L'Enclume, le studio belge d'animation derrière Le Corset

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À Bruxelles, cette structure cultive depuis près de vingt ans une approche artisanale de l'animation, illustrée par sa contribution au film de Louis Clichy.

Sur Le Corset, de Louis Clichy, L’Enclume a assuré la mise en couleur des personnages et l’assemblage final des images © Enclume Animation

Fondre des personnages dessinés dans des décors peints à l'aquarelle : tel est le défi confié à L'Enclume sur ce long métrage. Le studio bruxellois a assuré leur mise en couleur et le compositing, autrement dit l'assemblage des différents éléments de l'image. Un travail minutieux, à l'image de son fonctionnement : les dirigeants participent eux-mêmes à la fabrication des films. Sous la supervision du cofondateur Paul Jadoul, couleurs, ombres et textures ont été ajustées plan par plan pour restituer la matière de l'aquarelle.

"On essaye de rester impliqués dans les projets", explique-t-il. Cette volonté remonte aux débuts de L'Enclume. En 2007, Paul Jadoul, Rémi Durin, Jérémie Mazurek et Constantin Beine, tous issus de La Cambre, école supérieure d'art bruxelloise, décident d'unir leurs forces pour trouver du travail. "On est partis de rien", se souvient Jadoul. L'aventure commence dans une chambre d'étudiant, avec leurs ordinateurs personnels. Les commandes permettent au collectif de vivre et de réaliser ses propres courts métrages. Aujourd'hui, la fiction représente l'essentiel de son activité, entre courts métrages, longs métrages et séries.

De la commande au long métrage

Installés dans un ancien bâtiment industriel à Molenbeek, les trois associés restants, après le départ de Beine en 2021, continuent de partager gestion et fabrication. Jadoul supervise les images, Durin réalise un court métrage et Mazurek se consacre davantage à la direction de production. Leur format de prédilection : des équipes de dix à vingt personnes, adaptées aux besoins de chaque projet, en 2D comme en 3D. Le studio a toutefois déjà accueilli jusqu'à 35 collaborateurs, avec des renforts pour coordonner les productions.

Sorti en 2022, Yuku et la fleur de l'Himalaya marque un tournant. Coréalisé par Rémi Durin et Arnaud Demuynck, ce long métrage destiné au jeune public a été piloté chez L'Enclume, avec Jadoul à la direction artistique et technique. Le Tax Shelter, dispositif fiscal belge de soutien à l'audiovisuel, a également favorisé le développement du studio. "Cela reste un énorme plus dans le travail", souligne Jadoul, qui estime que ce mécanisme a notamment facilité les collaborations avec la France.

Pour Le Corset, Louis Clichy et ses partenaires recherchaient une structure qui ne soit pas "une énorme machine". Un profil correspondant à celui de L'Enclume, désormais engagé sur un court métrage situé à Fukushima et sur l'animation 3D d'un long métrage se déroulant dans le Tokyo des années 1960. Son carnet de commandes lui assure du travail sur une partie de 2027, tandis que d'autres projets sont en discussion. Paul Jadoul nourrit aussi une ambition : retrouver l'occasion de piloter un long métrage de bout en bout.

Le Festival Anima, vingt ans après Pour célébrer ses vingt ans en 2027, L'Enclume prépare une nouvelle capsule de générique pour le Festival Anima. Ses fondateurs en avaient déjà conçu une pendant leurs études à La Cambre. Paul Jadoul évoque l'envie de revenir au papier et à l'encre, fidèle au goût du studio pour le dessin et l'exploration des matières.