Fusion TF1/M6 : le Spect souligne les enjeux pour la production indépendante

Il y a 1 mois
Le Syndicat s'inquiète notamment de la place qui sera accordée à la production « Made in France » dans le nouvel ensemble.

Le Syndicat des producteurs créateurs de programmes audiovisuels (Spect) a réagi à l’annonce, le 17 mai, de la fusion entre les groupes TF1 et M6. Après avoir souligné l’envergure exceptionnelle de l’opération en citant quelques chiffres “impressionnants” – 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel pour le nouvel ensemble, qui cumulerait plus de 40% de l’audience télévisuelle et capterait environ 70% du marché publicitaire de la télévision -, le Spect souligne que le mariage entre les deux premiers groupes de télévision privée français soulève de nombreuses questions pour le secteur audiovisuel, “à l’équilibre si fragile”.

“TF1 et M6, ce sont des millions d’investissements annuels dans les programmes audiovisuels créés par les producteurs indépendants, rappelle le syndicat. Avec le développement d’un pôle de production comme une des cinq priorités du projet industriel présenté, c’est toute la filière audiovisuelle qui va être affectée avec un risque important pour la diversité de la création et pour les 100 000 salariés employés dans la production audiovisuelle”. De plus, poursuit le Spect, la cession de trois chaînes TNT “pourrait renforcer les turbulences dans l’univers de la TNT, fragilisée économiquement par la pandémie”. Légalement, un même groupe audiovisuel ne peut en effet détenir plus de dix canaux dans l’Hexagone, TF1 et M6 et détenant treize à l’heure actuelle, ce qui obligerait la nouvelle entité à mettre en vente trois chaînes.

Avec respectivement 7900 (TF1) et 7600 heures (M6) de programmes annuels dans les jeux, magazines et divertissements, ce nouvel ensemble “constituerait de très loin le premier partenaire des producteurs indépendants de flux”, devant France Télévisions, qui représente 11 000 heures environ à l’heure actuelle. “Quelle place sera faite dans ce nouvel ensemble aux programmes et formats « made in France » ?, questionne le Spect, qui s’interroge par ailleurs sur les garanties apportées “en termes de diversité et sur la place de la production indépendante dans tous les genres de programme.” Alors que le processus devrait durer au minimum jusqu’à la fin de l’année 2022, le syndicat veut enfin croire que l’Autorité de la concurrence et le CSA “joueront à n’en pas douter un rôle déterminant pour préserver un tissu dynamique de créateurs indépendants”.