La télévision cherche à s’emparer des NFT et du metaverse

11 avril 2022
Vraie vision ou coup marketing ? Au MipTV, les sujets, très tendances, des NFT et du metaverse étaient au cœur des discussions. Avec l’espoir, pour le secteur, de ne pas rater la prochaine révolution technologique.
Mask Singer

Difficile d’échapper aux NFT et au metaverse. Ces deux concepts sont devenus incontournables pour les industries créatives depuis un an. Sans surprise, ils étaient au cœur des discussions au MipTV, la semaine dernière à Cannes. Pour le secteur de l’audiovisuel, l’enjeu est de ne pas rater ce que certains annoncent comme la prochaine révolution numérique.

Les ayant-droits ont rapidement vu les NFT comme une source de revenus supplémentaire pour leurs licences à succès. Ces jetons non-fongibles, sorte de titres de propriété uniques traçables grâce à la technologie blockchain, ont atteint des valeurs records dans le monde de l’art.

Fox Entertainment a ainsi créé Blockchain Creative Labs, doté d’un fonds de 100 millions de dollars, il y a maintenant un an. La société, qui a vendu la plupart de ses activités à Disney en 2019, est restée en retrait de la guerre entre plateformes de streaming. Elle n’entend pas rater le prochain train. “Nous pensons que nous allons vivre un grand bouleversement”, explique son directeur, Scott Greenberg. “C’est comme une partie de baseball dont la première manche n’a pas encore commencé. Nous n’en sommes qu’à l’entraînement.”

Fox a notamment créé une plateforme de NFT autour de sa téléréalité à succès The Masked Singer. Les fans de l’émission peuvent ainsi acquérir des NFT à l’effigie des différents personnages apparus au cours des sept saisons de l’émission. La société a également signé avec la célèbre ligue de catch WWE, dont elle diffuse un des programmes phares, pour développer une place de marché dédiée.

Vers le metaverse

Des startups essaient aussi de mobiliser les communautés de fans autour des NFT. C’est le cas de Sator, qui a lancé en novembre une application sur laquelle ils peuvent entrer les épisodes de séries qu’ils ont visionné, à la manière de la plateforme TV Time, et jouer à des jeux en rapport avec ces programmes qui leur permettent de gagner des SAO. Ces utility tokens servent ensuite à acheter des NFT ou peuvent être convertis en dollars. L’application fonctionne aussi comme place de marché pour les NFT, et Sator empoche un part de chaque transaction. L’entreprise veut aussi signer des partenariats avec des ayant droits pour créer des NFT à l’effigie de programmes.

Chris Martin, cofondatrice de Sator, pense que sa startup a un rôle à jouer, car les grands studios ne feront pas l’effort de se lancer dans les cryptos directement. “Vous ne verrez pas Netflix créer un utility token dont le cours sera listé sur Coinbase. Il y a trop d’obstacles réglementaires”, analyse-t-elle.

Sator regarde aussi du côté du metaverse et a commencé à développer une plateforme en réalité virtuelle où ses membres pourront jouer à des jeux, assister à des projections ou participer à des événements proposés par des partenaires. Pour Chris Martin, il ne s’agit pas d’une simple opportunité marketing. “Une analyse publiée par Citi Bank avance que la capitalisation boursière des entreprises liées au metaverse va atteindre 13 trillions de dollars en 2030”, indique-t-elle. “Une des choses qu’ils affirment c’est que cela dépendra du niveau de bouleversement dans les différents secteurs. La question est de savoir à quel point nous réussirons à révolutionner la télévision et à l’amener dans le metaverse.”