Ecran total Le Quotidien

№4972 • mardi 23 juin 2026

Spécial Annecy 2026

ENTRETIEN

Mickaël Marin, directeur général de Citia : “Cette édition marque l’ouverture d’un nouveau chapitre”

Comment s’annonce cette édition du festival d'Annecy, que vous avez qualifiée de “plus stratégique que jamais” lors du Festival de Cannes ?

Elle se présente très bien. Sur le contenu, nous avons une très belle sélection avec de nombreux longs métrages très attendus. Certains ont déjà eu une première vie à Cannes, mais la majorité va débuter sa carrière internationale ici à Annecy. A cela s'ajoute un nombre impressionnant d'avant-premières, de rétrospectives et de personnalités présentes. Sur le papier, c'est un très beau millésime.

Le MIFA, lui, se déroule dans un environnement qui reste compliqué selon les territoires. L'industrie est en train de se réinventer. Le marché arrive donc à point nommé pour permettre le débat et relancer l'activité, de par les rencontres, le lancement de nouvelles coproductions, et les ventes. Cette semaine va générer de la valeur pour quelques mois, voire quelques années.

Par ailleurs, cette édition est stratégique pour CITIA, organisation qui fête ses 20 ans. Avec l'ouverture de la Cité internationale du cinéma d’animation, nous passons d'un paradigme très événementiel à quelque chose de plus vaste. Ouvrir un équipement culturel de cette dimension marque la fin d'un chapitre et l'ouverture d'un nouveau.

Alors que les financements ont tendance à se raréfier, CITIA a toujours pu bénéficier du soutien de ses partenaires.

Le développement de l’écosystème à Annecy est le fruit de décennies d’un travail collectif et d’une entente constante entre les collectivités et l'État. La ville d'Annecy, le département de la Haute-Savoie, la région Auvergne-Rhône-Alpes et l'État, via le CNC, ont répondu présents, y compris pour la rénovation et le fonctionnement de la Cité. Aujourd’hui, le budget de CITIA est de 13 millions d’euros, contre dix en 2025, avec plus de 60 % de recettes propres. Une très bonne performance pour un établissement public dans le domaine culturel.

L’animation française était présente en force lors du Festival de Cannes. Comment Annecy s'inscrit-il dans cette dynamique ?

Il faut voir le sujet sous plusieurs angles. Pour un film, le fait de passer à Cannes puis à Annecy est un très bon combo. Nous l'avons déjà vu par le passé : cela fonctionne bien pour mettre un film sur orbite, à la fois pour sa sortie en salles et dans le cadre des campagnes des Oscars, des Césars ou des Golden Globes. Annecy complète, et même amplifie, l'élan donné à Cannes.

Cela dit, attention à ne pas tout lire à travers le prisme franco-français. Ce qui se passe à Cannes ne représente pas l'animation mondiale. Nous, nous amenons un autre périmètre, avec un nombre de films projetés sans commune mesure. Et l'erreur que font encore parfois certains distributeurs, c'est de ne pas venir à Annecy quand ils ne peuvent pas être à Cannes. Nous avons vu des films disparaître alors qu'ils avaient un potentiel immense pour briller ici. C'est une vraie erreur stratégique.

Annecy fait désormais partie des manifestations accréditées par la FIAPF, au rang de festival de catégorie A, aux côtés de Cannes et Clermont-Ferrand en France. Que signifie cette reconnaissance ?

C'est avant tout une reconnaissance symbolique qui peut avoir un impact positif sur le regard que portent les producteurs, distributeurs et vendeurs sur Annecy. Même si cela fait quelques temps, il est désormais acté que le festival fait partie de la cour des grands. Il est important que, parmi tous les festivals, l’un d’entre eux représente l'animation et défende une certaine façon de montrer des films. Chacun a sa ligne éditoriale, ses particularités. Si demain la voix d’Annecy peut peser davantage, alors tant mieux.

Cette année, pas de pays à l'honneur, mais une forte présence du Japon. Est-ce un signe de rapprochement entre les industries française et japonaise ?

Nous sentons depuis quelques années un vrai changement d'état d'esprit. Il y a 20 ou 25 ans, les coproductions franco-japonaises étaient très compliquées pour des raisons culturelles. Aujourd'hui, les institutionnels et les studios japonais sont dans une approche beaucoup plus ouverte. Il existe un grand respect mutuel et une envie de collaborer bien plus forte.

Le renouvellement côté Japonais peut être une explication. Une partie importante de leur production repose depuis des années sur des titres bien connus. Certains grands studios sentent la nécessité d'aller chercher d'autres propriétés intellectuelles, d'autres souffles. Et puis une nouvelle vague de créateurs plus ouverte sur l'Occident se fait une place. Cette influence vaut aussi dans l’autre sens. En France, toute une génération a été biberonnée à l'animation japonaise. De plus, l'animation française a beaucoup voyagé ces vingt dernières années et a touché les créateurs japonais avec des films comme Arco, Amélie et la métaphysique des tubes, J'ai perdu mon corps. C'est un vrai momentum. Annecy entend être une plateforme qui favorise les rencontres et qui crée un environnement propice à la collaboration.

ENTRETIEN

Véronique Encrenaz, responsable du Mifa : “Cette édition va refléter l’état de l’industrie"

L'an dernier marquait les 40 ans du MIFA. A quoi ressemblera cette 41e édition ?

L'une des grandes nouveautés est l'organisation de nombreux ateliers le lundi. Comme le marché est déjà extrêmement chargé du mardi au vendredi, il était impossible d'y ajouter des événements. D’autant que les professionnels issus de 118 pays arrivent de plus en plus tôt et ont tendance, contrairement à d’autres marchés, à rester longtemps pour tirer profit des nombreux rendez-vous. 

Quelle est la dynamique côté accréditations et présence internationale ?

L'an dernier, nous comptions 18 300 accrédités et la tendance est similaire en 2026. La France, les États-Unis et le Royaume-Uni restent en tête, aux alentours de 1 000 participants chacun. L'Espagne est en pleine explosion, portée notamment par les importantes aides fiscales des Canaries. 

Du côté de l'Asie, le Japon sera très présent cette année. Si certains pays d’Afrique seront sur place, la présence institutionnelle reste limitée. En Amérique latine, la situation est difficile, à l'exception du Brésil qui affiche une forte volonté de renforcer sa présence pour les prochaines éditions.

Sachant que la plateforme MIFA Online permettra une ouverture au plus grand nombre…

Notre volonté est de nous adresser à tous les pays qui ont envie d’être en contact avec la communauté de l’animation. La plupart ont renouvelé leur présence et ont même agrandi leur bâtiment, mais il n'empêche que certains sont encore empêchés. Nous voulions permettre aux délégations qui ont envie que leurs entreprises continuent à développer leur industrie, mais qui n’ont pas pu venir, d’être présentes à distance via notre plateforme et bénéficier des nombreux événements et conférences que nous allons capter sur place.

L’espace Cross-IP est l’un des nouveaux piliers de cette édition. Les stratégies transmédias sont-elles une réponse aux difficultés de financement de l’industrie ?

En partie, oui. Les modèles économiques sont différents selon les supports, et chacun à ses propres modes de financement. La BD, le jeu vidéo ou les réseaux sociaux permettent de tester des communautés à moindre coût avant de se lancer dans un long métrage qui mobilise plusieurs années de travail. En ce sens, le lundi accueillera le Cross-IP Accelerator Program, mené en partenariat avec l’EFM à Berlin sur huit mois. Cette édition va refléter l'état de l'industrie. Après les 40 ans du MIFA, il était logique de se remettre en question pour s'adapter aux modèles qui changent.

Qu’en est-il de l'initiative MIFA Invest qui s'adresse à l'investissement privé ?

Pour qu'une société soit solide, elle doit conserver ses droits, générer des revenus de ses IP et chercher des investisseurs qui croient en sa force à développer du contenu de qualité distribué dans d’autres pays. Nous invitons des studios qui ont franchi ce cap pour qu’ils expliquent leur parcours. Le jeu vidéo est déjà familier de ces mécanismes ; l'idée est de voir comment les transposer à l'animation.

Des tendances se dégagent-elles parmi les projets qui constitueront les Pitchs MIFA ?

La programmation reflète notre volonté d’apporter de la diversité avec 40 % des contenus tournés vers un public adulte. Sur le plan thématique, le développement durable, l’écologie et la guerre demeurent des sujets récurrents, dans la continuité des dernières années. Côté techniques, nous observons un véritable retour aux savoir-faire traditionnels de création : la 2D et le stop-motion sont largement représentés, tandis que la 3D est plus rare et que la XR reste marginale. Cette tendance traduit une réaction à la montée des technologies temps réel et de l’intelligence artificielle, y compris dans les projets d’étudiants. 

Quelle place occupera l'intelligence artificielle durant le marché cette année ?

Nous réunirons environ 70 professionnels sélectionnés pour leur expérience et leur diversité géographique, afin d’échanger sur leurs pratiques. Nous en ferons un compte rendu qui dressera un état des lieux de l'IA en animation. L'exercice sera reconduit sur trois ans.

L'European Animation Summit s’annonce également comme un événement important.

Les politiques n'ont jamais vraiment utilisé le MIFA comme tribune, alors que nous sommes le premier événement mondial de l'animation. Il nous paraît essentiel que les sujets qui concernent l'animation se défendent à Annecy. Cette édition réunira les délégations européennes autour des enjeux réglementaires. Gaëtan Bruel, président du CNC sera accompagné de Désirée Finnegan, son homologue chez Screen Ireland, puisque le pays prend la présidence du Conseil de l'UE pour les six prochains mois. L'ensemble des acteurs ont tout intérêt à ce que l'Europe soit un marché fort pour animation et à prendre exemple sur le cadre européen pour s'organiser eux-mêmes en tant qu'industrie dans leur région.

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SECTEUR

Animation française : une excellence à préserver

L'année écoulée a été marquée par une visibilité internationale exceptionnelle pour le cinéma d'animation français. Présences remarquées à Cannes, nominations aux Oscars : les films français ont une fois de plus confirmé leur place d'exception sur la scène mondiale. Pour Samuel Kaminka, président d'AnimFrance, ces succès témoignent d'une vitalité créative indéniable. “C'est encore une preuve éclatante de la créativité des studios et des artistes français, souligne-t-il. Peu de producteurs peuvent se prévaloir d’autant de succès et d’estime.” L’animation française n’est pas en reste sur le plan de l’audiovisuel. Sur France Télévisions, les contenus d'animation représentent une part importante du trafic, supérieure à leur volume de production. Selon l’étude du CNC consacrée à la production audiovisuelle aidée, publiée en juin 2026, le groupe reste le premier financeur de l’animation audiovisuelle, avec un investissement en très nette hausse à hauteur de 36,9 millions d’euros en 2025.

