Mort de Philippe Labro à 88 ans

4 juin 2025
Philippe Labro s’est éteint à l’âge de 88 ans. Figure incontournable des médias français, il aura marqué des générations à travers ses reportages, ses romans, ses films et son engagement dans la direction de RTL.
Philippe Labro

Capture d'écran France Inter.

Homme de lettres, réalisateur, journaliste, parolier… Philippe Labro, l’homme aux mille vies, s’est éteint ce mercredi 4 juin à Paris, à l’âge de 88 ans, a annoncé RTL, maison dans laquelle il a occupé plusieurs postes de direction.

Né en 1936 à Montauban (Tarn-et-Garonne), Philippe Labro débute sa carrière à Europe 1 en 1957, avant d’être détaché comme journaliste militaire durant la guerre d’Algérie. Il devient ensuite reporter pour différents titres de presse écrite, puis grand reporter à France-Soir, où il restera jusqu’en 1972. Sa notoriété s’accroît lorsqu’il couvre pendant trois ans l’affaire de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Il collabore alors aussi à l’émission télévisée Cinq colonnes à la une (1960-1964).

À partir des années 1970, il devient également parolier pour des stars de la chanson française telles que Johnny Hallyday et Jane Birkin. Journaliste indépendant de 1968 à 1976, il rejoint ensuite RTL, où il devient rédacteur en chef et présentateur du journal de 13 heures.

Il entre à la direction de RTL en 1985 et y exerce diverses fonctions jusqu’en 2000 : directeur des programmes, vice-président en 1992, vice-PDG d’Ediradio en 1996, puis vice-président du conseil d’administration en mars 2000. Il participe également au lancement de la chaîne Direct 8 aux côtés de Vincent Bolloré, qu’il quittera en février 2025, peu avant sa fermeture sous le nom de C8. Entre 2015 et 2016, il occupe brièvement le poste de directeur général d’iTélé.

Un auteur à succès et un réalisateur influencé par le polar américain

À la fin des années 1960, Philippe Labro entame une carrière de cinéaste et réalise sept longs-métrages inspirés du cinéma policier américain. Parmi ses films notables : Tout peut arriver (1969), Sans mobile apparent (1971), L’Héritier (1972), La Crime (1983) ou encore Rive droite, rive gauche (1984).

Écrivain prolifique, il est l’auteur de 23 ouvrages, dont plusieurs rencontrent un vif succès critique et public. Deux fois finaliste du prix Goncourt, il s’incline en 1988 face à Erik Orsenna (L’Exposition coloniale), puis en 1990 face à Jean Rouaud (Les Champs d’honneur), malgré des romans très remarqués comme Un été dans l’Ouest et Le Petit Garçon.

Sur X, la ministre de la Culture Rachida Dati a salué "une grande figure de la presse et de l’édition". Le président de la République Emmanuel Macron a également réagi : “Philippe Labro nous a accompagnés pendant des années, au micro et dans les couloirs de RTL, dont il dirigea les programmes à partir de 1985. Il a lancé tant de grands noms, de jeunes journalistes, d’émissions.