Au cœur de “Histoires de la nuit”, l’accord parfait entre la réalisatrice Léa Mysius et le producteur Jean-Louis Livi

31 août 2026
Angoulême 2026 – Présenté en avant-première au festival du Film francophone à Angoulême, le troisième long métrage de Léa Mysius poursuit son chemin depuis sa sélection en compétition à Cannes cette année. La cinéaste de 37 ans a le soutien indéfectible de son producteur.
Jean-Louis Livi Léa Mysius

Jean-Louis Livi a produit un court métrage et trois longs métrages de Léa Mysius. © Éléonore Houée

Jean-Louis Livi raconte avec émotion sa rencontre avec la réalisatrice Léa Mysius. Cela s'est produit lorsque le célèbre producteur a été membre du jury de la Fémis. Il découvre alors en 2014 le court métrage que l'apprentie cinéaste, alors au département scénario de l'école de cinéma, vient d'achever : Les Oiseaux-tonnerre. Douze ans plus tard, la société de production F comme film a accompagné les trois longs métrages de l'artiste, à savoir Ava, Les Cinq Diables et Histoires de la nuit. Ce dernier a été sélectionné en compétition à la 79e édition du Festival de Cannes et en avant-première à la 19e édition du festival du Film francophone à Angoulême. C'est dans ce cadre qu'Écran Total a pu discuter avec le binôme.

« J'ai acquis les droits sur le roman il y a cinq ans », explique le producteur de 85 ans. Ce qui aurait pu être une série est devenu un film. Pour Jean-Louis Livi, il y a eu une sorte d'évidence : Léa Mysius doit réaliser l'adaptation. La confiance à l'égard de la réalisatrice est totale. « Elle ne fait pas ce que je lui demande de faire, elle fait ce qu'elle a envie de faire. » Bien que reconnaissante, la principale intéressée s'est posée des questions, notamment sur sa légitimité pour adapter le livre de Laurent Mauvigner. « Je me suis d'abord dit que le bouquin était trop différent de moi », concède-t-elle. Puis elle s'est rendue compte que certains motifs de l'ouvrage résonnaient avec son œuvre (une fille avec un fusil, un secret familial). « Il faut assumer ses obsessions. »

Un casting prestigieux

Le parcours du film a connu « quelques embuches » selon Jean-Louis Livi. En plus de F comme film, Histoires de la nuit a bénéficié de l'aide de Division en tant que coproducteur. La société de production a aussi introduit une technologie qu'elle avait déjà développé dans un court métrage pour une séquence du film. Dans cette scène, la ferme et l'atelier, les deux principaux décors du film qui se font face, sont modélisés par des pointillés blancs sur un fond noir. C'est comme une modélisation en trois dimensions pour décrire la figuration mentale de l'espace par l'un des personnages. « Nous avons utilisé un scan 3D, c'est un appareil photo qui tourne autour des décors et des acteurs pour capturer des milliers d'images », présente Léa Mysius.

La grande force du film réside dans son casting. Dans le livre, il y a des retours en arrière, qui n'apparaissent pas dans l'adaptation cinématographique. « Je voulais que le récit soit uniquement porté par l'incarnation des acteurs et des actrices », défend la cinéaste. C'est pourquoi la recherche du casting a pris deux ans. Avant d'envisager Hafsia Herzi, la metteuse en scène et la directrice du casting, Judith Chalier, ont pensé à d'autres visages du cinéma français. C'est Paul Guilhaume, le directeur de la photographie, qui a suggéré le nom de la réalisatrice de La Petite Dernière. Au milieu de Bastien Bouillon, Monica Bellucci et Benoît Magimel, il y a aussi la jeune Tawba El Gharchi. « C'est la première fois qu'elle jouait, confie Jean-Louis Livi. Elle apporte quelque chose de moderne. »