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Festival de festivals – L’édito d’Eric Libiot
Il y a des moments où l’on cherche désespérément une bonne nouvelle. Si la presse préfère en général le grain de sable à la machine bien huilée, signe d’une bonne démocratie en ce qu’il pointe ce qui coince et qui ne devrait pas, il est aussi reposant, en des temps plus agités que d’autres, de se satisfaire d’une annonce, d’un chiffre, d’un événement qui réchauffent les cœurs. Et… Comment dire ? Ces temps-là sont de saison.
Cette semaine se tiennent le festival Premiers Plans d’Angers, le festival de la comédie de l’Alpe d’Huez, le festival Désir… Désirs à Tours, Viva cinéma à Valence, le Fipadoc à Biarritz ; plus tard il faudra se rendre à Gérardmer (film fantastique), Vesoul (cinéma d’Asie), Clermont-Ferrand (court-métrage), mais aussi à Bastia, Quimper, Pézenas, Créteil, Épinal, Vannes, Reims et mille autres villes en France pour se nourrir, indigestion ou pas, de cinéma. Mille ? Oui, pas loin : les festivals de films sont si nombreux en France qu’ils ne se comptent pas si facilement ; ils seraient entre 700 et 800, tous genres, tous formats et toutes durées confondus. Une quinzaine par semaine. Qui dit mieux ? Pas grand monde dans le monde sûrement. On sait la France cinéphile, elle le montre tous les jours de l’année.
Il faut donc applaudir ces initiatives, écrire et redire l’importance de ces manifestations populaires et culturelles qui rassemblent le public devant un grand écran. Lieu d’échanges, d’envies, de désirs, d’engueulades. Lieu qui pousse à la curiosité, à l’altérité et à la connaissance du monde. Ce que ne semblent pas toujours comprendre les pouvoirs locaux. Témoin la présidente de la Région Pays de la Loire, Christelle Morançais (Horizons), qui, en 2025, avait sucré toutes les subventions jusqu’alors accordées aux Premiers Plans d’Angers. Résultat : une hausse de la fréquentation en forme de coup de gueule. On souhaite le même bonheur au festival cette année.
Les festivals ont une véritable nécessité économique, artistique, pédagogique et bénéficient à tout le secteur du cinéma.
Ces manifestations n’ont pas à servir de variable d’ajustement à des options politiques discutables. Elles ont une véritable nécessité économique, artistique, pédagogique et bénéficient à tout le secteur du cinéma. En France et à l’étranger. Les chiffres, provisoires mais tendanciels, qu’Unifrance vient de publier à partir d’une étude sur dix grands festivals internationaux, le montrent. Selon l’organisme « la France est la 2e nationalité la plus représentée au sein de ces festivals [après les Etats-Unis]. 20 % des longs-métrages récents sélectionnées (…) sont français. » S’il y a une baisse du nombre des sélections, les films tricolores sont ceux qui circulent le plus parmi ces dix festivals étudiés par Unifrance et la France est le pays le plus récompensé. Médaille d’or. Échange de bons procédés : le pays multiplie les festivals pour aussi présenter des œuvres du monde entier et le cinéma français s’exporte. Merci et bravo.
Tout est donc bien huilé. Pas de grain de sable ? Si, bien sûr. On ne se refait pas… Les films majoritairement français les plus vus à l’étranger en 2025 sont Dracula, Falcon Express, Emilia Pérez, En fanfare, Un simple accident et Moon le panda. De l’animation, du genre, de l’auteur, du populaire. Divers. Éclectique. Finalement très représentatif de notre cinéma. S’il faut applaudir la tendance actuelle de produire du « blockbuster » français, dont beaucoup sortiront en 2026, il faut préserver cette diversité. Encore et toujours.
Les tournages de la collection “Meurtres à” ont repris
Début décembre, Les Échos révélait que France Télévisions gelait les commandes et les tournages de la collection de téléfilms diffusés sur France 3 Meurtres à, dans un objectif d’économies. Le groupe s’apprête en effet à voir sa dotation annuelle diminuer, à l’instar de l’ensemble de l’audiovisuel public.
Le 20 janvier, Stéphane Sitbon-Gomez a annoncé que les tournages avaient repris depuis le début du mois de janvier, à la suite d’une clarification sur le budget. Il a toutefois prévenu que des coupes budgétaires impacteront la collection puisque le budget global de la fiction baissera de 20 millions d’euros en 2026. Ces restrictions devraient entraîner une diminution du nombre de commandes et, par conséquent, un recours accru aux rediffusions.
