Festival de La Rochelle 2026 : cinq nouveautés et une sélection française sous le signe de la résistance

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Le Festival de La Rochelle 2026 dévoile sa sélection et cinq nouveautés pour renforcer son rôle de rendez-vous professionnel, dans un secteur audiovisuel en pleine mutation.
Festival de fiction de La Rochelle 2026

Sophie Revil à la présentation du Festival de fiction de La Rochelle 2026

« Nous basculons tous dans un nouveau monde. » Pour sa nouvelle édition, le Festival de la fiction de La Rochelle entend plus que jamais se positionner comme un rendez-vous à la fois artistique et professionnel, mais aussi comme un espace de réflexion sur les mutations qui traversent l’audiovisuel. Présentée ce mercredi 26 août, l’édition 2026 se déroulera du 15 au 20 septembre et placera cette nouvelle étape « sous le signe de la fierté ». « Plus qu’un rendez-vous professionnel, c’est un acte de résistance », a résumé Sophie Revil, présidente du festival, dans un contexte marqué par la contraction des financements et les incertitudes qui pèsent sur le secteur. « Oui, notre métier doit se réinventer. »

Une ambition qui s’inscrit dans la croissance enregistrée ces dernières années. En 2025, le festival avait accueilli 3 000 professionnels, 15 000 spectateurs et 400 scolaires, tandis que 40 séries et films avaient été projetés. Sophie Revil souligne notamment « la montée de la qualité des œuvres » et estime que la fiction française « a passé un véritable cap ». La deuxième édition du Forum de la création audiovisuelle, lancé l’an dernier, sera par ailleurs reconduite après avoir attiré 300 jeunes en 2025.

Cinq nouveautés pour renforcer le rôle du festival

Première nouveauté de cette édition 2026 : les « Grands débats de La Rochelle », une matinée organisée vendredi 18 septembre autour des grands enjeux politiques, économiques et artistiques du secteur. Le festival souhaite ainsi « placer au centre des débats l’enjeu de la régulation et des politiques publiques », avec la participation de députés et de sénateurs.

Trois tables rondes structureront cette matinée : « Bouleversement du secteur audiovisuel : quel impact sur la création ? », « La fiction a-t-elle encore un modèle économique viable ? » et « La France peut-elle encore maîtriser son destin audiovisuel ? ». Parmi les intervenants annoncés figurent notamment les députés Denis Masséglia, Emma Rafowicz et la sénatrice Laure Darcos. L’Adami, la Sacem et l’ARP prendront également la parole à travers des tribunes. La réglementation de l’intelligence artificielle fera enfin l’objet d’un échange entre Pascal Rogard, directeur général de la SACD, et Laure Darcos.

Deuxième nouveauté : les Cafés de la Fiction, rendez-vous désormais incontournable de La Rochelle, vont se multiplier. Ces rencontres permettront notamment de mettre en relation scénaristes et producteurs. Un nouveau rendez-vous sera également consacré aux comédiens et directeurs de casting, avec une rencontre réservée aux comédiennes de plus de 50 ans.

Le festival veut par ailleurs renforcer son axe francophone, troisième évolution de cette édition. Un choix d’autant plus stratégique dans un contexte où les financements se raréfient. La place accordée à l’Afrique francophone doit notamment continuer à progresser. Les présentations seront désormais davantage pensées par thématiques et collaborations inter-pays, plutôt que selon une logique strictement nationale.

Quatrième nouveauté : le Forum des métiers élargit son public. Jusqu’ici destiné aux lycéens et aux étudiants, il s’ouvre désormais aux collégiens mais aussi aux personnes en reconversion professionnelle. L'objectif est notamment de permettre aux jeunes des régions d'accéder plus facilement aux métiers de l’audiovisuel. Un atelier d’écriture de scénario sera également créé.

Enfin, le festival annonce une augmentation du nombre d’événements professionnels, avec plus de 60 rendez-vous au total. Cinq « séances de pitchs », un Prix de la productrice de l’année, un Prix Nouvelle Séquence et deux Sunset Live figurent notamment au programme.

104 œuvres sélectionnées

Côté compétition, 104 œuvres ont été retenues, dont 64 françaises et 40 francophones. La compétition française compte notamment 11 unitaires répartis en deux catégories. Les séries de moins de 20 minutes seront également particulièrement mises en avant, avec une recrudescence des comédies parmi les œuvres reçues. Retrouvez tous les programmes en compétition directement sur le site du Festival en cliquant ici.

Plusieurs fictions événementielles et projections spéciales viendront néanmoins compléter les compétitions. Le festival ouvrira notamment avec Paolo, produit pour HBO Max. Parmi les autres titres annoncés figurent Singapura, nouvelle création d’Elsa Marpeau pour Canal+, Le Charles, coproduction Prime Video/M6, Eldorado, fiction d’Arte réalisée par Louis Farge, La Comtesse de Monte-Cristo pour TF1 et Nourrices pour France Télévisions.

Clémentine Célarié présidera le jury français

La comédienne Clémentine Célarié présidera cette année le jury de la compétition française. Elle sera entourée de la comédienne Barbara Probst, le comédien Grégory Montel, la scénariste Gaëlle Bellan, l'auteur-compositeur Matteo Locasciulli, la productrice Fanny Riedberger et le réalisateur Akim Isker. La compétition francophone internationale sera, elle, départagée par un jury composé de la comédienne et scénariste Marie Kremer, le réalisateur Louis Choquette et le producteur Thomas Saignes. Le jury de la presse étrangère complétera le dispositif. À travers cette programmation et ces nouveaux rendez-vous, La Rochelle entend donc conforter son rôle de plateforme de rencontres pour un secteur confronté à une période de profonde transformation. « En ces temps de disette budgétaire, c’est grâce à nos partenaires que le festival existe », rappelle Sophie Revil. Une manière de souligner que, dans un paysage audiovisuel sous tension, le maintien d’un tel rendez-vous constitue déjà, en soi, un enjeu professionnel.