Ecran total Le Quotidien

№4944 • vendredi 15 mai 2026

Spécial Festival de Cannes

PRODUCTION

Ardavan Safaee, président de Pathé Films : “Avoir cinq films en sélection officielle, c’est exceptionnel !”

Le Festival de Cannes reste-t-il un levier stratégique pour un studio comme Pathé ? Son rôle a-t-il changé ?

Ardavan Safaee : Cannes reste de très loin la grande messe annuelle du cinéma mondial. Là où l’on observe une certaine érosion dans d’autres festivals, comme Berlin par exemple, Cannes conserve une image unique : à la fois un lieu glamour et un moment central de mise en avant des films de l’année. Ces œuvres sont  montrées pour la première fois, et l’on voit aujourd’hui que beaucoup d’entre elles poursuivent ensuite leur parcours dans les grandes cérémonies internationales, jusqu’aux Oscars. Cannes est donc un moment fondateur dans la trajectoire d’un film. Mais c’est aussi un événement majeur du point de vue du marché. Pour Pathé comme pour beaucoup de vendeurs internationaux – notamment américains –, une part très importante du chiffre d’affaires se fait pendant le festival. Certains films commencent réellement leur vie commerciale à l’international à ce moment-là. C’est à Cannes que nous présentons, à l’instar de beaucoup d’autres vendeurs, nos plus gros projets. Dans d’autres marchés, y compris à Los Angeles, les déplacements se raréfient. Les voyages coûtent cher et les professionnels sélectionnent davantage leurs déplacements. S'il ne devait y avoir qu’un seul voyage à faire dans l’année, ce serait Cannes.

Au-delà du marché, que représente Cannes pour la sortie des films ?

Le festival offre une exposition médiatique exceptionnelle. À ce moment précis, il y a une concentration unique des journalistes de la presse internationale et des médias français. Pour certains films, c’est un véritable tremplin. Prenons l’exemple d’un long métrage comme La bataille De Gaulle.  Il est dévoilé à Cannes et sort en salles quelques jours plus tard. Il n’existe pas de meilleure rampe de lancement. L’an dernier, le fait que le film Partir un jour d’Amélie Bonnin ouvre les festivités nous a clairement aidés à atteindre le niveau d’entrées qu’il a réalisé. Dans un contexte où l’on cherche en permanence l’argument marketing ou l’urgence culturelle qui va pousser les spectateurs à aller au cinéma, Cannes joue un rôle d’amplificateur formidable.

Agit-il aussi comme un soutien essentiel aux films d'auteur ?

Il est crucial pour les films plus exigeants artistiquement. Pour des productions signées par des auteurs comme Arthur Harari ou Paweł Pawlikowski, Cannes est un moment déterminant. Ils présentent des projets ambitieux sur le plan cinématographique, mais qui ne sont pas forcément les plus commerciaux. Sans la visibilité offerte par les festivals, il est beaucoup plus difficile pour nous de leur donner l’exposition qu’ils méritent.

Pathé compte plusieurs films dans la sélection cette année. Est-ce une année particulière ?

C’est évidemment une très belle année pour nous. Avoir cinq films en sélection officielle est exceptionnel. Nous sommes très heureux et reconnaissants envers Thierry Frémaux et le comité de sélection. Mais il faut aussi rappeler que notre métier est extrêmement cyclique. Il dépend de l’avancement des scénarios, des calendriers de tournages, des disponibilités des talents. Depuis quelques années, les plateformes ont aussi changé la donne. Des réalisateurs ou des acteurs importants peuvent se consacrer à une série ou à un film pour une plateforme pendant 18 ou 24 mois. Pendant ce temps-là, ils ne sont pas disponibles pour le grand écran. C’est pourquoi il est impossible d’avoir une régularité absolue. Une année peut être très riche et l’année suivante beaucoup plus calme.

Il faut aussi les montrer au public au bon moment. Comment décidez-vous de la date de sortie d’un film présenté à Cannes ?

A chaque film sa stratégie. Pour les films de Pedro Almodóvar, par exemple, nous avons l’habitude de les sortir quasiment en même temps que leur présentation à Cannes. D’autres films suivent des logiques différentes. Pour certains projets internationaux, nous devons attendre les décisions des distributeurs  d’autres territoires avant de fixer la date française. Dans le cas du film d’Arthur Harari, nous avons choisi une sortie à la fin de l’été, une période qui fonctionne souvent bien pour les films d’auteur présentés à Cannes.

Choisissez-vous parfois un projet en pensant qu’il pourrait aller à Cannes ?

Cela peut arriver, bien sûr. Les réalisateurs eux-mêmes y pensent parfois. Mais ce n’est jamais le point de départ d’une décision. Quand nous choisissons de travailler avec un réalisateur ou une réalisatrice, c’est d’abord parce que nous aimons le film et que nous voulons le défendre. Si un film ne va pas à Cannes, cela ne signifie évidemment pas qu’on l’abandonne. Beaucoup de films ont eu de très belles carrières sans passer par la Croisette. Cannes reste un formidable outil de visibilité, mais il ne détermine pas l’existence d’un film.

La sélection de cette année semble très marquée par l’histoire, notamment celle de la France. Observez-vous une dynamique ?

Il est toujours difficile de juger une sélection avant d’avoir vu les films. Certains critiquent les choix des sélectionneurs en amont, puis on se rend compte après coup que certains films sont extraordinaires. Plusieurs films qui se situent durant la période de la Seconde Guerre mondiale : La bataille De Gaulle, Moulin, ou encore le film de Daniel Auteuil, La troisième nuit. La France a toujours produit des films sur cette période et sur son histoire en général. Je pense qu’il s’agit surtout d’une coïncidence. Ce qui est intéressant, c’est que chacun de ces films porte un regard très différent sur cette époque. Les points de vue sont multiples, parfois complémentaires. Il y a peut-être aussi une autre explication. Les artistes ont souvent une capacité à sentir les mouvements du monde avant quiconque. Ce sont des conteurs d’histoires, mais aussi parfois des sortes de « sismographes » de leur époque. Quand on voit les tensions internationales actuelles et les questions autour de la guerre et de la paix, il n’est peut-être pas totalement surprenant que ces thèmes apparaissent dans plusieurs films.

Le premier volet de La bataille De Gaullesort le 3 juin. Que représente cette sortie pour Pathé ?

C’est un moment important pour nous. À Cannes, nous attendons d’abord une très belle présentation du film.  Le festival permet de créer la notoriété du film et d’amplifier la communication. C’est là que la machine promotionnelle se met réellement en marche. Et ensuite, bien sûr, nous espérons le plus grand nombre d’entrées possibles.

Combien ?

Des millions!

Le film est découpé en deux volets. Le deuxième sortira le 3 juillet. Comment avez-vous pensé ces sorties ?

La sortie est pensée selon la narration et la réalisation. Le deuxième film reprend l’histoire là où elle s’est arrêtée à la fin du premier. Il était très difficile pour nous de mettre une période trop longue entre les deux sorties. Cela aurait gâché beaucoup de choses. De plus, le fait d'avoir une promotion aussi forte pour le premier volet va bénéficier au deuxième film. Le deuxième film va arriver au moment où les spectateurs auront déjà vu le premier et se sentiront encore concernés et intimement liés au film. Les deux mois de vacances qui suivront permettront aux cinémas de garder les deux films le plus longtemps possible et ainsi de les passer tout l’été.

