Ecran total Le Quotidien

№4975 • vendredi 26 juin 2026

Spécial Annecy 2026

LINE-UP

France Télévisions, un partenaire sur tous les fronts pour l’animation française

A l’heure où le service public est sous pression, la présentation par France Télévisions de son line-up animation 2026-2027 le 24 juin, lors du Festival international du film d'animation d'Annecy, était attendue. L'événement a aussi été l'occasion d'officialiser la création d'une nouvelle direction éditoriale des Jeunes Publics et d'en détailler les ambitions. Tiphaine de Raguenel, directrice éditoriale des contenus Jeunes Publics, a indiqué que l'objectif de cette nouvelle direction était d’“accompagner les 3-30 ans dans leurs usages d'aujourd'hui et de demain” et de construire “un écosystème d'animation durable”. Alors que le secteur traverse “un moment critique”, en lien avec la crise de financement, les usages évoluent. YouTube est devenu la première plateforme vidéo des jeunes publics, mais seuls 20 % des contenus qui y sont consommés sont produits en France.

Face à ce constat, France Télévisions a adapté sa stratégie en développant Okoo et Slash dans une logique “streaming first” depuis huit ans. Les contenus jeunes publics ont généré 1,3 milliard de vues l'an dernier sur France.tv, YouTube et les réseaux sociaux et Okoo représente jusqu'à 30 % de la consommation de la plateforme France.tv pendant les vacances. De son côté, France 4 est devenue la première chaîne jeunesse sur les 4-10 ans, avec 15,3 % de part d'audience.

L’heure est désormais au renforcement de l'offre destinée aux adolescents, segment situé entre Okoo (3-12 ans) et Slash (jeunes adultes). Pour Tiphaine de Raguenel, cette période “est décisive” pour les 12-18 ans, “à la fois heureux et anxieux, créatifs et fragilisés”. La Quête d'Ewilan, adaptation de l'univers de Pierre Bottero, arrivée en février dernier, aussi bien, d’abord sur Okoo et france.tv, et ensuite sur France 4, est l’une des premières pierres posées pour construire cette ambition.

Un engagement fort auprès du jeune public

Pierre Siracusa, directeur de la jeunesse et de l'animation, a présenté les grands axes du line-up : la comédie, registre “de prédilection de l'animation”, le renouvellement de l'offre préscolaire, le feuilleton, désormais décliné à partir de 6 ans, et le développement de nouveaux publics pour les années à venir.

Côté préscolaire, le line-up inclus Bébé Lemmings (78 x 7', Hari Studios), Sam & Watson (52 x 7', Piano Sano) et Artimuz (30 x 3'30, Caribara Production et Umédia), ainsi que de nouvelles saisons de Simon, Pompon Ours, Petit Malabar, Billy le hamster et Edmond et Lucy.

Pour la cible enfants, de nouvelles saisons ont été annoncées pour Mystery Lane, Oscar et Malika, Angélo la débrouille et Partie de Campagne. S'y sont ajoutées les nouvelles productions Capitaine Jim (52 x 13', Xilam Animation), dont les 26 premiers épisodes ont débarqué dès le 24 juin sur Okoo, Les frères Pom (40 x 13', Mediawan et Wildseed Studios, en coproduction avec Method Animation) et Donjons & Chatons (12 x 22', Watch Next Media, en coproduction avec Mélusine, Zmei et Lunanime). Trois projets ont été dévoilés en développement : Akissi (26', Everybody On Board), adaptation de la bande dessinée de Marguerite Abouet, Cap Krapool (13 x 22', Slam Créations), découverte au Cartoon Forum 2025, et Sevens (13 x 22', Girelle Production en production déléguée), construit autour d'une idée originale de la joueuse de rugby Séraphine Okemba.

Quatre spéciaux viennent compléter l'offre : Comment j'ai sauvé ma chambre (52', TNZPV Productions et Belvision), Le prénom d'Eva (29', Monello Productions), Super Lucha (26', Vivement Lundi !, en coproduction avec Nadasdy Film) et Panique au village : Le trésor (35', Panique!, Autour de Minuit, Nadasdy Film et Lunanime), dernier épisode consacré au duo Cow-boy et Indien créé par Vincent Patar et Stéphane Aubier.

Ados et jeunes adultes : un segment en construction

Pour les adolescents, France Télévisions mise sur Wakfu (26 x 26', Ankama Animations), dont la saison 5 a été annoncée pour 2027, ainsi que Dreamland (10 x 22', La Chouette Compagnie et Dupuis Audiovisuel), adaptation d’un manga français. Le développement de la série Elle(s) (8 x 26', GO-N Productions) est en cours, soutenue par L'Union Européenne de Radio-Télévision (UER).

Sur le segment jeunes adultes, deux nouveautés ont été dévoilées : le spécial Le trou du diable (26', Iliade & Films), réalisé par Florent Grattery, et Anonymes (26 x 1'30, Fastprod en coproduction avec Caribara), premier programme au format vertical conçu pour Slash. Le line-up comprend aussi Apocalypse Mojito (10 x 7', Passion Paris Production), S·Irène·S (10 x 22', Silex Films en production déléguée, en coproduction avec Bidibul Productions et Take Five) et la saison 2 de Le Collège Noir (6 x 15', Studio La Cachette, en coproduction avec ADN et Toei Animation). 

Cinéma : quatre films français en sélection officielle à Annecy

Quatre films français coproduits par France Télévisions figurent dans la sélection officielle d’Annecy cette année dont Le Corset, de Louis Clichy, récompensé à Cannes du Prix spécial du jury de la section Un Certain Regard. Une reconnaissance saluée par Manuel Alduy, directeur du cinéma et des séries internationales qui a également rappelé les engagements de France Télévisions en la matière. L’accord cinéma signé en 2024 avec les organisations du secteur, garantit le préfinancement de 25 films sur cinq ans.

Parmi les films en production figurent Cyrano (Melusine Studio, en coproduction avec Nolita Cinéma et Red Monk Studio), réalisé par Guillaume Gallienne, La petite cavale (Picolo Pictures), Twisted (Mediawan Kids & Family Cinéma, en coproduction avec France 3 Cinéma, Palomar et Le Pacte), Lascars 2 (Millimages), Séraphine (Little Big Story Pictures, en coproduction avec JPL Films, TNZPV Productions, Doghouse Films, Nadasdy Film et France 3 Cinéma) et Yakari 2 (Dargaud Media/Ellipse Animation, en production déléguée, et Belvision).

Le calendrier des sorties en salles de films soutenues par France Télévisions s’avère dense pour les mois à venir. In Waves (Silex Films, en coproduction avec France 3 Cinéma, Gao Shan Pictures, Charades Productions, Panique! et Anonymous Content), sortira le 1er juillet sous la bannière de Diaphana. Le Corset (Eddy Cinema, en production déléguée) est attendu pour le 14 octobre et sera distribué par KMBO, tandis que Carmen, l'oiseau rebelle (Folivari et La Garde Montante Films), sortira le 16 décembre avec Haut et Court. Lovebirds (TAT Productions, IDEA(L), France 3 Cinéma, Kinologics et Umedia) sera dans les salles le 27 janvier 2027 avec KMBO qui distribue aussi Le dossier de l'aube (Melusine Productions, en coproduction avec Superprod et France 3 Cinéma). La date de sortie reste encore inconnue.

LINE-UP

“Samuel”, “les Groos”, “Melvile”… et quatre jeux-vidéos : à Annecy, Arte présente ses coproductions en animation

Arte profite du festival d'Annecy pour réaffirmer son positionnement de partenaire institutionnel auprès de l'écosystème de la création numérique et des formats courts. Cette présence au sein du MIFA est l'occasion pour la chaîne de dévoiler la feuille de route de ses futurs lancements, tout en s'appuyant sur l'actualité de ses coproductions sélectionnées cette année. Au total, neuf œuvres soutenues par le diffuseur participent aux différentes compétitions officielles de la manifestation.

Des séries courtes et des déclinaisons pour les plateformes numériques

Le diffuseur continuera bien sûr de proposer un certain nombre de formats courts à destination des plateformes numériques (arte.tv, Youtube, Tiktok, Instagram...). Dès le 6 juillet prochain, la première saison de la série Putain de chat !, réalisée par Christophe Gautry d'après l'œuvre de Lapuss', produite par Autour de Minuit, Panique ! et Arte France fera son entrée sur arte.tv et YouTube avant une diffusion sur l'antenne linéaire programmée à partir du 13 juillet. Sur le segment des écritures spécifiques pour les réseaux sociaux, la fiction en noir et blanc Les Groos, réalisée par David Mirailles, produite aux côtés de Bobby Prod, est accessible en ligne depuis le 25 mai 2026 en formats horizontal et vertical. Ce projet figure également au sein de la compétition officielle du Festival d'Annecy dans la catégorie des films de télévision. La série Music Queer (coproduction avec La Générale de Production, Foliascope, Radio France et XBO Films), lancée le 20 juin dernier sur la plateforme arte.tv, complète ces propositions estivales.

Pour les exercices 2027 et 2028, le catalogue intègre la production des Mémés (Caïmans Production), réalisée par Julien David et planifiée pour 2027, ainsi que la série en animation 2D Faim de l'histoire !, actuellement en phase d'écriture par Aïtor Alfonso et Jul avec Haut et Court TV et le studio Miyu. Les développements à plus long terme incluent la fiction musicale Miss Saturne, coproduite avec Fortiche Production en vue d'une mise en ligne en 2027 et la deuxième saison du succès Samuel (Les Valseurs, Pikkukala) par Émilie Tronche annoncée pour 2028.

