Anthony Lamond (Audio Network) : « Nous sommes revenus au niveau pré-COVID »

Il y a 2 semaines
Entre bilan et prévisions, le manager général France d’Audio Network revient notamment sur l’acquisition de la société par le fond Blackstone le 1er juillet dernier.
AUDIO NETWORK

L’an dernier, nous parlions d’un début de reprise. Ce sentiment s’est-il conforté tout au long de l’année 2021 ?

Le secteur de l’édition musicale a été lourdement touché et reste encore fortement secoué par les conséquences de la pandémie. Je pense spécialement aux plus petits acteurs du marché qui ont vu leurs droits décroitrent de plus de 50%. De notre côté, l’exploitation de nos œuvres sur les productions TV et Publicitaires n’ont pas connu cette tendance car la majorité des droits que nous gérons sont issus de synchronisation TV et Pub par opposition aux exploitations de la musique dite de commerce. Hormis le cinéma, nous avons continué sur la reprise que j’avais annoncée à l’automne 2020. 

Beaucoup parlent de relance dans le monde de l’audiovisuelle, le ressentez-vous et si c’est le cas, comment cela se matérialise pour Audio Network ?

Il est vrai que le volume de tournages pour les productions audiovisuelles destinées aux chaines et/ou aux plateformes est considérable et nous sommes fortement sollicités pour des nouveaux projets chaque semaine avec des délais de sélection de nos œuvres de plus en plus courts. Cette concurrence accrue entre tous les diffuseurs, quelle que soit leur nature, semble nous profiter mais je reste prudent sur la suite car elle aiguise aussi la concurrence entre les librairies musicales.

Observez-vous une plus forte demande de musiques issues des librairies musicales ces derniers mois ?

Oui, et deux facteurs concomitants expliquent cette forte demande : la qualité reconnue des productions musicales des librairies musicales et les délais de post-production de plus en plus courts, notamment sur le marché publicitaire. Evidemment, l’aspect budgétaire des productions audiovisuelles entrent en ligne de compte

Le milieu des librairies musicales évolue, avec certaines fusions ou l’arrivée de nouveaux acteurs, comment le vivez-vous ?

Ces tendances sont un signe de vitalité du marché et c’est toujours stimulant pour l’ensemble des acteurs historiques. Cependant, nous restons concentrés sur notre cœur de métier et essayons de nous faire une place depuis plus de 15 ans sur le marché français. Je suis conscient qu’être reconnu comme un acteur ayant un catalogue de qualité et une équipe experte ne se fait pas en quelques mois et cela constitue nos efforts quotidiens.

Quels sont les chiffres clés : évolution du marché, nombre de productions musicales, chiffre d’affaires observé, que vous pouvez nous communiquer ?

En 2021, nous avons produit 20 albums par mois, soit plus de 200 œuvres nouvelles intégrées mensuellement dans notre répertoire. Ainsi, nous sommes revenus au niveau pré-COVID.

Quels sont vos objectifs de développement pour l’année à venir, en 2022 ? Embaucher de nouvelles personnes, conquérir de nouveaux territoires, être davantage présent sur différentes productions ?

Les objectifs d’Audio Network France demeurent toujours les mêmes : fournir le meilleur répertoire avec le meilleur service de recommandation qu’il soit on-line ou via notre équipe de superviseurs musicaux. En 2021, deux nouveaux membres ont rejoint l’équipe parisienne : Camille Conte en qualité d’assistante Sales et Publishing et Julie-Anne Chango en qualité d’assistante TV.

Quelles sont les nouveautés en cours, ou celles à venir, pour Audio Network ?

Localement, nous continuons d’accélérer les productions d’albums avec des auteurs-compositeurs français, dont Mat Bastard (Skip The Use) avec un album pop en français et LS (Afrodiziak) pour un album de zouk. D’un point de vue capitalistique, Audio Network Limited a été acquis le 1er juillet dernier par le fond Blackstone, qui est déjà présent dans les droits musicaux à travers la SESAC aux US. Cela ouvre un nouveau chapitre dans la vie de la société mais dans la continuité car Andrew Sunnucks (co-fondateur d’Audio Network Ltd) et Rob Smith restent plus que jamais au board de l’entreprise. C’est une très belle opportunité pour nous.

Propos recueillis par Romain Lejeune