Au-delà de la France, les deux films peuvent-ils séduire le public international ?

Nous pensons que le film peut voyager. De Gaulle est une figure très française, mais l’histoire racontée est universelle. C’est celle d’un homme qui, face à l’adversité, décide presque seul de changer le destin de son pays. Cette idée de résistance et de volonté peut parler à des spectateurs partout dans le monde.

Le film n’a pas vocation à délivrer un message politique. Il raconte avant tout l’histoire d’un homme et d’un groupe de personnes courageux qui ont décidé de se lever face à l’ennemi.

Comment Pathé se positionne-t-il face aux plateformes ?

Les plateformes sont à la fois des concurrentes et des associées. La concurrence se situe surtout du côté des talents. En revanche, nous ne pensons pas que les plateformes soient nos concurrentes directes pour les spectateurs. Les gens qui regardent des films et des séries en streaming vont aussi au cinéma. Par ailleurs, les plateformes sont aujourd’hui des partenaires importants pour l’achat de catalogues et certains préachats. Le véritable risque pour l’économie du cinéma se situe ailleurs : la fragmentation des audiences a entraîné une baisse significative des revenus publicitaires des chaînes de télévision gratuites, ce qui suscite une inquiétude. Si ces chaînes voient leurs revenus diminuer, leur capacité d’investissement dans le cinéma se réduira. Or leurs préachats et leurs achats de catalogues constituent une source de financement essentielle pour nos films. Aujourd’hui la publicité se dirige de plus en plus vers le digital, notamment Youtube et les réseaux sociaux, qui eux sont moins contraints que les chaînes : si nous ne réfléchissons pas collectivement aux moyens de corriger cette asymétrie, c’est l’ensemble de l’écosystème qui sera en danger. 

Nous avons déjà connu un transfert de valeur important lorsque le marché du DVD s’est effondré, sans que nous ne profitions pleinement des investissements des plateformes dans les films et séries. Nous devons nous donner les moyens de ne pas connaître un deuxième séisme.

Si les financements du cinéma baissent, allez-vous réduire les films à gros budgets ?

Il se peut qu’on soit obligé de faire moins de films audacieux en français si les financements, notamment des chaînes et des plateformes baissent. On ne peut pas porter les risques de ces films seuls. Dans cette situation nous serions amenés à les produire en langue anglaise. Si on veut être plus ambitieux, il faut des budgets au moins aussi élevés, voire plus conséquents. Pour que ce soit soutenable, il faut que ce soit en langue anglaise avec un casting international. Avec cette stratégie, nous acceptons de faire moins d'entrées en France, mais de les compenser par une meilleure exportation.  D’ailleurs, nous avons déjà commencé.  Nous venons de terminer le tournage du prochain film de Florian Zeller, Bunker, en langues anglaise et espagnole. Nous avons démarré le tournage de IBELIN, de Morten Tyldum avec Stephen Graham et Toni Collette. On vient d’annoncer également le film d’animation en anglais de Bong Joon-ho, Ally. L’adaptation des Rois maudits par Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière sera en langue anglaise. Nous venons de recruter quelqu’un à Londres pour développer des films, cela va accélérer les choses.

Qu’en est-il des films français à l’export ?

Les films français se vendent aujourd’hui moins facilement à l’étranger. Dans de nombreux pays, les distributeurs privilégient d’abord les films américains et les films locaux. Les œuvres étrangères qui ne sont ni américaines ni nationales ont plus de mal à trouver leur place. C’est une réalité que nous observons sur de nombreux marchés, notamment en dehors de l’Europe.

Tout cela affecte-t-il le marché européen ?

Dans certains pays, la domination des plateformes a profondément bouleversé l’écosystème du cinéma. Lorsque, dans certains pays, la chronologie des médias a été démantelée et que les plateformes sont devenues les principales voire les seules opératrices, la production de film pour le cinéma s’est effondrée. La France a été relativement protégée grâce à sa réglementation, mais l’équilibre demeure fragile. L’enjeu, aujourd’hui, est de préserver la capacité de financer les films, dans toute leur diversité, et surtout les films les plus ambitieux qui ont tant manqué en 2025. Sans cela, toute l’économie du secteur pourrait être progressivement fragilisée.

Propos recueillis par Éléonore Houée, Théo Nepipvoda et Michel Abouchahla

Avec L’Inconnue et Les Matins merveilleux, To Be Continued vit un Cannes à mille à l’heure

Cette édition cannoise est particulièrement importante pour To Be Continued. La société de production accompagne sur la Croisette deux films bien différents : L’Inconnue d’Arthur Harari (en compétition) et Les Matins merveilleux, le premier long métrage d’Avril Besson (en séance spéciale). Ils sont respectivement distribués par Pathé Films et Arizona.

Le premier, particulièrement attendu, raconte l’histoire de David Zimmerman, un photographe qui repère une femme dans la foule lors d’une soirée. En se réveillant quelques heures plus tard, il se retrouve dans le corps de l’inconnue. Le résultat est original, difficilement catégorisable pour son producteur Lionel Guedj, entre le fantastique et l’introspection : « Le film va forcément faire parler : il oblige le spectateur à être actif vis-à-vis de ce qu’il est en train de regarder », précise le producteur. Bathysphère est coproducteur délégué du film.

Le long métrage a bénéficié d’un budget conséquent de plus de 10 millions d’euros : « Cette somme a permis de filmer des séquences ambitieuses, comme une fête réunissant de nombreux figurants au début du film », précise le producteur. En 2025, le tournage s’est étalé sur une période particulièrement longue de douze semaines, à Paris et dans les Pays de la Loire. Le montage s’est également avéré particulièrement long, Arthur Harari ayant l’habitude d’y consacrer beaucoup de temps.

Producteur du précédent film du réalisateur, sorti en 2021, Onoda – 10 000 nuits dans la jungle, Lionel Guedj a décidé de poursuivre le travail avec le cinéaste : « Onoda a été très compliqué financièrement. C’est un film qui a coûté plus cher que prévu et qui a pâti du Covid. Mais après l’obtention du César du meilleur scénario, nous sommes repartis avec Arthur Harari. »

Le scénario se construit progressivement en s’appuyant sur la bande dessinée écrite par le cinéaste et son frère, Le Cas David Zimmermann. Dans l’écriture, ils sont épaulés par Vincent Poymiro. En 2023, le succès d’Anatomie d’une chute, dont Arthur Harari est coscénariste, change l’envergure du projet : « Le film de Justine Triet nous a permis de doubler le budget de L’Inconnue », précise le producteur, qui évoque un intérêt accru des financeurs après cet épisode.

Concernant le casting, si Léa Seydoux s’est imposée comme une évidence pour le rôle féminin, le rôle masculin a suscité davantage de doutes : « Le casting a été très long, avec une grande partie du cinéma français venue dans nos bureaux pour passer des essais. » Finalement, le rôle est revenu à Niels Schneider.

Une position singulière

Du côté des Matins merveilleux, le casting est composé d’India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona. Le film, coproduit avec Topshot Films, dispose d’un budget plus modeste, autour de 600 000 euros. Il suit Charlie, à peine remise de la mort de sa grand-mère, qui décide de prendre la route avec sa Twingo et de vieux vinyles dans le coffre. Elle s’installe dans une station balnéaire déserte.