“Tous ces éléments disent bien que l’animation française est un secteur d’avenir”, observe le président du premier syndicat dédié en France. À condition d’être vigilant et d’en prendre soin. “Il est toujours question de crise de l’animation, poursuit Samuel Kaminka. “Mais ce n'est pas une crise de talent, de studios, ou de reconnaissance. C’est avant tout une crise de financement liées à de grands mouvements tectoniques, à d’importantes évolutions du marché et à la révolution des usages.”

Des piliers essentiels à conserver

La crise de financement que traverse le secteur tient à plusieurs facteurs. Concurrencés par YouTube et les réseaux sociaux, les diffuseurs traditionnels, principaux préfinanceurs des œuvres, perdent en audience, et donc en revenus publicitaires. Cette dynamique érode leur capacité d'investissement dans la création. France Télévisions, pierre angulaire du financement de l'animation française, n'échappe pas à ces tensions. “Nous avons besoin, en temps de crise, d'un service public fort et structuré et qui ait des moyens conformes à ces objectifs, plaide le président d'AnimFrance, en pointant du doigt la récente commission d’enquête et les menaces pesant sur l’audiovisuel public. Nous avons besoin que France Télévisions ait une trajectoire financière stable, solide. Cette prévisibilité est indispensable au vu des cycles de développement et de production longs de l’animation.”

Pour autant, l’animation française peut toujours compter sur le soutien du CNC, autre pilier de son écosystème, récemment attaqué.. “Le CNC ne coûte pas un euro au contribuable puisque l'industrie se finance elle-même”, souligne Samuel Kaminka, rappelant que si l’animation française rencontre un tel succès, cela est aussi dû au crédit d’impôt. Le dispositif joue un rôle déterminant dans l'attractivité de l'Hexagone pour les coproductions internationales. Autre atout pour la France :  la présence de talents français et de formations de qualité soutenue par le CNC, complémentaires à l’avantage fiscal du crédit d’impot. “Il suffit qu’un seul de ces maillons fasse défaut pour mettre en danger l’industrie”, alerte toutefois le président d’AnimFrance.

YouTube et plateformes : la bataille des obligations

La question de la contribution des plateformes à l’animation reste centrale. Les producteurs français s’étaient déjà réjouis, en janvier 2025, de la place de l’animation dans les accords signés par les syndicats et Disney+. Ils prévoient que la plateforme, parmi tous ses financements alloués à la création, flèche 12 % à l’animation. 

Un an plus tard, en janvier 2026, l’entrée en vigueur de l’ajustement du décret SMAD a constitué une nouvelle avancée pour l’industrie. AnimFrance avait alors salué la mise en place d’une clause de diversité de 20%, assortie d’une quote-part de 75% dédiée à la production inédite. Cette modification doit permettre de favoriser l’investissement des plateformes dans de nouvelles œuvres d’animation, de documentaire et de spectacle vivant et pas uniquement dans le rachat de catalogues. Des accords interprofessionnels viendront préciser le pourcentage attribué à l’animation pour chaque plateforme. “Les discussions sont en cours”, assure le président d’AnimFrance. 

YouTube demeure un sujet épineux. Comme les autres plateformes de streaming gratuites, la a plateforme bénéficie d'un abattement fiscal de 66 % historiquement sur la taxe sur la diffusion en vidéo physique et en ligne de contenus audiovisuels (TSV). De plus, elle n’est pas soumises aux règles européennes de financement de la création : “On ne peut pas être un acteur aussi important du secteur sans contribuer à la création. C'est une anomalie qui, dans le contexte de l'exception culturelle, ne doit pas durer”, dénonce le président d'AnimFrance, qui milite pour la suppression de l’abattement et l'instauration d'obligations d'investissement dans la création.

SÉLECTION

Cinq talents présents à Annecy à suivre

Etienne Bonnet

Jeune auteur français, Etienne Bonnet se retrouve en compétition officielle à Annecy pour la première fois.Son film, Les Pelures d’estomac, dernier volet d’une trilogie sur ses problèmes de santé, est présent dans la section court-métrage. Le réalisateur commence à devenir un habitué d’Annecy. En 2024, son court Craque Ganache avait été diffusé lors de la cérémonie de remise des Prix Spéciaux, suivi en 2025, de L’Horizon du Bout du nez, présenté en clôture du festival. L’ancien étudiant dans le domaine du bruitage travaille aussi bien en animation 2D sur ordinateur, qu’en utilisant des techniques plus traditionnelles à l’aquarelle. Il aime également explorer la stop-motion. Etienne Bonnet est aussi dessinateur et a auto-édité son premier ouvrage en 2023 dans lequel il fait part de son expérience de travailleur saisonnier : La Saison des asperges.

Compétition officielle Courts-métrages : Les Pelures d'estomac

Lola Lefèvre

Après avoir dévoilé sa série Beasties, produite par Silex Films et développée avec France TV, récompensé du Prix TitraFilm aux Pitchs Mifa 2025, Lola Lefèvre s’est fait un nom dans le paysage de l’animation française grâce à des lignes marquées, un univers coloré et empreint de surréalisme. La réalisatrice, née en 1999, s’était faite remarquer avec son film Maman, il a quoi le chien ?, réalisé à la fin de ses études à l’Atelier Supérieur d’animation, dont elle est sortie diplômée en 2021. Il a été distingué aux festivals d’Annecy en 2022, Animafest à Zagreb et Premiers Plans à Angers. S’en était suivi un cursus à La Poudrière à Bourg-lès-Valence, achevé en 2023 à l’issue duquel elle avait réalisé La Meuf de Jay, en partenariat avec Canal+. En 2024, elle signait la réalisation du clip Ye Kou Si Kuo du groupe français Naive New Beaters, chez Miyu Productions, récompensé par le Cristal pour un film de commande lors du Festival international du film d'animation d'Annecy. Pour l’édition 2026, Lola Lefèvre est membre du jury Longs métrages Contrechamps.

Jocelyn Charles

Formé aux arts appliqués à l’école Boulle, suivi d’un passage à l’école Estienne puis aux Gobelins où il a affiné son dessin et sa maîtrise de l’animation, Jocelyn Charles développe un univers bien à lui. Le réalisateur et illustrateur a commencé à développer son univers autour de la monstruosité par des clips musicaux, notamment Hématome pour le groupe français L’Impératrice, puis How Do I Make You Love Me de The Weeknd. Ce dernier, emprunt d’une esthétique horrifique, flirtant avec le gore, lui a donné envie de poursuivre dans cette voie à travers une histoire originale et plus personnelle. Il présente ainsi son court-métrage Dieu est timide à Annecy, après un premier passage remarqué durant la Semaine de la critique à Cannes en 2025. Le film, au style influencé par la culture japonaise, est produit par Remembers, studio fondé par Ugo Bienvenu et Félix de Givry, avec qui il collabore depuis 2020.

Compétition officielle Courts-métrages : Dieu est timide

Paul Mas

La spécificité de Paul est d’utiliser la stop-motion pour traiter des thématiques sociétales liées à l’enfance et à l’adolescence. Après l’obtention de son diplôme d'assistant réalisateur à l’EMCA d’Angoulême, où il a été formé de 2013 à 2016, il concourait pour les César 2022 avec son premier court-métrage professionnel, Précieux, produit par le studio Je Suis Bien Content. Une plongée dans la dure réalité de la cour de récréation, terrain de moqueries, de jugements où commence à naître la conformation sociale. Son attrait pour l’animation en volume est né à l’adolescence, après avoir regardé le making-of de L’Etrange Noël de Monsieur Jack. Avec Diorama, son nouveau projet de court métrage, le réalisateur s’est replongé dans le carnet qu’il tenait durant son adolescence pour traiter de bouleversements familiaux. Encore en développement, le film est produit par Vivement Lundi ! et a reçu le prix Ciclic lors du Festival national du film d’animation de Rennes, en avril 2026. 

Pitchs Mifa - Courts métrages : Diorama

Sybil Thélémaque

Autrice, réalisatrice et illustratrice, Sybil Thélémaque a débuté ses études en 2018 avec un DMA en Cinéma d’Animation, puis est entrée à l’EMCA d’Angoulême en 2021, où elle a obtenu son diplôme. En 2019, elle a remporté avec Aurore Muller-Feuga le prix de l’Institut français du meilleur court-métrage d’animation au festival La Semaine du son pour leur court-métrage Dissonance. En juillet 2020, son premier livre Le Mal de Mer des Parapluies en fleurs, un recueil de poésies et illustrations, est auto-édité. Sybil Thélémaque a travaillé pour des studios tels que Silex, Novanima et Miyu a des postes différents. En septembre 2021, elle est entrée en résidence à la Maison des auteurs pour y développer son projet de court-métrage d’animation Georgeta (Les Valseurs/Safe Frame) dont elle signe le scénario aux côtés de Lou du Pontavice. Elle a poursuivi ses recherches lors d’une autre résidence à Bucarest avec l’Institut français de Roumanie en 2023.

Pitchs Mifa - Courts métrages : Georgeta

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PRODUCTION

La Cachette révèle son premier long métrage en production déléguée : “Muyi, la légende du village des femmes”

Établi à Paris au fond d’une impasse, La Cachette porte bien son nom. Fondé en 2015, le studio a contribué à la production exécutive de nombreux projets en animation : Love, Death + Robots pour Netflix, les trois saisons de Primal diffusées sur Adult Swim ou l’un des épisodes de la saison 2 de Star Wars: Visions sur Disney+. Avec le long métrage de cinéma Muyi, la légende du village des femmes, la société, qui s’est taillée un nom dans le secteur, passe pour la première fois à la production déléguée. Le projet est porté par Julien Chheng, cofondateur de la société et très attaché à son indépendance de producteur. Le film est coproduit avec Duetto, autre studio qu’il a fondé à Avignon trois ans auparavant. C'est après le succès critique et public de Primal qu'il s’est dit “prêt pour passer à la réalisation de [sa] propre histoire.”

Un projet en circuit fermé

Le choix du sujet du film, lui, remonte à dix ans. D'origine chinoise et ayant grandi en France, Julien Chheng, tout comme Sujuan Xu, coautrice du scénario, a été marqué lors de voyages familiaux par “des villages entièrement habités par des femmes”, et par les témoignages recueillis sur des pratiques d'abandon d'enfants liées aux conditions de vie rurale. Le duo s’inspire de ces découvertes marquantes, mais aussi de la mythologie chinoise afin de raconter l'histoire de Muyi, 14 ans, habitante d’un village peuplée uniquement de femmes dans la province du Henan. Le jour de la fête des morts, elle invite une troupe ambulante à jouer le spectacle du Beau Général, guerrier légendaire nimbé de mystère.

