Le Conseil d'État valide la fermeture des cinémas
Le Premier Ministre, Jean Castex, avait annoncé, le 10 décembre dernier, un report de la réouverture des lieux culturels, dont les salles de cinéma et de théâtre. La date initiale de reprise était calée au 15 décembre. Les exploitants avaient œuvré pour accueillir les spectateurs dans les conditions les plus sûres. Les distributeurs s'étaient quant à eux engagés à diffuser des films divers pouvant rassembler un large public durant toute la période des fêtes. Il avait été précisé que la situation serait à nouveau examiné à compter du 7 janvier.
Saisie par les représentants des professionnels de la culture, le Conseil d'État a validé cette décision du gouvernement au regard du contexte sanitaire et d'un risque de l'augmentation de l'épidémie à court terme. Toutefois, la haute juridiction administrative a précisé que si la situation sanitaire venait à s'améliorer, la fermeture des lieux culturels ne pourrait être maintenue au seul motif qu'il existerait un risque de contamination de ces lieux.
La Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a pris acte de cette décision et a engagé, depuis la semaine dernière, des concertations avec les professionnels de la filière afin de travailler aux perspectives de réouverture ainsi qu'au renforcement et à l'ajustement des protocoles sanitaires : "Si cette démarche n’était pas fondée en droit, elle exprimait beaucoup de souffrance et de révolte. Nous devons l’entendre. Il nous faut maintenant bâtir un modèle résilient de fonctionnement des lieux culturels qui protège la santé des Français et les fassent savourer en toute sécurité toutes les formes de culture. Depuis plusieurs jours, nous travaillons avec les professionnels à bâtir ce modèle et, tout particulièrement hier, autour du Premier ministre, lors d’une après-midi de travail approfondi qui succédait à un échange fructueux, tenu le matin même, avec un membre du Conseil scientifique. Tout est sur la table : calendrier, protocoles, adaptations aux conditions sanitaires et aux caractéristiques des salles. Je salue l’esprit de responsabilité et de dialogue des responsables du spectacle vivant et du cinéma, mais aussi des musées et des monuments. C'est tous ensemble que nous relèverons ce défi".
De son côté, la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF) s'est félicitée que le Conseil d'État ait retenu ses arguments, malgré le fait qu'il n'ordonne pas la réouverture des cinémas : " le Conseil d’Etat reconnaît que la fermeture des cinémas, théâtres et salles de spectacle, porte une atteinte grave aux libertés, alors que les protocoles sanitaires mis en place permettent de réduire le risque de transmission du virus. Pour la haute juridiction, seule une situation sanitaire particulièrement défavorable, susceptible de compromettre à court terme la prise en charge, notamment hospitalière, des personnes contaminées et des patients atteints d’autres affections, peut justifier le maintien d’une pareille fermeture. C’est malheureusement, selon lui, le cas à ce jour, et pour les semaines qui viennent, du fait de la dégradation annoncée de la situation sanitaire. De toute évidence, ce n’était pas le cas début décembre. Lorsque les commerces dits « non essentiels » ont rouvert, les cinémas auraient donc dû manifestement rouvrir. A l’avenir, la FNCF sera extrêmement vigilante pour que les cinémas rouvrent, dès que les conditions précisées par le Conseil d’Etat seront réunies, et alors que les commerces dits « non essentiels » seraient ouverts. La FNCF se rapprochera dans les jours qui viennent des pouvoirs publics pour élaborer avec eux un plan de soutien supplémentaire pour prendre en charge la situation catastrophique engendrée par le maintien de cette fermeture. Il est notamment essentiel de réarmer à nouveau le CNC de façon massive à un niveau équivalent à celui annoncé au mois de septembre."