Le projet a été initié il y a huit ans, notamment grâce à l’appui de Christophe Audeguis. Il a mis du temps à se concrétiser, rencontrant des difficultés de financement. Malgré le soutien initial de la Région Sud, le producteur avoue avoir « ramé » pour boucler le budget. Même s’il a abouti, le film demeure une prise de risque financière : « Nous plaçons beaucoup d’espoir dans l’obtention de l’avance sur recettes après réalisation. Nous l’attendons vraiment, car elle nous aiderait considérablement, même si elle ne suffirait pas à combler l’écart financier », ajoute Lionel Guedj.

Pour To Be Continued, cette édition cannoise a donc une saveur particulière : « Le fait d’avoir deux films à Cannes n’arrivera pas tous les ans. Il faut essayer d’en profiter pour développer d’autres projets et affirmer la position singulière qui est la nôtre », se réjouit-il.

INSTITUTIONNEL

Le cinéma, première sortie culturelle des jeunes avec le pass Culture

Le pass Culture fête ses 5 ans. L’occasion de dresser un bilan pour ce dispositif visant à rapprocher la jeunesse du secteur culturel. “Le pass Culture doit être dans la poche de tous les jeunes, de leur 11 à leur 21 ans”, a déclaré Laurence Tison-Vuillaume, présidente de l’opération. Elle a signalé que le pass Culture était devenu un opérateur d’État depuis le 1er janvier 2026. De plus, elle a révélé les dernières données à ce propos. Ces cinq dernières années, concernant la part collective, 9,2 millions d’élèves ont bénéficié d’une séance de cinéma dans 10 250 établissements scolaires. Les films les plus plébiscités par les enseignants sont À Bout de course (Sidney Lumet, 1988), Josep (Aurel, 2020), et Le Dictateur (Charlie Chaplin, 1940).

Plus impressionnant encore : sur la part individuelle, le pass Culture a enregistré 27,5 millions d’entrées durant la même période. Cela représente 4,8 % du box office français et 265 millions d’euros. En 2025, le cinéma a constitué la première sortie culturelle des jeunes en autonomie. C’est aussi le premier secteur des dépenses culturelles de ce public. En outre, deux tiers des réservations se font à la réservation. “Cela signifie que les bénéficiaires se dirigent vers les salles de cinéma de proximité.” Et donc, les établissements classés art et essai. À ce titre, une convention a été signée avec l’Afcae, à Cannes, pour une durée de trois ans. Elle vise à renforcer les actions en faveur de la formation et de la valorisation des métiers du cinéma.

Des perspectives pour l’avenir 

Les chiffres de la relation des jeunes avec le cinéma sont massifs”, s’est réjouie Laurence Tison-Vuillaume auprès d’Écran Total. Au Marché du film, elle a également présenté les prochaines évolutions concernant le pass Culture. Par exemple, il s’agit de renforcer la mise en avant automatique sur l'application des séances accompagnées par de la médiation. “Nous le mettons en place pour les circuits itinérants cet été et nous le poursuivrons pour l’ensemble des salles de cinéma à la rentrée.” Il s’agit, dans ce cadre, d’impliquer les utilisateurs dans des activités bénévoles auprès des lieux de l’exploitation cinématographique. L'idée est d'instruire la jeunesse en matière de cinéma, de former le regard et de permettre aux acteurs de la filière de bénéficier d'un renouvellement de leurs équipes.

Parmi les nouveautés, le lancement d’un coup de cœur en septembre, en collaboration avec les distributeurs partenaires du pass Culture. “Les jeunes seront invités à labelliser des œuvres”, a expliqué la présidente du dispositif. D’autre part, une nouvelle promotion du Ciné Club verra le jour au même moment. La promotion 2025-2026 a accueilli 58 élèves, invités à visionner trois films par semaine. “Le Ciné Club m’a permis d’accéder à une diversité de films que je ne serais pas allée voir par moi-même”, a témoigné Sarah, lors de la présentation du pass Culture à Cannes. Une exploitante a suggéré d’accueillir les étudiants dans les salles, plutôt qu’ils regardent les longs métrages sur un petit écran. “Le pass Culture est un instrument de la déconnexion, un passeur vers la rencontre physique”, a conclu Laurence Tison-Vuillaume.

Lisa Chalvet et Elsa Dahmani (région Réunion) : "Notre ambition est de devenir un hub dans l'océan Indien pour le cinéma français"

La Réunion est bien représentée à Cannes, notamment avec les oeuvres sur lesquelles à travaillé le studio Gao Shan Pictures. Comment abordez-vous cette 79e édition ?

Elsa Dahmani : C'est une sélection toute particulière : l'animation est fortement représentée. Outre In Waves en ouverture de la Semaine de la Critique, nous comptons une sélection en séance de minuit avec Jim Queen, une séance famille avec Lucy Lost, et un projet au marché en Work in Progress. En parallèle, nous sommes présents pour présenter la Maison du cinéma et des jeux vidéo (MCJV). Nous accompagnons une délégation de trois auteurs et une cofondatrice du Festival International du Film de l'océan Indien (Fifoi). De nombreux professionnels réunionnais sont présents. Les années passent et un vrai maillage se crée. 

Lisa Chalvet : Cette 79e édition offre une vitrine toute particulière à l'animation réunionnaise. Quatre projets présentés, dont un en Work in Progress: cela démontre que nous avons réussi, en investissant sur ces décennies, à structurer un écosystème de talents sur le territoire, à l'égal de ce qu'on trouve dans toutes les régions de France. L’animation française brille à Cannes via le prisme réunionnais.

La Maison du cinéma et des jeux vidéo, ouverte en janvier dernier, est venue remplacer l'Agence Film Réunion au sein de l’écosystème réunionnais. Quelles en sont les ambitions ?

E. D. : L'agence Film Réunion répondait aux besoins de son époque : attirer des tournages extérieurs, générer une économie sur le territoire, former des techniciens. Aujourd'hui, c'est fait. Nous avons besoin d'un accompagnement plus fin des parcours de talents, mais aussi d'ouvrir à la création de jeux vidéo, une industrie florissante, et à l'innovation numérique qui est transversale avec le cinéma et les effets spéciaux. L'ambition est de faire de La Réunion un vrai hub dans l'océan Indien pour le cinéma français et la MJCV va permettre ce changement d’échelle.

Quels investissements la région consacre-t-elle à la filière ?

L. C. : La filière est prioritaire de la nouvelle économie de la région. Cela représente 8 millions d'euros investis au total en faveur de cette politique régionale. Le fonds de soutien reste à 3,8 millions d’euros en 2026. Nous lançons également un fonds de coproduction, doté de 400 000 € pour démarrer, avec l'ambition de monter progressivement. Le reste du budget, environ 4 millions, est rééquilibré en faveur de la diffusion et de l'éducation à l'image, dans la même démarche que le CNC. Le jeu vidéo représente une part plus modeste mais n’est pas oublié, la filière étant en émergence.

Que va permettre le partenariat renforcé avec le CNC, annoncé le 11 mai dernier, auquel la Réunion a adhéré avec 13 autres régions, afin de renforcer le soutien à la diffusion et à l’éducation à l’image ?