Le pôle documentaire d'animation se structure quant à lui de manière prépondérante autour de plusieurs chantiers prévus pour 2027. La série Histoires Effacées associe ainsi Talweg, le studio belge Squarefish, la structure slovaque Artichoke ainsi que les entreprises américaines Room 608 et GDMC. Le projet Bienvenue en Happycratie réunit de son côté Manégann Films et XBO Films, tandis que la série Planthéon est produite avec Ikki Films. Enfin, l'œuvre Françoise n'est jamais allée danser, actuellement en phase de développement, est coproduite aux côtés de Milgram Films.

Prudence, de Jérémie Hoarau est actuellement en cours de production.

Une consolidation dans le long métrage et le jeu-vidéo

Les investissements cinématographiques se matérialisent par l'entrée en fabrication de plusieurs longs métrages. Le film d'anticipation Prudence (Everybody on Board, Je Suis Bien Content) a débuté sa production en mai 2026 pour une livraison fixée à l'été 2027. Le calendrier prévoit ensuite le lancement de la production d'Isis et Osiris (Fargo, JPL Films, Kinotopia, Praça Filmes) fin 2026, puis le démarrage de l'animation du Royaume des oiseaux (Sacrebleu Productions, Lupa Filmes) en janvier 2027. Les longs métrages Melvile (Special Touch Studios, Need Productions) et Red Zone (Vivement Lundi !, Moon Man, A Bahn) poursuivent également leur développement.

L'offre d'Arte s'étend par ailleurs de manière régulière sur le marché du jeu vidéo indépendant avec quatre lancements échelonnés. Le titre narratif Looking for Fael, développé avec le studio Swing Swing Submarine, est annoncé pour l'été 2026 sur PC et Nintendo Switch. Il précédera la sortie en septembre du jeu d'aventure The Merlies (Darjeeling, Blue Ramen), puis du jeu helvétique Tom the postgirl (Oopsie Daisies) en fin d'année. Le projet Beyond the plastic wall (Motvind Studios) viendra compléter ce volet interactif au cours de l'année 2027.

A Annecy, Arte est comme chaque année présent en force. En tout, neuf de ses coproductions ont été sélectionnée dans les différentes compétitions officielles du Festival d'Annecy, dont sept courts métrages concourant pour le palmarès, à l'instar d'Adgwa-Ata de Zsuzsanna Kreif ou de Fille de l'eau de Sandra Desmazières.

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PRODUCTION

Mark Swift, producteur chez DreamWorks Animation : “Chaque film est un défi à fabriquer”

Vous avez présenté L'Ile des Souvenirs, votre nouveau long métrage, lors d'une projection secrète à Annecy. Quelle importance revêt le festival pour vous ?

C'est le seul endroit où j'ai l'impression que tout est porté par les étudiants, des fans passionnés, impatients de découvrir tout ce qu'ils vont voir. Cela crée une énergie joyeuse et stimulante. Nous travaillons sur ces films pendant des années, enfermés dans un bureau, complètement coupés du milieu et du public. Et puis, si nous avons la chance de venir présenter notre film à Annecy, nous sentons immédiatement comment il va être reçu, nous percevons l'enthousiasme et la joie que nous apportons aux gens. C'est une vraie bénédiction.

Vous travaillez sur ce projet depuis de nombreuses années. Comment tout a commencé avec DreamWorks ?

C'est un film original, écrit par Joel Crawford et Januel Mercado, les deux réalisateurs. C'est notre troisième collaboration ensemble. Ils m'ont parlé de cette idée il y a environ six ans, alors que nous étions occupés sur Les Croods 2. Le projet a ensuite refait surface, nous avons commencé à en discuter, mais ce n'était encore que des idées, des pistes. Puis le studio nous a proposé de travailler sur Le Chat Potté : La Dernière Quête, et nous nous sommes tous lancés à fond dans ce film. Immédiatement après, il y a trois ans et demi, nous avons repris ce projet. Joel et Januel écrivaient le scénario, mais de façon très collaborative : un petit cercle de personnes intervenait, donnait des retours, proposait des modifications. C'est un film original, ce qui est plus compliqué à faire valider par un studio. Il nous a donc fallu un peu de temps pour construire un dossier qui permette au studio de voir exactement le film que nous avions en tête. Une fois que ce fut le cas, ils nous ont soutenus, et nous ont même demandé si nous pouvions le sortir cette année, ce qui était un délai très serré pour nous. En animation, entre le moment où nous commençons le storyboard et celui où nous terminons, il faut généralement compter trois à trois ans et demi. Nous l'avons fait en deux ans et demi, ce qui est extrêmement court pour un film original.

Pourquoi est-ce plus difficile, pour un grand studio comme DreamWorks, de donner son feu vert à des films originaux ? Nous pourrions pourtant penser que c'est une force de donner naissance à une histoire propre…

Les films sont très coûteux : ils représentent des dizaines de millions de dollars, c'est un pari important pour un studio. Nous allons dépenser des dizaines de millions sur le film, puis encore davantage en marketing. Je pense donc qu'à juste titre, les studios veulent s'assurer que le film va vraiment toucher le public, que les gens vont se déplacer pour le voir. Avec un film original, la question est : est-ce que les gens vont se connecter à cette histoire ? Et celui-ci est un peu particulier : il se déroule aux Philippines, avec deux héroïnes, et s'adresse à un public un peu plus âgé que la moyenne des films d'animation. Il a donc fallu leur montrer concrètement le film que nous voulions faire. Une fois qu'ils l'ont vu, ils nous ont énormément soutenus. Beaucoup de personnes chez Universal ont défendu ce projet, et nous sentons vraiment cet amour autour du film.

Comment se sont déroulés le développement et la production ? Avez-vous rencontré des difficultés, des étapes que vous pensiez simples et qui se sont révélées plus complexes ?

Chaque film est un défi à fabriquer, et je pense que n'importe quel réalisateur, quel que soit le budget, vous dira la même chose. Pour nous, le plus grand défi a été le temps : faire un film original tout en laissant suffisamment de temps pour développer les personnages, pour que les animateurs puissent vraiment leur donner vie et trouver comment ils devaient se mouvoir. Nous étions vraiment à flux tendu. Je pense que les artistes auraient aimé avoir davantage de temps pour développer ces personnages, qu'ils ont dû en partie construire directement dans les scènes. Mais ils ont fait un travail formidable.

Vous avez déjà travaillé avec Joel et Januel sur Le Chat Potté : La Dernière Quête et Les Croods 2. Cette relation de longue date a-t-elle permis de travailler de façon plus apaisée ?

C'est une vraie force d'avoir cette relation, de bien se connaître. Mon travail de producteur, c'est de faire le meilleur film possible avec les personnes, le temps et le budget disponibles, et de réussir à transposer cette vision à l'écran. Je connais très bien Joel et Januel, je pense que nous partageons une vision assez proche de ce qu'un film doit être, ce qui crée un vrai langage commun et nous permet d'aller plus vite. Et comme je suis depuis 30 ans au studio, je sais aussi comment faire intervenir les bonnes personnes au bon moment pour soutenir une idée, pour l'aider à se concrétiser. Il y a beaucoup de confiance entre nous trois, et beaucoup d'affection. Ce sont des collaborateurs formidables, et je me sens privilégié de travailler avec eux chaque jour.

Concernant le budget avez-vous rencontré des difficultés de financement ?

Nous avons la chance, chez DreamWorks, d'avoir un partenaire solide avec Universal Pictures. Dès le départ, nous étudions le budget, le film et le planning ensemble, et nous essayons de trouver un budget confortable pour le projet. Nous en voudrions toujours plus, évidemment. Sur ce film, nous avons vraiment cherché à repousser certaines limites visuelles et techniques. En cours de fabrication, nous avons senti que l'histoire avait besoin d'un peu plus de temps que prévu initialement, ce qui ne rentrait pas complètement dans le budget de départ. Nous avons donc travaillé avec le studio pour réorganiser certaines choses et faire en sorte que ça fonctionne. C'est toujours tendu sur chaque film et nous voudrions toujours plus de moyens. Mais sur celui-ci, je pense que nous avons trouvé le bon équilibre, et que nous avons fini par faire exactement le film que nous voulions faire. C'est tout ce que nous pouvons espérer en tant que réalisateurs : être fiers du résultat, sans avoir le sentiment d'avoir dû sacrifier quoi que ce soit.

L'Ile des Souvenirs sortira le 21 octobre avec Universal Pictures. Comment envisagez-vous la réception du public ?

Nous l'avions déjà présenté au CinemaCon, mais dans une version inachevée. Cette version-ci est quasiment terminée. Nous travaillons sur ces films de façon très isolée, nous en devenons extrêmement proches : j'ai vu ce film des centaines de fois, littéralement. C'est donc très rafraîchissant d'avoir un nouveau regard dessus. Nous croyons que certains éléments fonctionnent bien, mais nous n'en sommes jamais vraiment sûrs avant de le montrer à un public. Aujourd'hui a été une expérience magnifique pour nous : nous avons montré le film dans une version quasiment finale, et j'ai vu que le public était très engagé. Pour une comédie pure, nous sentons que le film fonctionne grâce aux rires dans la salle. Mais ce film mélange la comédie à un vrai parcours émotionnel, donc c'est parfois plus difficile à percevoir, car le silence règne. Nous sentions pourtant une énergie particulière : certains spectateurs pleuraient, tant ils étaient émus, d'autres étaient simplement très présents, dans l'instant. Et puis, nous avons eu une standing ovation de cinq minutes à la fin, avec énormément de gens venus nous parler ensuite. Avec ce public, aujourd'hui, ça a fonctionné. J'espère que ce sera le cas partout dans le monde, mais nous ne le saurons qu'à la sortie du film.

