marché du Film est avant tout un lieu d’action, structuré autour de trois piliers essentiels : un marché mondial des ventes de films, une plateforme où les projets se créent et se financent, et un espace de partage de connaissances et d’expertise où l’industrie construit collectivement son avenir. Plus que jamais, Cannes est le lieu où l’industrie du cinéma dessine sa trajectoire pour les années à venir.”
Guillaume Esmiol, directeur délégué du Marché du Film.
Les chiffres du Marché du Film 2026
- 40.000 professionnels présents au Festival de Cannes
- 16.000 participants accrédités au Marché du Film
- 140 pays représentés
- 1.700 acheteurs
- 600 sociétés exposantes
- 1.500 projections de films et de marché
- 250 événements professionnels, dont 100 conférences
La radio RMC présente son dispositif pour la Coupe du monde de football
Radio officielle de la Coupe du monde 2026, RMC a présenté lundi son plan de couverture de la compétition qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. La station du groupe RMC BFM déploiera du 11 juin au 19 juillet un dispositif éditorial hors normes pour faire vivre l’événement au rythme des supporters : avant les matchs, pendant les rencontres et jusque tard dans la nuit avec les débats, les analyses et les réactions à chaud.
Pour cette édition, RMC implantera un studio délocalisé à proximité du MetLife Stadium de New York, où 40 personnes seront mobilisées, dont 10 reporters terrain. Avec la diffusion commentée des 104 matchs de la compétition, l’antenne de RMC sera quasiment entièrement consacrée à la compétition entre 18 heures et 5 heures. Le dispositif s’étendra également sur tous les écrans avec une stratégie digitale continue et une webradio dédiée accessible 24 heures/24.
“Le football devient un langage universel, capable de faire vibrer toutes les générations, sur toute la planète. Plus que jamais, la radio est un compagnon d’émotions collectives.”
Karim Nedjari, directeur général de RMC.
Présence digitale avec dispositif multiécran et webradio éphémère
Pour cette couverture, RMC réunit une équipe constituée de grandes figures du football, dont quatre champions du monde – Emmanuel Petit, Samuel Umtiti, Christophe Dugarry et Lionel Charbonnier –, Jean-Pierre Papin, Éric Di Meco, Jean-Michel Larqué, Benoît Costil, Souleymane Diawara et Younès Belhanda. Ils seront entourés des voix historiques de RMC – Gilbert Brisbois, Daniel Riolo, Carine Galli, Jérôme Rothen et Nicolas Jamain – qui assureront l’animation des soirées et des débats. Enfin aux commentaires, Jean-Louis Tourre et les reporters RMC feront vivre aux auditeurs les matchs en direct.
Au-delà de l’antenne, RMC entend renforcera sa présence digitale avec un dispositif multiécran qui fournira scores, alertes, commentaires de tous les matchs, résumés, temps forts, réactions et analyses. Tout sera diffusé en temps réel sur l’application, le site et les réseaux sociaux de RMC et RMC Sport. RMC lancera également une radio digitale éphémère entièrement dédiée à la compétition, accessible du 10 juin au 20 juillet.
Bourses de la Fondation Jean-Luc Lagardère : quatre jeunes talents à suivre !

En partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère.
Giulia Montineri, 30 ans, réalisatrice – anthropologue. Elle a remporté la bourse Auteur de documentaire (15 000 €) pour poursuivre son enquête de terrain sur un féminicide et réaliser son prochain film sur le sexisme ordinaire en Corse. Un projet de « tripes et de cœur », intime et politique, qui met aussi en jeu l’identité de la réalisatrice et sa relation douce-amère à la Corse.
Thomas Baudre, 29 ans, auteur et réalisateur de film d’animation. Il vient de se voir décerner la bourse Auteur de film d’animation (20 000€) pour réaliser « Bras cassé », un court-métrage d’animation en 2D et rotoscopie (dessin sur des images déjà filmées). À l’origine de ce projet : le roman éponyme signé Henri Michaux dans lequel le héros part à la découverte de son « être gauche », cette part de lui-même authentique et libérée des conventions. Un film pour lequel il va s’entourer d’une équipe d’animateurs et du compositeur Pierre Oberkampf.
Anne-Laure Berteau, 30 ans, fondatrice de la société de production Because the night productions. Diplômée de la Femis, elle a produit plusieurs courts-métrages et développe aujourd’hui des longs-métrages, de fiction et documentaires, français et internationaux. Elle est la lauréate 2022 de la bourse Producteur cinéma (35 000 €) pour produire le premier long métrage de Louise Groult, L’année où. Un récit d’adolescence qui puise dans l’imaginaire autobiographique de son autrice.
Arié Chamouni, 35 ans, scénariste et producteur. Il a reçu la bourse Scénariste TV (15 000 €) de la Fondation Jean-Luc Lagardère pour écrire Mazal Tov, son premier projet de série TV, une comédie sur les liens familiaux. Son ambition : représenter, au-delà des clichés, une famille juive tunisienne typique (comme la sienne), et, en même temps, permettre à chacun de s’interroger : la famille est-elle un cocon ou une prison ? Un projet dans lequel la musique populaire occupera une place de premier choix (il collabore avec la chanteuse REB pour imaginer des chansons originales !)…
Depuis 1989, la Fondation Jean-Luc Lagardère accompagne les jeunes professionnels en attribuant chaque année des bourses dans plusieurs catégories dont Auteur de documentaire (15 000€), Auteur de film d’animation (20 000€), Producteur cinéma (35 000€) et Scénariste TV (15 000€)*.