Diffusés sur France 3 depuis 2013, ces téléfilms, tournés à chaque fois dans une région différente de France, réalisent régulièrement d’excellentes audiences. Le dernier en date, Meurtres à Saint-Martin, diffusé le 27 décembre, a ainsi rassemblé 4,11 millions de téléspectateurs. Meurtres à Saint-Émilion devrait être tourné entre le 9 mars et le 2 avril en Nouvelle-Aquitaine
Les Films Ex Æquo s’ouvre aux séries de fiction et au cinéma
Après l'arrivée prochaine sur France.tv Slash du documentaire Je serai jamais parfaite (dont nous aurons l'occasion de détailler les contours de la production dans un prochain article), Les Films Ex Æquo, société fondée en 2023 par Aurore Aubin et Manel Larbi, s'apprête à initier des projets d'un autre genre. La société codéveloppe actuellement une série comédie avec Fédération Studios, destinée aux plateformes. Création originale, le projet s’intéresse à l’exil forcé de trois jeunes femmes d’une même famille, contraintes de quitter la ville pour la campagne après avoir tout perdu. Une comédie de situation ancrée dans des problématiques contemporaines, actuellement en phase de développement avant présentation aux diffuseurs. Autre projet phare : une série de comédie dramatique développée avec BBC Studios France, centrée sur les dérives de la médecine et de la chirurgie esthétique chez les jeunes femmes. Inspirée par le documentaire évoqué ci-dessus, la série va explorer l’engrenage psychologique et social de ces pratiques. Le projet suscite déjà l’intérêt d’un diffuseur, tandis que la recherche du réalisateur/réalisatrice est en cours.
Du cinéma pour la première fois
Les Films Ex Æquo investit également le champ du cinéma. En fiction, la société développe une comédie dramatique autour de la maladie d’Alzheimer, en collaboration avec Ardent et le producteur Marc Brunet. Le projet, actuellement en phase de structuration artistique, revendique un regard singulier et décalé sur la maladie, loin des représentations classiques. Il s’agit du premier long-métrage de fiction cinéma porté par la société. En documentaire cinéma, Aurore Aubin développe Mordu.es, un long-métrage consacré à l’univers méconnu et passionné des concours canins, tourné dans trois pays : la France, la Belgique et l’Angleterre. Dans une arène jamais exploitée, le film, coproduit avec Haut et Court, est conçu comme un projet au long cours, avec un tournage étalé sur une saison complète. Un teaser est finalisé et le projet est actuellement présenté à des festivals et appels à projets internationaux, dans une logique de coproduction.
Un pôle documentaire toujours actif
Enfin, Les Films Ex Æquo poursuivent un travail de fond en documentaire. Parmi les projets en développement figurent une série doc autour de figures du rap contemporain, développée en coproduction avec BBC Studios, ainsi qu’un ambitieux documentaire international consacré à Claudia Jones, journaliste militante et figure majeure – mais largement invisibilisée – des luttes féministes et antiracistes. Ce dernier projet est coproduit avec la société luxembourgeoise NGM Productions et s’inscrit dans une démarche résolument internationale. À cela s’ajoutent plusieurs projets documentaires en discussion avec des diffuseurs, dont une série actuellement en négociation avec France Télévisions.
Les premiers films, un pari stratégique sur l’avenir pour les distributeurs indépendants
Réunis lors du rendez-vous annuel de la FNEF le 20 janvier, plusieurs acteurs majeurs de la distribution indépendante ont rappelé leur rôle clé dans le cinéma français. En soutenant les premiers films, parfois au prix d’une prise de risque économique, des sociétés comme Paname Distribution, Tandem ou KMBO participent à l’émergence de nouveaux talents, au renouvellement des genres et à la vitalité du septième art.
Les distributeurs indépendants s’engagent particulièrement sur les premiers films. Un investissement parfois risqué, mais qui permet de faire émerger de nouveaux talents et d’explorer de nouveaux horizons. Zion, distribué par The Jokers Films en avril 2025, proposait ainsi aux spectateurs un récit ancré en Guadeloupe, tandis que Vingt Dieux, sorti en décembre 2024 chez Pyramide Distribution, se déroulait dans le Jura.
“Ces premières œuvres permettent aussi de réinventer les genres, comme la science-fiction avec Le Visiteur du futur (KMBO) ou encore l’horreur avec Vermines (Tandem), a soutenu Mathieu Robinet, distributeur chez Tandem, société qu’il a fondée en 2020.Elles sont aussi là pour nous rappeler les grands enjeux sociétaux d’aujourd’hui et de demain.” La Panthère des neiges (Haut et Court) abordait ainsi les questions écologiques, tandis que Les Misérables, succès phénoménal de 2019 signé Ladj Ly, portait un regard sur la réalité des banlieues.
