Baromètre Ecran Total : sur YouTube, plus de vidéos, mais une audience plus fragmentée

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La première édition du baromètre d’Écran total sur la création numérique en France révèle une asymétrie entre l’augmentation de l’offre de contenus et la stagnation du temps d’attention des utilisateurs.

À l'occasion du lancement de Vertical, notre nouvel observatoire de la Creator Economy, Ecran Total publie en exclusivité les résultats de son premier baromètre sur la création YouTube. Il se base sur des données collectées entre le 1er janvier et le 31 mai 2026 et analyse l'activité de 103 créateurs web francophones. Les résultats, regroupés au sein d'un premier rapport semestriel, mettent en lumière les indicateurs clés d'un marché audiovisuel en pleine structuration.

Un volume de vidéos en forte croissance face à un plafond d'audience

L'indicateur majeur de ce premier semestre est celui de la production de contenu : il témoigne d'un décalage entre l'intensité de la production et la réceptivité du public. Le volume de vidéos publiées par le panel a progressé de 54 % sur la période, passant de 306 contenus en janvier à 474 en mai. Parallèlement, l'audience globale mensuelle n'a pas suivi cette trajectoire ascendante, oscillant autour d'une moyenne de 180 millions de vues.

Ce phénomène de saturation de l'attention s'est accentué au mois de mai, où l'audience cumulée est descendue à 152 millions de vues malgré un niveau de production record. Plusieurs facteurs contextuels expliquent cette contraction du temps d'écran disponible sur la plateforme : la diffusion des phases finales de la Ligue des Champions à la télévision linéaire, ainsi que les habitudes saisonnières liées aux ponts et au climat.

Deux modèles éditoriaux distincts coéxistent

L'analyse des performances individuelles montre que la taille de la communauté d'abonnés ne garantit plus mécaniquement les volumes d'audience les plus élevés. Par ailleurs, deux stratégies industrielles opposées se structurent sur le marché français. D'une part, les chaînes dites signatures s'appuient sur la rareté et l'événementialisation. C'est le cas de Squeezie, qui cumule 61,5 millions de vues avec seulement sept vidéos publiées sur la période, ou d'Amixem, qui domine le classement semestriel avec 76,7 millions de vues pour 23 contenus. Et des formats très forts tirent les audiences de leur créateurs vers le haut. Ainsi, le format popularisé par Squeezie Le pire duo va en prison signe le ratio d'audience par vidéo le plus élevé du semestre avec 14,2 millions de vues pour deux numéros.

Autre modèle, celui de la chaîne quotidienne qui privilégie une présence continue et ritualisée. HugoDécrypte illustre cette approche avec 106 vidéos diffusées pour 43,3 millions de vues cumulées, suivi par Guillaume Pley dont la marque LEGEND affiche 62 vidéos et 33,6 millions de vues.

Des investissements publicitaires réalisés par des marques étrangères

Sur le terrain de la monétisation, le placement de marque natif s'industrialise principalement autour de thématiques à haute densité narrative comme les rétrospectives pop-culture, l'histoire ou l'investigation. Toutefois, l'écosystème publicitaire du YouTube français reste largement dominé par des acteurs technologiques internationaux et des entreprises natives du web.

La fintech Revolut se positionne comme le premier acheteur du marché avec 82,6 millions de vues publicitaires obtenues via 24 vidéos sponsorisées réparties chez onze créateurs. Elle devance NordVPN (35,7 millions de vues) et le fournisseur de services eSIM Saily (27,2 millions de vues). À noter qu'à l'exception d'Ultra Premium Direct (26,6 millions de vues) et de Garnier (8,5 millions de vues), les grands annonceurs institutionnels de l'économie française demeurent absents de ces espaces publicitaires.


L'étude complète est à télécharger ici.