Disney+ gagne 12 millions d’abonnés au deuxième trimestre 2021
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Dans le match qui oppose Disney+ à Netflix, le studio vient de marquer un point important au cours du dernier trimestre. En effet, quand Netflix a ajouté 1,5 million d’abonnés dans le monde d’avril à juin (en en perdant 430.000 en Amérique du Nord), Disney+ affiche une croissance de 12,4 millions d’abonnés sur un nombre de territoires nettement inférieur. Au total, les recettes de la division DTC (Direct-to-Consumer) ont augmenté de 57% sur le trimestre pour atteindre 4,25 milliards de dollars, soit 33% des recettes de The Walt Disney Company. Dans le même temps, les pertes de l’activité de streaming se réduisent par rapport à la même période de 2020, passant de 624 millions de dollars à 293 millions à fin juin.

Hausse de 57% des revenus Direct to Consumer
En une année, Disney+ s’est imposé comme le service de référence du groupe. En effet, il y a un an, sa part de marché était de 57%. A fin juin 2021, elle est de 67%. Pourtant, ses deux autres services – principalement disponibles aux Etats-Unis – ont aussi connu une belle croissance : Hulu affiche une hausse de 21% à 42,8 millions d’abonnés, tandis que ESPN+ progresse de 70% à 14,5 millions d’abonnés. Au total, en une année, Disney recrute 72 millions d’abonnés et totalise un portefeuille d’abonnés à ses services de streaming de 173 millions d’abonnés. Pour les neuf premiers mois de l’année, couvrant la période allant d’octobre 2020 à juin 2021, les activités de streaming génèrent 11,76 milliards de dollars de revenus (31% du chiffre d’affaires total de Disney), avec des pertes en net repli puisqu’elles passent de 2,5 milliards de dollars du 2020 à 1 milliard en 2021.
Disney a détaillé les performances de ses différentes plateformes en expliquant que la diminution de la perte d'exploitation du troisième trimestre de la firme de Burbank est due à l'amélioration des résultats de Hulu, partiellement compensée par une perte plus importante de Disney+. Cette perte plus importante de Disney+ est due à l'augmentation des coûts de programmation, de production, de marketing et de technologie, partiellement compensée par une augmentation des revenus d'abonnement qui se décompose en deux parties :
- d’une part les revenus de Premier Access (Premium VOD) pour « Cruella » au cours du trimestre actuel. Le film « Cruella » est sorti en day-and-date aux Etats-Unis au prix de 29,99 dollars ; puis sera diffusé gratuitement sur Disney+ à partir du 27 août (sauf en France puisqu’à partir du moment où un film sort en salles, la chronologie des médias de la SVOD s’applique).
- d’autre part l’augmentation des prix ; des prix de détail de Disney+, qui sont passés de 6,99 $ à 7,99 $ aux Etats-Unis et de 6,99 euros à 8,99 euros en Europe, entre autres au moment du lancement de Star. Pour les dirigeants du studio « l'augmentation des coûts et des abonnés reflète l'expansion continue de Disney+, y compris les lancements sur des marchés supplémentaires. »
Le churn au vert
Pour afficher une croissance aussi solide, il faut que le taux de désabonnement, le « churn » soit maîtrisé. On le sait, c’est un des points forts de Netflix. De son côté, Disney semble très satisfait de son taux de churn, comme l’a expliqué Bob Chapek aux analystes : « Nous sommes vraiment satisfaits du taux de désabonnement. Nous avons procédé à quelques augmentations de prix au cours des derniers trimestres. Et ce que vous voyez, c'est que notre taux de désabonnement a diminué, y compris en Europe, alors que nous avons augmenté le prix de 2 € lorsque nous avons ajouté la marque Star comme sixième marque. Donc, notre rétention est très saine dans le monde entier. Nous sommes vraiment, vraiment satisfaits de cela. Et c'est vraiment une proposition de valeur de prix qui est vraiment excellente. Donc, le fait que notre taux de désabonnement soit si bas, que notre engagement soit si élevé, que notre rétention soit si élevée dans les couloirs locaux où nous appliquons des augmentations de prix, je pense que cela en dit long. »
Un revenu moyen mensuel en repli
Le revenu mensuel moyen par abonné payant (ARPU) pour Disney+ a diminué de 4,62 $ à 4,16 $ (soit -10%) en raison d'une combinaison plus élevée d'abonnés Disney+ Hotstar au cours du trimestre actuel par rapport au trimestre de l'année précédente. Disney+ Hotstar a été lancé le 3 avril 2020 en Inde, avec la reprise du service Hotstar préexistant et qui représente une très forte partie de la base abonnés de Disney +, soit environ 40% de la base installée. Selon Omdia, Disney+ Hotstar détient plus de 40% de part de marché de la SVOD en Inde.

