Michael Lonsdale s’éteint à 89 ans

22 septembre 2020
L’acteur Michael Lonsdale est décédé le 21 septembre à l’âge de 89 ans, au terme d'une carrière particulièrement riche et éclectique.

 

L’acteur Michael Lonsdale est décédé à l’âge de 89 ans, a fait savoir son agent lundi 21 septembre. Pour nombre de spectateurs français, il restera le moine dans Le Nom de la rose et le frère Luc Dochler dans Des hommes et des dieux, l’un des moines de Tibhirine assassinés. Deux rôles qui ont fait écho à sa propre foi qu’il a toujours revendiquée.

 

Né à Paris en 1931, Michael Lonsdale était d’origine franco-britannique. Il débute comme animateur d’émissions enfantines en 1943 au Maroc. De retour en France en 1946, il est repéré par Roger Blin qui l’initie à l’art dramatique. Elève du cours Tania Balachova à Paris, il est dirigé au théâtre par Raymond Rouleau, Christian Gérard ou François Billetdoux à partir de 1955, puis par Laurent Terzieff en 1961.

 

Parallèlement, il joue les seconds rôles au cinéma avec Michel Boisrond, Michel Deville, Gérard Oury, puis multiplie les projets avec Jean-Pierre Mocky. Il est un prêtre dans Le Procès, d’Orson Welles (1962), un résistant pour René Clément dans Paris brûle-t-il? (1966).

 

François Truffaut le dirigera dans La Mariée était en noir (1967), avec Jeanne Moreau et Michel Bouquet, et Baisers volés (1968), avec Jean-Pierre Léaud et Delphine Seyrig. Plébiscité, Michael Lonsdale jouera dans Hibernatus (1969), d’Edouard Molinaro, au côté de Louis de Funès.

 

Dans les années 1970, il est de nombre de film français et européen. Des plus fidèles de Jean-Pierre Mocky, il est aussi dirigé par Alain Resnais dans Stavisky (1974), avec Jean-Paul Belmondo, par Luis Buñuel dans Le Fantôme de liberté (1974), par Costa Gavras dans Section spéciale (1975), et par Joseph Losey dans Monsieur Klein (1976), avec Alain Delon.

 

Il impose ses rôles dans les films d’avant-garde et le cinéma populaire

 

Il marquera de son empreinte India Song (1975), de Marguerite Duras, dans lequel il retrouve Delphine Seyrig, et Moonraker (1979), de Lewis Gilbert, avec Roger Moore. Michael Lonsdale restera ensuite fidèle à ce mélange d’avant-garde et de cinéma populaire.

 

Il joue dans Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz, de Catherine Binet (1981), la comédie le Bon Roi Dagobert, de Dino Risi (1984), avec Coluche. Il jouera avec Sean Connery dans Le Nom de la rose (1986), de Jean-Jacques Annaud, et Les Vestiges du jour (1993), de James Ivory, au côté d’Anthony Hopkins et Emma Thompson. Il est l’ange Gabriel dans la comédie Ma vie est en enfer (1991), de Josiane Balasko, et dans Nelly et monsieur Arnaud (1995), de Claude Sautet au côté de Michel Serrault.

 

Les grands réalisateurs le sollicitent comme Steven Spielberg dans Munich (2005) ou Milos Forman pour Les Fantômes de Goya (2006). Dans tous ces longs métrages il se contentait de quelques apparitions, pourtant toujours très remarquées.

 

Il affirmera son catholicisme dans l’un des plus grands rôles de sa fin de carrière : celui du frère Luc dans Des hommes et des dieux (2010), de Xavier Beauvois. Il jouera aussi un vieux prêtre dans Le Village en carton, d’Ermano Olmi en 2011.