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Les Lumières sacrent « Les Misérables » de Ladj Ly à l’Olympia

 

Prestigieuse édition que celle des 25e Lumières de la presse internationale ! La cérémonie s’est déroulée le lundi 27 janvier à l’Olympia et était retransmise en clair sur Canal+. Dix films ont été récompensés, dont deux qui sont en lice pour les Oscars : Les Misérables de Ladj Ly, multiprimé, et J’ai perdu mon corps de Jeremy Clapin.

 

Il y a des absences que l’on pardonne… Quoique ! Elles signifient pourtant l’excellence du cinéma français qu’a consacré une nouvelle fois et avec faste la 25e cérémonie des Lumières de la presse internationale. Mais, Ladj Ly et son équipe, pourtant primé à trois reprises pour Les Misérables, en tant que meilleur film, meilleur scénario et révélation masculine, et Jérémy Clapin, récompensé au titre du meilleur film d’animation, pour J’ai perdu mon corps, n’ont pu venir chercher en personne leur prix. Ils étaient retenus par Hollywood dans la dernière ligne droite de la longue campagne pour les Oscars qui seront remis le 9 février prochain. Ils ont sans doute raté la soirée de l’année !

 

Pour leurs 25 ans, Les Lumières de la presse internationale, ces récompenses attribuées par 130 correspondants en France de la presse internationale et qui représentent 40 pays différents, avaient fait les choses en majesté. Pour la première fois, la soirée avait lieu dans la mythique salle de l’Olympia et était retransmise en clair, en direct et en exclusivité sur Canal +.

 

Et elle fut riche en émotion et en représentants prestigieux du cinéma français. C’est Isabelle Huppert, qui détient le record de la comédienne française la plus récompensée aux Lumières, avec quatre prix, qui présidait la cérémonie, présentée par Isabelle Giordano, en qualité d’ancienne madame cinéma de Canal+ et ex-directrice générale d’Unifrance.

 

A leurs côtés, deux invités d’honneur : le réalisateur Costa-Gavras, qui contribue par son œuvre et sa fonction de président de la Cinémathèque au rayonnement du cinéma français dans le monde et à qui Mathieu Kassovitz, l’interprète de son film Amen a rendu un vibrant hommage, et l’acteur et cinéaste italien Roberto Benigni, lauréat du Lumière du meilleur film étranger en 1999 pour son film La vie est belle, Grand prix du Jury au Festival de Cannes et triplement oscarisé.

 

Côté palmarès de cette 25e édition, ce sont Les Misérables, le premier film phénomène de Ladj Ly, favori avec sept nominations, qui repart avec le plus de prix. Il s’impose en tant que meilleur film, meilleur scénario remis à Ladj Ly, Giordano Gederlini et Alexis Manenti, ce dernier étant de plus récompensé de la révélation masculine.

 

Un autre film est primé plusieurs fois : Portrait de la jeune fille en feu Céline Sciamma, qui figurait comme Les Misérables au palmarès du Festival de Cannes 2019. Il est salué pour l’admirable prestation de la jeune Noémie Merlant, sacrée meilleure actrice ainsi que pour la très belle photo de Claire Mathon, primée dans la catégorie meilleure image.

 

L’excellence renouvelée du cinéma français

 

Les huit autres prix remis dressent un panorama réjouissant de la variété de la création cinématographique française et salue son éternel renouvellement.

 

L’audace a été récompensée avec l’atypique film d’animation pour adultes, J’ai perdu ma main de Jérémy Clapin, Grand prix de la Semaine de la critique 2019 et en lice pour les Oscars, sacré meilleur film d’animation.

 

Le talent de jeunes créatrices est aussi reconnu. Celui de Laure de Clermont-Tonnerre, dont Nevada s’impose comme meilleur premier film ; Nina Meurisse, raflant, elle, la révélation féminine pour son rôle intense dans Camille de Boris Lojkine.

 

Le palmarès fait aussi la part belle à des talents confirmés et pourtant pas assez récompensés. C’est le cas de Roschdy Zem dont la prestation comme commissaire de police dans Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin lui vaut d’être sacré meilleur acteur. Ou de la réalisatrice Yolande Zauberman dont le glaçant M repart avec le prix du meilleur documentaire.

 

Enfin, des habitués des palmarès internationaux se partagent les trois dernier prix. Roman Polanski, qui ne s’est pas déplacé, se distingue par la meilleure mise en scène pour J’accuse. Le compositeur Alexandre Desplats ajoute un trophée de plus à sa longue collection en étant récompensé de la meilleure musique pour Adults in the Room de Costa-Gavras. Le réalisateur Elia Sulieman et son film It must be heaven, eux aussi distingués au Festival de Cannes 2019, repartent avec le prix de meilleure co-production internationale créé cette année afin de mettre en avant que le cinéma français rayonne aussi à travers le financement – à hauteur minimale de 30% du budget total – d’œuvres venus d’autres pays.

 

La soirée très vivante a été émaillée de courtes présentations des films en lice par des membres de l’Académie des Lumières. Ils en défendaient les qualités et mettaient en avant la richesse de leurs regards venus du monde entier et la pertinence d’avoir un cinéma français fort et créatif, au rayonnement mondial incontestable.

 

Enfin, de nombreux talents sont venus eux aussi remettre des prix ou distribuer des hommages : Fanny Ardant, Jeanne Balibar, Gad Elmaleh, Monia Chokri, Felix Maritaud ou Elodie Bouchez… La cérémonie des 25e Prix Lumières semblant une fois de plus préfigurer un palmarès qui pourrait se confirmer aux prochains César, prévus le 28 février prochain.

 

Véronique Le Bris

 

Le palmarès 2020

 

Meilleur Film

Les Misérables de Ladj Ly

 

Meilleure mise en scène

Roman Polanski – J’accuse

 

Meilleure Actrice

Noémie Merlant – Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

 

Meilleur Acteur

Roschdy Zem – Roubaix, une lumière d’Arnaud Depleschin

 

Meilleur Scénario

Ladj Ly, Giordano Gederlini et Alexis Manenti – Les Misérables

 

Meilleure Image

Claire Mathon – Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

 

Révélation féminine

Nina Meurisse – Camille de Boris Lojkine

 

Révélation masculine

Alexis Manenti – Les Misérables de Ladj Ly

 

Meilleur Premier film

Nevada de Laure de Clermont-Tonnerre

 

Meilleure Coproduction internationale

It must be heaven de Elia Suleiman

 

Meilleur Film d’animation

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin

 

Meilleur Documentaire

M de Yolande Zauberman

 

Meilleure Musique

Alexandre Desplat – Adults in the Room de Costa-Gavras

 

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