Starzplay se met au français

Il y a 1 mois
La plateforme du studio Lionsgate vient de signer ses deux premières coproductions hexagonales pour TF1 et Canal+.

Disponible depuis mai 2019 en France, StarzPlay passe à la vitesse supérieure dans l’Hexagone. Outre son application, disponible en OTT contre 5 euros mensuels, la plateforme y est distribuée notamment par Canal+ depuis février (sans surcoût), ainsi que sur la TV d’Orange, Rakuten ou encore Apple TV, Molotov et peut-être prochainement Salto, avec qui les négociations sont en cours. Le service de streaming du studio américain Lionsgate, présent dans une soixantaine de territoires, vient en effet d’annoncer ses deux premières coproductions tricolores. Il s’agit du troisième territoire européen ciblé par StarzPlay après le Royaume- Uni et l’Espagne, pour laquelle six séries ont déjà été produites.

Focalisée sur le contenu adulte « premium », la plateforme a d’abord choisi d’accompagner TF1 et Cheyenne Federation sur Une Affaire française (6×52’), relecture de l’affaire Grégory imaginée par Jérémie Guez et Alexandre Smia. Une affaire criminelle emblématique des années 1980 que StarzPlay proposera après sa diffusion linéaire sur la Une. La seconde coproduction résulte d’un accord avec Canal+ : il s’agit de Toutes les choses qu’on ne s’est pas dites (10×30’, TCC / Studiocanal), adaptation du roman éponyme de Marc Levy avec Jean Reno et Alexandra-Maria Lara (Rush). Grâce à un accord passé avec Canal+, le service de streaming proposera la série six mois après la chaîne cryptée pour une durée de trois ans.

D’autres coproductions, encore tenues secrètes, sont également en développement alors que StarzPlay, qui a des bureaux à Los Angeles, Londres et Madrid, songe à s’installer en France à moyen terme. Une implantation qui peut évidemment être interprétée à l’aune de la nouvelle législation, qui impose aux plateformes un quota de participation au financement de la création locale. Mais pas seulement, promet Superna Kalle, présidente d’International Digital Networks Starz. En charge de faire prospérer le service de streaming en dehors des frontières américaines, la dirigeante entend en effet faire de la production locale l’une des axes forts du développement de sa plateforme. « Nous n’avons vraiment aucun problème avec ces nouvelles obligations, affirme cette dernière. L’idée n’a jamais été de se contenter de distribuer des séries amé- ricaines ou britanniques dans le monde. Depuis notre lancement, nous avons souhaité produire localement mais nous attendions pour cela d’arriver à maturité. Nous sommes encore très jeunes ! Mais nous voulons travailler avec les talents locaux et créer des séries dans la langue locale. Il y a ici un vivier assez extraordinaire, et la réforme s’inscrit naturellement dans notre stratégie. »

Si la responsable se refuse à citer de chiffres, elle se déclare particulièrement satisfaite de la croissance en- registrée dernièrement dans l’Hexa- gone, notamment grâce à la crise sanitaire et aux confinements successifs : « beaucoup de gens nous ont découvert à cette occasion et la plupart nous sont restés fidèles ». StarzPlay, plébiscitée notamment pour sa diffusion en exclusivité des succès internationaux Normal People et Gangs of London, propose pour le moment un catalogue d’environ 1500 heures de contenus, « dont 30% de films », détaille encore Superna Kalle, qui cible « 50 à 60 million d’abonnés d’ici 2025. »