Stabilité, parité, jeunes… Les grandes tendances de l’emploi dans le cinéma et l’audiovisuel

Il y a 4 jours
Ce mercredi 15 mai, le groupe de protection sociale Audiens a révélé sa troisième étude, consacrée aux dynamiques de l’emploi dans le cinéma et l’audiovisuel en 2023 aux côtés de Film Paris Région et du SPI lors d’une table ronde sur le stand du CNC au Festival de Cannes. Explications avec les graphiques

Lentement, mais sûrement. Selon l’étude Audiens dévoilée ce mercredi 15 mai sur la Croisette, l’ensemble du marché de l’emploi dans le cinéma et l’audiovisuel en 2023 est en légère amélioration par rapport à l’an passé, notamment au niveau du recrutement de jeunes, des contrats permanents et de la parité. “Le secteur a un vrai dynamisme, un savoir-faire, des écoles et des formations compétentes qui font fonctionner l’ensemble de l’écosystème”, analyse Philippe Degardin, le directeur du Datalab chez Audiens et auteur de l’étude. 

Au niveau méthodologique, cette dernière a été réalisée à partir des déclarations sociales des employeurs de ces secteurs (DSN) reçues par Audiens, groupe de protection sociale dédié aux métiers de la création et de l’information.

Audiovisuel dynamique

Les résultats de cette étude montrent que le secteur de l’audiovisuel est largement en croissance du fait de la vitalité des séries produites et tournées en France : le nombre d’entreprises, d’effectifs et la masse salariale ont augmenté par rapport à l’an passé. L’animation s’affiche également comme un secteur jeune et prospère. Quant à la filière cinéma, elle n’est pas aussi dynamique que l’audiovisuel, mais essaie de se maintenir : le nombre d’entreprises a très légèrement baissé, mais ses effectifs se sont accrus en 2023. L’exploitation, un des secteurs qui a le plus souffert depuis la crise du Covid-19, a quant à lui retrouvé son niveau d’emploi de 2019.

Au niveau géographique, les entreprises sont très majoritairement implantées en Île-de-France mais, évolution majeure, elles le sont de moins en moins. “On remarque que des régions comme l’Occitanie ou la Nouvelle-Aquitaine s’affirment de plus en plus comme des zones attractives, notamment au niveau de l’animation ou de l’audiovisuel”, assure Philippe Degardin.

Par ailleurs, l’emploi des jeunes, problématique importante pour le secteur, s’améliore : le poids des jeunes chez les permanents est supérieur au niveau de 2019, notamment dans l’audiovisuel. Mais chez les intermittents, le recrutement des jeunes est plus modeste. Du côté de la parité, les progrès sont timides, mais bel et bien existants : la filière cinéma est à parité chez les permanents, tandis que l’audiovisuel est plus en retard. Aussi, les femmes restent davantage représentées dans les emplois administratifs, administratifs et commerciaux et moins dans les professions artistiques. “Le secteur évolue dans le bon sens, mais il faut aller encore plus loin”, conclut Philippe Degardin.

Le nombre d’entreprises et de salariés en 2023

En 2023, Audiens dénombre 10 418 entreprises employant 203 994 personnes dans l’ensemble de la filière, contre 10 124 et 200 591 salariés en 2022. Pourtant, le nombre d’entreprises a stagné - ou très légèrement augmenté - depuis 2019, sauf au niveau de la production audiovisuelle. Cette dernière, qui rassemble 6 686 sociétés et 132 833 employés en 2023, recense le plus grand nombre d’entreprises et de salariés. Elle devance la production cinématographique, qui réunit pour sa part 2 361 entreprises et 73 844 salariés. La production audiovisuelle et celle cinématographique sont les deux champs les plus dynamiques, employant de plus en plus de salariés depuis 2019. Autre indicateur au vert, la masse salariale est en augmentation pour tous les secteurs, à l’exception de la distribution cinématographique.

La localisation des entreprises en 2023

En dehors de l’exploitation cinématographique, les entreprises sont majoritairement situées en Île-de-France. Cependant, le poids de l’Ile-de-France a tendance à baisser : dans la filière image - production cinématographique, audiovisuelle, films d’animation et prestations techniques -, il est passé de 65 % en 2019 à 61 % en 2023, et dans la filière cinéma - production, distribution, exploitation - il est passé de 56 % en 2019 à 54 % en 2023. Les films d’animation sont produits à 46 % dans d’autres régions que l’Île-de-France, notamment en Nouvelle-Aquitaine (pôle Angoulême) et en Auvergne-Rhône-Alpes (pôle Lyon). 

Les contrats des salariés en 2023

Les intermittents - personnes en CDD d’usage déclarées sur toute l’année 2023 - représentent la très grande majorité des emplois : 82 % dans les filières image et cinéma. Précisément, ils sont 160 828 intermittents dans la filière image et 69 540 dans celle cinéma en 2023. Dans la production cinématographique et celle audiovisuelle, le nombre d’intermittents est en hausse depuis 2019. Du côté des permanents - personnes en CDI ou CDD en activité le 31 décembre 2023 -, ils sont 33 109 dans la filière image et 14 756 dans celle cinéma, mais les chiffres sont également en augmentation, notamment dans la production audiovisuelle et les prestations techniques. Par ailleurs, les emplois dans la distribution et l’exploitation cinématographique sont presque exclusivement occupés par des CDI ou des CDD de droit commun.

La parité en 2023

La filière image est composée d’une majorité d’hommes : 57 % d’hommes permanents et 58 % d’intermittents. Mais le secteur cinéma est paritaire au niveau des permanents. Néanmoins, les femmes sont majoritaires dans les métiers administratifs et commerciaux, et pas dans les métiers artistiques et de l’information. Mais la représentation des femmes dans ces métiers évolue dans le bon sens, notamment pour les permanentes : dans la filière image, la part des femmes permanentes a gagné 4 points entre 2019 et 2023 dans les professions de l'information, des arts et des spectacles, et elle a perdu 4 points chez les employées administratives permanentes. Mieux encore : dans la filière cinéma, la représentativité des femmes permanentes dans ces métiers artistiques a gagné 10 points entre 2019 et 2023 (mais les volumes sont faibles : 239 femmes en 2023). Autre caractéristique de la féminisation du secteur : quels que soient la filière et le type de contrat, les femmes sont plus jeunes en moyenne que les hommes. 

L’emploi des jeunes

L’impact de la crise sanitaire sur l’emploi des jeunes a été très fort chez les permanents de l’exploitation cinématographique, mais la situation s’améliore depuis 2020. Le poids des moins de 25 ans chez les permanents est en 2023 à un niveau au-dessus de celui de 2019 dans tous les secteurs, et notamment dans la production audiovisuelle (8 points de plus), la production cinématographique (5 points de plus) et les prestations techniques (4 points de plus). Mais l’évolution du poids des moins de 25 ans chez les intermittents est faible : la représentativité est la même en 2019 et 2023.