Mot de passe oublié
Cancel

Rss

Rencontre avec Eric Tolédano et Olivier Nakache

 

Après le triomphe d’Intouchables (19,4 millions d’entrées) puis les succès de Samba et le Sens de la fête (3 millions d’entrées chacun), le nouveau film d’Eric Tolédano et Olivier Nakache, Hors normes, est projeté sur les écrans français depuis ce mercredi 23 octobre. Les deux réalisateurs et le directeur de la distribution de Gaumont, Jérôme Hilal, évoquent la production et le plan de sortie de ce film présenté en clôture du dernier Festival de Cannes.

 

« Hors normes«  aborde un sujet bien plus grave que celui de vos œuvres précédentes : l’accompagnement des enfants autistes. Avez-vous rencontré des difficultés pour la production du film ?

 

Eric Tolédano – Nous avons envoyé le scénario à nos partenaires habituels dont TF1, Canal+ et Gaumont en leur expliquant clairement qu’on souhaitait s’orienter vers un sujet, de prime abord, plus complexe que précédemment. Nous étions préparés au fait de pouvoir aller à la rencontre de nouveaux partenaires et pourtant, Nathalie Toulza-Madar et toute l’équipe de TF1 nous ont suivis immédiatement. De même que les équipes de Canal+ et de Gaumont. Le financement n’a donc pas été plus complexe que précédemment.

 

Bien que « Hors normes » ne soit pas dénué d’humour, vous avez clairement essayé de le vendre comme un film dramatique, notamment avec la bande-annonce, alors que l’affiche s’avère plus solaire. Pourquoi cette stratégie ?

 

Jérôme Hilal – Il était impossible de mettre en avant l’humour du film en le sortant de son contexte. Cependant, même si Eric et Olivier assument le fait de naviguer constamment entre le drame et la légèreté, le grand public et la presse les identifient clairement comme des auteurs de comédie. C’est ce qui ressortait des nombreux articles de presse qui ont présenté le film comme tel. De fait, il était préférable de nous positionner clairement comme un film dramatique, notamment sur la bande annonce.

 

Olivier Nakache – Cela a nécessité beaucoup de travail pour aiguiser notre message et être cohérent avec ce que le film véhicule. Quant à l’affiche, elle résulte surtout de notre sélection inattendue à Cannes alors que le film était en cours de finition et que nous n’avions aucun élément marketing en place. Cette photographie qui vend le duo Vincent Cassel-Reda Kateb s’est très vite imposée. Elle s’est avérée très impactante puis a été complètement associée au film. A tel point que nous avons décidé de ne pas la changer.

 

Pensez-vous que votre film puisse influencer les pouvoirs publics dans leur soutien aux associations d’aide aux personnes fragiles ?

 

ET  Hors normes pose avant tout des questions quant à l’accompagnement de personnes subissant un autisme extrême ainsi que leurs accompagnants. Mais comment on y répondra, cela dépasse largement le cadre du film. A notre niveau, nous avons décidé, avec notre producteur Nicolas Duval Adassovsky, d’offrir 5% des bénéfices du film aux associations au cœur de l’histoire.

 

Pouvez-vous nous parler de votre large plan de sortie sur 560 copies ?


JH
 – Les films d’Eric et Olivier ne nécessitent pas une réflexion autour du placement des copies car la plupart des exploitants souhaite les diffuser. Notre stratégie consiste surtout à mettre en place une sortie adaptée en fonction de chaque territoire, sans trop « arroser » le marché. Tout l’enjeu aura donc été de sortir sur le bon nombre de salles, sans trop diluer les combinaisons ville par ville et en visant des démarrages en deuxième ou en troisième voire parfois quatrième semaine afin de laisser le temps au bouche à oreille de s’installer.

 

Comment les ventes internationales se déroulent-elles ?


ET
 – Le film a déjà été vendu dans plus de 40 pays. Nous sortons très prochainement au Pays-Bas, en Suisse et en Belgique. Nous bénéficierons d’une sortie très importante au mois de décembre en Allemagne où nous participerons à une grande avant-première à Berlin. Nous serons aussi à Jérusalem puis à Tel Aviv pour la sortie en Israël. Nous attendons beaucoup de la sortie espagnole après nos deux prix à San Sebastián puis à Malaga. L’Italie est un territoire également incontournable pour nous. Tout comme le Japon où nous sommes toujours sortis.

 

Comme membres de L’ARP, quels seront, selon vous, les principaux enjeux des Rencontres de Dijon qui se dérouleront du 6 au 8 novembre ?

 

ET : En ce qui nous concerne, nous avons à cœur de maintenir un système qui nous a permis d’exister. C’est grâce aux aides du CNC, des régions ou des fonds de soutien que nous avons pu réaliser notre premier film. Pour nous, l’exception culturelle est un trésor. Au cours de nos nombreux voyages, il n’y a pas un pays où on ne nous a pas dit que la France disposait du meilleur système pour protéger sa cinéphilie. Il y a très peu de films allemands en Allemagne et très peu de films italiens en Italie alors que 40% de notre marché est composé de films français.

 

ON : Nous avons encore de nombreux combats à mener de front. D’autant plus que nous sommes en pleine mutation. La mission principale de L’ARP est de veiller à ce que les créateurs et les spectateurs continuent de se rencontrer. L’important est de faire en sorte que nos successeurs puissent avoir les mêmes opportunités que nous de faire des films. Nous avons eu la chance de bénéficier d’un système bien élaboré par des gens qui nous ont précédés. Alors anticipons, nous aussi, pour que ceux qui arriveront derrière nous puissent également profiter de ce système et que le cinéma français continue de rayonner en France et à l’international.

 

 

Propos recueillis par Nicolas Colle

 

 

Share Button