Julien Chheng a écrit, produit et réalisé ce long métrage.

La phase d’écriture, menée avec Sujuan Xu, s'est étalée sur plusieurs années, suivie d'un storyboard réalisé seul par le réalisateur pendant un an et demi, en parallèle d'échanges avec son compositeur pour rythmer les séquences.

Le budget de 3 millions d’euros, constitué grâce aux fonds propres de La Cachette et Duetto, a permis, selon Julien Chheng, “d’être agile et rapide dans la fabrication”. Le film repose aussi sur des soutiens régionaux (Île-de-France, région Sud) et sur l'avance sur recettes du CNC, “déterminante pour sécuriser une partie importante du budget”, selon le réalisateur. MK2, qui assure les ventes internationales et Gebeka Films la distribution en France, ont suivi sur le projet, en amont de l'acquisition de Gebeka par KMBO en mars 2026.

Empreinte humaine

La fabrication, menée entièrement en France de février 2025 au printemps 2026, a mobilisé une quarantaine de personnes à La Cachette et une dizaine au sein de Duetto, à Avignon. “Malgré cette contrainte de timing importante en vue d’Annecy, tout s’est déroulé de manière fluide, relève Julien Chheng. Nous étions tous tellement motivés par le projet que nous voulions nous donner au maximum malgré un budget assez restreint. Ce film transpire l’humain.” Preuve au générique, l’auteur, inspiré par la peinture chinoise et la calligraphie, s'est lui-même impliqué sur le montage, le storyboard, le design des personnages et une partie du layout et de l'animation. L’homme à la double casquette de producteur et de réalisateur a mis un point d’honneur à ne pas recourir à l’intelligence artificielle en raison de son absence de régulation et d’un “coût technologique et environnemental encore inconnu”

La présentation à Annecy précède une sortie en salles prévue le 20 janvier 2027. “Nous avons pensé le film pour un public familial large, à partir de huit ans, jusqu'aux grands-parents, avec cette importance du dialogue intergénérationnel avec le lien entre Muyi et les habitantes du village, souligne Julien Chheng. Lors de l’écriture avec Sujuan Xu, nous avions le public chinois en tête. Ce serait un rêve de sortir le film en Chine où cette histoire, universelle, pourrait trouver un fort écho de même que dans d’autres pays.”

Spécial Sunny Side of the Doc 2026

LINE-UP

France Télévisions présente ses futurs projets à Sunny Side of the Doc

C’est l’un des grands événements de la 37e édition de Sunny Side of the Doc. Lundi 22 juin, à La Rochelle, la présentation du line-up de France Télévisions a rempli l’auditorium de professionnels du documentaire. Et c’est Antonio Grigolini, directeur éditorial des savoirs, qui a fait face à cette audience désireuse de découvrir les futures productions du service public. Mais d’abord, il a tenu à souligner que “le groupe est en train de se métamorphoser”. “De fortes incertitudes persistent concernant le budget de l’année prochaine et celui des suivantes”, a-t-il ajouté. Pour autant, l’exposé ne dément pas une volonté de faire du documentaire “un pilier essentiel au sein de la stratégie du streaming first”. Durant une heure, d’ailleurs, les ambitions ont clairement été affichées.

Le représentant du service public audiovisuel français a ensuite constaté qu’une “partie croissante des succès provient des séries”. “Nous croyons à la multiplicité des histoires, a-t-il souligné devant une salle attentive. Nous cherchons de plus des angles inédits.” Il a par la suite cité quelques exemples de futures séries. À l’instar de Léon, au-delà de l’or, sur le nageur Léon Marchand, coréalisé par son père Xavier Marchand. Toujours autour des sportifs, Antonio Grigolini a évoqué Vendée Globe, seuls autour du monde, qui suit six skippers dont Violette Dorange. Ce projet est l’exemple de dispositif immersif que recherche France Télévisions pour diversifier les formes du documentaire. Des caméras ont ainsi été accrochées aux voiliers.

L’histoire du temps présent

Puis le professionnel a mentionné deux pôles importants au sein de la nouvelle organisation de France Télévisions. La direction Science et nature a pour “mission de donner des clés de compréhension” et de décrire des processus en mouvement. Pour ce faire, “les formats sont et seront multiples”. Les documentaires peuvent prendre la forme d’une enquête, suivre une exploration ou participer à une aventure scientifique. Antonio Grigolini a rapporté des images du 90 minutes Méga-sécheresse, les défis d’un monde sans eau, qui a parlé à l’audimat en ces temps caniculaires. En outre, le groupe a mis en avant Nés pour courir, les secrets de l’endurance humaine, actuellement en développement. Ou bien Compost, le trésor caché de nos déchets, de 90 minutes aussi.

Du côté de la direction Histoire et arts, il s’agit désormais de se concentrer “sur l’histoire du temps présent”, afin de “mieux comprendre les racines de notre époque”. Dans ce cadre, les documentaires doivent porter “des promesses claires et des récits tendus”. Un soin particulier doit être apporté à l’intrigue, à l’image de ce qui a été fait pour CIA, les guerres secrètes de l’après 11-Septembre. C’est un 3x45 minutes. Cela dit, France Télévisions n’abandonne pas “le passé plus lointain”, même s'il sert quelque part à entrer en résonance avec des thématiques contemporaines. C’est le cas, par exemple, de Survivre ! Enquête sur la Peste noire, un 2x52 minutes. Il y a aussi le film de 90 minutes Nuit du 4-Août, l’abolition des privilèges.

Capter l'immédiateté du réel

Concernant la direction Géopolitique, l’idée est de renforcer l’offre. “Nous avons besoin d’enquêtes ambitieuses telles que ICE, la chasse à l’homme, a expliqué Antonio Grigolini. Nous lorgnons également vers des formats moins contraints ou incarnés lorsque le récit le justifie.” Le documentaire rend compte de la société du réel et permet de “dépasser la colère d’une séquence dans l’actualité”. Cela passe parfois par un recours à la fiction, comme pour 13-Novembre, le choix de Sonia. Pour d’autres projets, il s’agit de capter l’immédiateté du réel : Jusqu’à preuve du contraire, le médecin et les femmes exilées, un 60 minutes coréalisé par Lorraine de Foucher, en est un exemple. “Un fait marquant peut devenir le moteur d’un changement.

Au cours de son intervention, le directeur éditorial des savoirs a également défendu le documentaire d’auteur, une notion peu utilisée dans le secteur de l’audiovisuel et télévisuel. Pourtant, il a justifié un “accompagnement spécifique” à l’égard de ces productions telles que Réplica, intégré au programme 25 nuances de doc, et Élever au grain. Les projets peuvent venir du continent européen. Plus largement, Antonio Grigolini a vanté l’alliance Global Doc et a révélé les gagnants de l’appel à projets lancé en 2025. Il s’agit donc de Eclipse across Egypt et de The last gardians of Venice. “Nous avons à cœur d’impulser une logique de collaboration.” Le pôle Coproductions internationales et acquisitions s’occupe de chercher "le meilleur" partout dans le monde.

La présentation s’est conclue par l’offre documentaire qui continue de se déployer dans les directions Vie quotidienne et Jeunes publics. Cette dernière met par exemple l’accent sur “des portraits d’artiste ou des épopées sportives”. Enfin, le représentant de France Télévisions a dévoilé les chiffres de la parité : les réalisatrices pèsent pour 53 % des documentaires produits par le groupe et 38 % de ceux-ci sont diffusés en première partie de soirée.

TECHNOLOGIES

À Sunny Side of the Doc, l’utilisation de l’intelligence artificielle n’est plus un tabou

Pari réussi pour Plus de femmes dans les médias (PFDM). Lundi 22 juin, à La Rochelle, dans le cadre de la 37e édition de Sunny Side of the Doc, l’organisation a invité deux professionnelles à discuter de la place de l’intelligence artificielle dans l’espace du documentaire. La salle pleine, qui a pu compter sur la présence de la déléguée générale du marché, Aurélie Reman, a écouté attentivement Delphine Plantive et Pauline Butor sur ce sujet. La première, directrice de la stratégie éditoriale et des nouveaux business à Banijay France, considère que “l’intelligence artificielle augmente les savoir-faire, elle ne les supprime pas”. Mais pour rendre compte du réel, il s’agit de créer des séquences “de manière pédagogique”, en exposant le procédé aux spectateurs.

Catherine Alvaresse, animatrice du débat, coprésidente de PFDM et présidente de la société KM Production, a acquiescé. Elle a évoqué le travail en cours sur un documentaire portant sur la Première Guerre mondiale. Les équipes ont recours à l’intelligence artificielle “pour animer des photographies”. Mais il n’est pas question de tromper le public, qui a conscience de l’effet. De plus, la véracité des faits reste au cœur du projet. “Nous avons monté un comité composé d’historiens qui vérifiaient chacune des images créées.” La question n’est pas de tout déléguer à l’IA, plutôt de l’inscrire dans une ligne éditoriale afin de favoriser la créativité. “Elle peut aussi permettre de faire mieux circuler les contenus partout dans le monde”, a déclaré Delphine Plantive.

La place de la creator economy

À condition de respecter un certain cadre. Au sein de Banijay France, Delphine Plantive a travaillé durant six mois avec des juristes pour élaborer une charte éthique. Car l’IA soulève encore des oppositions de prime abord. Pauline Butor, directrice générale adjointe en charge de la création et de développement à Webedia-Eléphant, a reconnu des réticences lors de la mise en place du programme Human after all. Ce studio dédié à l’intelligence artificielle a su “éloigner les doutes”. Il permet à des producteurs et des marques partenaires de bénéficier de l’outil toujours “au service de la création”. Webedia-Eléphant le met aussi à disposition des créateurs de contenus, des acteurs “aux millions de vues” que le groupe soutient de plus en plus.

Mais, pour Delphine Plantive, un autre dispositif fait de la concurrence aux récits du réel : le live. “Il y a un retour de la captation en direct, ce que la creator economy a compris, a-t-elle remarqué. Les spectateurs y trouvent des expériences à partager et nous devons faire en sorte que le documentaire redevienne un rendez-vous collectif.” Pour répondre à ces ambitions, la nécessité de trouver des financements est urgente, surtout pendant une période de crise. Dès lors, les deux intervenantes ont mentionné les marques – et là encore les créateurs de contenus ont saisi leur importance très tôt. Or, l’appel des marques pose un autre souci, celui de l’indépendance éditoriale.