Une compétition globale
Pour rattraper Netflix, Disney+ doit poursuivre son déploiement international qui est actuellement composé de 61 pays : Disney+ sera lancé en Corée du Sud, à Taïwan et à Hong Kong en novembre 2021. « L'accueil réservé à Disney+ dans la région Asie-Pacifique a dépassé nos attentes, les consommateurs recherchant des contenus de divertissement variés et étant attirés par notre portefeuille de marques et de franchises », a déclaré Luke Kang, président de The Walt Disney Company Asia Pacific. Il a ajouté : « Nous sommes heureux de la croissance du nombre d'abonnés et des partenariats noués sur les marchés, et nous sommes impatients de nous engager avec davantage de consommateurs dans toute la région. » Par ailleurs, l'entreprise reporte le lancement de Disney+ en Europe de l'Est à l'été 2022, afin qu'il puisse être lancé aux côtés des marchés du Moyen-Orient et de l'Afrique du Sud.
L’affaire ScarJo vue par Disney
Bob Chapek, a défendu la stratégie de distribution de « Black Widow » en justifiant : « Bob Iger et moi-même, ainsi que l'équipe de distribution, avons décidé que c'était la meilleure stratégie parce qu'elle nous permettait de toucher le plus large public. Les décisions de distribution sont prises film par film, en fonction des conditions du marché et du comportement des consommateurs. » Il a par ailleurs précisé que le studio ferait preuve de « souplesse » : « Shang-Chi », le prochain Marvel, aura une fenêtre en salles de 45 jours à partir de sa sortie début septembre avant d'atterrir sur Disney+. Il a ajouté : « nous avons trouvé des moyens de rémunérer équitablement les talents » et que « depuis la création de COVID, nous avons conclu des centaines d'accords avec nos talents et, dans l'ensemble, ils se sont très bien déroulés. »
M. Chapek a également déclaré que « Free Guy » et « Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings » continueraient d'avoir des fenêtres d'exploitation exclusives, notant que la société a hérité d'un accord avec « Free Guy » (via Fox) limitant sa capacité à le diffuser en SVOD, et que « Shang Chi » « sera un point de référence intéressant », étant donné sa fenêtre d'exploitation de 45 jours en salles avant de rejoindre Disney+, même s'il a reconnu que la société « prévoyait d'être dans un environnement de la salle beaucoup plus sain ».
Disney+ aborde la deuxième partie de l’année en étant confiant sur son modèle et célèbrera les deux ans de sa plateforme le 12 novembre prochain au cours du Disney+ Day 2021. Bob Chapek a expliqué aux analystes que « le pouvoir de la synergie sera pleinement démontré le 12 novembre lorsque nous célébrerons la journée Disney+ avec une campagne promotionnelle sans précédent à l'échelle de l'entreprise » et de conclure, au cas où certains ne l’aurait pas compris : « l'activité de vente directe aux consommateurs est la priorité absolue de l'entreprise ».
Pascal Lechevallier






