Quatre questions à Suzanne Lindon (Seize Printemps)

16 juin 2021
En salles depuis ce mercredi 16 juin, Seize Printemps est le premier long métrage de Suzanne Lindon, qui n’avait pas vingt ans au moment du tournage. La jeune réalisatrice évoque l’écriture et la production de ce projet très personnel et dévoile ses projets en cours et à venir.

Il est rare de signer un premier film à seulement vingt ans. Comment en êtes vous arrivé à développer et écrire cette chronique adolescente ?

Je souhaitais jouer la comédie dès l’âge de 15 ans mais j’avais peur de l’affirmer car je viens d’une famille très identifiée dans ce milieu et je tenais à gagner en légitimité. Pour cela il fallait que je trouve ma propre voix afin que je me sente par la suite choisie pour les bonnes raisons. J’ai donc souhaité m’écrire un rôle que j’aimerais jouer. J’ai donc écrit ce film très inspiré de mon adolescence. Une période et un âge qui ne sont faciles pour personne car on ignore qui on est vraiment.

Il est toujours difficile de monter financièrement un premier film. Surtout quand on a vingt ans. Comment s’est déroulé le processus de production ?

J’ai d’abord rencontré Caroline Bonmarchand, la dirigeante d’Avenue B Productions, qui vient de remporter le Prix Daniel Toscan du Plantier. Nous avons longuement échangé sur le film que nous rêvions de faire et on s’est vite aperçu que nous avions des références cinématographiques communes. Nous aimons les chroniques adolescentes d’Éric Rohmer ou les films de Maurice Pialat, de François Truffaut ou de Jacques Demy. J’ai conçu Seize Printemps dans cette même veine intimiste, douce, mélancolique, avec une économie de mots, d’action et de moyens puisque nous l’avons tourné dans une économie de court métrage en seulement vingt jours et avec une équipe très réduite. La recherche de producteurs et de partenaires financiers a été complexe. Je me me suis alors imaginé dans quelle émission de télévision je souhaiterais promouvoir le film si, par bonheur, je parvenais à le réaliser. La première émission à laquelle j’ai pensé était Quotidien, de Yann Barthès. J’ai contacté leur société de production, Bangumi, et le producteur Laurent Bon nous a soutenu. Nous avons aussi été rejoints par Richard Grandpierre et sa société Eskwad. Leurs apports respectifs ont été décisifs pour lancer le tournage. Puis Paname nous a accompagné pour la distribution.

Comment avez-vous accueilli votre sélection au Festival de Cannes l’année dernière ?

Plus le temps passe, plus je prends conscience de ce que cela signifie. Comme je l’ai dis, j’avais besoin d’acquérir de la légitimité. Et là, tout d’un coup, mon film était identifié non seulement par l’industrie française mais aussi à l’international et par le public cinéphile.

Avez-vous de nouveaux projets de réalisation ?

Je n’ai pas encore écrit de nouveau long métrage car j’avais besoin d’être pleinement consacré à celui-ci. J’ai aussi conscience désormais de ce que ça représente de faire  un film. Je me rends compte a quel point raconter l’histoire de Seize Printemps était nécessaire pour moi car c’est ainsi que j’ai trouvé l’énergie nécessaire pour faire le film. Si je devais en faire un deuxième, il devra être tout aussi nécessaire. Sinon je tourne actuellement dans le film de Valéria Bruni Tedeschi, Les Amandiers. Puis je jouerai dans la deuxième saison d’En Thérapie pour Arte. Je serai dans les épisodes mis en scène par Arnaud Desplechin.