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INSTITUTIONNEL

Documentaire : les producteurs alertent sur les mutations du secteur

Six mois après avoir redouté une « année blanche », les producteurs documentaires abordent le Sunny Side of the Doc avec davantage de sérénité. Mobilisée après l'annonce de la disparition programmée du marché international de La Rochelle, la profession est parvenue, avec le soutien du CNC, à préserver l'édition 2026 et à poser les bases d'un rendez-vous appelé à s'inscrire dans la durée. « On a noté à quel point ce marché en France était indispensable pour la survie de notre secteur », souligne Félicie Roblin, membre du Conseil Syndical de l'USPA. Elle insiste également sur la mobilisation des partenaires étrangers, preuve selon elle que « ce n'est pas juste des Français qui ont besoin de l'international, c'est aussi l'international qui a besoin des talents et de la créativité française ». Si les inquiétudes restent fortes sur la santé du documentaire, les indicateurs demeurent pour l'heure relativement stables. Selon l'USPA, le volume de production et le nombre de documentaires soutenus par le CNC sont restés globalement constants en 2025. Mais derrière ces chiffres, les producteurs perçoivent déjà un ralentissement. « Il y a quand même un sentiment de faux-plat et d'étirement » des délais de développement, de financement et de mise en production, observe Patricia Boutinard Rouelle, Vice-Présidente Documentaire à l’USPA. Les projets continuent d'avancer, mais plus lentement.

Dans ce paysage, l'USPA identifie trois principaux points de tension pour la filière. Le premier concerne le financement de la création, alors que les contraintes budgétaires pesant sur le service public font craindre une pression accrue sur les œuvres de création. Le deuxième touche au modèle économique des producteurs indépendants, confrontés à l’hyperdistribution des programmes sur les plateformes, au développement du streaming et à la multiplication des exploitations numériques. « Ce qui maintient en vie les producteurs et leur permet de prendre des risques, c'est l'exploitation de leurs droits », rappelle Patricia Boutinard Rouelle. Les négociations en cours avec Arte autour de l’exploitation européenne non linéaire des documentaires illustrent ces enjeux. Le troisième front est celui de l’intelligence artificielle. Si certains usages sont déjà intégrés dans les pratiques professionnelles, les producteurs alertent sur les risques de pillage des œuvres pour entraîner les modèles d’IA et sur la nécessité de préserver le droit d’auteur. Ils soulignent également un enjeu spécifique au documentaire : la possible falsification des images et des archives, qui interroge directement la confiance du public dans les œuvres. L’organisation suit également les discussions engagées avec RMC Découverte pour renforcer la place du documentaire de création, alors que le renouvellement de la fréquence de la chaîne approchera en 2027. À plus long terme, les producteurs appellent à sanctuariser l’investissement du service public dans la création et à accompagner les mutations en cours sans rupture brutale. Leur principale demande reste la visibilité. « Si on na pas un peu de sérénité sur la viabilité de nos interlocuteurs et de nos institutions culturelles à court, moyen et long terme, cest compliqué de se projeter », résume Félicie Roblin.

DÉCRYPTAGE

Chaînes et créateurs de contenu : des relations encore frileuses dans le documentaire TV

“Les créateurs ne me disent jamais qu’ils refusent de travailler avec la télévision. Mais ils feront toujours passer leur communauté en priorité”, révèle Gaël Leiblang, directeur du pôle influence du groupe Webedia-Elephant. Sur YouTube ou les réseaux, les créateurs et leur audience partagent un lien profond, souvent construit sur un temps long et qui remonte parfois aux années d’école, lorsqu’ils ont commencé à se filmer dans le salon familial. Ainsi, quand Inoxtag sort son documentaire Kaizen en 2024, il le rend logiquement disponible sur sa chaîne YouTube, en plus de projections cinéma et d’une diffusion sur TF1. Cette relation atypique, indissociable des caractères propres à la culture du web, n’a pas facilité le rapprochement avec le petit écran. 

Une ouverture progressive des chaînes

Ces relations restent d’ailleurs rares pour le documentaire, d’autant plus dans le cas de productions natives de la télévision. Parmi les précurseurs, la chaîne thématique du groupe TF1 Histoire TV qui, en 2023, s’associe à la référence de la vulgarisation historique sur YouTube Nota Bene pour un 52’ intitulé On les appelle Vikings. Ushuaïa TV, également sous le giron TF1, a de son côté sollicité Yvan Kereun Appa (Immersion sauvage, Yvan dans l’Ouest américain en 2025) et Solal (Solal explore : le peuple de l’anaconda en janvier 2026). 

Christophe Sommet, qui dirige ces chaînes, entend poursuivre ces collaborations. Et notamment avec des créatrices qui restent rares sur les écrans, y compris en ligne. “Ces documentaires s’inscrivent pleinement dans notre politique d’incarnation et d’événementialisation de nos antennes”, explique-t-il, se félicitant d’un “bilan excellent”. Surtout, ces productions rajeunissent les audiences. “Les chaînes de documentaire attirent habituellement un public âgé, elles apportent donc de la modernité”, complète-t-il. 

Selon lui, les chaînes en clair ont un reach plus élevé et financent mieux les productions, mais en contrepartie, elles imposent davantage de contraintes. “Tandis que les chaînes payantes laissent davantage les créateurs conserver leur personnalité et leur liberté de ton”, affirme-t-il. 

De son côté, Gaël Leiblang indique avoir “des discussions régulières avec les chaînes”, dont RMC, qui serait “très appréciée par les créateurs”. Il cite notamment Joyca (Jordan Rondelli), un talent Webedia, dont le format Joyca teste des lieux 1 étoile a été diffusé sur RMC Story en début d’année. “Ce qu’il faut, c’est ne pas avoir peur de travailler avec eux. Il existe un grand nombre de talents, de tous les genres”, défend-il avant d’ajouter : “Mais pour le volume de cases consacrées au documentaire télévisé reste faible”

Réinventer les formats

La télévision n’étant pas YouTube et inversement, ces créations obligent les diffuseurs à repenser les formats. “Les règles sont différentes, ce qui induit forcément un travail de réadaptation et de réécriture”, indique le responsable de Webedia-Elephant. Ce dernier met en avant la vitalité de la création sur les réseaux, qui doit inciter les chaînes à s’inspirer des nouveaux codes qui en émergent. “Tous les jours, je suis au contact de cette grammaire qu’il faut apprendre et devant laquelle il faut rester humble”, pointe-t-il, évoquant des cycles de production à la fois rapides et denses ou encore une adresse au public plus directe et naturelle. 

Ce travail de réinvention passe également par la recherche d’un terrain commun pour rejoindre l’univers du créateur sans déstabiliser les téléspectateurs, selon Christophe Sommet. Ce dernier a misé sur des personnalités “légitimes et expertes de leur sujet”, qui ne sont pas forcément auteurs du film ou de la série mais restent naturellement proches de l’identité et de l’éditorial de la chaîne. “C’est en quelque sorte une association de marques, de territoires, de philosophie, de missions et de publics”, résume-t-il. 

Concernant les créations plus indépendantes, portées entièrement par les créateurs, ces derniers semblent pour l’instant davantage privilégier les salles obscures. Le YouTube Ciné-Club par mk2 cumulait en mai les 500 000 entrées depuis sa création en 2024. Parmi les dernières sorties, Le souffle de vie de Natoo et Trente de Seb. Les deux longs métrages ont été produits par leur propre société de production (respectivement Pierogi Production et Olibrius). Ils ont également été mis en ligne sur YouTube dans leur intégralité. En outre, France Télévisions a choisi de diffuser Le souffle de vie le 4 juin sur SPM La1ère, à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan. Ce 67’ dévoile un voyage intime et immersif en Polynésie, lors duquel Natoo va à la rencontre des baleines à bosse. “Le créateur ne s’oblige pas à emprunter une voie précise. Il prend le petit chemin qui lui permettra de faire vivre son contenu. Ce qui lui importe, c’est de raconter son histoire à sa manière, avec son regard et sa sensibilité”, conclut Gaël Leiblang. 

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À la une

EXCLUSIF

Exclusif – Le Top 10 des audiences en replay de la semaine du 8 juin 2026

Écran total publie chaque semaine le classement des meilleures audiences de la semaine en replay. L’objectif est de mettre en avant les programmes inédits diffusés en prime time sur les chaînes historiques qui sont les plus visionnés sur les plateformes, dans les sept jours qui ont suivi. Ce mardi, découvrez le classement des programmes diffusés entre le lundi 8 au 14 juin 2026.

“L'Or bleu” toujours en tête

Dans le Top 10 des audiences délinéarisées de cette première semaine de juin, L'Or bleu (Authentic Prod, Banijay) la saga de l'été de France 2 garde la tête du Top avec +1,315 M de TVSP en replay sur sa P2 et + 1,301 sur sa P1, devant le jeu d'aventures Koh-Lanta (ALP/Banijay) dont la P2 monte sur la troisième marche du podium avec + 871 K de téléspectateurs supplémentaires au rendez-vous, soit 3,312 M d'audience consolidée. Vient ensuite la 2e partie de la série de France Télévisions de la série Haute-Saison (Summertime Productions) avec + 824 K de téléspectateurs, soit 3,251 M d'audience consolidée. La P1 suit avec + 823 K et 3,776 M de TVSP en audience consolidée. Koh-Lanta, partie 1, arrive à la sixième place avec +822 K intéressés en replay, soit 3,473 M de TVSP au total.

"Mariés au premier regard", hold up sur le replay

M6 fait une entrée fracassante dans le tableau avec quatre programmes estampillés "Mariés au premier regard". Les P1 et P2 de l'émission spéciale "Que sont-ils devenus ?" engrangent un grand nombre d'audience en replay. Pour la P2, +572 K (1,869 M d'audience consolidée), suivie de la P1 avec + 531 K (1,899 M de TVSP au total). Le format classique diffusé le lundi compte + 501 K de fans en replay (2,173 M en audience consolidée) pour la P1 et + 455 K (1,982 M en audience consolidée) pour la P2.