Miser sur des trajectoires
“Économiquement, il est faux de croire que les premiers films ne rapportent pas : certains sont de véritables succès, a tenu à souligner le distributeur chez Tandem. Au-delà de l’aspect financier, ils sont moteurs pour toute la filière : festivals, presse, renouvellement des publics et visibilité internationale.” Les distributeurs indépendants misent ainsi sur des trajectoires d’auteurs et sur le long terme, avec une prise de risque plus ou moins importante selon le montant investi. “Nous ne sommes pas aussi outillés que les grosses structures, mais nous essayons néanmoins de ne pas compter nos heures afin de permettre la sortie de ces films”, a commenté Vladimir Kokh, fondateur de KMBO.
La prise de risque et l’investissement des équipes débouchent parfois sur de véritables succès. Pyramide avait soutenu Oliver Laxe en distribuant Viendra le feu en 2019 qui avait totalisé 23 922 entrées. Un accompagnement qui s’est révélé payant puisque Sirat, également distribué par Pyramide, a totalisé plus de 700 000 entrées en 2025.
Pari sur l’avenir
“Tous ces grands auteurs ont commencé avec des premiers films distribués par des indépendants, souvent modestes ou confidentiels”, ajoute Laurence Gachet, de Paname, en s’appuyant sur le parcours de Ruben Östlund. Son dernier long métrage, Sans filtre (BAC Films), a reçu la Palme d’or lors de la 75ᵉ édition du Festival de Cannes en 2022. KMBO avait distribué Happy Sweden en 2009 : la deuxième réalisation du cinéaste suédois avait alors enregistré 1 370 entrées lors de son exploitation sur 18 copies. De même, après Vermine (Tandem), Sébastien Vanicek a réalisé Evil Dead Burn (Metropolitan), dont la sortie est prévue le 22 juillet 2026. “Distribuer un premier film n’est pas un pari romantique, a affirmé la cofondatrice de Paname. C’est un pari stratégique et un investissement sur l’avenir, sur le futur de notre cinéma.”
| Distributeur | Tandem | Paname | KMBO |
| Film | Vermines | L'Épreuve du feu | Le Visiteur du futur |
| Genre | Horreur | Drame | Comédie/Science-fiction |
| 1ère film | Oui | Oui | Oui |
| Public ciblé | Public jeune habitué aux production américaines | Jeunes | 15-25 ans non cinéphiles |
| Date de sortie | 13 août 2025 | 27 décembre 2023 | 7 septembre 2022 |
| Stratégie de sortie | Marketing viral et événementiel (araignées au pochoir dans Paris) Premiers éléments 5 mois avant la sortie du film Création Label UGC Frissonne | Label 15-25 ans de l’Afcae | 79 AP avec une tournée pendant l’été |
| Copies | 230 | 135 | 452 |
| Minimum garanti | 400 000 € | 50 000 € | |
| P&A (frais d’édition) | 450 000 € | < 200 000 € | 550 000 € |
| Nombre d’entrées | 300 000 | 130 000 | 330 000 |
Spécial Documentaire 2026
Antonio Grigolini, directeur du documentaires à France Télévisions : “Le documentaire ne peut plus être pensé comme une simple affaire de cases”
Le Fipadoc est devenu, en huit éditions, un véritable baromètre de la création documentaire. En tant que premier diffuseur de documentaires en France, que vous dit cette édition de l’état du secteur ?
Antonio Grigolini : Le Fipadoc est pour nous un rendez-vous extrêmement important. Il permet à la fois de mettre en valeur une forme de French touch du documentaire, d’échanger avec la filière et d’illustrer concrètement nos ambitions éditoriales avec l’annonce de notre line-up assortie de prises de parole. Cette édition arrive surtout à un moment très particulier, presque historique. On sent une phase de bascule, liée aux usages, qui s’est accélérée de manière très soudaine. Cela ne concerne pas uniquement France Télévisions, mais l’ensemble de l’écosystème audiovisuel. Il y a des inquiétudes légitimes, notamment sur le financement et les ambitions, mais aussi de vraies opportunités à saisir collectivement.
Quelles grandes tendances se dégagent pour l’offre documentaire de France Télévisions ?
