Indépendance et liberté de création au cœur du programme du CNC

7 juillet 2021
Pendant le Festival de Cannes, le CNC proposera de nombreux échanges, du 7 au 16 juillet, sur la liberté de création et l’indépendance du cinéma français.

Le président du CNC, Dominique Boutonnat, a présenté, le 7 juillet, la grande thématique qui sera abordée tout au long du Festival de Cannes lors des nombreuses tables rondes, keynotes et conférences programmées sur la page du CNC : l’indépendance et la liberté de création. Rappelant que Cannes a été fondé en 1939 en tant que “festival du monde libre contre le fascisme”, Dominique Boutonnat a affirmé que ces valeurs qui serviront de fil rouge pendant toute la manifestation ne sont “jamais acquises”, et même “menacées dans de nombreux pays, parfois au sein même de l’Europe”. Pour le président du Centre, la France doit rester un “pays phare et potentiellement refuge” pour la liberté de création. Et de citer ceux des cinéastes étrangers qui se sont tournés vers l’Hexagone : le Hollandais Paul Verhoeven, l’Israélien Nadav Lapid, le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, ou encore le Russe Kirill Serebrennikov assigné à résidence dans son pays.

Un “nouveau chapitre”

Suite aux bouleversements que le cinéma vient de traverser, comme la digitalisation, la croissance des plateformes, le vieillissement du public – sans oublier la pandémie de covid –, il est “urgent de réformer notre modèle”. Le président entend ainsi ouvrir un “nouveau chapitre” basé sur trois piliers. Tout d’abord l’indépendance, dans toutes les strates de l’industrie, mais aussi les jeunes, qu’il faut “aller chercher là où ils sont” et à qui il faut “donner envie de consommer un certain type de création”. Enfin, l’international doit “permettre aux œuvres et aux entreprises françaises d’aller dans le monde entier”. A ce titre, l’union nouvelle d’UniFrance et TV France International donnera aux acteurs du secteur “plus de puissance et de moyens” ; une journée entière sera même consacrée à l’export, le 8 juillet sur la plage du CNC. Dominique Boutonnat a aussi évoqué la nécessité de “moderniser les studios de tournage” pour répondre au besoin croissant d’œuvres nouvelles.

Création d’un “CNC Lab”

Enfin, le président du CNC a évoqué la création d’un “CNC Lab” qui serait un lieu où travailleraient ensemble “ceux qui réfléchissent sur les grands enjeux  de société et sur les évolutions qu’ils impliquent dans notre politique publique”. Ce “think tank” ne sera pas composé uniquement d’experts du secteur mais aussi “de philosophes, d’historiens, d’anthropologues, de pédopsychiatres, de psychologues…” qui aideront le CNC à mener son action dans une vision “plus panoptique de nos filières”.

Une liberté fondamentale

Suite à l’intervention de Dominique Boutonnat, une première table ronde intitulée “Liberté de création : un principe menacé ?” a donné la parole Hélène Fleckinger, maîtresse de conférences en cinéma à l’université Paris 8 ; Antoine de baecque, historien et critique de cinéma ; et Bernard Stirn, membre de l’institut, président de section honoraire au Conseil d’Etat. Ensemble, ils sont revenus sur les grandes étapes qui ont permis à la liberté de création de gagner peu à peu du terrain, jusqu’à être reconnue comme une liberté fondamentale par la récente ordonnance du 23 décembre 2020, lorsque les organisations du cinéma avaient saisi le Conseil d’Etat en référé-liberté pour tenter de faire rouvrir les salles, alors fermées depuis le 30 octobre en raison de la pandémie de covid.