ProgrammeChaîneAudience
non-linéaire
Audience
consolidée
Audience
veille
L’Or bleu P2France 2+ 1,315 M3,653 M2,338 M
L’Or bleu P1France 2+ 1,301 M3,748 M2,447 M
Koh-Lanta P2TF1+ 871 K3,312 M2,441 M
Haute-Saison P2France 2+ 824 K3,251 M2,427 M
Haute-Saison P1France 2+ 823 K3,776 M2,953 M
Koh-Lanta P1TF1+ 822 K3,473 M2,651 M
Mariés au premier regard : que sont-ils devenus ? P2M6+ 572 K1,869 M1,297 M
Mariés au premier regard : que sont-ils devenus ? P1M6+ 531 K1,899 M1,368 M
Mariés au premier regard P1M6+ 501 K2,173 M1,672 M
Mariés au premier regard P2M6+ 455 K1,982 M1,527 M

L’actualité du secteur

PRODUCTIONS

La seconde saison de la Création originale Canal+ “Plaine orientale” est en tournage

Le tournage de la seconde saison de Plaine orientale est lancé pour une durée de cinq mois et se déroule à Bastia, Ajaccio, Martigues et en Tunisie. Créée par Pierre Leccia, cette nouvelle saison de la Création originale Canal+ compte huit épisodes de 52 minutes, dont le scénario est signé par Pierre Leccia et Aurélie Teisseire. La série est produite par Nicole Collet pour Image & Compagnie (groupe Mediawan).

On retrouve Raphaël Acloque et Lina El Arabi dans leurs rôles de Reda Campana et Ines Amrani. Éric Ruf rejoint le casting composé d’Éric Fraticelli, Véronique Volta, Antonia Desplat, Anthony Morganti, Jean-Philippe Ricci, Clara-Maria Laredo, Basile Larie, Andrea Cossu, Julie Ledru, Philippe Corti, Rachid Guellaz.

Traqué par la police et par le clan Carlotti, Reda s’apprête à fuir la Corse, mais un évènement l’oblige à revoir ses plans et à replonger dans le trafic. De son côté, Ines, remise de ses blessures, est écartée du pôle antimafia. Elle est déterminée à se venger d’Alexandra Carlotti qui tente de rendre légitime l’empire familial grâce à un ambitieux projet immobilier.

Après “Lucy Lost”, Xilam lance la production de son prochain long métrage

Xilam Films annonce la mise en production de son prochain film d'animation, Le Loup, un thriller psychologique destiné à un public adulte, adapté du roman graphique de Jean-Marc Rochette (Transperceneige). Le film est coécrit et réalisé par Benjamin Massoubre et Fursy Tessier, déjà collaborateurs sur J'ai perdu mon corps, précédent film du studio réalisé par Jérémy Clapin et nommé aux Oscars. Sabine Dabadie signe également la coécriture du scénario.

Le Loup suit Gaspard, un berger hanté par la mort de son fils, dont la solitude est rompue par l'irruption d'un loup errant. L'attaque du loup sur son troupeau engage Gaspard dans une vendetta personnelle. Pour Marc du Pontavice, fondateur et président-directeur général de Xilam, "derrière l'apparente simplicité des enjeux, un berger contre un loup, se cache un récit à plusieurs dimensions et un thriller psychologique qui amènera Gaspard sur le chemin périlleux de la résilience". Le producteur ajoute : "Depuis J'ai perdu mon corps, je n'ai cessé, à chaque instant de ma collaboration avec Benjamin Massoubre et Fursy Tessier, de m'enthousiasmer pour leur maîtrise de la narration autant que pour leur vision de metteur en scène."

Roschdy Zem et Virginie Efira interpréteront les voix des deux personnages principaux. Le film s'appuie sur des travaux de recherche menés par le laboratoire de Xilam, soutenu par France 2030, associant animation 3D et techniques de dessin traditionnelles. Selon Marc du Pontavice, le film offrira "une expérience cinématographique saisissante qui va de l'ombre à la lumière, dans une démarche artistique qui efface les frontières entre animation et prises de vue réelles".

Le Loup est coproduit par Lilian Eche pour Bidibul Productions (Luxembourg). Goodfellas assurera les ventes internationales et ARP en sera le distributeur français. Crunchyroll a acquis la première fenêtre exclusive des droits SVOD monde, hors Chine et Japon. Le film sera livré en avril 2027.

Le projet bénéficie du soutien du Film Fund Luxembourg, du CNC via l'Aide Technique à l'Animation, ainsi que des régions La Réunion et Nouvelle-Aquitaine et du département des Charentes. Une présentation est prévue dans le cadre des sessions Work in Progress à Annecy, le 23 juin, avec un aperçu des premières images. Durant le festival, après un passage à Cannes, Xilam présentera Lucy Lost, son dernier long métrage en compétition, adapté d'un roman de Michael Morpurgo.

Le roman graphique éponyme, écrit par Jean-Marc Rochette et publié aux Editions Casterman, fait partie d'une trilogie vendue à plus de 450 000 exemplaires en France. L'auteur est également à l'origine de Transperceneige, adapté au cinéma par Bong Joon-ho avec Chris Evans, puis en série pour TNT avec Jennifer Connelly et Daveed Diggs.

Goodfellas conclut des ventes internationales du film d’animation “Lucy Lost”

Goodfellas Animation, filiale de Goodfellas spécialisée dans la distribution de films d’animation, a conclu une série de ventes pour le long métrage d’animation Lucy Lost, réalisé par Olivier Cert et produit par Xilam Animation. Le film est une adaptation du roman le Mystère de Lucy Lost, de l’auteur britannique Michael Morpurgo (Gallimard Jeunesse, 2015).

Le film est vendu pour la Suisse (Agora), l’Autriche (Panda), l’Allemagne (Neue Visionnen), l’Espagne (Vertigo), la Grèce (Weirdwave), l’Italie (Movies Inspired), le Portugal (Cinemundo), la Bulgarie et l’ex-Yougoslavie (MCF), la Roumanie (Yay Films), les pays baltes (Kino Pavasaris), la Pologne (New Horizon), la Turquie (Sugarworkz), le Maroc et la Tunisie (Facility), l’Amérique latine (Canibal), le Japon (Twin Co), la Chine (Blue Time Media) et la Mongolie (Filmbridge).

Après sa présentation en section “Work in Progress” en 2025, Lucy Lost est projeté cette semaine dans le cadre de la compétition officielle du Festival international du film d’animation d’Annecy. Le long métrage figurait aussi dans la sélection officielle du dernier Festival de Cannes, ainsi qu’au Festival international du film de Shanghai, où il a remporté le Golden Goblet Award du meilleur long métrage d’animation.

Lucy Lost est coécrit et réalisé par Olivier Clert, en collaboration avec Helen Blakeman, et produit par Marc du Pontavice de Xilam. Le long métrage a été fabriqué au studio d’animation de Xilam, et Goodfellas se charge des ventes internationales. Le Pacte distribuera le film dans les salles françaises à partir du 28 octobre.

Good Hero annonce la suite de “Ballerina” et étend son univers

La société de production parisienne Good Hero a annoncé le lancement de Ballerina 2, suite de son long métrage d'animation Ballerina, sorti il y a dix ans. La société, à qui l'on doit Vaillante (2022), ou encore le film à venir Wings of Freedom, entend développer l'univers Ballerina sur plusieurs supports : cinéma, télévision et plateformes numériques, dont YouTube.

Le film est produit par Gregory Ouanhon (Sisu, Valerian et la Cité des mille planètes, Replicas) et Laurent Zeitoun (Vaillante, Intouchables, La Mort de Staline, C'est la vie, Aline), co-fondateurs de Good Hero. Laurent Zeitoun signe également le scénario et la réalisation et la production a démarré ce mois-ci. Gaumont assurera la distribution en France et à l'international, confirmant son partenariat avec les producteurs sur cette franchise. Une sortie mondiale est programmée pour fin 2029.

Le premier film, sorti en 2016 avec les voix d'Elle Fanning et Dane DeHaan en version anglaise, et de Camille Cottin et Malik Bentalha en version française, avait généré plus de 120 millions de dollars de recettes dans plus de 100 pays. En France, le long métrage avait attiré plus de 1,8 millions de spectateurs dans les salles obscures.

En parallèle du film, Good Hero développe une série télévisée d'animation, dont le lancement est prévu dans la foulée de la sortie du long métrage, dans le cadre de l'expansion numérique de la franchise. Le scénariste britannique Andrew Burrell, connu pour son travail sur Désenchantée (Matt Groening, Netflix) et sur EastEnders (BBC), a été nommé scénariste de la série.

“Les Aventures de Pil” poursuit son épopée en Europe

Folivari International, société française de distribution dédiée à l'animation, a annoncé de nouvelles ventes internationales pour la série Les Aventures de Pil (52 x 13'), produite par TAT Productions. Après des préachats par la SVT en Suède et la RTS en Suisse, la série a été acquise par la RTBF en Belgique, TVP en Pologne et RTP au Portugal.

La série, dérivée du long-métrage Pil (2021) vendu dans plus de 80 territoires, suit le parcours d'une orpheline dans la cité médiévale de Roc-en-Brume. Diffusée depuis décembre sur France Télévisions et sur la plateforme Okoo, elle revendique 4,5 millions de vues et plus de 100 000 vues hebdomadaires, avec une audience équilibrée entre filles (46 %) et garçons (54 %) sur la cible des moins de 15 ans.

Folivari International, créée en 2024 et dirigée par Melissa Vega, distribue également d'autres titres comme Nino Dino, Les Quatre de Baker Street ou encore Samuel. De son côté, le studio toulousain TAT productions poursuit son développement avec deux longs-métrages à venir, Lovebirds (2027) et Ringo at Summer Camp (2028).

À Sunny Side of the Doc, l’utilisation de l’intelligence artificielle n’est plus un tabou

Pari réussi pour Plus de femmes dans les médias (PFDM). Lundi 22 juin, à La Rochelle, dans le cadre de la 37e édition de Sunny Side of the Doc, l’organisation a invité deux professionnelles à discuter de la place de l’intelligence artificielle dans l’espace du documentaire. La salle pleine, qui a pu compter sur la présence de la déléguée générale du marché, Aurélie Reman, a écouté attentivement Delphine Plantive et Pauline Butor sur ce sujet. La première, directrice de la stratégie éditoriale et des nouveaux business à Banijay France, considère que “l’intelligence artificielle augmente les savoir-faire, elle ne les supprime pas”. Mais pour rendre compte du réel, il s’agit de créer des séquences “de manière pédagogique”, en exposant le procédé aux spectateurs.

Catherine Alvaresse, animatrice du débat, coprésidente de PFDM et présidente de la société KM Production, a acquiescé. Elle a évoqué le travail en cours sur un documentaire portant sur la Première Guerre mondiale. Les équipes ont recours à l’intelligence artificielle “pour animer des photographies”. Mais il n’est pas question de tromper le public, qui a conscience de l’effet. De plus, la véracité des faits reste au cœur du projet. “Nous avons monté un comité composé d’historiens qui vérifiaient chacune des images créées.” La question n’est pas de tout déléguer à l’IA, plutôt de l’inscrire dans une ligne éditoriale afin de favoriser la créativité. “Elle peut aussi permettre de faire mieux circuler les contenus partout dans le monde”, a déclaré Delphine Plantive.

