Le secteur du montage touché par la crise sanitaire

Il y a 1 semaine
Une étude démontre que les monteurs du cinéma et de l’audiovisuel ont subi une nette baisse d’activité depuis le début de la pandémie de covid.

Les Monteurs associés (LMA), association créée en juin 2001 rassemblant près de 250 monteurs et monteurs son du cinéma et de l’audiovisuel, ont publié les résultats d’une enquête sur l’emploi dans le secteur du montage. Elle a été menée sur 227 personnes, dont 56,4% travaillent pour l’audiovisuel et 33% pour le cinéma. Il apparaît toute d’abord que plus de la moitié des répondants ont subi une baisse d’activité : 46,9% ont moins travaillé depuis mars 2020 que les 12 mois précédents, et 3,5% n’ont pas du tout travaillé. De plus, 55,1% ont eu des projets annulés ou repoussés. Cependant, si l’on considère chaque grand secteur, 55,3% des répondants travaillant majoritairement dans le cinéma ont travaillé à peu près autant (ou plus) que les 12 mois précédents, contre 47,3% dans l’audiovisuel. Cela s’explique sans doute par le fait que 21% des “répondants cinéma” ont travaillé dans l’audiovisuel sur cette période. À l’inverse, seuls 2,3% des “répondants audiovisuel” ont travaillé dans le cinéma. A court terme, 61,7% ont des perspectives d’emploi dans les prochains mois, 37,4% n’en ont pas.

Faire ses 507 heures

La baisse d’activité globale est confirmée par la situation des répondants vis-à-vis de l’assurance chômage : 63,4% ont effectué 507 heures ou plus leur permettant une réouverture de droits aux allocations chômage. Ce chiffre est à rapprocher de ceux de l’Unédic qui indiquent que 67% des intermittents de la production audiovisuelle ont cumulé plus de 507 heures au 31 décembre 2020 ; 62 % pour la production cinéma. Si l’on ajoute les 11,5 % de personnes qui pensent totaliser 507 heures de travail d’ici le 31/08, alors 74,9% des répondants atteindraient au 31 août les 507 heures nécessaires. Selon l’Unédic, avant la crise, 82% des allocataires (annexes 8 et 10 confondues) étaient réadmis le lendemain de leur date anniversaire. 18,5 % des personnes ne sont pas sûres du tout d’effectuer les 507 heures. De plus, 57,2% des personnes accusent une baisse de revenus allant jusqu’à la perte quasi totale.

Baisse de salaire annuelle

Conséquence de la baisse d’activité, la hausse mécanique des allocations chômage ne couvre pas la baisse de salaire annuelle. Cette baisse va jusqu’à 30% pour 29,5% des répondants, de 30% à 60% pour 21,1%, et de 60% à la perte quasi totale pour 6,6%. Et 3,5% des répondants déclarent une perte quasi totale de revenus. Si 8,7% ont dû avoir recours à des aides exceptionnelles ou au RSA, 23% considèrent qu’elles n’étaient pas adaptées à leur situation.

Des contrats hors du cadre légal

La proportion des contrats de travail remis en temps et en heure est très faible et confirme les résultats de l’enquête menée l’été dernier auprès de l’ensemble des techniciens du cinéma et de l’audiovisuel : sur un cumul de 916 projets, dans seulement 26,7% des cas un contrat a été remis au salarié au plus tard dans les 48 heures suivant l’embauche. Cette situation est aggravée chez les assistants : seuls 13,6% des contrats ont été remis en temps et en heure. Toutes professions confondues, 32,2 % des contrats ne respectaient pas la durée complète prévue pour le projet.