Le Festival Pluriel.les arrive à maturité

14 mars 2022
Après une édition record l’année dernière qui lui a permis d’acquérir une notoriété publique, le Festival Pluriel.les, cofondé par Quentin Delcourt et Laurence Meunier, maintient sa ligne éditoriale autour de la parité et du féminisme tout en s’ouvrant désormais à l’inclusion.
festival Plurielles

Depuis sa création en 2018 par le réalisateur-producteur Quentin Delcourt et l’exploitante Laurence Meunier, le Festival Pluriel.les n’a cessé d’évoluer et de grandir. Autrefois intitulé ’’Plurielles’’, il mettait en lumière les femmes et la diversité dans le cinéma international contemporain. Cette année, la manifestation, qui se déroule du 15 au 20 mars au cinéma Majestic de Compiègne (Hauts-de-France), élargit sa thématique à l’inclusion de toutes les minorités peu représentées au cinéma. « Notre objectif est de conserver une programmation haut de gamme tout en diversifiant et en élargissant notre public, s’enthousiasme Quentin Delcourt. Notre volonté était de nous concentrer au préalable sur les femmes jusqu’à ce que le festival soit rôdé. L’année dernière, nous avons vécu une édition couronnée de succès, malgré les contraintes sanitaires, qui nous a permis d’être identifié de tous, spectateurs et professionnels. Au point d’ouvrir aujourd’hui notre programmation à l’inclusion, au handicap, aux LGBT ainsi qu’aux minorités raciales ».

Une programmation axée à la fois sur un cinéma d’auteur mais aussi des œuvres populaires comme en témoigne la présentation en ouverture de la nouvelle comédie sociale de Louis-Julien Petit, La Brigade, portée par Audrey Lamy et François Cluzet. « En plus d’être originaire des Hauts-de-France, ce réalisateur a su créer un pont entre le cinéma d’auteur et grand public, en mêlant à la fois des acteurs populaires, voire élitistes, à des inconnus. C’est cette atmosphère là que nous souhaitons créer à Pluriel.les ».

La manifestation se clôturera avec la présentation d’une autre comédie récemment présentée au Festival de l’Alpe d’Huez, La Revanche des Crevettes Pailletées. « Nous sommes heureux de pouvoir diffuser une telle typologie de films qui est très rarement programmée dans une ville traditionaliste, chrétienne et politiquement ancrée à droite comme Compiègne, explique le cofondateur du Festival. Nous espérons que ce sera une grande fête qui démontrera que notre public se diversifie et est heureux de découvrir des films qui le sort de sa zone de confort. C’est ce qui fait que nous sommes devenus un événement attendu par nos spectateurs ».

Des nouveautés à foison

Parmi les innovations importantes, le Festival Pluriel.les inaugure cette année un nouveau panel composé uniquement de jeunes acteurs prometteurs de moins de trente ans (Anaïs Parello, Lucas Ivoula, Mathias Raumel, Kathy Packianathan, Farrah Kassabeh, Kevin Meffre). Tout au long du festival, ces jeunes talents seront amenés à rencontrer différents metteurs en scènes, directeurs de castings ou producteurs. Ils bénéficieront notamment de séances de coaching avec leurs marraines : les réalisatrices Charlène Favier et Maimouna Doucouré. « Le fait de tendre la main à ces talents qui incarnent nos valeurs et qui n’ont pas encore fait leur preuve dans un long métrage est aussi un moyen de prouver que le cinéma français se doit d’être ouvert aux autres pour mieux se renouveler » témoigne Quentin Delcourt.

Autre nouveauté de cette édition, la création d’un jury de partenaires «  si essentiels pour monter des projets culturels » qui remettra un prix à l’un des courts métrages en compétition. Il sera présidé par Caroline Rogard, Directrice de la Communication du Groupe Audiens.

Enfin, après avoir organisé l’an dernier une table ronde autour de l’inclusion des identités asiatiques dans le cinéma français, le festival intensifie cette initiative en organisant pas moins de trois rendez-vous similaires. Le premier d’entre eux portera sur l’avenir du cinéma français dans la France de 2022. Y participeront notamment le Président de la SACD, Pascal Rogard, le Président de la FNCF, Richard Patry, ainsi que des représentants des candidats à l’élection présidentielle. « Cela nous semblait essentiel de parler de cinéma d’un point de vue politique alors que la culture, bien qu’ayant été fortement aidée, a néanmoins été sacrifiée durant la crise et qu’aucun candidat n’aborde cette thématique durant la campagne électorale en cours. Alors que nous sommes face à des problématiques de taille, à commencer par la préservation du service public, de France Télévisions au CNC ».

Un autre débat portera sur l’inclusion du handicap et ses représentations dans le cinéma français. « Il s’agit d’aborder aussi les conditions d’accessibilité à des postes. Peut-on être technicien en ayant un handicap ? Un acteur avec un handicap peut-il jouer autre chose qu’un handicapé ? ».

Enfin, la dernière table ronde se concentrera sur les représentations LGBTQIA+ dans le cinéma français. Elle sera animée par Patrick Fabre qui sera entouré notamment de Catherine Corsini, Samuel Theis et Marie-Castille Mention Schaar.


Compétition officielle internationale

  • En Corps, de Cédric Klapisch
  • Amira, de Mohamed Diab
  • Un hiver en été, de Laetitia Masson
  • Murina, d’Antoneta Alamat Kusijanovic
  • Money Boys, de CB YI
  • Une Révision, de Catherine Therrien
  • Le monde d’hier, de Diastème
  • Clara Sola, de Nathalie Alvarez Mesén
  • 107 Mothers, de Peter Kerekes

Compétition officielle Émergence

  • Entre les vagues, d’Anaïs Volpé
  • Mi Iubita, Mon Amour, de Noémie Merlant
  • Olga, d’Elie Grappe
  • Les Meilleures, de Marion Desseigne-Ravel
  • Le soleil de trop près, de Brieuc Carnaille

Hors compétition

  • Les passagers de la nuit, de Mikhaël Hers
  • Petite Nature, de Samuel Theis
  • Touchées, d’Alexandra Lamy

Sélection Documentaires

  • Nos corps sont vos champs de bataille, d’Isabelle Solas
  • Nadia, d’Anissa Bonnefont
  • Marcher sur l’eau, d’Aïssa Maïga
  • Rosy, de Marine Barneiras
  • Les mots de Taj, de Dominique Choisy

Sélection courts métrages

  • Ibiza, d’Hélène et Marie Roussel et Ruiz
  • In Utero, de Yann Tivrier
  • L’héritage, de Mathieu Haag
  • Sororité, de Hada Korena
  • Les vertueuses, de Stéphanie Halfon
  • Un corps brûlant, de Lauriane Lagarde

Section animation

  • Vanille, de Guillaume Lorin
  • Vaillante, de Laurent Zeitoun et Théodore Ty
  • La chance sourit à Madame Nikuko, d’Ayumu Watanabe
  • Pas pareil et pourtant, de Jesus Perez et Gerd Gockell

Jury de la compétition officielle internationale

  • Marie-Castille Mention Schaar (Présidente)
  • Pascal Elbé
  • Guang Huo
  • Aurélie Saada
  • Arnaud Valois

Jury de la compétition Émergence

  • Andréa Bescond (Présidente)
  • Pierre Rochefort
  • Rose-Marie Perreault
  • Jonas Ben-Ahmed
  • Laurence Lascary
  • Sabrina Van Tassel