La place de la creator economy

À condition de respecter un certain cadre. Au sein de Banijay France, Delphine Plantive a travaillé durant six mois avec des juristes pour élaborer une charte éthique. Car l’IA soulève encore des oppositions de prime abord. Pauline Butor, directrice générale adjointe en charge de la création et de développement à Webedia-Eléphant, a reconnu des réticences lors de la mise en place du programme Human after all. Ce studio dédié à l’intelligence artificielle a su “éloigner les doutes”. Il permet à des producteurs et des marques partenaires de bénéficier de l’outil toujours “au service de la création”. Webedia-Eléphant le met aussi à disposition des créateurs de contenus, des acteurs “aux millions de vues” que le groupe soutient de plus en plus.

Mais, pour Delphine Plantive, un autre dispositif fait de la concurrence aux récits du réel : le live. “Il y a un retour de la captation en direct, ce que la creator economy a compris, a-t-elle remarqué. Les spectateurs y trouvent des expériences à partager et nous devons faire en sorte que le documentaire redevienne un rendez-vous collectif.” Pour répondre à ces ambitions, la nécessité de trouver des financements est urgente, surtout pendant une période de crise. Dès lors, les deux intervenantes ont mentionné les marques – et là encore les créateurs de contenus ont saisi leur importance très tôt. Or, l’appel des marques pose un autre souci, celui de l’indépendance éditoriale.

CHAÎNES ET PLATEFORMES

Mediawan lance la chaîne Fast Wonderland Junior TV, pour le public américain

Le groupe Mediawan a présenté, lundi 22 juin, dans le cadre du Festival d’Annecy, Wonderland Junior TV, sa nouvelle chaîne gratuite de type Fast (“Free Ad-supported Streaming Television”) et AVàD, dédiée au divertissement pour les enfants, les tout-petits et les familles aux États-Unis. À son lancement, la grille proposera des titres tels que Ki & Hi in the Panda Kingdom, The 3 Musketeers, Robin Hood : Mischief in Sherwood, Monster Loving Maniacs, Petronix Defenders et Power Players, ainsi que d’autres séries Mediawan Kids & Family actuellement en production pour de grands diffuseurs européens, notamment Astro Boy Reboot, Karters et Witch Detectives, qui viendront compléter la programmation en 2027.

Cette initiative s’appuie sur les atouts complémentaires de Mediawan Kids & Family et de Mediawan Thematics. La nouvelle chaîne Fast rassemble également plusieurs entreprises de premier plan du secteur, notamment Mediatoon Distribution, Xilam Animation, Normaal Animation et d’importants partenaires européens qui se joignent à cette initiative. Leurs catalogues viennent enrichir l’offre avec des titres connus et à succès tels que Oggy et les cafards, The Garfield Show et Barbapapa.

Ce lancement démontre pleinement la capacité de Mediawan à réunir des expertises complémentaires dans les domaines de la production, de la distribution, de la diffusion de chaînes et de la curation éditoriale. Soutenus par un solide écosystème de partenaires, nous construisons aux États-Unis une plateforme ambitieuse conçue pour divertir et éduquer les enfants d’âge préscolaire et les jeunes grâce au meilleur des contenus européens destinés aux enfants et à toute la famille.

Julien Borde, président de Mediawan Kids & Family, et Vincent Grynbaum, président de Mediawan Thematics.

Dans un premier temps, cette offre sera mise à disposition par des partenaires bien implantés sur le territoire, spécialisés dans les contenus pour enfants et familles : Kidoodle.TV et Toon Goggles, ainsi que sur une chaîne YouTube dédiée déjà en ligne. Des accords de distribution avec des acteurs du secteur Fast sont en phase avancée de négociation.

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CHIFFRES

Box-office week-end : “Toy Story 5” s’envole vers l’infini

Toy Story 5 s'impose en tête du box-office week-end avec 783 300 entrées sur ses premiers cinq jours sur 651 copies, soit une moyenne solide de 1 203 entrées par copie. Walt Disney signe ainsi le meilleur démarrage de la semaine et peut viser les 3,3 millions d'entrées sur l'ensemble de l'exploitation, dans la lignée logique des précédents opus à succès de la saga Pixar.

Backrooms de Kane Parsons surprend en seconde position avec 402 883 spectateurs sur 326 copies, porté par le bouche-à-oreille phénoménal autour de cette adaptation horrifique culte du web, créditée de 1,4 million d'entrées en prévision finale d'exploitation. Le film rencontre un certain succès à Paris pour ses cinq premiers jours.

Dernier long métrage de Steven Spielberg, Disclosure Day s'installe en troisième position et enregistre 200 242 entrées sur sa deuxième semaine d'exploitation, portant son cumul à 619 470 spectateurs pour le distributeur Universal Pictures.

La Bataille De Gaulle : L'âge de fer complète le podium des films avec 192 607 entrées supplémentaires et franchit la barre des 800 000 entrées cumulées. Le blockbuster de Pathé trouve surtout un écho en régions (coeff. 31,2) en troisième semaine d'exploitation nationale.

Autre film d'horreur rencontrant le succès, Obsession de Curry Barker clôt ce top 5 avec 92 940 entrées cette semaine, dépassant le million de spectateurs cumulés (1 022 565). Un score remarquable pour Le Pacte qui confirme le statut de phénomène durable du film et qui pourrait bénéficier de l'effet d'entraînement de Backrooms et inversement.

RangSem.FilmCopiesDistributeurEntrées
5 jours
Entrées
par copies
Evol.Cumul à
dimanche
PrévisionsCoeff
11TOY STORY 5651DISNEY783 3001 203783 3003 300 00016.2
21BACKROOMS326METROPOLITAN402 8831 236402 8831 400 0008.6
32DISCLOSURE DAY626UNIVERSAL PIC.200 242320-44%619 4701 300 00020.8
43LA BATAILLE DE GAULLE…772PATHE192 6072492%812 0991 500 00031.2
56OBSESSION402LE PACTE92 940231-27%1 022 5651 200 00014.7
63SCARY MOVIE570PARAMOUNT PIC.69 073121-53%630 2501 000 000159.2
71JIM QUEEN95JOKERS FILMS55 26758255 267190 0002.8
89MICHAEL557UNIVERSAL PIC.49 91590-39%5 397 4025 500 00016.3
95STAR WARS : THE MANDALORIAN…875DISNEY46 07253-43%1 020 8881 200 00051.8
101DEVIENS GENIAL333APOLLO FILMS37 03111137 031125 00011.2
114L'OBJET DU DELIT815STUDIOCANAL26 87633-27%251 039260 00010.2
122LE VERTIGE295DIAPHANA24 66684-51%86 245180 0009.5
136L'ABANDON559UGC DISTRI.20 91437-53%629 989700 0001.0
148LE DIABLE S'HABILLE… 2324DISNEY20 37663-48%2 774 6733 200 0009.1
152THE CHRISTOPHERS165DULAC DISTRI.16 17798-22%43 38070 0005.6
161ULYSSE134ARP SELECTION15 81111815 81152 0002.5
171SHANA92FILMS DU LOSANGE15 11716415 11750 0002.0
182FILS DE PERSONNE221SONY PIC.13 26460-49%46 91180 00020.6
191L'ILLUSION DE YAKUSHIMA121AD VITAM12 61710412 61740 0003.4
202THE FURIOUS152METROPOLITAN11 82578-54%43 57885 00014.9
212UNE ANNEE ITALIENNE94ARIZONA FILMS9 860105-47%32 84560 0007.4
2212SUPER MARIO GALAXY…323UNIVERSAL PIC.9 036285 615 8655 700 00028.9
236LA VENUS ELECTRIQUE273DIAPHANA9 00533-56%623 542800 0009.7
243LE GARCON QUI FAISAIT…224KMBO6 68030-13%46 44850 00067.5
256L'ETRE AIME267LE PACTE6 58725-53%189 609200 0007.4
261LA BALEINE ET LE MUSICIEN88JOUR2FETE5 963685 96319 0003.4
274COLONY191ARP SELECTION5 39828-66%137 846180 0009.8
287POUR LE PLAISIR220STUDIO TF15 06823-59%705 589800 00029.0
2910JUSTE UNE ILLUSION109GAUMONT4 72843-32%1 920 0792 000 0007.7
308VIVALDI ET MOI138DIAPHANA4 656349%331 365335 0006.7

Article rédigé par Solveig Ambec et Joseph Le Fer.

ENTREPRISES

Warner Bros. Pictures Animation présente les grands axes de sa stratégie 2026-2028

Warner Bros. Pictures Animation (WBPA) a présenté, le 22 juin à l'occasion du Festival international du film d'animation d'Annecy, l'ensemble de sa stratégie pour la période 2026-2028. La présentation, animée par Bill Damaschke, président et directeur de la création du studio, a duré 90 minutes et comprenait la première mondiale du court métrage Daffy Season, avec pour protagoniste l'incontournable Daffy Duck des Looney Tunes, ainsi qu'un aperçu prolongé du long métrage Le Chat chapeauté, prévu en salles en novembre 2026.

Le studio a dévoilé son nouveau logo et présenté les équipes créatives à l'origine de sa programmation. Cette présentation faisait suite à une journée portes ouvertes organisée à Burbank en mai dernier. Sept longs métrages et un court métrage, prévus entre 2026 et 2028, sont en production. Outre Le Chat chapeauté, adapté de l'œuvre de Dr. Seuss et réalisé par Alessandro Carloni et Erica Rivinoja, le studio prépare Bad Fairies, comédie musicale développée avec Locksmith Animation et réalisée par Megan Nicole Dong, ainsi que The Lunar Chronicles, second projet issu du même partenariat. Bad Fairies sortira en salles le 21 mai 2027, et The Lunar Chronicles est attendu le 3 novembre 2028.

Le casting vocal de Bad Fairies s'est enrichi des voix de Serrana Su-Ling Bliss, James Acaster et Dee Bradley Baker, qui rejoignent Cynthia Erivo et Ncuti Gatwa, respectivement connus pour leurs rôles dans Wicked et Sex Education. La production, actuellement en cours à Londres, est menée aux côtés de DNEG Animation. L'écriture des chansons originales a été confiée à Toby Marlow et Lucy Moss, la composition de la partition à Isabella Summers, avec Ian Eisendrath comme producteur musical exécutif.

Le line-up des productions WBPA jusqu'en 2028.

Le studio a également annoncé un partenariat avec la créatrice Vivienne Medrano, connue sous le nom de VivziePop pour ses séries Hazbin Hotel et Helluva Boss. Elle écrira et réalisera son premier long métrage théâtral, Prehistoria, projet original distinct de son univers dit du "Hellaverse".

