Wallimage : mise au point sur le jeu vidéo

Virginie Nouvelle, directrice générale de Wallimage. “Le cinéma et le jeu vidéo ne sont pas en concurrence directe, ce sont des outils distincts, pensés pour répondre à des réalités économiques différentes.”
L’annonce d’une ligne Wallimage Gaming de 2 M€ n’est pas passée inaperçue. Car dans un contexte budgétaire tendu, certains acteurs de l’audiovisuel y ont vu le signe d’un déplacement des priorités. Pour Virginie Nouvelle, directrice générale de Wallimage, l’enjeu est d’abord de recontextualiser. “Nous bénéficions depuis 2017 d’une subvention annuelle de 6,5 M€, exclusivement dédiée à la production audiovisuelle”, rappelle-t-elle. Le jeu vidéo a fait son entrée fin 2021 via une enveloppe spécifique de 4 M€ issue du Plan de relance de la Wallonie, permettant de soutenir 33 projets jusqu’au printemps 2024. “Après l’épuisement de cette enveloppe, il n’y avait plus aucun financement pour le gaming. Or, une action ponctuelle sans perspective de continuité n’avait pas beaucoup de sens”, souligne-t-elle.
Une décision politique dans un cadre réglementé
La relance de la ligne gaming à partir de cette année répond à cette logique. “Le gouvernement wallon a souhaité remettre en place une ligne de 2 M€, mais sans dégager de budget complémentaire”, explique Virginie Nouvelle. Le montage combine 1 million d’euros via la subvention régionale et 1 million sur fonds propres de Wallimage, mobilisables grâce à une garantie du Fonds européen d’investissement. “Cela nous permet de prendre plus de risques sans fragiliser l’ensemble du dispositif”, précise-t-elle.
Côté audiovisuel, la baisse mécanique de la subvention – de 6,5 à 5,5 M€ – reste difficile à accepter. “Je comprends ces inquiétudes. En même temps, je comprends aussi la volonté de soutenir un secteur en développement comme le jeu vidéo, qui a historiquement bénéficié de moins d’aides publiques que l’audiovisuel”, insiste la directrice.
Au-delà des montants, elle pointe un phénomène structurel : la concurrence accrue entre projets. “Les exigences augmentent parce qu’il y a plus de projets que de moyens disponibles. C’est un effet mécanique de la compétition ”, observe-t-elle. Avec quatre sessions annuelles, la sélectivité s’est renforcée. À l’échelle nationale, la Wallonie demeure par ailleurs mieux dotée que la Flandre (Screen Flanders, 3,5 millions) ou Bruxelles (Screen Brussels, 3 millions).
Plutôt que d’opposer les secteurs, Virginie Nouvelle plaide pour une approche plus transversale. “Il devrait y avoir davantage de collaborations entre l’audiovisuel et le jeu vidéo, notamment via les pipelines de production ou la fabrication en temps réel”, avance-t-elle. “Rester dans des silos fermés n’est probablement pas la bonne réponse à long terme”, conclut-elle.
Pourquoi Wallimage soutient aussi le jeu vidéo
Marché mondial majeur, le jeu vidéo reste en Wallonie un secteur encore peu structuré. “L’objectif est de permettre l’émergence de studios durables”, explique Virginie Nouvelle, dans un environnement international très concurrentiel où le soutien public joue un rôle d’amorçage.