Quelle est la politique de DreamWorks concernant l'intelligence artificielle ?

Sur ce film, nous n'avons pas utilisé d'IA. Je connais les outils, et tout évolue si vite que dans un an, les choses seront peut-être différentes, je ne sais pas. Mais je pense que ces films sont avant tout portés par des gens et leur imagination, et que les outils peuvent changer. Cela doit rester la force motrice. Cela me rappelle d'autres évolutions. Je suis chez DreamWorks depuis longtemps et j'ai travaillé sur des productions 2D comme Le Prince d'Égypte, Sinbad, El Dorado. J'étais producteur sur le premier film en images de synthèse réalisé sur le campus DreamWorks de Glendale : Gang de requins. C'était un virage intéressant avec de nouveaux outils, une façon de travailler différente. Mais ce qui a vraiment marché, c'est que notre noyau d'animateurs a su s'approprier ces nouveaux outils. C'étaient les mêmes artistes que sur Le Prince d'Égypte, mais ils utilisaient une autre forme d'outils pour obtenir la même belle animation à l'écran. L'IA, c'est différent, mais j'espère que nous suivrons le même chemin. Elle doit rester une expérimentation menée par les artistes, et nous, en tant que studio, devons continuer à les placer au cœur de tout ce que nous faisons. Sinon, à quoi bon ?

Quelles sont vos envies pour l'avenir, pour vous et pour DreamWorks ?

Personnellement, j'espère continuer à travailler avec Joel et Januel, continuer à faire de beaux films, à repousser les limites de ce que peut être l'animation, et continuer à toucher le public. Nous avons été tellement occupés sur ce film que nous n'avons pas vraiment eu le temps d'en discuter entre nous. Dans les prochains mois, quand nous aurons un peu de répit, j'espère que nous pourrons nous retrouver, partager les idées et les envies que chacun a eues de son côté, et voir si nous pouvons continuer à trouver des films que nous avons envie de faire ensemble.

Annecy est l'endroit idéal pour rencontrer de nouveaux artistes et auteurs portant de nouvelles idées. Êtes-vous aussi ici pour repérer de nouveaux talents, ou uniquement pour présenter le film ?

Nous sommes surtout ici pour ce film et le montrer au public. Je sais que d'autres personnes de DreamWorks sont venues spécifiquement pour assister à toutes les projections, voir ce qui se passe, repérer les talents. DreamWorks ne pourra continuer d'exister que s'il continue d'attirer les meilleurs artistes du monde. Donc oui, il y a des gens qui regardent toutes les projections, tous les talents, pour voir s'il existe des possibilités de collaboration. La France a toujours été un pays avec une vraie tradition de bande dessinée et d'artistes, et beaucoup de Français travaillent chez DreamWorks. L'un de nos animateurs principaux, Ludovic Bouancheau, animateur chez DreamWorks, a été l'une des grandes influences sur le style de ce film. C'est un ancien étudiant des Gobelins. Ce pays a un don unique pour former des artistes extrêmement talentueux, et j'espère que nous pourrons continuer à travailler avec eux.

DÉCRYPTAGE

Étude du CNC : un recul marqué de la production aidée dans l'animation

La production audiovisuelle aidée recule en 2025. Et l’animation n’échappe pas à la règle avec 282 heures aidées en 2025 (-10% par rapport à 2024). Le volume repasse sous le seuil des 300 heures et se situe également en dessous de la moyenne observée sur la dernière décennie.  La production reste majoritairement orientée vers le jeune public. Les programmes destinés aux enfants représentent 191 heures, soit 67,6% du volume total d’animation aidée. Mais cette part recule nettement par rapport à 2024, au profit notamment des programmes préscolaires et des œuvres destinées aux adolescents ou aux adultes. 

Des contributions étrangères en recul

Bien que les partenaires étrangers restent indispensables dans le secteur, les contributions sont orientées à la baisse. Une chute des apports étrangers de 34% sur un an. L’animation reste toutefois le genre audiovisuel français le plus international avec un nombre très large de projets coproduits, dont une part importante avec la Belgique. Depuis 2006, près de 70% des films français sont des coproductions. Les préfinancements étrangers sont également plus importants que dans les autres genres : 33,4% pour l’animation face à 13,9% globalement.

France Télévisions apparaît comme le premier commanditaire d’animation avec 36,9 M€ en 2025, une hausse de 46,5% par rapport à 2024 pour 167 heures. Le groupe Canal + reste le deuxième financeur mais ses apports reculent avec une chute de 23,5% comparé à 2024. 

Le cinéma d’animation français, source de vitalité et de rayonnement

Si les commandes baissent au niveau mondial avec 593 programmes (-10%), l’Europe connaît une hausse de 12% avec 124 titres commandés. Dans ce contexte, avec 49 titres en 2025, la France reprend sa place de troisième pays commanditaire de programmes d’animation après le Japon (261 titres) et les États-Unis (124 titres). Avec 16 films agréés en 2025, le nombre de films d’initiative française d’animation atteint un niveau record. Plusieurs films ont aussi été particulièrement visibles durant des festivals, à Cannes ou à Annecy. Cette visibilité est d’ailleurs manifestée par un cinéma d’animation performant à l’international. 

On enregistre 13 millions d’entrées pour les films français d’animation à l’étranger en 2025 (soit le deuxième plus haut de la décennie). La France redevient également le quatrième pays le plus représenté sur les services de VàDA à l’étranger comptant 298 séries françaises disponibles sur des plateformes VàDA dans 51 pays. 

Une année difficile en salles pour l’animation

Toutefois, en 2025, les films d’animation sortis en première exclusivité génèrent 19,5 millions d’entrées en France, soit 14,8% des entrées totales. Le niveau recule fortement sur un an avec une baisse de 35,5%, alors que la baisse de fréquentation tous genres confondus est soutenue. Le repli serait dû à la baisse de films d’animation américains. L’année est alors marquée par une présence importante de films non américains dans le haut du classement. Pour la première fois depuis 2009, un film non américain (japonais) figure dans le top 3 animation. 

L’emploi en baisse après plusieurs années de croissance

Après une hausse depuis 2020, le nombre d’emplois dans le secteur connaît une baisse de 8,1% sur un an en 2024. Sur un périmètre plus large, l’emploi semble se stabiliser depuis le début de 2025. Les effectifs atteignent 7.723 salariés en mars 2026, contre 7.709 en mars 2024, soit une quasi-stabilité.
La féminisation du secteur se poursuit. La parité est atteinte parmi les primo-entrants et les femmes sont majoritaires parmi les intermittents, mais elles restent moins présentes dans les postes les plus qualifiés et dans la réalisation des œuvres aidées.

L’IA, un outil pour les studios 

L’intelligence artificielle entre petit à petit dans les usages des studios. Près de 79% des studios d’animation déclarent avoir testé des outils d’IA pour leur activité professionnelle. Et bien qu’encore faible, la satisfaction progresse avec 58,8% de studios satisfaits (+11,2% sur un an). Mais près de la moitié des studios d’animation considèrent que l’IA aura un impact important sur leur manière d’exercer leur métier, mentionnant la transformation des compétences, la fragilisation des futures formations et la baisse de l’emploi. 

Lou Lemarchand

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INSTITUTIONNEL

“L’animation est un diamant qui peut casser comme du verre” : AnimFrance réaffirme son engagement pour la filière

“A Annecy, nous avons  eu du soleil, des gros nuages, des averses, des éclairs, des bourrasques. C'est exactement ce qui se passe pour la moitié des animations.” C'est par cette métaphore météorologique que Samuel Kaminka, président d'AnimFrance, a ouvert la conférence de presse annuelle du syndicat, intitulée “Animation française : l'heure des choix”, ce 25 juin, lors de la 50e édition du Festival d'Annecy. Un titre qui résume l'ambivalence d'un secteur à la fois plébiscité par le public et fragilisé par une crise de financement que les responsables qualifient d'"inédite".

Un succès indéniable

Les chiffres avancés par le syndicat témoignent d'une vitalité créative réelle. On le sait, tant ce chiffre est martelé et traduit sa réussite dans les salles, l'animation représente 27 % du box-office mondial, et les œuvres françaises, qui ne pèsent que 10 % du volume produit, génèrent près de 40 % de l'export. Sur Netflix, elle représenterait la moitié des œuvres d'expression française visionnées.

Côté cinéma, Amanda Borghino, déléguée générale adjointe d’AnimFrance, a souligné que la France a dépassé durablement la barre des dix longs métrages d'animation produits par an depuis 2019, avec 16 films agréés en 2025. Stéphane Le Bars, délégué général du syndicat, a rappelé la sélection historique de 16 films français à Cannes et la présence d'Arco et Amélie et la métaphysique des tubes aux Oscars, dans la lignée du sacre de Flow l'année précédente.

Mais cette réussite ne doit pas masquer, selon AnimFrance, une fragilité financière croissante. Samuel Kaminka a particulièrement ciblé YouTube, qu'il accuse de capter audience et revenus publicitaires “au détriment des chaînes historiques qui financent ses œuvres”, sans contribuer à la création. Le président d’AnimFrance a qualifié cette situation de “parasitisme”, rappelant que “ceux qui tirent des revenus de la création doivent financer la création”.