Nous abordons l’année 2026 avec l’ambition de réaliser une forme de pivot éditorial, commun à tout le groupe : penser une offre streaming first. Cela signifie concevoir les projets d’abord pour france.tv (la plateforme enregistre un bon de +31% de documentaires vus en 2025 vs 2024), avant leur diffusion linéaire. Ce changement déplace le centre de gravité de notre travail. Par ailleurs, nous voulons sortir encore davantage de la logique des cases, ne plus penser un film en fonction d’un créneau de diffusion spécifique, mais en fonction de sa singularité, de sa force, de sa capacité à entrer en résonance avec le public. Aucun de nos succès de l’an dernier ne le doit à une logique stricte de cases. Par exemple, Le Choix de Sonia a été diffusé le jeudi 13 novembre, jour du triste anniversaire des 10 ans des attentats à Paris et non un mardi comme nous le faisons habituellement.
Concrètement, qu’est-ce que cela change pour les projets ?
D’abord, une attention renforcée au récit. Un documentaire doit donner envie de voir la suite, d’aller jusqu’à la fin. Et ce n’est absolument pas contradictoire avec la connaissance, le savoir, bien au contraire. Ensuite, il y a une exigence accrue de transparence. Le documentaire de service public doit montrer ses « coutures », expliquer comment il se fabrique. Ce n’est pas seulement une obligation éthique, c’est aussi une opportunité éditoriale.
Cette transparence concerne aussi l’usage de l’intelligence artificielle générative ?
Évidemment. L’IA touche tous les métiers. Pour le documentaire, nous appliquons trois principes : la transparence vis-à-vis du public, la responsabilité vis-à-vis de la filière, et la liberté créative. Quand l’IA est utilisée, nous devons non seulement le signaler, mais, dans la mesure du possible, montrer comment. Cela a été le cas, par exemple, dans Nous, jeunesse(s) d’Iran, un film de Solène Chalvon-Fioriti où des avatars générés par IA ont été choisis par les protagonistes elles-mêmes afin de protéger leur identité. Il ne s’agit jamais d’un gadget technologique, mais d’un choix éditorial assumé.
Les séries documentaires prennent-elles le pas sur les unitaires ?
Nous développons davantage de séries, parce que l’écriture sérielle permet souvent de déployer un récit plus ample, plus tendu, et de renforcer l’engagement du public. Mais les films unitaires restent majoritaires et essentiels dans notre offre. Nous n’avons pas l’intention d’inverser complètement le modèle. Un bon film unitaire, singulier et ambitieux, haletant, restera toujours une priorité pour France Télévisions.
France Télévisions a annoncé devoir réaliser 140 millions d’euros d’effort budgétaire en 2026. Comment le documentaire est-il impacté ?
Ces sujets font actuellement l’objet de discussions avec les syndicats de producteurs. À ce stade, je ne peux pas préciser les modalités exactes. Ce que je peux dire, c’est que les besoins de financement par film ont plutôt tendance à augmenter, et que nous avons engagé, dans le cadre des accords avec la filière, des revalorisations ciblées des couts horaires moyens. La clé sera la complicité avec les producteurs et l’ouverture à des financements internationaux.
Comment définiriez-vous cette “French touch” du documentaire ?
Elle est plurielle. Elle repose sur une place centrale accordée au point de vue de l’auteur, sur une capacité de récit et d’émotion, mais aussi sur une exigence très forte d’apport de connaissance. La richesse du tissu de producteurs, de réalisateurs et réalisatrices et d’auteurs français est un atout considérable, d’autant plus visible lorsqu’on observe la situation du documentaire dans d’autres pays.
Un dernier message pour la filière, à l’occasion du Fipadoc ?
France Télévisions reste le premier diffuseur et le premier investisseur du documentaire en France, et l'un des premiers en Europe. Malgré les tensions financières, nous restons pleinement engagés. Je tiens aussi à dire que nous restons très attentifs à la question de la part de réalisatrices pour nos films : nous sommes dans l’attente de davantage de projets.
HBO Max accélère sur les séries documentaires
Si elle reste connue pour ses grandes séries de fiction, la plateforme HBO Max assume une stratégie exigeante pour le documentaire, privilégiant l’originalité dans l’écriture. “Nous cherchons à aborder le documentaire avec les mêmes exigences que la fiction : une narration maîtrisée, une vraie profondeur de récit et des personnages qui se déploient sur plusieurs épisodes”, explique Sylvain Louvet, directeur des productions originales documentaires chez HBO Max.
Assumer le pas de côté
Cet ancien directeur éditorial en charge des nouveaux contenus chez le média Brut, passé par M6 et Havas, et par ailleurs lauréat du prix Albert Londres de l’audiovisuel en 2020 pour le documentaire Sept milliards de suspects, diffusé sur Arte, a rejoint le groupe HBO en mai 2025 pour explorer de nouvelles formes de narration. Dans les années à venir, Sylvain ambitionne une stratégie amibitieuse sur le documentaire tout en privilégiant un “pas de côté” dans l’écriture, à travers des récits originaux.