L. C. : L’idée est de continuer à structurer toute l’action que nous menons en termes de diffusion et d’éducation à l’image sur le territoire. Des associations comme Cinékour ou la Kourmétragerie qui font un travail remarquable pour dénicher des talents. Des professionnels passés par ces dispositifs occupent aujourd'hui des postes de chefs de poste dans de grosses productions internationales qui viennent tourner à La Réunion. Par rapport aux conventions précédentes, nous augmentons d'environ 7 % le volet diffusion et éducation culturelle. Concrètement, cela se traduit par un passage de cinq à neuf ateliers Cinékour pour renforcer le maillage territorial, et par davantage d'ambassadeurs pour Check ton ciné, rendez-vous organisé par La Kourmétragerie qui distribue des courts métrages locaux de ces mêmes talents.

La troisième édition du Fifoi s’est tenue en avril dernier. Quelles opportunités pour la Réunion représente la poursuite de la structuration de son marché ?

E. D. : Le marché est fortement soutenu par la région. La volonté est de poursuivre son développement pour structurer l'industrie dans notre zone et l’ouvrir à nos pays partenaires : Kenya, Afrique du Sud, Madagascar, Maurice, Inde… Des pays dynamiques, souvent dans l'angle mort de la France car non francophones. Nous voulons attirer leurs talents, producteurs et diffuseurs, et diversifier les opportunités de coopération. La Réunion représente la France et l'Europe dans ce nouvel écosystème.

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LINE-UP

Gaumont : une nouvelle identité visuelle mais un ADN inchangé

C'est accompagné d'une nouvelle identité visuelle que Gaumont a présenté les premières images de son line-up à venir. À cette occasion, la société de production et de distribution fondée en 1895 a vu la réinterprétation de sa marguerite historique projetée pour la première fois sur grand écran durant la 79e édition du Festival de Cannes. "Comme notre ancien logo, j'espère que celui-ci durera au moins quinze ans", a plaisanté Ariane Toscan du Plantier. Bien que l'inscription "Depuis que le cinéma existe" ait disparu, la directrice de la distribution cinéma a tenu à souligner que "l'ADN de Gaumont restait inchangé". En témoigne le bilan des dernières sorties du distributeur, ainsi que celles à venir, sous le signe de la diversité et de l'éclectisme.

Avant-goût cannois

Alors que Juste une illusion devrait poursuivre sa trajectoire vers les deux millions d'entrées, et que Les Rayons et les Ombres est toujours présent dans les salles, Gaumont présentera L'Affaire Marie-Claire en Séance spéciale de la sélection officielle cannoise, lundi 18 mai 2026. Le long métrage réalisé par Lauriane Escaffre et Yvo Muller relate le procès de Bobigny, qui a secoué la France entière en novembre 1972. Marie-Claire Chevalier, 16 ans, est accusée d’avoir avorté illégalement. À la barre : sa mère (Cécile de France) et toutes les femmes qui l’ont aidée. Leur avocate, Gisèle Halimi (Charlotte Gainsbourg), fait un pari fou en leur demandant de ne pas plaider coupable. La date de sortie du film est prévue pour le 4 novembre 2026, près de six mois après Cannes.

Gaumont sortira auparavant, le 21 octobre 2026, le nouveau film d’Éric Judor après Problemos (2017). Dans Le Roi du Game, le comédien est aussi bien derrière que devant la caméra. Il incarne un père de famille qui infiltre une équipe de bras cassés dans un univers de jeu médiéval-fantastique afin de renouer avec sa fille.

2026 ne s'arrêtera pas là pour la société à la marguerite. Le 25 novembre sortira Un bon petit soldat, nouveau film signé Stéphane Brizé. Le cinéaste renouera avec sa veine sociale, ainsi qu’avec Vincent Lindon après Un autre monde (2021), En guerre (2018) et La Loi du marché (2015). L’histoire sera centrée sur Carla (Alba Rohrwacher), nouvellement embauchée dans le département RH d’une grande compagnie d’assurances. Chargée d’une ambitieuse campagne de reconstruction de la marque employeur, elle avancera sur une ligne de plus en plus mince, jusqu’à ce que les compromis deviennent inévitables.

Un film d'animation coproduit par Paul McCartney

Enfin, Gaumont a daté un film d’animation au 13 octobre 2027 : Dans les nuages (High in the Clouds en VO), de Toby Genkel. Ce nouveau long métrage, en développement depuis 2009, tire son origine du livre pour enfants du même nom écrit par Paul McCartney et Philip Ardagh. Si Netflix s'est retiré du projet en 2023, Gaumont s'y était engagé dès 2017 et en a assuré la production en collaboration avec Unique Features ainsi qu’avec MPL Communications, la société de Paul McCartney.

L’ancien Beatle signe également la totalité des chansons originales du projet. Le score est quant à lui composé par Michael Giacchino, à qui l’on doit notamment ceux de Ratatouille, Coco ou encore Zootopie. Le récit racontera les aventures de Wirral, un jeune écureuil embarqué accidentellement dans une rébellion contre Gretsch, la tyrannique diva qui a banni toute forme de musique de la ville.

Si Paul McCartney prête sa voix dans la version originale en tant que narrateur, le casting français n’est pas en reste : Laurent Lafitte, Benjamin Lavernhe, Louane, Jonathan Cohen, Alain Chabat ou encore Céline Dion, qui incarne Gretsch dans les deux versions.

La plus ancienne société cinématographique au monde renoue ainsi avec l’animation. La dernière sortie du distributeur en la matière remonte à Ballerina, qui avait totalisé plus de 1,8 million d’entrées au cours de son exploitation en 2016.



De “Deviens génial” à “Chanteurs d'oiseaux”, les prochaines sorties d’Apollo Films présentées au Festival de Cannes

Bonne nouvelle pour Apollo Films. À eux seuls, Lol 2.0 et Compostelle ont enregistré plus de 2 millions d’entrées, ce qui place le premier semestres 2026 sous de meilleures auspices que l’an dernier. Le distributeur français compte également sur la sortie de ces prochains films pour attirer le public dans les salles de cinéma. Au Festival de Cannes, il les a présentés devant plusieurs exploitants. Arthur Dupuy, directeur de la programmation, a félicité les 1,1 million d’entrées du long métrage de Yann Samuell. Mais il a également introduit, avec ses équipes, Deviens génial. La date de sortie est proche : le 17 juin prochain. Il s’agit d’une “comédie populaire et familiale”, avec Manu Payet et Melha Bedia, distribuée entre 300 et 400 copies.

Ensuite, Apollo Films programme Les Vacances de Golo et Ritchie le 22 juillet 2026, suite de l’original. Mêmes réalisateurs, Martin Fougerol et Ahmed Hamadi, et mêmes acteurs. Le précédent avait réalisé 40 % de ses recettes au box office en banlieue parisienne. Le distributeur mise également sur la comédie portée par Gad Elmaleh, La Nirvana, dont un extrait a été diffusé dans le cadre de la présentation au Marché du film. La sortie est prévue pour le 19 août 2026. Le 7 octobre, cette année, les salles de cinéma accueilleront avec 500 copies de La Maison de nos rêves. Il s’agit d’une comédie réalisée par Claude Zidi Jr., avec Kev Adams et Camille Aguilar. Une grande tournée, à l’image de celle de Maison de retraite 2 et ses 248 avant-premières, est prévue. 