Décret SMAD : une avancée saluée

Le syndicat réclame la suppression de l'abattement fiscal de 66 % dont bénéficie la plateforme sur la taxe sur les services vidéo (TSV) versée au CNC, qualifié de “privilège obsolète et indéfendable”. Cette suppression doit, selon AnimFrance, être inscrite au prochain projet de loi de finances, les recettes générées devant financer la création et soutenir particulièrement l'animation. Le syndicat plaide également pour l'instauration de quotas d'investissement imposés à YouTube à l'échelle européenne.

Sur le front réglementaire, AnimFrance a salué la modification du décret SMAD, qui porte le taux de diversité à 20 % et impose désormais aux plateformes d'investir dans l'animation inédite, et non plus seulement de se positionner sur des catalogues. “Les accords que nous avons déjà conclus avec Crunchy Roll et Disney+ portent déjà leurs fruits, a indiqué Samuel Kaminka. Crunchy Roll investit désormais dans l’animation autant que TF1. Disney+ s’est engagé en 2025 sur une série et deux long-métrages.”

Partenaire menacé

“Toutes les familles ont leur tonton relou, France Télévisions a eu son Lalloncle Charles”, s’est amusé Samuel Kaminka. Pour autant, les inquiétudes que suscitent un France Télévisions sous pression sont bien réelles. Le président d’AnimFrance a dénoncé la recommandation de Charles Alloncle à l’issue de la commission d'enquête parlementaire, visant à supprimer France 4, rappelant que la chaîne est devenue leader auprès du jeune public. Cette recommandation n'avait fait l'objet d'aucune question durant les quatre heures d'audition du syndicat devant la commission. Samuel Kaminka a insisté sur la complémentarité entre France 4, vecteur de découvertes d'œuvres auprès du jeune public, et la plateforme france.tv, qui pérennise les succès. 

France Télévisions reste le premier financeur du secteur, avec environ 50 % des commandes et 20 à 25 % des devis financés. Mais la baisse de la contribution de l'État, avec 80 millions d'euros de moins en 2026 qu'en 2025, contraint le groupe à un effort d'économies de 150 millions d'euros. Si les investissements en animation devraient être maintenus à hauteur de 35 millions d'euros en 2026 et 2027, conformément à l'accord interprofessionnel, tout recul sous ce seuil constituerait, selon Stéphane Le Bars, “un risque systémique pour l'animation française”.

Sur le plan du financement de la production, Amanda Borghino a détaillé un déséquilibre structurel : la part des diffuseurs dans le financement des films d'animation est près de trois fois moins élevé qu’en fiction, ce qui pousse les producteurs vers des coproductions internationales de plus en plus complexes, parfois jusqu'à cinq territoires. Stéphane Le Bars a plaidé pour un relèvement du crédit d'impôt cinéma de 30 à 40 %.

Côté export, la situation s'est dégradée : les préventes de séries d'animation françaises, qui avaient atteint 40 millions d'euros en 2024, se sont effondrées à 15 millions d'euros en 2025. La prestation de services internationale recule également, à 135 millions d'euros de dépenses éligibles en 2025, contre près de 200 millions entre 2021 et 2023.

Un emploi qui se stabilise, sans rattraper la crise

Sur l'emploi, l’heure est à la stabilisation après deux années de fort recul : environ 9 000 salariés pour 233 millions d'euros de masse salariale en 2025, avec une progression de 2,5 % du nombre d'heures travaillées par les intermittents. Le secteur reste toutefois loin d'avoir comblé la chute enregistrée depuis le pic de 2022.

“L'animation française est un diamant, mais si on n'en prend pas le soin, il peut casser comme du verre”, a résumé Samuel Kaminka qui a rappelé la position d’AnimFrance, déterminé à défendre plus que jamais un écosystème de renom et l’exception culturelle française.

INTERNATIONAL

Avec “Henna”, Manga Productions entame sa mue vers la production d’IP pour l’international

Après plusieurs années passées à coproduire avec des studios japonais de premier plan, Manga Productions franchi un cap. Présenté au Festival d'Annecy, Henna, un court métrage d'animation 2D actuellement en phase de finalisation, constitue le premier projet développé intégralement par les équipes du studio saoudien. Plus qu'une nouvelle production, le film sert à démontrer le savoir-faire acquis depuis la création de l'entreprise.

« Nous voulions savoir ce que nos équipes étaient capables de réaliser seules », explique le CEO, Dr Essam Bukary. Depuis 2018, Manga Productions a envoyé de jeunes talents se former auprès de partenaires japonais tels que Toei Animation et d'autres studios. Plusieurs occupent aujourd'hui des postes de direction artistique et de supervision au sein des productions du groupe. Henna représente ainsi le premier test grandeur nature d'une chaîne de production largement internalisée, de l'écriture à la réalisation.

Le court métrage raconte l'histoire d'une jeune fille sourde qui trouve dans l'art traditionnel du henné un moyen d'expression et d'émancipation. Au-delà de son sujet, le projet revendique une identité visuelle profondément ancrée dans la culture saoudienne, fruit d'un important travail de documentation sur les décors, les costumes et les traditions locales.

Un enjeu industriel majeur

Mais l'enjeu est avant tout industriel. Après avoir consolidé ses collaborations avec le Japon et développé un réseau de diffusion en Asie, Manga Productions affiche désormais ses ambitions en Europe. Annecy constitue une étape importante de cette stratégie. Pour la première fois, le studio y disposait de son propre stand afin de présenter ses productions et de nouer de nouveaux contacts avec les producteurs, diffuseurs et distributeurs européens. « L'Europe est un marché plus restreint que l'Asie, mais son influence sur l'industrie mondiale de l'animation est considérable », souligne Dr Essam Bukary.

Cette ouverture se traduit également par le recrutement de collaborateurs français et par la volonté d'accueillir davantage de talents européens au sein du studio de Riyad, dans une logique d'échanges de compétences. En parallèle, Manga Productions poursuit l'intégration de nouvelles fonctions en interne, notamment dans la distribution internationale, afin de mieux maîtriser la circulation de ses œuvres et le développement de ses franchises.

Alors que plusieurs nouveaux projets seront dévoilés cette année, Henna apparaît comme le symbole d'un changement de posture. Après avoir construit son expertise aux côtés des grands studios japonais, Manga Productions souhaite désormais être identifié comme un partenaire de coproduction à part entière. Tout en poursuivant le développement de projets d'envergure avec ses partenaires internationaux, le studio entend également proposer ses propres créations originales et les porter sur la scène internationale.

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À la une

AUDIOVISUEL

CMA Studio : quelles ambitions pour le nouveau studio dédié aux créateurs de contenu du groupe CMA Media, lancé à la rentrée ?

Écran total : CMA Media a annoncé en avril dernier le lancement, à la rentrée, d’un studio dédié aux créateurs de contenu nommé CMA Studio. Pouvez-vous préciser ce projet et les raisons qui l’ont motivé ?

Stéphane Sallé de Chou : Il s’agit d’un nouveau label de production à vocation internationale, en co-diffusion avec les créateurs, qui sera à destination des chaînes RMC, mais également à d’autres qui n’appartiennent pas au tuyau RMC, avec une répartition à 50-50. Son lancement s’est révélé nécessaire car même si RMC Story, RMC Découverte et RMC Life sont rentables, cela ne suffit pas dans un contexte économique aussi compliqué et peu lisible. Le marché publicitaire en télévision a notamment baissé de 12% depuis septembre 2025. Or, un alignement proportionnel de nos coûts impacterait notre capacité à proposer suffisamment de programmes de qualité. Il nous fallait donc réfléchir à d’autres sources de revenus et investir le terrain de la creator economy nous a semblé assez évident.;

Cela fait déjà plusieurs années que vous collaborez avec des créateurs de contenu pour vos chaînes. Pourquoi vous êtes-vous positionné sur ce segment ?

SDdC. : Aujourd’hui, en France, un jeune sur trois de moins de 25 ans regarde YouTube sur son écran de télévision. Nous ne pouvons pas passer à côté de cette partie de la population. D’autant que la plateforme s’est tellement premiumisée qu’on y retrouve désormais des programmes classiques de télévision. En parallèle, les créateurs avec lesquels nous travaillons pour nos chaînes, comme Antoine S2S ou Joyca, n’abandonnent pas leur écosystème natif. Nous devons aussi être présents là où ils le sont. Ensuite, nous ne sommes pas un média généraliste. Dès la création de nos chaînes, il nous a fallu trouver des moyens de nous différencier pour parvenir à survivre face à TF1 ou M6. C’est encore plus vrai aujourd’hui. Un petit challenger est condamné à se renouveler en permanence et à rester dynamique. Heureusement, nous avons la chance d’avoir intégré un groupe entrepreneurial qui nous porte dans cette direction.

Quels types de productions le studio portera-t-il ? Des créations originales, des marques fortes de vos antennes ?

SDdC : Nous ne nous interdisons rien, y compris la distribution de franchises qui coûtent trop cher pour une diffusion en linéaire, comme Top Gear France. Si demain une marque est prête à le financer, il pourra continuer à vivre sur YouTube. Toutefois, nous passerons peu de deals d’exclusivité avec les créateurs. Nous leur mettrons surtout à disposition la boîte à outils de CMA Media afin de leur octroyer les moyens de faire de l’événementiel en codiffusion. L’idée est de démarrer de façon modeste, en se concentrant sur quelques profils en pleine croissance et peu connus du grand public, suivis par quelques centaines de milliers d’abonnés, mais bénéficiant d’une communauté très engagée sur une niche précise. Il n’y a pas d’intérêt à travailler avec des talents aussi puissants que Squeezie ou Inoxtag, qui n’ont pas besoin de nous pour produire leurs contenus.