Parmi les autres projets confirmés ou en développement, WBPA a confirmé Margie Claus, porté par Melissa McCarthy, Ben Falcone et Damon Jones, Oh, the Places You'll Go!, avec les voix d'Ariana Grande et Josh Gad, Dynamic Duo, produit avec DC Studios et 6th & Idaho, ainsi que Hello Kitty, avec Sanrio et New Line Cinema. WBPA a également révélé le développement de nouvelles adaptations d'IP existantes : Tom & Jerry, Thundercats et Meerkats. Le studio mène ainsi une stratégie qui consiste à associer des histoires originales à des réinterprétations d'univers emblématiques issus de l'ensemble du catalogue de Warner Bros. Discovery.

En termes d'effectifs, WBPA a précisé que son équipe créative est passée d'une trentaine de personnes à plus de 250 artistes et professionnels répartis dans 13 pays, auxquels s'ajoutent les effectifs des studios partenaires, soit plus de 1 200 personnes au total.

Polyson ouvre son studio musique à Montreuil

Poly-Son ouvre un studio de musique à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Pensé comme une capsule de création, le studio accueille artistes, producteurs.trices et compositeurs.trices pour des projets de musique enregistrée, de musiques à l’image et de bandes originales. Le studio s’articule autour d’un plateau d’enregistrement de 90 m², d’une “control room” de 45 m² équipée en Home Atmos 9.1.4, et d’un “booth” batterie de 20 m². Il dispose d’un “back line” soigneusement sélectionné : Steinway & Sons Model B de 2003, pianos, marimba, vibraphone et glockenspiel Adams. Stations Pro Tools, large parc de microphones et hardware de traitement complètent l’équipement.

Au-delà des espaces de travail, le studio a été conçu pour favoriser les longues sessions créatives : cuisine équipée, espaces de détente et extérieurs permettent aux équipes de s’installer dans la durée, loin de l’agitation parisienne.

Poly-Son se veut une “manufacture créative et technique” dédiée à la culture et à celles et ceux qui la font. Acteur de la postproduction cinéma et audiovisuelle en France, Poly-Son accompagne depuis plus de 25 ans la fabrication de films et de séries, en réunissant savoir-faire artistiques, expertises techniques et infrastructures d’excellence. Son expertise s’étend aujourd’hui de la postproduction image et son à la création sonore immersive avec Cosmotone, à la R&D audio et image avec HAL, et désormais à un studio de musique à Montreuil.

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ÉVÉNEMENTS

Le marché du documentaire met cap à l’est en 2027

Dans le cadre du Sunny Side of The Doc 2026, dernière édition de l’événement à La Rochelle, Gaëtan Bruel, président du CNC, s’est félicité de la création d’un rendez-vous consacré au documentaire à Strasbourg (Bas-Rhin) en juin 2027. Le président du CNC salue la mobilisation de la filière documentaire dont l’association à venir travaillera étroitement avec les collectivités locales et l’ensemble des partenaires nationaux et internationaux à bâtir un évènement de référence afin de répondre pleinement aux besoins d’un secteur en pleine mutation. Ce marché, dont la formule renouvelée intégrera un temps fort européen, bénéficie du soutien déterminant de la Ville de Strasbourg, de l’Eurométropole de Strasbourg, de la région Grand‑Est; et de celui du CNC.

La création de ce nouveau marché international du documentaire à Strasbourg marque une étape majeure pour la structuration et le rayonnement de la filière. Dans un contexte de reconfiguration du secteur, il est essentiel de positionner, avec ambition, un marché de référence à dimension internationale mais aussi un lieu de promotion des enjeux institutionnels qui y sont attachés. Je veux croire que l’impact de ce nouvel évènement sera déterminant pour favoriser les rencontres et la coopération, mais aussi diversifier et accélérer l’accès aux financements qui feront vivre la diversité des regards documentaires dont nous avons, plus que jamais, besoin.

Gaëtan Bruel, président du CNC

La région Grand‑Est; a pour sa part indiqué se réjouir d’accueillir ce marché international du documentaire l’année prochaine, ajoutant que cet événement international représente “une opportunité exceptionnelle de soutenir la création documentaire, de renforcer les échanges entre les acteurs de la filière et de promouvoir un genre dont la valeur citoyenne n’a jamais été aussi précieuse”. La maire de Strasbourg et présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, Catherine Trautmann, précise que l’accueil de cette manifestation de référence renforce l’engagement historique de la Ville et de l’Eurométropole auprès de ce genre “essentiel à la vitalité démocratique de nos sociétés”.

Le futur marché intégrera un temps dédié aux grandes thématiques européennes qui réunira les principaux acteurs institutionnels internationaux autour de valeurs communes qui résonnent avec le documentaire : la démocratie, les droits fondamentaux et la diversité culturelle.

Les Étoiles de la Scam 2026 distinguent 30 documentaires

La Scam (Société civile des auteurs multimédia) publie, lundi 22 juin, la liste des lauréats des 21ᵉ Étoiles de La Scam. Le jury était présidé cette année par Laëtitia Moreau et composé de Loup Bureau, Marie-Christine Gambart, Alexis Pazoumian et Camille Ponsin. Près de 400 œuvres concouraient cette année. Chaque Étoile est dotée de 4.000 €. Les trente films étoilés, en présence de leurs auteurs et autrices, rencontreront leur public lors du Festival Vrai de vrai, les 27, 28 et 29 novembre au MK2 Bibliothèque (Paris XIIIᵉ).

Le palmarès

  • 1914-1918, le trésor oublié d’Antoinette et Louis, d’Anne Mourgues, écrit avec Jean-Yves Le Naour – diffusion : France 2, production : production : Complices Films, Pictanovo
  • 2005 État d’urgence**, de Marie-Pierre Jaury et Gwenaël Bourdon**, écrit avec Hedi Sassi et Pierre Chosson – diffusion : France 5, production : ZED, France Télévisions
  • Al Basateen, d’Antoine Chapon – diffusion : France 3, production : Petit Chaos
  • Au fond des mères**, de Lisa Lacombe – diffusion : France 3 Bretagne, production : Mille et Une Films
  • Ceci est mon corps, de Jérôme Clément-Wilz – diffusion : Arte, production : Squawk Productions, Kidam, Arte France
  • Les Cicatrices d’un putsch, de Nathalie Borgers – diffusion : RTBF La Trois, production : Mischief Films, Novak Prod, RTBF, Proximus, WIP
  • Les Corps électriques**, de Raphaël Stora – diffusion : Arte.tv, production : Unité, Arte France
  • Et les poissons volent au-dessus de nos têtes, de Dima El-Horr – diffusion : France 3, production : Mareterraniu, Orjouane Productions, La Fabrique, France Télévisions, avec la participation de France 3 Normandie et France 3 Corse ViàStella
  • L’Évangile de la révolution, de François-Xavier Drouet – diffusion : Tënk, production : l’Atelier documentaire, Need Productions
  • Faire corps**, de Gianluca Matarrese, écrit avec Donatella Della Ratta** – diffusion : France 2, production : Bellota Films, Stemal Entertainment, Elefant Films
  • Fragments d’un parcours amoureux, de Chloé Barreau – diffusion : Universciné, production : Grøenlandia
  • Le Goût de la baleine, de Vincent Kelner – diffusion : Arte.tv, production : Warboys
  • Le Goût du sucre*, de Charlie Duplan et Thomas Loubière – diffusion : TV7 Bordeaux, production : Les Films de l’Œil sauvage, avec la participation de Tënk et Kanaldude
  • Green Line : Beyrouth, enfer rouge, jours noirs***, de Sylvie Ballyot, écrit avec Fida Bizri** – diffusion : Arte, production : TS Productions, Films de Force Majeure, XBO Films, Orjouane Productions, L’Impossible est en Cours, avec la participation de Tënk
  • Il a suffi d’une nuit, d’Emanuelle Bidou, sortie salle en décembre 2025 (préachat CinéMutins), production : Iskra Films, AgentDouble
  • Inside Gaza, d’Hélène Lam Trong – diffusion : Auvio (rtbf.tv), production : Factstory, Factstory Belgique, Arte France, RTBF, AFP, avec la participation de RTS
  • Je n’avais que le néant, de Guillaume Ribot, d’après le Lièvre de Patagonie, de Claude Lanzmann (Gallimard, 2009) – diffusion : Arte.tv, production : Les Films du Poisson, Les Films Aleph, Arte France, avec la participation d’Histoire TV
  • Maman déchire*, d’Émilie Brisavoine – diffusion : Tënk, production : Bathysphere
  • Mineurs en peine, d’Emmanuel Guionet – diffusion : France 2, production : Temps Noir, Oddity, avec la participation de Public Sénat
  • Nosotros (Nous autres), d’Anthony Pinelli, écrit avec Vincent Danon – diffusion : France 3 Occitanie Les Films de l’Instant, production : France 3 Occitanie
  • Paradise Travel*, de Katharina Wartena – diffusion : France 3 Corse ViàStella, production : Les Films d’Ici, avec la participation de Public Sénat
  • Pax vobis, de Charles Schnaebele et Virgile Tyrode – diffusion : Vosges TV, production : Ana Films, Vosges TV
  • Pédale rurale***, d’Antoine Vazquez – diffusion : Tënk, production : Survivance, Novanima
  • Rising Up at Night (Tongo Saa)*, de Nelson Makengo – diffusion : Auvio (rtbf.tv), production : Twenty Nine Studio & Production, Mutotu Productions, Film Five, Diam Production, Auguste Orts, Magellan Films, RTBF
  • Le Sang et la boue, de Jean-Gabriel Leynaud, écrit avec François-Xavier Destors, sortie salle en août 2025 (préachat Arte) – production : Valdés, Pallas Film, Nonsense Production, Cine Nomine, Arte France
  • Save Our Souls*, de Jean-Baptiste Bonnet – diffusion : France 2, production : Habilis Productions
  • Shâd Bâsh*, d’Hélène Rastegar – diffusion : Lyon Capitale TV, production : Ana Films, Lyon Capitale TV, avec la participation de Bip TV
  • Sœurs – diffusion : Journal d’une reconstruction**, de Julia Zahar – diffusion : France.tv, production : Beall Productions, Ça Tourne!, avec la participation de BeTV
  • Soudées, d’Anastasiya Miroshnichenko – diffusion : RTBF La Trois, production : Snami Films, Little Big Story, Witfilm, Stenola Productions, RTBF, avec la participation de France Télévisions
  • Le Veilleur***, de Victoire Bonin Grais et Lou du Pontavice – diffusion : France 2, production : Hutong Productions, CVB, Take Five

* Film a été soutenu à l’écriture par la bourse Brouillon d’un rêve de la Scam
** Premier film
*** Brouillon d’un rêve et premier film

Le cinéaste français Xavier Giannoli sera membre du jury international de la Mostra de Venise en septembre

Les organisateurs du Festival international du film de Venise ont dévoilé, le 23 avril, que la présidente du jury de la compétition de la 83ᵉ édition serait la réalisatrice et actrice américaine Maggie Gyllenhaal. Ce lundi, ce sont les noms des membres qui composeront son jury qui sont annoncés. Le jury international de la compétition Venezia 83, qui se déroulera du 2 au 12 septembre, a été officialisé par le conseil d’administration de La Biennale de Venise, sur recommandation du directeur artistique du Festival, Alberto Barbera.