Si la plateforme ne ferme pas la porte aux unitaires, Sylvain Louvet rappelle que “la série reste quand même le cœur de l'ADN de la maison”. Chaque année, HBO Max vise le lancement de quatre à cinq séries documentaires originales en faisant appel à des journalistes et des réalisateurs parfois issus de la fiction. “Nous recherchons des histoires singulières, fondées sur une parole exclusive, un accès rare au témoignage, et à des personnalités qui ne se sont encore jamais exprimées”, précise Sylvain Louvet.
“Des montants qui nous permettent d’être ambitieux”
Sans dévoiler de line-up pour 2026, Sylvain Louvet confirme une hausse des budgets pour le documentaire. “Les budgets sont calibrés en fonction de chaque projet. Mais en général, nous travaillons avec des montants qui nous permettent d’être ambitieux”, affirme-t-il. HBO Max prépare plusieurs documentaires sur des sujets en lien avec des thématiques contemporaines et des questions sociétales, comme la santé mentale, les violences sexuelles ou le sport.
La plateforme multiplie les coproductions avec les principales sociétés de production, comme avec des indépendants. Récemment, HBO a travaillé avec Film 45 pour le documentaire Critical Incident: Death at the Border de Rick Rowley, diffusé le 29 décembre 2025, ou encore Mighty Entertainment Productions pour Ma mère Jayne de Mariska Hargitay, diffusé en juin dernier. “Nous n’avons pas de partenaires récurrents. L’idée est d’essayer d’intégrer de nouvelles sociétés de production”, ajoute Sylvain Louvet.
Espagne et Portugal : le documentaire ibérique à l’honneur au Fipadoc
Chaque année, le Fipadoc revendique son ancrage européen en braquant ses projecteurs sur un territoire. En 2026, cap au Sud : L’Espagne et le Portugal sont les invités d’honneur du festival, avec un Focus qui réunit 27 oeuvres et dessine un panorama sensible et politique de la péninsule ibérique.
Au programme, des films qui embrassent toutes les tonalités du documentaire contemporain. Poétiques, comme Histoires de la bonne vallée qui suit Antonio, un fils d’ouvriers qui cultive des fleurs depuis 90 ans, ou Les Saisons qui raconte une région du Portugal en entremêlant témoignages de travailleurs agricoles et extraits de carnets de terrain d’un couple d’archéologues ; engagés, à l’image de Construire la mémoire : écriture, engagement et mémoire sur ce qu’il reste du franquisme au Pays Basque ; ou intimes, avec Les Sous-bois sur trois soeurs qui se retrouvent (et se disputent) pour se partager un héritage à La Palma et Que ta volonté soit faite sur les retrouvailles du documentariste avec son père hédoniste et égoïste, avec qui il avait rompu les liens. Autant de récits ancrés dans les territoires, la mémoire et les corps, qui interrogent le présent sans renoncer à la beauté des formes. Ce Focus se déploie aussi hors des écrans, grâce à une carte blanche confiée au Festival international du film de San Sebastian, partenaire de choix pour approfondir les liens entre les deux côtés des Pyrénées. Le voyage se prolonge par une promenade artistique et gustative en Pays basque, autour de Cent oiseaux dans le ciel, portrait du sculpteur Eduardo Chillida, et de Tetsu, Txispa, Hoshi, célébration sensible des gestes et des transmissions.
Sur les 27 films du Focus Espagne et Portugal, 18 sont disséminés au sein des compétitions et sélections du festival, identifiables par la mention « Focus », tandis que 9 œuvres font l’objet d’une mise en avant spécifique. Un ensemble riche et cohérent, qui confirme la vitalité de ces deux cinématographies documentaires et leur capacité à penser le monde à hauteur d’humain.
L’actualité du secteur
Une audience fidèle pour la saison 3 de “Master Crimes”
Master Crimes (UGC Fiction) est revenue ce 8 janvier 2026 sur TF1 pour une nouvelle saison inédite. Si les audiences du 15 janvier sont en très légère baisse par rapport aux épisodes précédents (3,52 millions de téléspectateurs pour 20,1% de part d’audience contre 3,75 millions de téléspectateurs pour 20,2% de part d’audience), elles permettent à la Une de conserver son leadership. Ce soir-là, elle se classe en tête du classement devant France 3 et sa rediffusion de Meurtres à Chantilly (Siècle Productions et Arezzo Films), qui a attiré 2,35 millions de téléspectateurs (13,9% de part d’audience).