LINE-UP

Premier rôle de Theodora, adaptation de Joël Dicker... Prime Video annonce ses prochaines productions originales

Ce 25 juin, Prime Video organisait le Prime Original Stories afin de dévoiler de nouveaux projets et d’évoquer l’état d’avancement de certaines créations déjà annoncées. Thomas Dubois, directeur France de MGM Studios, a animé cet événement en rappelant l’objectif de la société : viser les hommes, mais également de plus en plus les femmes, « avec l’exploration de nouveaux genres, de nouveaux récits, notamment avec de nouvelles héroïnes ». Il a rappelé la hausse des investissements d’Amazon dans les films, le divertissement et surtout dans les séries, au cœur de leur stratégie.

Concernant les films, plusieurs comédies ont été présentées, comme la comédie policière B.A.D.G.E, réalisée par Simon Astier et incarnée par Alison Wheeler et Marina Foïs. Le film raconte l'histoire d'une flic qui est embauchée dans une start-up de la sécurité aux côtés d'une passionnée de faits divers. Il est produit par Les Films entre 2&4 et Making Prod. Autre projet, Stunt, de Franck Gastambide, qui est actuellement en tournage entre trois pays. Le film, dans lequel on retrouve Jean-Pascal Zadi, Franck Gastambide et José Garcia, raconte la rencontre, lors d’un trajet en voiture entre les États-Unis et le Mexique, entre un cascadeur en perte de vitesse et une star de MMA ingérable. Kowloon Film (Mandarin&Cie) et Autodidakte sont à la production.

Concernant les séries, Thomas Dubois en parle comme d’une priorité, avec notamment un focus sur les drames et thrillers premium, notamment à destination des femmes. Déjà annoncée, Glamsquad a également été au cœur de la présentation. Créée et dirigée par Rebecca Zlotowski, la création compte dans son casting Theodora et Catherine Deneuve.

Série d'Audrey Diwan

L’adaptation d’Un animal sauvage, de Joël Dicker, a également été évoquée. La série, réalisée par Vincent Maël Cardona et présentée comme une « histoire de voyeurs », est incarnée par Pauline Clément, Noémie Merlant, Pierre-Yves Cardinal et Matthias Schoenaerts. Produite par Screenline SPV1 (Banijay France), cette série de 6 x 45 minutes narre une rencontre amicale qui débouchera sur un braquage. Prime Video en a profité pour annoncer un partenariat exclusif avec Joël Dicker, présent lors de l'événement, afin d'adapter des livres de son catalogue, notamment L’Énigme de la chambre 622 et Le Livre des Baltimore.

Autre annonce, Audrey Diwan et Elias Belkeddar sont en cours d'écriture de la série Paris 18, produite par Iconoclast. La cinéaste explique que la série aura pour question centrale celle du choix entre morale et nécessité. Amazon prépare également Les Justiciers, d’après une idée originale et un synopsis de Philippe Lacheau, Julien Arruti, Pierre Dudan et Pierre Lacheau. Présent lors de l'événement pour parler du projet, Philippe Lacheau a également annoncé que la saison 7 de LOL : Qui rit, sort ! était en préparation.

Une série documentaire sur Koba LaD

La société a également annoncé plusieurs projets en unscripted, notamment Les Fumiers - Bienvenue à la ferme, produit par ITV Studios France et raconté par Ragnar Le Breton. Ce docu-réalité de 20 épisodes de 30 minutes suit huit créateurs de contenus qui découvrent plusieurs fermes sur le territoire français. Il sera diffusé en quasi temps réel puisque les épisodes sont tournés, montés et diffusés la semaine suivante. Pendant quatre semaines, cinq épisodes seront proposés de manière hebdomadaire : « Pendant toute la durée de leur immersion, les créateurs de contenu continueront également à partager leur expérience avec leurs communautés à travers stories, publications, vidéos et lives », explique le dossier de presse. Le casting sera dévoilé très prochainement.

Enfin, Prime Video prépare une docu-série sur Koba LaD, produite par Première Fois Production, ainsi que Mascarade, un jeu incarné par le créateur Loris Giuliano sur une idée de Tom Aguilar et Loris Giuliano et produit par Mediawan Prod H.O.T. Il s'agit de la soirée d'anniversaire de Loris Giuliano. Huit stars du cinéma français, méconnaissables grâce à des transformations, doivent cacher leur identité. Le but est d’être le dernier à se faire démasquer par Loris avant le lever du jour.

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EXPLOITATION

Marc-Olivier Sebbag (FNCF) : “La participation à un événement collectif comme la Fête du cinéma est un élément majeur de mobilisation”

Écran Total : Avec des grands films à l'affiche (La Bataille De Gaulle, Partie 2 : J’écris ton nom, Des Minions et des monstres, Toy Story 5, Backrooms…), quelles sont vos attentes pour cette édition ? 

Marc-Olivier Sebbag : Il s’agit de la 41e édition de la Fête du cinéma, et nous attendons chaque année le même succès, voire un succès plus élevé que celui de l'année précédente. Nos attentes sont que d'une part dans cette période un peu particulière, puisqu’il y a une programmation qui est extrêmement riche, nous espérons pouvoir rassembler un très large public. Et d’autre part, il y a cette période de canicule qui a beaucoup mobilisé les spectateurs à venir en salle, en plus de l’attrait pour les films qui sont à l'affiche. 

Après une baisse de 1,6 millions d’entrées entre l’année dernière et l’année précédente, pensez-vous que la programmation risque de remonter la fréquentation des salles lors de la Fête du Cinéma ? 

2024 a été le meilleur score jamais enregistré de la fête du cinéma avec 4,6 millions d’entrées. L’année dernière, avoir un peu plus de 3 millions d'entrées, c'était un niveau de fréquentation qui était tout à fait habituel. Il n’en demeure pas moins que la programmation cette année est plus riche et plus diversifiée. A ce titre-là, nous espérons bien sûr au moins égaler l’année dernière, mais aussi la dépasser. Les éléments qui sont sous nos yeux nous poussent à penser que nous aurons un score supérieur. 

Comme vous l’indiquez, la canicule semble avoir dynamisé les salles bien qu’une baisse soit prévue ce week-end, est-ce un atout extérieur pour vous ? 

Au-delà de la programmation, il y a deux éléments exogènes qui peuvent influer sur la Fête du Cinéma : la Coupe du monde et la baisse de la canicule ce week-end. La Coupe du monde interviendra peu à notre avis, puisque nous serons au début des classements de finale qui ne sont pas encore les matchs qui mobilisent le public français, puis les matchs sont diffusés la nuit. Quant à la fin de la canicule, notre analyse montre qu’elle a été un coup de pouce en faveur de la fréquentation des salles, mais que cette hausse repose aussi sur un socle solide qui est celui d’une croissance des entrées depuis décembre 2025. La baisse des températures ne va donc pas particulièrement jouer sur la fréquentation de la Fête du Cinéma selon nous. 

Avec le début de l’été et l’arrivée des vacances scolaires, est-ce que la fête regroupe un public particulièrement jeune ? 

Oui, la fête du cinéma est un événement qui est plus jeune que le public traditionnel du cinéma. Il y a un double effet de la fête du cinéma : l’effet tarifaire bien sûr, mais surtout l’effet événementiel. La Fête du Cinéma est le deuxième événement culturel le plus connu en France après sa grande sœur la Fête de la Musique. La participation à un événement collectif est un élément majeur de mobilisation des spectateurs, en particulier des jeunes. Nous le voyons d'ailleurs sur d’autres événements culturels. C’est souvent la participation à l'événement qui est le moteur plus que l’événement en lui-même. En plus, le prix exceptionnel est un moteur très fort pour les spectateurs de 15 à 25 ans. Les films à l’affiche favorisent également cette fréquentation comme on le voit avec le succès d’Obsession, de Backrooms et de Scary Movie

SŒURS JUMELLES 2026

La visite des studios de l’Alhambra, un rendez-vous incontournable du festival Sœurs jumelles

Jacques Demy et Michel Legrand y ont posé leurs affaires durant le tournage des Demoiselles de Rochefort en 1966. À l’époque, le site s’appelait l’Alhambra Colbert. Depuis 1972, c’est un studio de musique et de postproduction destiné aux professionnels de l’audiovisuel et du cinéma. Il est né d’un rapprochement entre Zebra Films, Lily Post-Prod et Cristal Groupe. Et, cinquante ans plus tard, le festival Sœurs jumelles le fait découvrir aux festivaliers. Xavier Ferrand, le régisseur, présente le lieu et ses équipements durant la dernière semaine de juin. D’abord, au rez-de-chaussée, il y a le plateau. “Il peut accueillir entre 30 et 40 musiciens”, précise le technicien. Quelques instruments sont à disposition, comme un piano à queue, des claviers et des percussions.

Par ailleurs, Xavier Ferrand peut faire appel à un backliner. “Nous avons aussi monté deux orchestres locaux, à disposition des compositeurs.” La plupart du temps, le studio est occupé par des spécialistes de la musique de film, à l’instar de Renaud Barbier, qui enregistre ses bandes originales à cet endroit. “J’aime l’esprit collaboratif et familial de ce studio”, confie-t-il auprès d’Écran Total. Depuis l’année dernière, il donne des formations pour instruire sur les spécificités de la composition musicale à l’image. “Ce ne sont pas des formations, plutôt des résidences d’artistes”, s’enthousiasme le maestro. Quoi qu’il en soit, à l’issue de quinze jours instructifs, les élèves venus parfois du monde entier enregistrent leur création avec un quintette.

