Sunny Side 2022 : une 33e édition très attendue

19 juin 2022
Mathieu Béjot, directeur de la stratégie et du développement, évoque le retour de la manifestation en présentiel.
Mathieu Béjot

Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire et des expériences narratives, est de retour pour une 33e édition, qui se tiendra à La Rochelle à partir de ce lundi 20 juin et jusqu’au jeudi 23. Pour la manifestation, c’est évidemment une joie de retrouver la ville, alors que, en 2020, elle avait dû se tenir en ligne, tout comme en 2021 ; cette année-là, l’Espace Encan, qui l’accueille, avait été réquisitionné pour la campagne de vaccination. « Ces deux éditions en ligne ont permis à la communauté du documentaire de maintenir le contact et à l’activité de se poursuivre, mais cela ne remplace pas la nécessité de se voir « en vrai ». De plus, en ligne, on ne peut pas créer ni capter l’énergie d’un marché », indique Mathieu Béjot, directeur de la stratégie et du développement de Sunny Side of the Doc.

Tous les stands commercialisés

Les professionnels attendent cette 33e édition avec impatience : pour preuve, tous les stands ont été commercialisés, et plus vite qu’à l’accoutumée. En termes d’estimation de fréquentation, difficile d’avancer des premiers chiffres, Mathieu Béjot notant que les inscriptions se font de « plus en plus tard ». En outre, il y a des professionnels pour qui il ne sera pas simple de se déplacer, comme ceux de Chine, mais ces derniers seront toutefois présents en ligne. En effet, en complément de ce retour en présentiel, Sunny Side met à disposition un volet numérique important. Toutes les sessions de pitchs, qui se dérouleront sur place, pourront y être visibles en direct, avec possibilité d’interagir avec les porteurs de projets, tandis que certains temps forts y seront diffusés eux aussi en direct, avec également possibilité d’interagir. D’autres, enregistrés, verront leur captation rendue accessible à la fin du marché.

Un secteur face à une situation contrastée

Cette 33e édition s’inscrira dans un contexte toujours particulier pour le documentaire, très affecté par la pandémie. Mathieu Béjot livre son analyse : « Les signaux sont contrastés. D’un côté, on observe un appétit du public, et en particulier du public jeune, pour le genre. Les documentaires d’exploration, de découverte, de connaissance répondent à un fort besoin d’évasion dans la période dans laquelle nous vivons. Les documentaires expliquant la complexité de notre monde, que ce soit dans les champs de la santé, de l’économie, de l’écologie ou de la géopolitique, intéressent aussi vivement. Par ailleurs, il y a davantage de débouchés pour le documentaire, des chaînes de télévision aux plateformes, en passant par la salle et les réseaux sociaux. D’un autre côté, il y a des difficultés de financement, et les productions reprennent plus lentement, car les restrictions de déplacement les ont pénalisées. Enfin, et ce n’est pas spécifique au documentaire, on constate un encombrement lié, notamment, au fait que beaucoup de projets mis en stand by redémarrent en même temps. Ainsi, il est plus difficile aujourd’hui, dans certains métiers, de trouver des personnes disponibles ».

En parallèle du marché a lieu, depuis le 18 juin et jusqu’au 23, la nouvelle édition de PiXii, le festival international des cultures digitales, « le laboratoire de l’innovation de Sunny Side », dixit Mathieu Béjot. Rappelons qu’il est ouvert aux accrédités de Sunny Side, ainsi qu’au grand public.