Les César ripostent aux "violences présumées"

2 janvier 2023
Dans un communiqué envoyé à ses 4 705 membres votants, le bureau de l’Académie des César a annoncé sa décision "de ne pas mettre en lumière des personnes qui seraient mises en cause par la justice pour des faits de violence" lors de la prochaine cérémonie qui se déroulera le 24 février à l’Olympia.
César

Le 23 novembre dernier, le bureau de l’Académie des César annonçait le retrait de l’acteur Sofiane Bennacer de la liste des 32 Révélations en raison de sa mise en examen pour des violences présumées. En parallèle, l’Académie a mené une réflexion afin d’envisager une modification de son règlement régissant l’organisation de la Cérémonie des César, ce dernier ne prévoyant pas à ce jour l’hypothèse d'une mise en cause judiciaire d’un participant à un film éligible. Une réflexion qui a fait émerger de nombreuses questions : "Quel serait le fondement d’une mesure d’empêchement de participer à la cérémonie ?" ; "Quel en serait l’élément déclencheur (mise en examen et/ou condamnation, nature et degré de gravité de l’infraction reprochée) ainsi que la durée de la décision ?" ; "Quels critères présideraient à la connaissance par l’Académie des infractions reprochées ?" ; "Quelle communication éventuelle serait faite du nom des personnes rendues temporairement inéligibles ?"

"Devant l’ampleur et la complexité de ces questions, d’un point de vue moral et juridique, tout le monde s’est accordé pour dire qu’il fallait poursuivre la réflexion par la mise en place d’un groupe de travail dédié, auquel seront invitées toutes les personnalités, associations, ou autorités compétentes qu’il semblera utile au Bureau de l’Académie de convier pour éclairer le groupe de travail de leurs conseils ou de leur expertise. Les travaux se poursuivront durant le 1er semestre 2023 et un éventuel changement de Règlement de l’Académie sera proposé au vote selon les modalités démocratiques statutaires. Néanmoins, sans présumer de l’issue de ce processus de réflexion, un consensus s’est dégagé concernant la Cérémonie 2023. Par respect pour les victimes (même présumées en cas de mise en examen ou de condamnation non définitive), il a été décidé de ne pas mettre en lumière des personnes qui seraient mises en cause par la justice pour des faits de violence. Ainsi dans l’hypothèse où à l’issue du 1er tour de vote, il serait avéré qu’une personne figurant sur la liste des nommés fait l’objet, soit d’une mise en examen pour des faits de violences, notamment à caractère sexuel ou sexiste, passibles d’une peine de prison, soit d’une condamnation en cours prononcée en raison de tels faits, cette personne ne pourra pas être invitée à la Cérémonie, ni à aucun des événements qui lui sont associés et qui sont organisés par l’Académie des César. Une mise en retrait qui exclura également toute prise de parole 'au nom de cette personne' lors de ces mêmes événements - y compris si un César devait lui être attribué à l’issue du second tour de vote".