Le développement de la postproduction

D’autre part, durant le festival Sœurs jumelles, les studios de l’Alhambra sont investis par le LAB. Il permet à des musiciens émergents de créer leur identité visuelle avec des professionnels de l’image durant les festivités. Au fil des décennies, l’espace a développé de nouvelles missions. “Nous avons intégré une partie consacrée à la postproduction en 2018”, explique Xavier Ferrand. Ils sont actuellement cinq à travailler dans les studios, dont trois ingénieurs. Entre autres, le lieu s’est par exemple ouvert à la prise de son des bruitages. C’est pourquoi un grand écran et une régie déportée se trouvent dans l’auditorium de douze mètres de plafond. “Des salles de mixage sont disponibles et nous travaillons parfois sur toute la bande sonore d’un film.

Parmi les autres matériels dont les studios de l’Alhambra dispose, il y a une salle d’étalonnage et deux salles de montage pour l’image. Les artistes et les équipes qui le souhaitent peuvent rester longtemps sur les lieux car “sept appartements sont mis à disposition”. Les utilisateurs les plus fréquents sont les compositeurs de la musique à l’écran, mais les artistes locaux réservent parfois les studios. “La journée coûte 600 euros et elle se fait en présence d’un ingénieur du son.” Pour les rappeurs, par exemple, il existe une cabine de speak. D’ailleurs, juste après la visite, Oxmo Puccino a pris place dans l’établissement. “Elle sert également pour enregistrer les voix off pour les documentaires”, complète Xavier Ferrand.

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L’actualité du secteur

CHAÎNES ET PLATEFORMES

CMA Media lancera sa plateforme RMC+ en septembre

Le groupe CMA Media prépare le lancement de sa nouvelle plateforme baptisée RMC+. Elle sera accessible sur les smartphones et tablettes Android et iOS, mais aussi sur Molotov, Canal+, les téléviseurs Samsung, ainsi que sur les box d’Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom à partir du 1ᵉʳ  septembre.

RMC+ ambitionne de devenir le point d’entrée unique pour l’ensemble des contenus du groupe et des chaînes RMC Story, RMC Découverte, RMC Life ainsi que toutes les déclinaisons de BFM. Outre les chaînes traditionnelles, la plateforme intégrera également 10 chaînes Fast thématiques gratuites, parmi lesquelles Brut, After Foot TV, RMC J’irai dormir chez vous, RMC Alerte Secours, RMC Mecanic, RMC Mystère, RMC Wow, RMC Talk Info, BFM Grands Reportages et BFM 2. Au total, ce sont près de 10.000 heures de contenus qui seront mises à disposition.

Plus qu’une évolution, RMC+ incarne une nouvelle ambition. Celle de proposer une véritable destination de contenus, capable d’accompagner les nouveaux usages tout en restant fidèle à ce qui fait la force et l’identité des marques RMC : des programmes puissants, populaires et profondément incarnés.

Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

RMC+ intégrera également plusieurs nouveautés, dont l’arrivée de “stories”, de micro-dramas et de formats verticaux – des contenus pensés pour une consommation rapide sur smartphone. Les utilisateurs pourront retrouver aussi bien des séries aux épisodes très courts que des extraits et les meilleurs moments des programmes du groupe, dans un format inspiré des usages popularisés par TikTok, Instagram Reels et YouTube Shorts. Ces nouveautés seront disponibles dès le lancement de la plateforme.

CHIFFRES

Comparatifs 1ᵉʳ jour : un succès monstrueux pour “Des Minions et des monstres”

Film, réalisateurDistributeurCopiesEntrées 1er JourMoyenne
DES MINIONS ET DES MONSTRES, de Pierre CoffinUNIVERSAL PICTURES FRANCE731173 392237
LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI, de Michel LeclercLE PACTE44221 89750
LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE, de Ludovic BernardUCG DISTRIBUTION31815 86750
MASPALOMAS, de Aitor Arregi et José Mari GoenagaÉPICENTRE FILMS796 50282
L'ÉTRANGÈRE, de Gaya JijiTANDEM845 16061
NOISE, de Kim Soo-JinKMBO712 82440
SEULS LES REBELLES, de Danielle ArbidJHR FILMS732 66436
ERUPTION, de Pete OhsUFO DISTRIBUTION551 98836
1er jour du 25 juin 2025

Après avoir réalisé le meilleur démarrage au Paris 14h de l'année, Des minions et des monstres se positionne aussi confortablement en quatrième meilleur démarrage premier jour. Le nombre d'entrées reste loin derrière les 603 500 entrées qui faisaient des Minions 2 le meilleur démarrage premier jour de 2022. En proposant moins de copies que pour les films précédents, le nombre d'entrées aussi est bien moins important en comparaison aux autres succès de la franchise. Il reste à voir si Universal attend la Fête du Cinéma et les vacances scolaires pour un public plus important.

Film, réalisateur - annéeDistributeurCopiesEntrées 1er JourMoyenneCumul
DES MINIONS ET DES MONSTRES, de Pierre CoffinUNIVERSAL PICTURES FRANCE731173 392237
MOI, MOCHE ET MÉCHANT 4, de Patrick Delage et Chris Renaud - 2024UNIVERSAL PICTURES FRANCE801458 4215724 510 260
LES MINIONS 2 : IL ÉTAIT UNE FOIS GRU, de Kyle Balda - 2022UNIVERSAL PICTURES FRANCE638603 5009463 962 359
MOI, MOCHE ET MÉCHANT 3, de Kyle Balda et Pierre Coffin - 2017UNIVERSAL PICTURES FRANCE877455 7135205 637 548
LES MINIONS, de Kyle Balda et Pierre Coffin - 2015UNIVERSAL PICTURES FRANCE837596 2917126 588 715
MOI, MOCHE ET MÉCHANT 2, de Chris Renaud et Pierre Coffin - 2013UNIVERSAL PICTURES FRANCE799189 3702374 655 036
MOI, MOCHE ET MÉCHANT, de Chris Renaud et Pierre Coffin - 2010UNIVERSAL PICTURES FRANCE65593 7521433 008 069
Comparatif "Moi, moche et méchant & Les Minions" 

Des Minions et des monstres se place parmi les géants de l'animation qui ont rempli les salles cette année. Derrière les 315 079 entrées pour 779 copies de Super Mario Galaxy : Le Film, il reste au dessus du lancement de Toy Story 5 de la semaine dernière. La moyenne était néanmoins plus importante pour ce dernier avec 167 700 entrées mais pour 651 copies. Les deux films risquent de se disputer les projecteurs auprès des enfants tandis que les vacances scolaires démarrent très prochainement.

Film, réalisateur - annéeDistributeurCopiesEntrées 1er JourMoyenneCumul
DES MINIONS ET DES MONSTRES, de Pierre CoffinUNIVERSAL PICTURES FRANCE731173 392237
TOY STORY 5, de Andrew Stanton et McKenna Harris - 2026THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE651167 7002581 005 969
SUPER MARIO GALAXY : LE FILM, de Aaron Horvath et Michael Jelenic - 2026UNIVERSAL PICTURES FRANCE779315 0794045 606 739
JUMPERS, de Daniel Chong - 2026THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE53094 5121781 525 956
GOAT - RÊVER PLUS HAUT, de tyree Dillihay et Adam Rosette - 2026SONY PICTURES RELEASING51823 97746735 264
Comparatif "Animation 2026"

Avec Les Caprices de l'enfant roi, Michel Leclerc retrouve un public investi. Pour son premier jour, la comédie enregistre 21 897 places pour 442 copies. Un score supérieur aux 16335 entrées accumulées par Le Mélange des Genres l'année dernière. Le réalisateur revient alors à des entrées plus semblables à celles de ses films avant 2020 tels que La Lutte Classes avec ses 21 244 spectateurs au 1er jour.

Film, réalisateur - annéeDistributeurCopiesEntrées 1er JourMoyenneCumul
LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI, de Michel LeclercLE PACTE44221 89750
LE MÉLANGE DES GENRES, de Michel Leclerc - 2025LE PACTE2721633560143 464
LES GOÛTS ET LES COULEURS, de Michel Leclerc - 2022PYRAMIDE DISTRIBUTION20556142764 477
LA LUTTE DES CLASSES, de Michel Leclerc - 2019UGC DISTRIBUTION2152124499454 706
LE NOM DES GENS, de Michel Leclerc - 2010UGC DISTRIBUTION21325 297119822 827
Comparatif "Michel Leclerc"

En comparaison aux autres comédies françaises sorties cette année, les démarrages de celles de cette semaine restent timide. Les Parfait(s) : arnaques en famille a rassemblé 15 867 spectateurs sur 318 copies pour son premier jour. C'est quoi l'amour ?, par exemple, en avait rassemblé le double. Les Caprices de l'enfant roi se retrouve également derrière ces scores.

Film, réalisateur - annéeDistributeurCopiesEntrées 1er JourMoyenneCumul
LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE, de Ludovic BernardUCG DISTRIBUTION31815 86750
LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI, de Michel LeclercLE PACTE44221 89750
CHERS PARENTS, d'Emmanuel Patron - 2026SND56767 631119909 572
JUSTE UNE ILLUSION, d'Éric Toledano et olivier Nakache - 2026GAUMONT660138 9712111915371
C'EST QUOI L'AMOUR ?, de Fabien Gorgeart - 2026ZINC FILMS44530 25668315 030
Comparatif "Comédies françaises familiales 2026"

Le dernier film de Kim Soo-Jin s'inscrit dans la tradition des films d'horreur sud-coréens. Il ne répond tout de même pas aux attentes des réalisations de Yeon Sang-Ho ou de Bong Joon-Ho, qui ont respectivement rassemblé 10 051 et 11 304 spectateurs pour Colony cette année et The Host en 2006. Mais avec ses 2824 entrées pour 71 copies, le film se rapproche du public connu par The Strangers, pouvant peut-être estimer également un cumul à plus de 60 000 entrées.

