Prix Luciole dévoile son troisième palmarès à Cannes : redonner à l’affiche de cinéma sa place au cœur du cinéma
Créé en 2024, le Prix Luciole est né d’une conviction simple : les affiches de films ne devraient pas être considérées uniquement comme des outils promotionnels, mais reconnues comme une composante à part entière de l’art cinématographique. Comme l’a rappelé Zhentong Liu, Programming & Industry Manager du Prix Luciole, lors de la cérémonie :
« Une affiche peut contenir une émotion, un souvenir, une tension — parfois même un monde entier — avant même que le film ne commence. »
En trois ans, ce qui avait débuté comme une initiative culturelle consacrée à la création visuelle liée au cinéma s’est progressivement transformé en un espace de dialogue réunissant cinéastes, designers, producteurs, journalistes, professionnels de l’industrie et cinéphiles. Pour sa troisième édition, le Prix Luciole retrouvait Cannes et accueillait une communauté internationale toujours plus large autour des enjeux de la création visuelle au cinéma.
Le jury 2026 réunissait plusieurs personnalités reconnues du domaine de l’image et de la création visuelle cinématographique : Lionel Avignon et Stefan de Vivies, fondateurs du studio créatif Hartland Villa, qui conçoivent les affiches officielles du Festival de Cannes depuis 2021 ; ainsi que Melchior Lamy, Chief Creative Officer de Leroy & Rose, dont le travail couvre depuis de nombreuses années l’affiche de cinéma et les identités visuelles. La réalisatrice et productrice Zou Shiqing, absente de Cannes cette année, a néanmoins participé à l’ensemble du processus de sélection.
La cérémonie a également rassemblé de nombreux invités du monde du cinéma et de la création visuelle, parmi lesquels le réalisateur Kohei Kadowaki et KOTA de Nothing New Sales ; Edmon Roch, représentant de l’équipe de VIVA, film sélectionné à La Semaine de la Critique ; Eleni, représentante de l’équipe marketing internationale du film Gabin, sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes; Tilda Li Sixue, membre du jury FIPRESCI 2026 à Cannes ; ou encore la réalisatrice Chen Jianying, lauréate de la Palme d’or du court métrage. Plusieurs partenaires et soutiens historiques du Prix Luciole étaient également présents pour accompagner cette troisième édition.
Cette année encore, plusieurs œuvres ont retenu l’attention du jury par la singularité de leur langage visuel et leur forte identité cinématographique.
Les Honorary Mentions ont été attribuées à VIVA (affiche conçue par Jordi Rins), DUA (affiche conçue par Florent Jarroir) ainsi qu’à Promised Spaces, réalisé par Ivan Marković. Le jury a salué la qualité de leur direction artistique et leur capacité à faire émerger, à travers une seule image, une atmosphère, une émotion et une véritable présence cinématographique.
La Special Mention a été décernée à Sanguine, réalisé par Marion Le Corroller. Le jury a particulièrement souligné la force physique et sensorielle dégagée par cette affiche, ainsi que sa tension émotionnelle et sa puissance visuelle, parmi les propositions les plus marquantes de cette édition.
Le Jury Prize du Prix Luciole 2026 a été attribué à A Girl Unknown (无名女孩). Selon le jury, cette affiche ne se contente pas de présenter un film : elle construit son propre espace visuel, sa propre atmosphère. Son audace formelle, son identité graphique affirmée et sa capacité à laisser une place à l’interprétation lui ont permis de se distinguer au sein d’une sélection particulièrement riche. Les membres du jury ont évoqué « une affiche qui continuait à revenir à l’esprit bien après les délibérations ».
Le producteur Wang Yang a reçu le prix au nom de l’équipe du film, des mains des jurés Lionel Avignon et Stefan de Vivies. Réalisé par Zou Jing et porté par l’actrice Li Gengxi, A Girl Unknown a récemment reçu le GAN Foundation Award for Distribution dans le cadre de La Semaine de la Critique.
Le Best Poster Award 2026 du Prix Luciole a finalement été attribué à Titanic Ocean.
Le jury a particulièrement salué la précision de sa composition visuelle ainsi que la finesse du dialogue entre typographie et image. Les éléments généralement considérés comme purement fonctionnels — crédits de production ou mentions partenaires — y trouvent une place organique au sein de la construction graphique, donnant naissance à un ensemble remarquablement cohérent. Pour le jury, Titanic Ocean s’est imposé comme l’une des propositions les plus abouties et convaincantes de cette édition.
Plus qu’un prix, le Prix Luciole souhaite devenir un espace de rencontre et d’échange entre les créateurs qui façonnent l’identité visuelle du cinéma contemporain.
Depuis trois ans, le projet développe un dialogue continu avec les créateurs d’affiches de cinéma à travers entretiens, échanges professionnels et initiatives éditoriales, afin de contribuer à une meilleure reconnaissance du design d’affiche et de la création visuelle liée au cinéma. Les affiches ne remplissent pas seulement une fonction de diffusion : elles constituent un élément essentiel de la culture cinématographique. Elles prolongent le langage visuel d’un film et deviennent souvent le premier point de rencontre émotionnel entre une œuvre et son public.
À l’heure où plateformes de streaming, algorithmes et circulation accélérée des images transforment profondément les usages culturels, repenser la place de l’image cinématographique dans notre expérience du cinéma devient une réflexion de plus en plus essentielle.
Le Prix Luciole continue ainsi de porter son attention sur ces créations visuelles souvent discrètes, mais pourtant fondamentales dans la manière dont le public rencontre et regarde les films. Si cette troisième édition s’achève à Cannes, les réflexions autour de l’image, de la diffusion du cinéma et de la culture visuelle, elles, se poursuivent. Car pour le Prix Luciole, un prix n’est jamais une finalité. L’essentiel demeure ailleurs : permettre à ces créations qui façonnent le cinéma en coulisses d’être davantage vues, reconnues et célébrées.