Cette série créée par Elsa Marpeau et réalisée par Marwen Abdallah est co-produite par UGC Fiction, TF1, Be-FILMS et la RTBF. Dans cette troisième saison, elle continue de porter Muriel Robin à l’écran dans le rôle de Louise Arbus, professeure de criminologie à l’université collaborant aux enquêtes de la police. L’héroïne recrute deux nouveaux élèves et découvre notamment que son fils, Guillaume, est victime d’une machination redoutable.
L'appétit du public pour cette fiction n’a pas faibli au fil des années, malgré le marché concurrentiel des séries polars. La première saison diffusée à l’automne 2023 avait attiré 4,58 millions de téléspectateurs (en moyenne par épisode), soit 25,3% de part d’audience. La deuxième saison avait connu un autre succès solide, avec 3,35 millions de téléspectateurs (en moyenne par épisode), soit 19,4% de part d’audience. Une quatrième saison serait déjà en préparation, avec un tournage prévu pour avril prochain.
Samsung TV Plus cumule plus de 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels
Samsung TV Plus compte aujourd’hui plus de 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde à son service Fast (“Free Ad-supported Streaming Television”) premium. Avec une augmentation de 25% des heures de streaming sur télévision connectée (CTV) sur un an, l’engagement a également atteint de nouveaux records en 2025, confirmant que Samsung TV Plus est l’une des applications de streaming sur télévision connectée les plus utilisées. Porté par une fidélité d’audience parmi les plus élevées du secteur (92% de rétention après trois mois), Samsung TV Plus demeure l’un des services de streaming les plus performants et les plus engageants pour les responsables marketing souhaitant générer des résultats concrets.
“Dépasser les 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels constitue une étape extraordinaire qui reflète la confiance que nos spectateurs accordent à Samsung TV Plus, ainsi que l’engagement des équipes à offrir un divertissement d’exception, pensé pour chaque instant.”
Salek Brodsky, Senior Vice President & Head of Global, Samsung TV Plus.
L’an dernier, Samsung TV Plus a marqué l’actualité culturelle avec son expansion dans le domaine des événements “live” (série de concerts en “livestream” des Jonas Brothers) et renforcé sa position en tant que plateforme de choix pour les partenariats menés par des créateurs, en collaborant avec certaines figures parmi les plus influentes.
Samsung TV Plus propose plus de 4.300 chaînes dans le monde, entièrement gratuites. Le service est disponible dans 30 pays, exclusivement sur les téléviseurs Samsung, les smartphones Galaxy, les tablettes Galaxy Tab et la gamme Samsung Smart Monitor.
Comparatifs Paris 14 heures : “Le Mage du Kremlin” en tête des nouveautés
| Films, réalisateur | Distributeur | Copies | Entrée 14h | Moyenne |
| Le Mage du Kremlin, Olivier Assayas | Gaumont Distribution | 34 | 2 254 | 66 |
| Hamnet, Chloé Zhao | Universal Pictures | 22 | 1 431 | 65 |
| Grand Ciel, Akihiro Hata | UFO Distribution | 6 | 238 | 40 |
| Primate, Johannes Roberts | Paramount Pictures | 14 | 226 | 16 |
| Amour Apocalypse, Anne Émond | L'Atelier Distribution | 4 | 106 | 27 |
| Olivia, Irene Iborra | KMBO | 3 | 102 | 34 |
| Christy and his brother, Brendan Canty | Pyramide Distribution | 2 | 99 | 50 |
| Tafiti, Nina Wels | Paradis Films | 3 | 53 | 18 |
| Diamanti, Ferzan Özpetek | Destiny Films | 4 | 48 | 12 |
| Le Retour du projectionniste, Orkhan Aghazadeh | Survivance | 2 | 43 | 22 |
| Imperial Princess, Virgil Vernier | Shellac | 1 | 30 | 30 |
| En route ! | Wayna Pitch | 1 | 4 | 4 |
Avec 2 254 entrées, Le Mage du Kremlin s’impose déjà comme le meilleur démarrage d’Olivier Assayas, dépassant largement Cuban Network.
| Film, réalisateur - année | Distributeur | Copies | Entrées 14h | Moyenne | Cumul |
| Le Mage du Kremlin, Olivier Assayas | Gaumont Distribution | 34 | 2 254 | 66 | |
| Hors du temps, Olivier Assayas - 2024 | Ad Vitam | 10 | 381 | 38 | 27 294 |
| Cuban Network, Olivier Assayas - 2020 | Memento | 19 | 1 066 | 56 | 185 708 |
| Doubles Vies, Olivier Assayas - 2019 | Ad Vitam | 18 | 899 | 50 | 151 932 |
Porté par Paul Mescal, Hamnet réalise un démarrage très solide avec 1 431 entrées, s’imposant nettement devant les autres drames portés par l’acteur, comme Aftersun ou Carmen.