Film, réalisateur - annéeDistributeurCopiesEntrées 1er JourMoyenneCumul
NOISE, de Kim Soo-JinKMBO712 82440
COLONY, de Yeon Sang-Ho - 2026ARP SÉLECTION22210 05145132 448
THE STRANGERS, de Na Hong-Jin - 2016METROPOLITAN 392 1915661 153
THE HOST, de Bong Joon-Ho - 2006 THE JOKERS FILMS22311 30451159 439
2 SOEURS, de Kim Jee-Won - 2004THE JOKERS FILMS793 4224368 689
Comparatif "Films d'horreur coréens"

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ENTREPRISES

EuropaCorp affiche un chiffre d’affaires consolidé 2024-2025 en recul

La société de production et de distribution EuropaCorp a publié ses résultats financiers annuels consolidés au 31 mars 2026, approuvés par le conseil d’administration du 23 juin. Les revenus de l’exercice sont soutenus par la solide performance du catalogue, les ventes télé et SVàD ayant plus que doublé grâce à l’ouverture de nouvelles fenêtres de droits. Malgré un repli du chiffre d’affaires, concentré sur les films du “line‑up” avec des amortissements élevés, la marge opérationnelle progresse et s’établit à 9 M€, contre 4 M€ un an plus tôt. Après un recul significatif de 25% l’an dernier, les frais généraux restent maîtrisés et stables à 8 M€. Les cash-flows nets d’exploitation restent positifs à 12 M€, permettant au groupe de maintenir un niveau de trésorerie élevé.

Le chiffre d’affaires annuel consolidé s’élève à 26 M€, en recul de 17% (-5 M€) par rapport à l’exercice précédent, reflétant à la fois la hausse de 130% des télé/SVàD (+7 M€) et le repli des ventes internationales (-10 M€). Ces ventes internationales ont généré 11,7 M€ au cours de l’exercice, soit environ 45% du chiffre d’affaires annuel, contre 22,0 M€ l’année précédente. Le chiffre d’affaires de l’activité de distribution en salle n’enregistre pas de revenus.

Les ventes télévision et SVàD portent près de la moitié du chiffre d’affaires

L’activité vidéo et VàD en France et aux États-Unis s’établit à 1,1 M€, en légère baisse par rapport à l’exercice précédent à 1,2 million. Les ventes télévision et SVàD en France et aux États-Unis ont plus que doublé sur l’exercice 2025-2026 avec un chiffre d’affaires de 12,1 M€, soit 46% du chiffre d’affaires, contre 5,2 M€ au cours de l’exercice précédent. Le chiffre d’affaires de l’activité Séries s’élève à 0,1 M€ sur l’exercice 2025-2026, contre 0,8 M€ pour l’exercice précédent. Les revenus issus des autres activités de la société s’élèvent à 1,2 M€ contre 2,2 millions au cours de l’exercice précédent. La marge opérationnelle atteint 9 M€ contre 4 M€ lors de l’exercice précédent, soit un taux de marge de 34% contre 14% un an plus tôt. Les frais généraux restent maîtrisés à 8,5 M€, en hausse limitée de 1% par rapport à l’exercice précédent, reflétant l’efficacité des mesures de réduction des coûts mises en œuvre par la société. Le résultat opérationnel s’établit alors à (0,3) million d’euros contre (3,4) millions d’euros au cours de l’exercice précédent.

Le résultat financier s’établit à 1,6 M€, contre 1,4 million au titre de l’exercice 2024-2025. Le résultat courant avant impôt ressort en négatif à 1,9 M€. Au 31 mars 2026, la dette nette s’élève à 33,9 M€ contre 27,6 M€ au 31 mars 2025.

Les perspectives

EuropaCorp poursuit sa stratégie de croissance en s’appuyant sur trois leviers complémentaires : la valorisation de son catalogue de franchises, le développement de productions à fort potentiel international et la mise en place de coproductions européennes stratégiques. La société a produit ou coproduit plusieurs films au cours de l’exercice, dont la sortie est prévue sur le prochain exercice, parmi lesquels Father Joe, écrit par Luc Besson et réalisé par Barthélemy Grossmann, avec Kiefer Sutherland et Al Pacino. Actuellement en postproduction, le film est produit par LBP en coproduction avec EuropaCorp.

La société développe activement une quinzaine de projets de films et séries, en français et en anglais, destinés au cinéma comme aux plateformes, dont certains en collaboration avec des talents et partenaires internationaux reconnus. Le Groupe poursuit ainsi sa stratégie centrée sur ses genres de prédilection - l’action, le thriller et la comédie.

INSTITUTIONNEL

Delphine Ernotte Cunci réélue à la tête de l’UER pour la 4ᵉ fois

Présidente de l’UER (Union européenne de radio-télévision) depuis le 1ᵉʳ janvier 2021, Delphine Ernotte Cunci, PDG du groupe France Télévisions, a été réélue pour un quatrième mandat de deux années, à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Cette élection s’est tenue à l’occasion de l’assemblée générale de l’association réunie à Prague le 25 juin. Le mandat de la vice-présidente de Cilla Benkö, directrice générale de la Radio suédoise (SR), a également été renouvelé. Elles continueront ainsi à présider le conseil exécutif de l’UER et à promouvoir l’utilité et l’importance des médias de service public européens afin qu’ils demeurent indépendants, puissants et tournés vers l’avenir.

“Durant les deux prochaines années, j’aurai à cœur de poursuivre nos actions pour défendre l’utilité des médias de service public partout en Europe et au-delà. Par la contribution essentielle que nous apportons à la vie démocratique et culturelle, au service de tous les citoyens, nous œuvrons à protéger la souveraineté nationale et européenne dans un contexte géopolitique de plus en plus instable.”

Delphine Ernotte Cunci, PDG de France Télévisions

L’Union européenne de radio-télévision est la première alliance mondiale de médias de service public. Elle compte 113 organisations membres dans 56 pays et 28 membres associés en Asie, en Afrique, en Australie et dans les Amériques.

Composition du nouveau conseil exécutif

  • Delphine Ernotte Cunci, présidente de l’UER, France Télévisions (France)
  • Cilla Benkö, vice-présidente de l’UER, directrice générale, SR (Suède)
  • Nathalie Biancolli, directrice générale, TV Monaco (Monaco)
  • Mykola Chernotytskyi, président du conseil d’administration, Suspilne Ukraine (Ukraine)
  • Monika Garbačiauskaitė-Budrienė, directrice générale, LRT (Lituanie)
  • Milen Mitev, directeur général, BNR (Bulgarie)
  • Yannis Papadopoulos, président du conseil d’administration, ERT (Grèce)
  • Nicolau Santos, président, RTP (Portugal)
  • Rhodri Talfan Davies, directeur général par intérim, BBC (Royaume-Uni)
  • Katja Wildermuth, directrice générale, BR (Allemagne)
  • Susanne Wille, directrice générale, SRG SSR (Suisse)

La SACD a réparti 281 M€ de droits en 2025, un niveau jamais atteint

Les auteurs et autrices membres de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) se sont réunis pour l’assemblée générale annuelle jeudi 25 juin. Ils ont approuvé les comptes annuels 2025 de la société. La SACD a clôturé l’exercice 2025 sur des résultats satisfaisants, mais la société voit l’avenir s’assombrir considérablement. À un an de l’élection présidentielle, elle s’alarme et appelle à une capacité renforcée d’adaptation, “défis que la SACD relèvera avec l’objectif de défendre les droits des créateurs et garantir leur juste rémunération”. C’est notamment la vocation des nombreuses actions et interventions sur l’intelligence artificielle réalisées en 2025, pointe la SACD.

Répartitions et perception des droits des auteurs en 2025

Les répartitions de droits aux autrices et auteurs en 2025 sur l’ensemble des répertoires (spectacle vivant, audiovisuel et écrit) se sont établies au niveau jamais atteint de 281 M€, en hausse de 4,7%. Après une année record en 2024, les perceptions globales fléchissent légèrement en 2025 à 285,7 M€ (contre 289,2 M€ en 2024) du fait d’une baisse de l’audiovisuel. Le spectacle vivant atteint un niveau record de 87,6 M€, (+10,4% par rapport à 2024). L’audiovisuel est en recul (-5,6%) tout comme les droits de l’écrit (-13%). Pour la SACD, ce recul des perceptions audiovisuelles s’explique notamment par de forts rattrapages en 2024 et la dénonciation par la Sacem du contrat intersocial avec les opérateurs de télécommunications. Les perceptions sur les services non-linéaires qu’il s’agisse des opérateurs de streaming ou des chaînes sur lesquelles les œuvres du répertoire de la SACD remportent un vif succès, sont, elles, en croissance.

Conformément aux usages, la SACD procédera donc au titre de l’année 2025 à un remboursement de 4,2 M€ de retenue statutaire aux autrices et auteurs au titre de l’année 2025. Avec ce remboursement, le taux moyen de retenue statutaire 2025 s’établit à 7,9%, soit le taux le plus bas pour une société d’auteur tant en France que dans le monde.

Les soutiens et dispositifs d’action culturelle

La SACD a maintenu en 2025 ses priorités sur les actions d’aide à la création et à la diffusion portant sur un total de 203 partenariats et ce, pour toutes les disciplines du spectacle vivant, de l’audiovisuel et de l’écrit. Quarante-et-un auteurs ont reçu un Prix SACD lors de manifestations et 74 auteurs et autrices ont reçu une prime d’écriture dans le cadre de différents fonds, en particulier grâce au partenariat SACD-DGCA-ministère de la Culture qui a primé 32 auteurs pour un budget global de 100.000 €.

