Hervé Bourges, grande figure des médias français, est mort

24 février 2020
Figure incontournable de l'audiovisuel français, ancien président du CSA, Hervé Bourges est décédé le 23 février à l'âge de 86 ans.

 

Figure incontournable de l’audiovisuel français, Hervé Bourges est décédé le 23 février à l’âge de 86 ans.

 

Né le 2 mai 1933 à Rennes, il sort diplômé de l’ESJ de Lille en 1955 et débute sa carrière en écrivant pour le journal Témoignage chrétien, qui milite contre la guerre d’Algérie. En 1957, il part faire son service militaire en Algérie. A son retour, il travaille au cabinet du garde des Sceaux du Général de Gaulle, Edmond Michelet, et devient en 1963 conseiller d’Ahmed Ben Bella, le premier président du pays après l’indépendance. Après la chute de ce dernier, il choisit de rester dans le pays et devient conseiller du ministre de l’Information Bachir Boumaza. Il finit par quitter l’Algérie et va au Cameroun pour créer l’Ecole de journalisme de Yaoundé.

 

Il revient en France et devient directeur puis président de l’ESJ de Lille en 1976. Il prend alors la direction de RFI, puis celle de TF1 jusqu’à sa privatisation en avril 1987, avant de diriger Antenne 2 et FR3 jusqu’en septembre 1992, date à laquelle les deux chaînes publiques deviennent le groupe France Télévisions. Il ne se présente pas à sa succession, et devient ambassadeur de France auprès de l’Unesco. En janvier 1995, François Mitterrand le nomme président du CSA. Jacques Chirac lui propose par la suite de devenir son ministre de la Coopération. Il décline l’offre et devient président de l’Union internationale de la presse francophone en 2001.

 

Tout au long de sa carrière, Hervé Bourges écrit également plusieurs ouvrages autobiographiques, comme De mémoire d’éléphant, mais également des livres sur sa propre expérience du monde de l’audiovisuel et des médias – La Télévision du public –, ou encore sur le tiers-monde – Les 50 Afriques. Outre son importance dans le paysage audiovisuel français, Hervé Bourges laisse l’image d’un homme humaniste, profondément passionné par l’Afrique et ardent défenseur de la francophonie.

 

Mathieu Gallet, l’ancien directeur de Radio France et de l’Institut national de l’audiovisuel, lui a rendu hommage en ces termes : « Hervé Bourges, c’était l’Algérie, c’était l’Afrique, c’était la francophonie, c’était le journalisme, c’était l’audiovisuel public, c’était tout l’audiovisuel. C’était une conscience. »