| Film, réalisateur - année | Distributeur | Copies | Entrées 14h | Moyenne | Cumul |
| Hamnet, Chloé Zhao | Universal Pictures | 22 | 1 431 | 65 | |
| Sans jamais nous connaître, Andrew Haigh - 2024 | The Walt Disney Company France | 18 | 1 157 | 64 | 191 266 |
| Aftersun, Charlotte Wells - 2023 | Condor Distribution | 8 | 494 | 62 | 198 454 |
| Carmen, Benjamin Millepied - 2023 | Pathé Films | 15 | 368 | 25 | 48 459 |
Avec 226 entrées sur 14 copies, Primate signe un démarrage en retrait face aux derniers films d'horreur distribués par Paramount comme Sans un bruit : jour 1 ou Scream VI.
| Film, réalisateur - année | Distributeur | Copies | Entrées 14h | Moyenne | Cumul |
| Primate, Johannes Roberts | Paramount Pictures | 14 | 226 | 16 | |
| Sans un bruit: jour 1, Michael Sarnoski - 2024 | Paramount Pictures | 17 | 622 | 37 | 870114 |
| Smile 2, Parker Finn - 2024 | Paramount Pictures | 14 | 308 | 22 | 761103 |
| Scream VI, Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett - 2023 | Paramount Pictures | 14 | 651 | 47 | 1 189 970 |
Tafiti démarre discrètement, très en deçà des précédents films d’animation distribués par Paradis Films comme Panique à Noël et d’Oups ! J’ai encore raté l’arche…
| Film, réalisateur - année | Distributeur | Copies | Entrées 14h | Moyenne | Cumul |
| Tafiti, Nina Wels | Paradis Films | 3 | 53 | 18 | |
| Panique à Noël, Henrik Martin Dahlsbakken - 2025 | Paradis Films | 8 | 124 | 16 | 361 217 |
| Les Aventures de Ricky, Mette Rank-Tange, Benjamin Quabeck - 2023 | Paradis Films | 10 | 81 | 8 | 144 158 |
| Koati, Rodrigo Perez-Castro - 2022 | Paradis Films | 7 | 74 | 11 | 156 957 |
| Oups ! J’ai encore raté l’arche…, Toby Genkel, Sean McCormack (II) - 2021 | Paradis Films | 3 | 102 | 34 | 209 637 |
Box-office semaine : “La Femme de ménage” poursuit sa route en tête de liste
| Rang | Sem. | Titre | Copies | Distributeur | Total semaine | Moy. | Évolution | Cumul semaine | Cumul prévu |
| 1 | 4 | LA FEMME DE MENAGE | 1.014 | METROPOLITAN | 541 061 | 534 | -21% | 3 449 941 | 5 000 000 |
| 2 | 5 | AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES | 1.120 | WALT DISNEY STUDIOS | 513 412 | 458 | -30% | 7 905 868 | 11 000 000 |
| 3 | 1 | L'AFFAIRE BOJARSKI | 565 | LE PACTE | 378 223 | 669 | 378 223 | 1 000 000 | |
| 4 | 8 | ZOOTOPIE 2 | 804 | WALT DISNEY STUDIOS | 266 264 | 331 | -16% | 7 969 313 | 9 000 000 |
| 5 | 5 | LE CHANT DES FORETS | 875 | HAUT ET COURT | 135 938 | 155 | -20% | 918 743 | 1 100 000 |
| 6 | 1 | FURCY, NE LIBRE | 339 | MEMENTO | 121 269 | 358 | 121 269 | 345 000 | |
| 7 | 1 | GREENLAND : MIGRATION | 386 | METROPOLITAN | 104 261 | 270 | 104 261 | 290 000 | |
| 8 | 1 | 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS | 282 | SONY PICTURES RELEASING | 103 602 | 367 | 103 602 | 285 000 | |
| 9 | 2 | FATHER MOTHER SISTER BROTHER | 370 | LES FILMS DU LOSANGE | 72 052 | 195 | -50% | 217 116 | 430 000 |
| 10 | 2 | MA FRERE | 234 | STUDIOCANAL | 51 226 | 219 | -38% | 133 551 | 220 000 |
| 11 | 4 | BOB L'EPONGE, LE FILM: UN POUR TOUS, TOU | 744 | PARAMOUNT PICTURES | 48 452 | 65 | -23% | 588 736 | 770 000 |
| 12 | 6 | CHASSE GARDÉE 2 | 478 | UGC DISTRIBUTION | 46 865 | 98 | -37% | 1 113 123 | 1 200 000 |
| 13 | 5 | L'AME IDEALE | 485 | GAUMONT | 41 348 | 85 | -43% | 408 488 | 500 000 |
