France 2 lance le 22e festival de Luchon avec « Le Diable au coeur »

6 février 2020
La 22ème édition du Festival des créations télévisuelles de Luchon Pays Comminges-Pyrénées s'est ouverte, mercredi 5 février

 

La 22ème édition du Festival des créations télévisuelles de Luchon Pays Comminges-Pyrénées s’est ouverte, mercredi 5 février, avec la projection de l’unitaire Le Diable au cœur (93′), produit par French Cancan Productions (Nicolas Traube) pour France 2.

 

Porté par Zabou Breitman, Maxence Danet-Fauvel et Yvon Back, ce drame psychologique réalisé par Christian Faure d’après un scénario de Laura Munoz et Bernard Minier raconte la descente aux enfers d’une femme de 50 ans, directrice d’une agence du Service pénitentiaire d’Insertion et de Probation, qui tombe amoureuse d’un homme de 20 ans sorti de prison, manipulateur et dangereux, dont elle est en charge du dossier. Un sujet difficile « auquel n’a pas cru le CNC, contrairement à deux directrices de la fiction de France Télévisions », a confié Nicolas Traube en présentant le film en compagnie des comédiens, Zabou Breitman saluant pour sa part un scénario, le premier signé pour la télévision par Bernard Minier, « absolument incroyable ».

 

Zoom sur le documtenaire et les unitaires

L’ouverture officielle du festival avait auparavant été prononcée par Patrick Timsit, président du jury fiction, et la productrice Patricia Boutinard-Rouelle, membre du jury documentaire, qui remplaçait au pied levé Michèle Cotta, retenue à Paris par une mauvaise grippe. Plus largement, cette édition 2020 est marquée par la place croissante accordée au genre documentaire et aux unitaires, dans l’optique de se démarquer des festivals dédiés aux séries créés ces dernières années, comme Séries Mania Lille ou Canneseries.

 

Pour mieux affronter cette concurrence richement dotée, son délégué général pour la deuxième année consécutive, Christian Cappe, a profité de la présence des élus locaux – région, département, communauté de communes et mairie – pour appeler à un financement du festival non plus d’une année sur l’autre, mais sur plusieurs années : « le festival est aujourd’hui comparable à une PME riche de 160 collaborateurs bénévoles, mais une PME qui n’a pas droit aux business plans puisque subventionnée à un an (…). Il faut regarder le futur et mettre en place un plan de développement triennal ambitieux et courageux, afin de prendre une place définitive parmi tous les festival français et internationaux qui évoluent dans la planète de l’audiovisuel et du cinéma. »

 

« Associer climat et audiovisuel »

 

Le délégué général du festival de Luchon a également mis l’accent sur les rencontres et débats organisés cette année, en plus des projections et autres séances de dédicaces, à l’image de la table ronde organisée ce jeudi 6 février sur la place des femmes, réalisatrices et comédiennes en tête, dans l’audiovisuel hexagonal, avec notamment la présence des productrices Laurence Bachman et Julie Gayet : « Luchon est non seulement un festival de fiction et de documentaire mais c’est aussi un festival qui sert l’intérêt général. Nous allons parler cette année de diversité, de la place des femmes dans les médias, mais aussi de climat. Parce que l’origine de la ville de Luchon est basée sur la géothermie, parce qu’elle compte notamment un hôtel construit il y a deux ans reposant entièrement sur ce principe, ce festival a toute la légitimité pour devenir la manifestation de référence en France quand il s’agit d’associer climat et audiovisuel. » Enfin, dernier fait marquant de cette 22e édition : afin d’accompagner l’évolution des usages, les webséries et programmes digitaux ne sont plus cantonnés à une sélection et un jury à part. Les deux seuls jurys de la manifestation, fiction et documentaire, auront ainsi pour mission de départager l’ensemble des productions, digitales ou linéaires.

 

Onze trophées, réalisés par un sculpteur installé à Luchon, seront remis lors de la cérémonie de clôture, samedi 8 février.