Le rapport annuel 2025 de la SACD (49 pages, format PDF) est disponible en ligne.

SACD chiffres 2025

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MOUVEMENTS

Dominique Olier est le directeur artistique du 46ᵉ Fifam à Amiens

Le conseil d’administration d’Amiens Ciné, l’association en charge de l’exploitation du Ciné St-Leu et de l’organisation du Festival international du film d’Amiens (Fifam), confie à Dominique Olier la direction artistique de la 46ᵉ édition du festival, qui se tiendra du 13 au 21 novembre. Ce choix traduit la volonté d’Amiens Ciné d’insuffler une nouvelle dynamique au Fifam et de proposer un rendez-vous cinématographique amiénois et régional de premier plan.

Dominique Olier est engagé depuis plus de 25 ans dans la programmation et l’organisation de festivals de cinéma, de résidences d’écriture, d’ateliers de création documentaire et de rencontres professionnelles, en France comme à l’international : à Montréal pour Vues d’Afrique, à Lussas pour Africadoc, au Sénégal pour StLouis’Docs, en Algérie pour Djazaïr’Docs et en Hauts-de-France pour Cinémondes. Il a par ailleurs accompagné la production d’une quinzaine de films documentaires.

Ouverte à tous et résolument tournée vers le monde, la 46ᵉ édition du Fifam mêlera œuvres contemporaines inédites et films de patrimoine. Elle proposera un voyage au cœur des imaginaires, des cultures et des réalités qui façonnent nos sociétés, et fera du festival un espace privilégié de découverte, de dialogue et de rencontre.

ÉVÉNEMENTS

Virginie Efira recevra le Leopard Club Award à Locarno

La prochaine édition du Locarno Film Festival (5 au 15 août) rendra hommage à l’actrice franco-belge Virginie Efira en lui remettant le Leopard Club Award. Cette distinction est décernée par le Leopard Club, l’organe officiel de soutien au Festival, à une figure éminente de l’industrie cinématographique, reconnue pour avoir durablement marqué l’imaginaire collectif. La cérémonie de remise du Leopard Club Award se déroulera sur la Piazza Grande de Locarno, le soir du vendredi 7 août. Pendant le Festival, Virginie Efira présentera également le très attendu long métrage Soudain, réalisé par Ryūsuke Hamaguchi, film de la compétition officielle du dernier Festival de Cannes qui lui a valu le Prix d’interprétation féminine, ex æquo avec Tao Okamoto, l’autre interprète du film.

Virginie Efira apporte une sensibilité unique à chacun de ses rôles. Audacieuse et réfléchie, instinctive et ironique, elle offre au cinéma contemporain un regard neuf, en perpétuelle réinvention. Tout au long de sa carrière, de Verhoeven à Hamaguchi, elle n’a jamais cessé d’explorer son potentiel artistique, révélant un talent qui évolue avec liberté et vitalité. Virginie Efira incarne à merveille l’art d’être actrice dans le cinéma d’aujourd’hui.

Giona A. Nazzaro, directeur artistique du Locarno Film Festival.

En une décennie, Virginie Efira s’est imposée comme une figure du cinéma francophone. Récompensée en 2023 par le César de la meilleure actrice pour Revoir Paris (2022), d’Alice Winocour, elle s’est illustrée à plusieurs reprises dans des films audacieux et exigeants, sous la direction de cinéastes remarquables de la scène contemporaine. À Cannes cette année, elle figurait également en tête d’affiche d’Histoires parallèles (2026) d’Asghar Farhadi, autre titre de la compétition, aux côtés d’Isabelle Huppert et de Vincent Cassel. Virginie Efira sera prochainement à l’affiche de la série française Cancel sur Disney+, dont le tournage vient de commencer.

Rami Malek recevra un Prix d’honneur au Biarritz Film Festival – Nouvelles Vagues

Organisé sur la côte basque du 23 au 28 juin, le Biarritz Film Festival – Nouvelles Vagues recevra l’acteur et producteur égypto-américain Rami Malek pour lui remettre un Prix d’honneur. La remise du Prix est programmée vendredi 26 juin, dans le cadre de la soirée de gala de la 4ᵉ édition du festival.

Acteur oscarisé, Rami Malek est reconnu pour ses interprétations d’une grande précision émotionnelle et pour son attrait envers des personnages complexes, singuliers et hors norme. Il s’est d’abord imposé sur la scène internationale grâce à son rôle d’Elliot Alderson dans Mr.Robot, qui lui a valu un Emmy Award, avant de remporter l’Oscar, le Bafta, le Golden Globe et le Screen Actors Guild Award pour son incarnation de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody (2018), réalisé par Bryan Singer et Dexter Fletcher.

Son parcours traverse aussi bien le cinéma indépendant que les grandes productions de studio et les séries télévisées saluées par la critique, parmi lesquelles The Pacific, No Time to Die, Oppenheimer et The Amateur. Rami Malek est également ambassadeur de l’International Rescue Committee, organisation avec laquelle il soutient les réfugiés et les populations déplacées à travers le monde.

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REVUE DE PRESSE

Charlotte Toledano Detaille, ancienne productrice chez Mediawan, lance Alyx Films et s’associe à Geronimo, le créateur de “Book Club”, pour de nouveaux projets (Exclusif)

Charlotte Toledano Detaille, l’ancienne productrice de Mediawan à l’origine de la série à succès “Escort Boys” diffusée sur Prime Video, lance Alyx Films, une société de production indépendante qui débutera avec un programme ambitieux articulé autour de Geronimo, créateur numérique français en pleine ascension. La société, implantée à Paris et dans le sud de la France, a signé un partenariat exclusif avec Geronimo, dont la série virale The Book Club a généré plus de 35 millions de vues et dont les créations ont touché 450 millions de personnes sur l’ensemble des plateformes. Ensemble, Alyx Films et Geronimo coproduisent son premier court métrage et son premier long métrage, tout en développant un talk-show hybride destiné à une plateforme de SVàD. (…) Après avoir passé des années au sein des plus grandes entreprises médiatiques françaises, elle explique que le lancement de sa propre société indépendante lui a semblé être la suite logique, car cela lui permettra de “détenir et contrôler les droits de propriété intellectuelle des émissions (qu’elle produit)”. Évoquant sa volonté de collaborer avec les créateurs, elle explique qu’elle se sent inspirée par “leur liberté et leur audace”, ainsi que par leur “lien fort avec leur public”. (…) Alyx Films développe également des adaptations d’œuvres internationales, scénarisées ou non, et mène notamment des négociations en vue d’adapter une autre série israélienne pour le marché français, en s’appuyant sur l’expérience acquise par Charlotte Toledano Detaille avec Escort Boys. (…)

Variety, Elsa Keslassy, le 25 juin.

Après l’Excelsior, Le 78 : la première pierre du cinéma de Savigny-sur-Orge a enfin été posée

Cela fait près de 18 ans que les 38.000 habitants de Savigny-sur-Orge, la quatrième ville de l’Essonne, sont privés de cinéma. Fin 2008, l’Excelsior, un des plus vieux cinémas du département, avait fermé pour d’importants travaux de rénovation et d’agrandissement. Il ne rouvrira jamais. (…) L’ancien bâtiment a été rasé, et la semaine dernière la première pierre du futur cinéma, rebaptisé Le 78, a, enfin, été posée. (…) Il sera livré fin 2027. (…) Le futur centre culturel comprendra trois salles de cinéma, une de 200 places, une autre de 120 places et une dernière de 80 places. S’y ajouteront un espace Micro Folie avec un accès à un musée numérique interactif connecté à plus de 200 institutions culturelles nationales et internationales, des espaces d’exposition, d’ateliers et d’événements. Le projet prévoit également la création d’un amphithéâtre de verdure, des espaces paysagers et un lieu de convivialité ouvert aux habitants dans un jardin de 900 m².

Le Parisien, Sébastien Morelli, le 24 juin

Quand la start-up FirstEye disrupte le commerce des images à la télé

L’irruption de FirstEye, start-up fondée par Guillaume Porteu, un ex-rédacteur en chef de TF1 évincé l’année dernière, et par le développeur tech Julien Poszywala, fait bouger les usages de la télévision linéaire et des services vidéo de grands groupes de presse et de radio. (…) Les rédactions, qui ont longtemps puisé les images des témoins sur les réseaux sociaux sans proposer de grille de rémunérations, croisent désormais cette start-up revendiquant 10 médias clients et soutenue par Zebox, l’incubateur de CMA CGM. En mettant un prix sur des images qui auparavant étaient souvent cédées à titre gracieux, les amateurs ont désormais une visibilité sur leur valeur (…). Face à cette nouvelle donne, TF1 a décidé de réagir vite. Afin de couper l’herbe sous le pied de ce nouvel entremetteur, la chaîne du groupe mené par Rodolphe Belmer a directement identifié et contacté en mai plusieurs collecteurs d’images pour leur proposer des contrats en bonne et due forme. (…) Sur France Télévisions, le sujet avait été anticipé il y a quatre ans. En 2022, Laurent Guimier, alors directeur de l’information, avait créé “Les Révélateurs”. Cette cellule de six à huit personnes, renforcée ensuite par son successeur Alexandre Kara, en charge du “fact-checking” du groupe audiovisuel public, contacte les ayants droit avant de se servir dans leurs contenus. (…)

La Lettre, Catherine Boullay, le 25 juin