Une adaptation de “L’Adoption” en 2027

Apollo Films a également introduit une sélection de longs métrages en salles pour l’année prochaine. À commencer par L’Adoption le 13 janvier 2027, une adaptation de la bande dessinée de Zidrou et Monin, avec André Dussollier et François Damiens. En outre, le distributeur accompagne le premier film de Grégoire Ludig, Gilles United, avec 350 copies. Allez ma fille de Chloé Jouannet, la fille d’Alexandra Lamy, aura quant à lui droit à 300 copies. Les Lascars à Marseille, suite du film sorti en 2009, n’a pas encore de date de sortie, tout comme Chanteux d’oiseaux sur les imitateurs Jean Boucault et Johnny Rasse. Yann Samuell prépare un biopic sur Louis Braille, inventeur de l’écriture pour les personnes atteintes de déficience visuelle.

D’autre part, durant la présentation, Arthur Dupuy a discuté avec les exploitants sur de nouvelles manières d’aborder le matériel de promotion, notamment en termes d’affichage dans les halls des établissements. De plus, Apollo Films prévoit plusieurs lots, standards ou premiums, avec des goodies, des peluches ou des tatouages éphémères. Il a enfin été question des différentes tournées possibles, réparties en trois catégories : pour les circuits, pour les indépendants ou mixtes. Le directeur de la programmation a signalé que des rendez-vous régionaux sont possibles quand la thématique de l’œuvre les rend possibles. Surtout, il a ténu à informer les exploitants dans la salle qu’ils sont en demande de nouvelles collaborations avec l’exploitation.

SÉLECTION

L’Acid, “des films qui décalent le regard”

Combien avez-vous reçu de projets cette année ? En provenance de quels pays ?

Nous avons reçu environ 650 films, ce qui constitue un nouveau record. Le nombre de films français est stable mais nous recevons de plus en plus de films internationaux, preuve d'une notoriété grandissante. Je note que nous avons pu visionner beaucoup de films suisses de grande qualité. Et beaucoup de films de cinéastes iraniens, tournés en exil ou dans le pays.  

Et vous avez choisi deux d'entre eux. 

D'abord Dans la gueule de l'ogre de Mahsa Karampour, qui est une production française. Dans ce documentaire, la réalisatrice retrouve aux Etats-Unis son frère, en exil comme elle. Ce dernier est le chanteur du groupe Yellow Dogs, qu'on voyait déjà il y a quelques années dans le film Les chats persans

Living twice, dying thrice est le cinquième long métrage de Karim Lakzadeh. Il a été tourné entièrement en Iran, dans la clandestinité. Toute l'équipe se trouve là-bas, la question de la possibilité de les faire venir en France pour le festival se pose ! Cette comédie burlesque et punk présente une image extrêmement moderne de l'Iran.  

Vous avez plébiscité cette année plusieurs films au ton décalé, voire comique. 

Nous avons un film d'animation, Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue, co-créateur de la série animée Silex and the city. C'est une satire sociale mordante et fine autour d'une famille bourgeoise. Léa Drucker et Jacques Gamblin prêtent leurs voix aux parents. 

Barça Zou est le premier long de Paul Nouhet, sur le week-end de quatre copains partis à Barcelone pour faire du skate. Le film s'inscrit pour nous dans un sillon que nous avons tracé en sélectionnant au fil des années Justine Triet, Martin Jauvat ou Sophie Letourneur : une certaine tendance mélancolique de la comédie française. 

Vous avez aussi sélectionné des documentaires dans des styles très différents.

Coeurs secrets, premier long de Tom Fontenille, est un documentaire intime et familial, qui vire à l'épopée et au mélodrame. Il commence juste après la mort de la mère du réalisateur. Au même moment, le père commence une transition de genre. La famille est prise dans ce chamboulement et la caméra devient le seul endroit possible pour libérer la parole et les émotions. 

Dans son deuxième long métrage La détention, Guillaume Massart a suivi pendant un an la formation des personnels pénitentiaires, à travers le regard des nouvelles recrues. Le film nous ouvre les portes d'un milieu extrêmement fermé. En sortant du film, on s'est dit : « c'est Frederick Wiseman qui filme Full Metal Jacket ! ».

Quels autres paysages proposerez-vous ?

Virages est un premier long métrage suisse de Céline Carridroit et Aline Suter. Il se déroule l'été à Genève et on découvre via l'héroïne Johanna des images de la Suisse qu'on ne connaissait pas : les travailleurs, les personnes queer, les marginaux, celles et ceux qu'on ne voit jamais.  

Le Serbe Ivan Marković a réalisé au Cambodge Promised Spaces. On y suit la construction d'une résidence de luxe ultramoderne, qui est presque le personnage principal du film. On est dans un Cambodge en pleine mutation où les rapports de classe sont exacerbés. 

Quel sera enfin votre film d'ouverture ?

Mauvaise étoile de Lola Cambourieu et Yann Berlier, un duo déjà auteur de cinq courts-métrages, dont Les Enfants Perdus, présélectionné aux César 2024. Ils écrivent, cadrent et montrent tous leurs films et ont pour habitude d'improviser avec leurs acteurs non-professionnels et de réécrire pendant le tournage.

Quels points communs repérez vous entre les films sélectionnés ?

À l'ACID, nous sommes toujours attentifs à des films qui décalent le regard, qui vont là où on ne les attend pas. Par exemple, dans Virages, l'héroïne est une femme trans, mais le film n'en fait pas un sujet. Le hasard a aussi fait que plusieurs films évoquent les scènes underground, montrant à la fois la joie d'en faire partie mais aussi ce que cela coûte aux personnages. Nous avons aussi beaucoup de jeunes voire très jeunes cinéastes, et six films sur les neuf sont des premiers longs métrages.

Qu'en est-il de la distribution des films ? 

Actuellement seuls deux films ont un distributeur : The Jokers pour Blaise et Tandem pour Mauvaise étoile. Nous allons œuvrer pour que les autres trouvent preneur. Cela fait partie de notre rôle : ramener vers l'industrie des films qui n'ont pas un chemin tout tracé en diffusion.  

La sélection
BARÇA ZOU de Paul Nouhet  (France – Les Films du Sursaut)
BLAISE de Dimitri Planchon & Jean-Paul Guigue  (France – KG Productions) 
CŒUR SECRET  de Tom Fontenille  (France – 5A7 Films)
DANS LA GUEULE DE L’OGRE de Mahsa Karampour  (France – Les Films du Bilboquet)
LA DÉTENTION de Guillaume Massart  (France – TS Productions / Tryptique Films)
LIVING TWICE, DYING THRICE de Karim Lakzadeh (Iran)
MAUVAISE ÉTOILE de Lola Cambourieu & Yann Berlier  (France – L'Heure d'été)
PROMISED SPACES de Ivan Marković  (France, Allemagne, Serbie, Cambodge – Bocalupo Films)
VIRAGES de Céline Carridroit et Aline Suter (Suisse, France – Cavale Films / Alter Ego Production)

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TECHNIQUE

André Labbouz, président de la CST : "Notre mission est de faire avancer la technique”

Vous avez pris vos fonctions de président de la CST le 1er juillet 2025. Quel constat pouvez-vous dresser ?

Le bilan est assez simple. Nous avons constitué un nouveau conseil d'administration et un nouveau bureau, avec deux vice-présidents : Claudine Nougaret et Jean-Baptiste Hennion. Pour la première fois, nous avons atteint une parité complète au sein du conseil d'administration.

