Des courts, un César, et un long métrage
Après avoir enchaîné plusieurs réalisations de courts métrages, les cinéastes Laurianne Escaffre et Yvonnick Muller ont connu une véritable consécration en 2020 lorsque leur court Pile Poil a été honoré par l’Académie des César. Un succès qui a fait suite à bien d’autres, comme aux Festivals de l’Alpe d’Huez ou de Clermont-Ferrand, et qui n’a pas manqué de susciter l’intérêt de bien des producteurs. L’un des premiers était Foucauld Barré (Quad), qui a précédemment accompagné le premier film de Mélanie Auffret, Roxane, et qui accompagnera son deuxième, Les petites victoires, avec Michel Blanc et Julia Piaton. « J’ai été immédiatement séduit par l’univers de Lauriane et Yvonnick, s’enthousiasme le producteur. Ils savent allier la comédie à l’émotion comme le font les cinéastes anglo-saxons. En nous rencontrant, nous avons réfléchi aux projets que nous pourrions mener ensemble. Ils m’ont alors parlé de Maria rêve que Lauriane avait développé lors de sa formation de scénariste à La Fémis. L’écriture était parfaitement ciselée et les personnages très profonds alors nous nous sommes lancés ».
Une seconde vie
L’histoire s’intéresse au personnage de Maria, une femme de ménage incarnée par Karin Viard. Mariée depuis 25 ans, elle est réservée, timide et maladroite. Lorsqu’elle est affectée aux Beaux-Arts, elle rencontre Hubert, le gardien fantasque de l'école interprété par Grégory Gadebois, et découvre un lieu fascinant où règnent la liberté, la créativité et l'audace. Dans ce monde si nouveau, Maria va se laisser envahir par la vie… et l’amour.
« Je rêvais de mettre en lumière un personnage de femme de ménage car ma chère grand-mère a exercé ce métier. Elle devait être invisible or je rêvais que tout le monde puisse la voir et la remarquer. Cela rejoint les thèmes de la libération et de l’émancipation qui nous sont chers. Le fait de raconter la vie d’une femme de cinquante ans compte aussi pour nous alors que si peu de longs métrages sont consacrés à des personnages féminins de cet âge là » témoigne Lauriane Escaffre. « Le film parle aussi des secondes chances et des secondes vies qui peuvent s’offrir à chacun, précise Yvonnick Muller. Nous-mêmes avons précédemment travaillé dans la finance et le marketing avant de renoncer à tout et de nous consacrer au cinéma. Il n’est jamais trop tard pour rien, surtout pour être au plus proche de soi, et traiter cette thématique par le biais d’une histoire d’amour la rend encore plus universelle ».
Deux nouveaux projets en cours
Tourné en trente jours avec un budget de 3,2 millions d’euros, Maria rêve a reçu le soutien de Canal+, France 3, TF1 Studio et UGC. Les équipes de production et artistiques ont œuvré main dans la main pour que le film semble disposer d’un budget presque deux fois supérieur, en apportant un soin particulier aux décors et à la photographie. La sortie étant prévue pour le 28 septembre, le film sera présenté partout en France à l’occasion d’une tournée en région d’une vingtaine de dates. Il a d’ores et déjà été diffusé dans plusieurs festivals de renom, d’Angoulême à la Baule en passant par Cabourg où il a remporté le prix du public.
Mais Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller ne comptent pas s’arrêter là. L’adaptation en long métrage de Pile Poil sera coproduite par Qui Vive et Mon Voisin Productions. Le duo travaille également sur un projet de comédie chorale autour du couple et de la fidélité qui sera produit par Vendôme Production. Une nouvelle collaboration avec Quad est aussi envisagée pour un projet qui reste à déterminer.









