Maxime Saada menace le cinéma français sur RTL en cas de hausse de la TVA sur les abonnements télé

5 octobre 2026
La mesure prévue dans le PLF 2027 du gouvernement doublerait le taux de TVA et coûterait quelque 200 M€ par an à l’entreprise, l’équivalent de ses investissements annuels dans le cinéma.
Maxime Saada

Maxime Saada, le président du directoire du Groupe Canal+ © DR.

Le président du directoire du Groupe Canal+, Maxime Saada, était sur RTL lundi matin, au micro de Marc-Olivier Fogiel. Le patron du groupe de médias a critiqué la hausse de la TVA applicable aux abonnements télé, qui passerait de 10 à 20%, prévue dans le projet de loi de finances pour 2027, présenté par le gouvernement jeudi dernier. Il a précisé qu’il ne fermait la porte à aucune éventualité si le doublement de ce taux de TVA venait à être adopté par les parlementaires. “Canal+ s’adaptera, mais Canal+ en France ne pourra pas absorber un choc de 200 M€”, a prévenu Maxime Saada sur RTL. Il a répété qu’une hausse des prix des abonnements à hauteur d’environ 10% pourrait être répercutée sur les abonnés, “pas avant 2028 ou 2029” toutefois pour les téléspectateurs ayant signé un abonnement dont le tarif ne peut pas être modifié en cours d’engagement.

Maxime Saada a aussi réitéré ses menaces sur la pérennité du contrat conclu en juillet dernier avec l’industrie du cinéma français. Si le taux de TVA est changé, il estime qu’alors l’accord liant son groupe au septième art deviendra caduc : “Cet accord va tomber si le taux de TVA s’applique”, a-t-il asséné. La chute du financement du cinéma impliquerait, selon Maxime Saada, “peut-être la moitié, peut-être les trois-quarts de films en moins.” Il évalue la perte liée à la hausse de la TVA à quelque 200 M€ pour Canal+ et met la pérennité du groupe avant les engagements dans le cinéma. Le dirigeant a précisé ses calculs : “Canal+ finance à peu près 200 M€ [par an]. Si on applique strictement nos obligations avec les nouvelles offres, on est de l’ordre de 50 M€.” “On finance le cinéma 150 millions de plus que ce que nos obligations nous imposent”, a-t-il souligné. Maxime Saada a aussi rappelé que “Canal+ finance le cinéma plus que tous les autres acteurs réunis” et que cet effort a pour contrepartie, inscrite dans le contrat avec la profession du cinéma, le taux de TVA réduit sur les abonnements.

Le dirigeant du Groupe Canal+ a également évoqué au micro de RTL de possibles licenciements au sein de l’entreprise afin de compenser les pertes liées à la hausse de la TVA. Maxime Saada n’exclut pas un plan social et évoque ses doutes sur “la pérennité de Canal+ en France”, bien qu’affirmant qu’il ne “souhaite pas” voir la chaîne déserter l’Hexagone.