BNP Paribas devient seul maître à bord de Cofiloisirs

4 février 2022
Neuflize OBC et UGC sortent de l’actionnariat de la structure spécialisée dans les crédits de production. Désormais actionnaire à 100%, BNP Paribas veut développer son activité de banquier du cinéma et de l’audiovisuel en Europe.
Les Magnétiques

C’est le début d’une nouvelle ère pour Cofiloisirs. L’organisme de financement spécialisé dans la structuration de crédits de production devient filiale à 100% de BNP Paribas. Le groupe bancaire rachète les parts que détenait Neuflize OBC à hauteur de 46%, ainsi que les 8% d’UGC, qui était actionnaire de la structure depuis sa création en 1973. Comme son principal concurrent Coficiné (filiale de Natixis, groupe BPCE), Cofiloisirs se retrouve donc pleinement intégré à un grand groupe bancaire.

L’objectif pour BNP Paribas est de renforcer ses activités dans le cinéma et l’audiovisuel pour répondre à la demande accrue de contenus. Le groupe, qui se définit comme la première banque du cinéma en Europe, a financé 17 films parmi les nommés aux César 2022.

BNP Paribas met aussi la main sur Cinécapital, une filiale à 100% de Cofiloisirs qui fournit notamment des services de conseil en investissement auprès des Sofica et d’autres prestations de conseil aux entreprises du secteur.

“Notre activité est en pleine croissance. Avec 680 millions d’euros d’autorisation de crédits, en hausse de 29%, 2021 représente la meilleure année de l’histoire de Cofiloisirs”, résume Jean-Baptiste Souchier, PDG de Cofiloisirs et Cinécapital. “L’adossement à un seul et unique groupe bancaire va nous permettre d’avoir les moyens de nos ambitions et de poursuivre notre développement dans un marché de plus en plus internationalisé et consolidé.” 

Neuflize OBC déploie sa propre offre

BNP Paribas revendique déjà la place de premier financeur des séries en France et entend se développer en Europe. “Cofiloisirs et BNP Paribas allient déjà depuis plusieurs années leurs expertises afin de co-arranger de nombreux financements”, ajoute Henri de Roquemaurel, directeur du centre d’affaires Image & Médias de la banque. “Parmi eux, 117 millions d’euros de crédits ont été alloués à la production de trois séries et un unitaire européens à destination des plateformes de streaming. Fort de notre engagement centenaire dans le cinéma et face à une future concurrence américaine, cela confirme notre légitimité sur ce marché.”

En se désengageant de Cofiloisirs, Neuflize OBC, autre banque du cinéma, n’abandonne pas son soutien au secteur. “On fait le choix de déployer notre propre offre bancaire. On continue à accompagner le monde du cinéma et de l’audiovisuel et on le rapproche du secteur du digital au sein du même pôle”, explique Anne Flamant, à la tête du département cinéma et audiovisuel depuis 2006 et qui prend la tête de cette nouvelle structure. “Ce sont deux mondes qui se parlent déjà, encore plus avec l’arrivée des plateformes de streaming. C’est l’occasion pour nous de se renforcer dans le digital. Il y a notamment beaucoup de similarités entre le financement des jeux vidéo et du cinéma.”

En plus du jeu vidéo, Neuflize OBC veut accompagner l’essor de technologies comme l’intelligence artificielle, le big data et la cyber sécurité, et comptera sur une équipe de 30 personnes dédiées à cette activité.

Image : Cofiloisirs a accompagné 14 films nommés aux César 2022, dont Les Magnétiques de Vincent Maël Cardona