Quels sont les grands chantiers menés actuellement par la CST ? 

Suite au rapport “Etat des lieux et propositions sur le patrimoine audiovisuel français” réalisé par Michel Gomez, ancien délégué général de la Mission Cinéma de la Ville de Paris, nous avons mis en place des groupes de travail pour nous saisir du sujet. C'est un projet qui me tient particulièrement à cœur, car j'ai restauré environ 700 films durant mon passé de directeur technique chez Gaumont.

Autre chantier important que nous avons présenté lors du dernier Paris Images : la révision de la recommandation technique RT-011 sur les studios. Dans le domaine de la distribution, de l'exploitation et de la diffusion, nous travaillons également à remettre à plat les niveaux sonores de la première partie en salle de cinéma. On constate que les normes de mixage ne sont pas respectées, notamment par les publicités. Une première réunion a déjà eu lieu, un premier travail d'écoute a été réalisé, et nous poursuivrons après Cannes.

Vous restez ainsi fidèle à votre mission historique… 

Nous sommes là pour faire avancer la technique. La CST est un organe de veille technologique, à l'écoute de toutes les évolutions. Nous veillons également à la labellisation des salles de cinéma : lorsqu'une salle porte le label CST, le spectateur a la garantie d'une belle image et d'un bon son. C'est notre priorité.

La CST est partenaire du Festival de Cannes depuis 1984. Quel rôle y jouez-vous ?

Nous accompagnons le Festival de Cannes et le Marché du Film sur toute la technique dans les salles de projection, avec une équipe de permanents sur place, une équipe de maintenance, et des projectionnistes recrutés par nos soins. Tout ce qui se passe au Palais des Festivals relève de la responsabilité de la CST. Au total, nous mobilisons une cinquantaine de personnes. Sur l'ensemble du festival, ce sont près de 1 500 projections qui seront réalisées. Cette année sera également la deuxième avec le Dolby Atmos installé dans l'Auditorium Lumière. Notre objectif est que chaque équipe qui assiste à une projection ressorte en se disant : “C'est la plus belle salle du monde.” Depuis le début de cette aventure, la CST remet les prix Jean Vivié de la meilleure projection et du meilleur montage pour féliciter le travail exceptionnel des équipes.

Quels sont les grands moments de votre pavillon cette année ?

 Comme chaque année, notre pavillon est très animé.  La table ronde sur le patrimoine et la conservation des œuvres cinématographiques et audiovisuelles sera un moment important. Elle sera animée par Baptiste Heynemann, délégué général de la CST, en présence de Laurent Cormier, directeur du patrimoine au CNC, du Syndicat des Catalogues de Films de Patrimoine (SCFP), l’INA, le Relais Culture Europe et moi-même. Par ailleurs, chaque matin, vous pouvez venir à la rencontre des professionnels qui viennent présenter leurs innovations lors des masterclass CanneS Technique. Chaque midi, nous organisons des moments de networking avec nos partenaires. Et le tout se terminera avec l’annonce des lauréats des deux prix de la CST présents au palmarès officiel du Festival de Cannes, le Prix CST de l'Artiste-Technicien et le Prix CST de la Jeune Technicienne.

L'intelligence artificielle est devenue un sujet inévitable pour les techniciens du cinéma. Comment la CST s'en saisit-elle ?

Nous sommes en plein dedans. La CST doit rester vigilante et se positionner comme référente sur le sujet. C’est pourquoi nous avons lancé une formation en partenariat avec l’école Georges Méliès afin que les VFX numériques tirent profit de l’IA. La CST est pleinement partie prenante de ces réflexions, pour comprendre comment ces évolutions vont impacter nos métiers.

C'est d'ailleurs dans cet esprit que nous avons diversifié notre catalogue de formations, notamment avec une sur la coordination d'intimité, plusieurs centrées sur l’éco-responsabilité avec Écoprod dont la dernière est directement adressée aux distributeurs, ou encore sur la projection numérique en partenariat avec le Syndicat des Cinémas d'Art, de Répertoire et d'Essai (Scare). En tant qu'association de veille technologique, nous devons être présents et à l'écoute de tout ce qui fait avancer nos métiers.

Quels sont les prochains rendez-vous de la CST après Cannes ?

Nous serons présents au Festival d'Annecy, au Congrès des exploitants, au Festival Lumière de Lyon, puis au SATIS. Ce sont nos grands rendez-vous de la saison. Notre volonté est de nous adresser à tous les techniciens mais aussi aux producteurs, pour partager avec eux nos recommandations techniques. Pas des ordres : des recommandations. C'est notre rôle, notre raison d'être.

ACQUISITION

KMBO acquiert le film d'animation 3D "Nina and the Goddess of Thunder"

Selon Variety, la société polonaise New Europe Film Sales a conclu la première prévente de son prochain film d'animation 3D familial Nina and the Goddess of Thunder (Nina et la Déesse du Tonnerre). C'est KMBO qui a acheté les droits de distribution en France.

Il s’agit du premier long métrage de Kamil Polak, dont le court métrage d’animation de 2011 Świteź, la Cité perdue avait remporté le premier prix du meilleur court métrage à Annecy. Il s'agit d'une coproduction entre New Europe et PFX (Pologne), Fabrique d'Images (Luxembourg) et Doce Entertainment (Espagne). Le scénario est signé par les humoristes polonaises Agnieszka Matan et Joanna Pawluskiewicz.

Une sortie prévue fin 2029

Nina and the Goddess of Thunder, qui a été présenté au Cartoon Movie de cette année, devrait entrer en production en 2027 pour une sortie prévue fin 2029. Le film a un budget de production de 7,5 M€ (8,77 M$).

Se déroulant au Xe siècle dans une forêt de Pologne, Nina and the Goddess of Thunder est un film d'aventure puisant son inspiration dans la mythologie slave. C'est l'histoire de la jeune et rebelle déesse Perunika qui, après avoir accidentellement laissé tomber le marteau de son père, nécessaire à la création du soleil, se précipite sur Terre pour le récupérer. Là, elle doit faire équipe avec Nina, une inventrice locale, et ramener le marteau avant que leur univers ne se fige et que les ténèbres éternelles ne s'abattent.

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PARTENARIAT

Quinzaine des cinéastes : Canal+ renouvelle son mécénat au Carrosse d'or

À l’occasion de la Quinzaine des Cinéastes 2026, Canal+ et la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF) annoncent le renouvellement de leur partenariat autour du Carrosse d’Or, prix remis chaque année par la SRF à un ou une cinéaste.

Canal+ est maintenant mécène du Carrosse d’Or depuis 17 ans. Cette année, celui-ici est remis à la cinéaste française Claire Denis (Beau travail, 35 rhums, Un beau soleil intérieur). La remise du Carrosse d’Or 2026 a eu lieu ce mercredi 13 mai, après une projection de J'ai pas sommeil et une masterclass de la cinéaste.

Canal+ soutient également la sortie du dernier film de Claire Denis, Le cri des gardes, en salles depuis le 8 avril.

FINANCEMENT

Le CNC lance le Fonds pour les auteurs et producteurs africains

Suite au sommet "Africa Forward" qui s’est tenu ce lundi 11 2026 mai à Nairobi au Kenya, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) annonce la création d’un nouveau dispositif : le Fonds pour les auteurs et producteurs africains (FAPA).