Autour de la réalisatrice, actrice, scénariste et productrice américaine Maggie Gyllenhaal, le jury international seront réunis la réalisatrice et scénariste tunisienne Kaouther Ben Hania, le compositeur et artiste anglais Daniel Blumberg, le professeur italien Francesco Casetti, le réalisateur et scénariste français Xavier Giannoli, la réalisatrice et scénariste afghane Shahrbanoo Sadat et le réalisateur et producteur hongkongais Johnnie To.

Xavier Giannoli a reçu la Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes en 1998 avec son court métrage l’Interview (25’), produit par Elizabeth Films. Il écrit et réalise ensuite une dizaine de longs métrages, dont Marguerite (2015), les Illusions perdues (César du meilleur film en 2022). Son dernier long métrage, les Rayons et les ombres, est actuellement en salle. Xavier Giannoli a également écrit et réalisé la série D’argent et de sang pour Canal+, présentée au Festival de Venise en 2023.

Le jury du 83ᵉ Festival de Venise décernera les Prix officiels aux longs métrages de la compétition, sans possibilité de partage des prix : le Lion d’or du meilleur film, le Lion d’argent – Grand Prix du jury, le Lion d’argent du meilleur réalisateur, la Coupe Volpi de la meilleure actrice, la Coupe Volpi du meilleur acteur, le Prix spécial du jury, le Prix du meilleur scénario et le Prix Marcello-Mastroianni du meilleur jeune acteur ou de la meilleure jeune actrice.

Festival CinéRoman 2026 : Daniel Auteuil présidera le jury de la 8ᵉ édition 

L’acteur, comédien et réalisateur français Daniel Auteuil présidera le jury de la prochaine édition du Festival CinéRoman, qui se déroulera à Nice du 28 septembre au 3 octobre 2026. Ce dernier succédera à Sandrine Kiberlain, présidente du jury de l’édition 2025.

À travers une sélection de films inspirés d'œuvres littéraires, le festival CinéRoman met à l’honneur les liens entre littérature et cinéma. Des rencontres sont aussi organisées chaque année entre auteurs, réalisateurs et comédiens autour de l’art de l’adaptation. 

Lou LEMARCHAND

PROGRAMMATION

SND date “Paper Tiger” et “Jupiter”

La société de distribution de M6 complète son calendrier de sorties pour la saison 2026-2027 avec deux nouveaux titres : Paper Tiger, de James Gray, présenté en compétition au Festival de Cannes 2026, et Jupiter réalisé par Alexandre Smia. 

Annoncé en salles pour le 25 novembre 2026, Paper Tiger marque le retour de James Gray dans le registre du thriller après une absence de près de 20 ans. Dans le New York du milieu des années 1980, deux frères que tout oppose se retrouvent liés à la mafia russe. Cette affaire va terroriser leur famille, mettant leur relation à rude épreuve, quitte à laisser apparaître la trahison. Au casting on retrouve Adam Driver, Miles Teller et Scarlett Johansson.

Une semaine plus tôt, le 18 novembre 2026, SND sortira Jupiter, thriller politique avec Denis Ménochet, André Dussollier, Reda Kateb, Dominique Blanc et Céline Sallette. Il s’agit du premier long métrage réalisé par Alexandre Smia, scénariste de 13 jours, 13 nuits et du Bureau des légendes. Le président Paul Archambault doit affronter une crise : son homologue russe, cible d'un attentat, brandit un ultimatum nucléaire menaçant un allié de la France. Face au risque d'escalade militaire, le président réunit son état-major dans le bunker de l'Elysée. 

Lou Lemarchand

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REVUE DE PRESSE

Pop-corn au chocolat, salle Imax, 900 places : un cinéma géant va ouvrir cet été sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt

(...) L’Île Seguin, qui sera prochainement desservie par la ligne 15 du Grand Paris Express, a été choisie par le groupe Pathé pour accueillir son nouvel établissement. Qualifié de "premium", le cinéma comptera huit salles pour plus de 900 places.

Particularité du lieu : il disposera d’une salle IMAX géante de 262 places, équipée de fauteuils en cuir noir et d’un écran de 20 mètres de large sur 11,7 mètres de haut. (...)

“IMAX propose des films toute l’année, nous pourrons donc en proposer un large choix dans cette salle. De manière générale, nous allons nous adapter à ce que souhaitent les Boulonnais et les habitants du département”, promet le directeur.

(...) L’immense cinéma s’étendra sur 5 500 m² et l’entreprise prévoit de recruter "une vingtaine de salariés" pour assurer son fonctionnement. Un restaurant "Pathé Café" y prendra place, tout comme un "pop-corner", autrement dit un espace dédié à la vente de pop-corn. (...) 

Rédaction Hauts-de-Seine, Actu, 21 juin 2026

Landes : lever de rideau au cinéma de Contis en cours de rénovation, mais qui a réussi à rouvrir pour la saison estivale

Pas de doute, l’attente était là : samedi 20 juin, le cinéma de Contis a programmé son premier long métrage depuis deux ans, une avant-première du film De la comédie française, pour l’anecdote. (…) Marie Sabot, directrice du festival parisien We Love Green et nouvelle propriétaire des lieux, accueillait des amis au milieu d’une foule de locaux, de touristes rancardés et d’amateurs du cinéma et de son glorieux passé : (…) Le montant de la transaction, un temps annoncé à plus de 1 M€, reste finalement l’envers du décor. Deux ingénieurs structures sont venus analyser l’état des infrastructures en janvier et février, et ils ont conclu qu’il n’y avait pas péril en la demeure. (…) De nombreux entrepreneurs locaux ont mouillé la chemise pour qu’en trois mois, tout soit prêt dans les temps. Le bar, réalisé par le chef-déco du festival We Love Green, la terrasse, réalisée en 15 jours par un charpentier-compagnon des Landes, les peintures… “On a eu quelques sueurs froides, ça ira mieux après quelques projections. Le Centre national du cinéma (CNC) était surpris que nous voulions reprendre l’exploitation dès cet été, comme la commission se réunit en septembre, mais nous voulions vraiment nous relancer en mode événementiel pour la saison.” [Marie Sabot] (…)

Sud Ouest, Arnauld Bernard, le 22 juin.

“Zapper Bolloré” : la Société des réalisateurs de films refuse de signer la tribune pour ménager Canal+

(...) Ce samedi 20 juin, la Société des Réalisateurs de Films (SRF), la principale organisation professionnelle de cinéastes en France, a refusé de signer la tribune Zapper Bolloré, parue le 11 mai dans Libération. Les signataires s'inquiétaient de la concentration inédite du cinéma français dans les mains de Vincent Bolloré qui n'a jamais fait mystère de son idéologie d'extrême droite. Principal argentier privé du cinéma français avec Canal +, le milliardaire breton s'apprête d'ici 2028 à acquérir 100 % du capital d'UGC ce qui va lui assurer une mainmise totale sur l'ensemble de fabrication et de diffusion d'un film. Les inquiétudes de la tribune ont provoqué l'ire de Maxime Saada (...) L'idée d'une potentielle blacklist ostracisant les signataires a jeté un climat de peur qui paralyse depuis un mois le cinéma français. (...) our éviter la nasse, nombreux étaient donc ceux, parmi les 1 000 cinéastes signataires, à espérer une réponse forte de la SRF. (...) Plus d'un mois après sa publication, son refus de signer la tribune à 140 voix contre 109 pour éviter de tendre les négociations avec Canal + est « une véritable douche froide » pour la cinéaste Caroline Deruas Peano qui ne se sent plus représentée par la SRF (...)

L'apaisement paraît en revanche loin d'être au rendez-vous. Chez les jeunes cinéastes signataires, l'angoisse est palpable. (...) Selon plusieurs sources qui préfèrent rester anonymes et ne pas rentrer dans les détails, certains auraient d'ores et déjà fait l'objet de pressions de la part de leurs producteurs pour qu'ils retirent leur signature de la tribune. Réalisatrice d'un premier long-métrage remarqué, Les Reines du Drame, Alexis Langlois y voit une « bataille générationnelle ». (...)

Antoine du Jeu, L'Humanité, 21 juin 2026

Salaud Morisset lance une collection consacrée à Mike Leigh en collaboration avec Studiocanal, le BFI et Film4 (Exclusif)

La société de distribution Salaud Morisset, implantée à Paris et à Berlin, s’est associée à Studiocanal, au BFI et à Film4 pour lancer une collection internationale consacrée à Mike Leigh, regroupant certaines des œuvres les plus célèbres de ce cinéaste britannique de renom. La collection comprend Bleak Moments (1971), High Hopes (1988), Life Is Sweet (1990), Naked (1993), Career Girls (1997), Topsy-Turvy (1999), All or Nothing (2002), Vera Drake (2004) ainsi que plusieurs courts métrages de Mike Leigh. Cet accord confère à Salaud Morisset les droits non exclusifs de diffusion en salle et hors salles, dans les territoires disponibles à l’échelle mondiale, pour une sélection de films représentés par les trois sociétés, dans le but “d’élargir la diffusion et la visibilité” de l’œuvre de Leigh dans les cinémas, les cinémathèques, les festivals et les institutions culturelles à l’échelle internationale. (…) Cette collection permettra aux exploitants et aux programmateurs d’organiser des rétrospectives et des événements thématiques autour de l’œuvre de Leigh, tandis que Salaud Morisset continuera également à promouvoir chaque titre individuellement dans les circuits de salles, de festivals et non commerciaux. (…) Cet accord renforce encore les activités en pleine expansion de Salaud Morisset dans le domaine de la diffusion de films d’archives et de répertoire. La société s’était auparavant associée à la Wim Wenders Stiftung pour une collection de 25 films comprenant notamment “Paris, Texas” et “Les Ailes du désir”.

Variety, Leo Barraclough, le 22 juin.