L’appel à candidatures 2023 est ouvert jusqu’au 7 juin : https://www.lagardere.com/fondation/page/les-bourses-de-la-fondation-jean-luc-lagardere/
*La Fondation décerne également des bourses dans les catégories suivantes : bourse Écrivain : 20 000 € ; bourse Journaliste de presse écrite : 10 000 € ; bourse Libraire : 30 000 € ; bourse Musicien (musiques actuelles) : 15 000 € ; bourse Photographe : 10 000 €.
Condor Distribution date “Roma Elastica”, film de Cannes
Le nouveau long métrage de Bertrand Mandico, Roma Elastica, sera à l’affiche le 23 décembre. Tourné dans le Sud, en Occitanie et à Rome, le film est produit par Thomas et Mathieu Verhaeghe, pour Atelier de Production, en coproduction avec Arte France Cinéma et Redibis Film (Italie). Porté par Marion Cotillard et Noémie Merlant, le casting réunit également Martina Scrinzi, Agnese Claisse, Milutin Dapcevic, Isabella Ferrari, Maurizio Lombardi, Ornella Muti, Franco Nero, Zlatko Buric et Josephine Thiesen. Le long métrage sera projeté en Séances de minuit au Festival de Cannes.
1982. Eddie est une actrice qui a eu son heure de gloire américaine. Accompagnée de Valentina, sa fidèle maquilleuse, elle accepte le rôle principal d’un film de science-fiction tourné à Rome, qui pourrait bien être son ultime film.
Tandem programme “la Gradiva”, film de la Semaine de la critique
Premier long métrage de Marine Atlan, la Gradiva sera distribué en salle le 4 novembre, sur 120 à 150 copies. Son scénario est écrit par Anne Brouillet et Marine Atlan. Ce drame est produit par Inès Daïen Dasi, pour Les Films du Poisson, en coproduction avec Arte France Cinéma et Bibi Films (Italie). Son casting est composé d’Antonia Buresi, Colas Quignard, Suzanne Gerin et Mitia Capellier-Audat. La Gradiva a bénéficié de l’aide à la création de la Fondation Gan pour le cinéma en 2024. Tourné en Italie, il sera présenté au Festival de Cannes à la Semaine de la critique.
Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.
Analyse – “Il y a un malaise dans le cinéma français” : à la veille du Festival de Cannes, le mouvement “Zapper Bolloré” lance la riposte
(...) L'embarras en dit long sur les dépendances à Canal + : le premier argentier du cinéma français est présent à chaque étape de la vie d'un film, du financement jusqu'à la sortie en salles. Le groupe a en effet annoncé son entrée au capital d'UGC, troisième réseau de cinémas en France (...) avec une prise de contrôle totale en 2028. (... )
L'idée d'un mouvement a pris forme : «Zapper Bolloré». Inspiré de «Déborder Bolloré» ; lancé par des indépendants de l'édition, il vise l'information du public autant qu'un impact symbolique. (...)
(...) Cette année, le groupe a en tout cas rendu possible l'existence de films présentés à Cannes, aussi variés que la Vénus électrique de Pierre Salvadori (en ouverture), Garance de Jeanne Herry, Histoires parallèles d'Asghar Farhadi, Histoires de la nuit de Léa Mysius, Soudain de Ryusuke Hamaguchi, l'Objet du délit d'Agnès Jaoui, Mémoire de fille de Judith Godrèche, l'Abandon de Vincent Garenq… Sans compter ceux acquis par Ci no é +OCS c mme Roma Elastica de Bertrand Mandico, Coward de Lukas Dhont, les films de l'Acid Mauvaise Etoile et Shana.
Signataire solidaire du mouvement, le cinéaste Arthur Harari (coscénariste oscarisé d'Anatomie d'une chute), en compétition cette année avec l'Inconnue, témoigne : «Mes trois films ont reçu l'aide de Canal+ mais aussi de Ciné +. Sans ça, je ne sais pas où on serait allé chercher l'argent manquant, ce qui n'est pas une raison de se taire. (...)»
En 2025, Canal + a réduit ses préachats de 35 %, et obtenu de consacrer une plus grande part de ses investissements à ses propres productions. (...)
Pour la SRF, la vraie menace résiderait dans «l'autocensure» des auteurs et producteurs de plus en plus précarisés, amenés à lisser leurs audaces ou redouter les projets catalogués «woke». Le phénomène a son pendant chez les programmateurs de cinémas, confrontés à l'ingérence d'élus municipaux, dénoncée par l'Association des cinémas d'art et d'essai (AFCAE). (...)
Au-delà de Canal +, l'époque est celle d'une concentration tous azimuts (saisie de 20 % du groupe Pathé par Rodolphe Saadé, tentative avortée de Mediawan de racheter le groupe de multiplexes CGR…). (...)
Sandra Onana, Libération, 11 mai 2026
































