À Ostende, un débat a été ouvert sur les financements alternatifs

Karla Puttemans, directrice du VAF, et le journaliste Lieven Trio lors de la rencontre annuelle à Ostende. © Filmfestival Oostende
En marge de la 18ᵉ édition, qui vient pour la première fois de franchir le cap des 50 000 visiteurs, le Vlaams Audiovisueel Fonds (VAF) - principal organisme public de soutien au cinéma, aux séries et aux jeux vidéo en Flandre - organisait sa rencontre annuelle avec les professionnels du secteur, en collaboration avec le département flamand Culture, Jeunesse et Médias. Cette édition était consacrée aux possibilités de financement complémentaires.
Après un état des lieux des soutiens européens existants, comme Creative Europe et Eurimages, la parole a été donnée à Juliane Schulze, une consultante allemande spécialisée dans le financement des industries culturelles.
Diversifier les sources, structurer la démarche
Intervenant en vidéo depuis Berlin, elle a plaidé pour un recours plus structuré aux capitaux privés, encore peu mobilisés par l’audiovisuel indépendant. Elle a détaillé plusieurs pistes, allant de la participation d’investisseurs privés au financement d’un film ou au capital d’une société de production, à des partenariats avec des marques ou au financement participatif mobilisant une communauté de spectateurs. Elle a aussi évoqué le recours à des fonds d’investissement européens spécialisés. Parmi eux figure MediaInvest, un mécanisme piloté par le Fonds européen d’investissement visant à soutenir les apports de capitaux dans des sociétés audiovisuelles indépendantes et à renforcer leur capacité de développement.
Son message central repose sur quelques principes opérationnels : identifier clairement son public, construire une proposition cohérente pour des partenaires partageant les mêmes valeurs et formaliser les attentes en matière de retour sur investissement. Elle insiste également sur la nécessité d’“éduquer l’argent”, soit d'expliquer aux investisseurs les logiques propres au secteur. "Les investissements privés peuvent jouer un rôle déterminant dans le processus de production d’un film."
La discussion qui a suivi, à laquelle ont notamment participé des représentants de Screen Flanders et Panenka, a confirmé que les coproductions internationales deviennent nécessaires pour boucler les budgets, tant en cinéma qu’en séries. Cette diversification intervient dans un contexte de tension budgétaire, obligeant les producteurs à structurer plus en amont leurs plans de financement et à élargir leurs partenaires. En conclusion, la ministre flamande des Médias, Cieltje Van Achter, a réaffirmé sa position concernant les grandes plateformes numériques : "Ceux qui profitent de nos publics doivent aussi investir dans ce qui est produit chez nous".
Les leviers évoqués à Ostende
• Associer des investisseurs privés au financement d’un projet ou d’une société.
• Développer des partenariats avec des marques, pouvant aller jusqu’à la coproduction.
• Mobiliser une communauté via le financement participatif.
• Recourir à des fonds européens d’investissement spécialisés.
• Structurer dans la durée la relation avec les investisseurs.