Doté d’un million d'euros, le FAPA repose sur 13 partenaires issus de 6 pays. Il est porté par le CNC avec le soutien du Ministère de la Culture aux côtés de la Fondation Red Sea, la Fédération Wallonie-Bruxelles et Wallonie-Bruxelles International (Belgique), le Film Fund Luxembourg (Luxembourg), la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Téléfilm Canada, la SACD, la SACD en Belgique, la SACD au Canada, l’Institut français et le Hellenic Film & Audiovisual Center – Creative Greece.

Deux volets

Le FAPA est structuré en deux volets : un volet francophone pour les professionnels francophones et un volet non-francophone pour les professionnels anglophones ou lusophones. Le fonds reposera sur deux types de soutiens :

  • un soutien à des structures de formation des auteurs et des producteurs, établies en Afrique ou dans les pays contributeurs.
  • un soutien via des programmes de mobilité permettant l’accès des professionnels subsahariens et haïtiens au volet marché des festivals internationaux partenaires tels que Cannes ou Annecy.

Le FAPA » prend la suite de deux dispositifs du CNC en direction de l’Afrique subsaharienne qui ont pris fin en 2025 : le Fonds pour la jeune création francophone (JCF) et le programme DEENTAL – Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP).

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VENTES INTERNATIONALES

Les deals du marché - Jour 4

FilmRéalisateurVendeurAcheteurTerritoires
Nina and the Goddess of ThunderKamil PolakNew Europe Film SalesKMBOFrance
Children UntoldNishikawa MiwaK2IntramoviesMondial
BalearicIon de SosaMoreThan FilmsCineverseAmérique du Nord

Belgique, Canada : 2 talents à suivre

BELGIQUE

10 visages du cinéma belge sur la Croisette : Jennifer Ritter, productrice

Avec Yesterday the Eye Didn’t Sleep, présenté à Un Certain Regard, cette productrice défend un premier long métrage tourné au Liban, porté par une écriture visuelle et sensorielle. Le film suit deux sœurs dans une vallée isolée, où règles tribales et tensions anciennes façonnent leur trajectoire, entre mémoire, violence et transmission. À la tête d’Atata, Jennifer Ritter s’inscrit dans un modèle volontairement léger, pensé pour accompagner des projets atypiques. Le film a été développé dans le cadre de l’aide aux productions légères, développé par le Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la FWB, avec une économie réduite mais une liberté accrue. Un cadre qui impose d’aller à l’essentiel, tout en préservant une ambition formelle. Produire aujourd’hui implique de composer avec des contraintes fortes. “On a réussi à faire un film avec très peu de moyens, mais en gardant une vraie ambition”, souligne-t-elle. Ce type de format repose sur une organisation souple et des choix artistiques assumés. Active à l’international, Ritter défend des projets à la frontière des territoires, où la fabrication du film constitue aussi un geste, inscrit dans une logique de circulation des œuvres.
Présente à Cannes 2026 avec Yesterday the Eye Didn’t Sleep, Un Certain Regard (prod. Atata)

CANADA

10 talents canadiens sur la Croisette : Brice Garnier, producteur de « Dog my cats! », au showcase d’Annecy

Fondateur de la compagnie de production québécoise Kaïbou, spécialisée en animation jeunesse et en coproduction internationale, Brice Garnier verra son film « Les chiens ne font pas des chats » présenté à showcase d’animation d’Annecy. « C’est l’histoire d’une grand-mère qui transmet à ses deux petits-enfants un don pour parler aux animaux, alors que ceux-ci viennent de perdre leurs parents », explique le producteur. Le film, réalisé par Alain Gagnol (Nina et le secret du Hérisson), est le fruit d’une coproduction entre le Canada, la Belgique et la France. 

Habitué des coproduction internationales, pour lesquelles il joue souvent le rôle d’intermédiaire pour trouver du financement canadien, Brice Garnier a auparavant été impliqué dans la production de projets d’envergure comme le Petit Prince (2015), Pachamama (2018) et Miraculous (2023). « En plus des crédits d’impôts, Il y a un bon réservoir de talent en animation au Canada », explique-t-il.

« Dans le milieu, il y a peu de Français avec qui je n’ai pas collaboré », se targue-t-il. Le producteur ne sera pas présent à Cannes cette année, mais il sera à Annecy pour le festival du film d’animation en juin.

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À la une

L'actualité du secteur

PRODUCTIONS

Un producteur belge prépare un thriller pétrolier entre Londres et l'Afrique du Sud

Présent à Cannes cette semaine, Jean-Luc Van Damme développe The Bleeding Ground (“La terre qui saigne”), film situé dans la région pétrolière du delta du Niger, avec Djimon Hounsou (Blood Diamond) et Rafe Spall (Jurassic World: Fallen Kingdom) au casting.

Ce film suivra l’affrontement entre un dirigeant pétrolier occidental et un chef militant local sur fond de corruption et d’exploitation des ressources naturelles au Nigeria. Il sera réalisé par le Sud-Africain Donovan Marsh, connu internationalement pour le thriller d’action Hunter Killer (2018) avec Gerard Butler et Gary Oldman, ainsi que pour des productions sud-africaines et des projets développés avec Netflix.

Tourné en anglais et budgété à 12 millions de dollars, le projet doit être filmé fin de l'année au Cap et à Durban. Selon Van Damme, son financement est sécurisé à plus de 50%, tandis qu’un dernier comédien important reste encore en négociation avant le démarrage complet des ventes internationales, prévues à l’American Film Market, grand marché professionnel organisé chaque année aux États-Unis.

Un montage atypique

Malgré son origine, le film n’est pas porté depuis la Belgique. Car en l’absence d’accord de coproduction entre son pays et l’Afrique du Sud, Van Damme nous a confié avoir créé une structure à Londres afin de développer le projet. Le partenaire sud-africain Gambit Films, dirigé par Bradley Joshua, intervient à la fois sur le financement et la production locale du tournage.

Fondateur de Happy Moon Productions, Jean-Luc Van Damme développe depuis les années 1990 plusieurs projets liés à l’Afrique australe. Son film le plus connu reste Goodbye Bafana, consacré à Nelson Mandela, présenté au Festival de Berlin en 2007 où il avait notamment remporté le Prix de la Paix.

MOUVEMENTS

Le groupe Vendôme nomme Éric Jehelmann et Jonathan Blumental co-directeurs de la création pour les projets francophones

Le groupe Vendôme, fondé par Philippe Rousselet et Fabrice Gianfermi, renforce sa structure et son équipe dirigeante avec la nomination d'Éric Jehelmann et Jonathan Blumental, producteurs de cinéma français et partenaires de longue date, aux postes nouvellement créés de codirecteurs de la création ("co-chief creative officers") de ses entités françaises, avec effet immédiat.

Au siège parisien du groupe, Jehelmann et Blumental seront chargés de superviser le développement et la production de tous les projets francophones du groupe, tout en conservant leurs fonctions actuelles à la tête des sociétés de production francophones de Vendôme, Jerico Films et Prélude Films.

« Bien que nous soyons issus de parcours différents, Eric, Jonathan et moi-même partageons une même passion pour un cinéma ambitieux et de qualité. Nos sociétés respectives ont désormais développé leurs propres équipes et identités ; nous partageons la même vision du marché actuel et de la meilleure façon de l’appréhender. Nous sommes convaincus que renforcer notre collaboration est le moyen le plus efficace de rester ambitieux sans sacrifier notre indépendance, qui nous est fondamentale. La force de notre groupe réside dans la qualité de nos producteurs et nous souhaitons que chacun puisse bénéficier de nos talents collectifs. Cette nouvelle approche nous permettra de rester une structure à taille humaine pour les talents et les projets, et de continuer à privilégier la qualité à la quantité. »
Philippe Rousselet, PDG du groupe Vendôme

Une nouvelle structuration du groupe

Ninon Desplat, qui supervisait la production et le développement de Vendôme Films depuis 2022, est promue productrice et directrice de la production et du développement films et TV au sein de la société. Elle continuera de superviser le développement et la production pour le label francophone Vendôme Films.

Dans le cadre de cette nouvelle structure de direction, Philippe Rousselet, président et co-directeur général du groupe Vendôme, et Fabrice Gianfermi, co-directeur général, continueront de superviser les activités françaises et américaines de la société avec Vendôme Pictures, ainsi que sa nouvelle société de production et de financement, Emotion Pictures. Cette dernière a été créée en partenariat avec Pathé et Merit France et est axé sur les films en langue anglaise.

Lancé dernièrement, le label Magma Productions reste dirigé par Mallory Vabre et Anne-Charlotte Homasson. Le groupe Vendôme a également récemment lancé Vendôme Management aux États-Unis, en collaboration avec Keith Redmon, manager artistique et producteur. "Grâce à cette nouvelle structure, le Groupe Vendôme vise à favoriser une collaboration encore plus étroite entre ses sociétés partenaires, tout en permettant à chaque enseigne de conserver son autonomie dans ses opérations quotidiennes", indique le communiqué de presse.

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ÉVÉNEMENTS

Le Festival européen du film fantastique de Strasbourg lance deux résidences d'écriture

Le Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS) annonce le lancement de ses premières résidences d'écriture autour des films de genre. L'une est consacré au court métrage et l'autre au long métrage. Les projets seront présentés pendant le festival, lors des journées professionnelles Eurogenre du 29 septembre au 1er octobre 2026.

"Cette proposition structurante vise à consolider la filière du cinéma de genre en France en accompagnant des projets de films nécessitant un développement spécifique et exigeant dès la phase d'écriture. L'objectif est d'aboutir à des projets singuliers qui auront vocation à être produits ou coproduits par une société de production française", indique le festival. La résidence Eurogenre court métrage sera confiée au Centre de résidence de l'écriture à l'image de Saint- Quirin. La résidence Eurogenre long métrage sera menée en collaboration avec la Scénaristerie, association spécialisée dans l'organisation d'ateliers d'écriture depuis 2014.

Le calendrier des résidences

Après leur présentation à Strasbourg lors des journées professionnelles Eurogenre du FEFFS, les six projets de longs métrages sélectionnés feront l'objet d'une première semaine de résidence qui aura lieu du 12 au 16 octobre 2026 à Châlons-en-Champagne et d'une seconde semaine de travail à Strasbourg début 2027. Les restitutions se feront au premier trimestre 2027 à Paris lors d'une rencontre entre les cinéastes et des professionnels du cinéma. L'appel à projets est ouvert du 26 mai au 16 juin 2026.

Les six projets de courts métrages sélectionnés seront en résidence du 27 au 31 juillet 2026 à Saint-Quirin dans le Grand-Est, puis bénéficieront d'un suivi à distance début septembre et seront présentés lors des journées professionnelles Eurogenre. L'appel à projets est ouvert du 12 au 28 mai 2026.

Toutes les informations sur les candidatures sont disponibles en ligne.

Canal+ et Ciné+ OCS renouvellent leur partenariat avec la Semaine de la critique

Canal+, partenaire depuis 34 ans de la Semaine de la Critique, et sa filiale Ciné+ OCS, partenaire depuis 2022, annoncent le renouvellement de leur partenariat avec la section parallèle du Festival de Cannes dédiée aux premiers et deuxièmes films.

Dans ce cadre, Canal+ accompagne le Prix Canal+ du court-métrage, dont on découvrira le lauréat lors de la cérémonie de clôture le jeudi 21 mai.

Par ailleurs, la chaîne Ciné+ Festival propose une programmation spéciale avec les deux derniers Grands Prix de la Semaine de la Critique, Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke et Simon de la montaña de Federico Luis, mais aussi deux films en compétition en 2025 : Kika d'Alexe Poukine et Nino de Pauline Loquès, récompensé l’an dernier par le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation pour Théodore Pellerin. Une collection dédiée d’une dizaine de films présentés à la Semaine de la Critique est également disponible sur l’App Canal+.

Quatre longs-métrages sélectionnés à la Semaine de la Critique pour cette année 2026 ont été préachetés par le groupe Canal+ : In Waves de Phuong Mai Nguyen (Film d’Ouverture), La Gradiva de Marine Atlan, Seis meses en el edificio rosa con azul de Bruno Santamaria Razo et Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall.

CARNET

Décès de Guy-Claude Marie, ancien exploitant du Cratère à Toulouse

On apprend par le Groupement National des Cinémas de Recherche (GNCR) la disparition de Guy-Claude Marie.

L'essentiel de sa carrière professionnelle a été consacrée à la programmation et à l'animation de la salle de cinéma Le Cratère à Toulouse, de 1995 à 2011. Il a été membre pendant une dizaine d’années du Conseil d’Administration du GNCR. Dans sa dernière année au Cratère, grâce à l'avènement de la numérisation, il développa les projections du GNCR sur place, en simultanée avec Paris.

Titulaire d'un doctorat en Études cinématographiques et audiovisuelles, il a aussi assuré, entre 2013 et 2018, un séminaire sur le cinéma de l'essai à l'École Supérieure d'Audiovisuel de Toulouse. Il est aussi l'initiateur du projet Imagopublica, qui soutenait des actions culturelles, d'éducation, de recherche et de création artistique dans le champ de l'essai en cinéma.

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Revue de presse

Variety

Pallavi Sharda en tête d'affiche de "Stay", une coproduction franco-indienne réalisée par Rohena Gera (Exclusif)

Sharda incarne Sailee, la fille d'une riche famille indienne qui, après son divorce, s'installe à Paris pour échapper au poids des conventions sociales. Dans la capitale française, elle rencontre Léo, un livreur rêveur interprété par le jeune acteur français Julien De Saint-Jean. Entre eux se tisse une amitié improbable, qui commence à estomper les barrières culturelles et sociales qu'ils pensaient avoir laissées derrière eux.

Le film est produit par Alice Bloch pour Marianne Productions, en coproduction avec France 2 Cinéma. Les préventes ont été conclues avec Canal+, Ciné+ OCS et France Télévisions. Dominique Colin est le directeur de la photographie.

Ce rôle marque le premier de Pallavi Sharda en français, venant enrichir une carrière déjà bien remplie, qui l'a menée à Bollywood, Hollywood, à la télévision britannique et à des productions australiennes. Parmi ses films, on peut citer « Lion », nominé aux Oscars. (…)

Le précédent long métrage de Gera, Sir, a été présenté en avant-première à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2018. Le film a remporté le prix de la Fondation Gan et a rencontré un large public sur Netflix Inde. (…) Son nouveau film est le premier à se dérouler en France, où elle réside actuellement.

Variety, Raman Namachandran, le 13 mai 2026