| 14 | 5 | L'AGENT SECRET | 452 | AD VITAM | 36 241 | 80 | -40% | 355 836 | 360 000 |
| 15 | 1 | ELEONORA DUSE | 130 | AD VITAM | 31 959 | 246 | 31 959 | 86 000 | |
| 16 | 3 | ANACONDA | 389 | SONY PICTURES RELEASING | 28 591 | 73 | -52% | 213 017 | 300 000 |
| 17 | 1 | PALESTINE 36 | 80 | HAUT ET COURT | 25 146 | 314 | 25 146 | 64 000 | |
| 18 | 1 | JUSQU'A L'AUBE | 56 | ART HOUSE | 17 105 | 305 | 17 105 | 45 000 | |
| 19 | 3 | QUI BRILLE AU COMBAT | 446 | APOLLO FILMS | 15 600 | 35 | -39% | 81 783 | 100 000 |
| 20 | 2 | LES ECHOS DU PASSÉ | 127 | DIAPHANA | 14 924 | 118 | -45% | 41 851 | 71 000 |
| 21 | 5 | HEIDI ET LE LYNX DES MONTAGNES | 350 | APOLLO FILMS | 13 215 | 38 | -29% | 249 934 | 350 000 |
| 22 | 1 | SANS PITIE | 75 | MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION | 12 716 | 170 | 12 716 | 34 000 | |
| 23 | 4 | UNE ENFANCE ALLEMANDE - ILE D'AMRUM 1945 | 255 | DULAC DISTRIBUTION | 11 107 | 44 | 76 729 | 90 000 | |
| 24 | 4 | LE TEMPS DES MOISSONS | 144 | ARP SELECTION | 10 758 | 75 | -19% | 62 011 | 60 000 |
| 25 | 7 | LES ENFANTS VONT BIEN | 200 | STUDIOCANAL | 9 637 | 48 | -55% | 417 906 | 420 000 |
| 26 | 3 | LOS TIGRES | 241 | LE PACTE | 8 740 | 36 | -60% | 72 020 | 100 000 |
| 27 | 3 | MAGELLAN | 154 | NOUR FILMS | 8 585 | 56 | 34 338 | 58 000 | |
| 28 | 9 | DOSSIER 137 | 195 | HAUT ET COURT | 8 034 | 41 | -30% | 696 867 | 700 000 |
| 29 | 4 | LE MAITRE DU KABUKI | 131 | PYRAMIDE | 8004 | 61 | -36% | 63 338 | 62 000 |
| 30 | 4 | L'ENGLOUTIE | 239 | CONDOR | 7936 | 33 | -37% | 60 709 | 60 000 |
Kabo simplifie son identité et restructure ses activités
Kabo a annoncé une nouvelle étape de son développement avec un rebranding global et la mise en ligne d’un nouveau site internet. Cette évolution répond à une volonté de clarification de son image de marque et de lisibilité de son organisation auprès de ses partenaires professionnels.
Jusqu’ici connu sous le nom de Kabo Family, le groupe adopte désormais une identité unique sous l’appellation Kabo. Ce changement s’accompagne d’un nouveau logo, conçu pour affirmer une marque plus lisible et fédératrice, en cohérence avec la diversité de ses activités dans l’audiovisuel et le cinéma, ainsi que d'une refonte de son site internet.
Dans le cadre de ce rebranding, Kabo structure désormais ses activités autour de trois pôles complémentaires. Kabo Studio constitue la branche historique du groupe, dédiée à la production de formats courts, un segment sur lequel la société a développé au fil des années un savoir-faire identifié. Kabo Story regroupe l’ensemble des activités de fiction de formats plus longs, portées par ses différentes filiales et labels, parmi lesquels En voiture Simone, Thalie Images, Vacarme Stories, Kapitch et Yada Prod. Enfin, Kabo Films est dédié à l’activité cinéma du groupe.
Netflix clôture 2025 avec des résultats record et prépare 2026
Netflix a présenté le 20 janvier ses résultats annuels pour 2025, confirmant une croissance soutenue de ses activités malgré une volatilité persistante de son titre à Wall Street. Le groupe enregistre un chiffre d’affaires record de 45,2 milliards de dollars, en hausse de 16 % sur un an, et une marge opérationnelle de 29,5 %. Le bénéfice net du dernier trimestre s’établit à 2,41 milliards de dollars, soit 0,56 dollar par action, et le groupe prévoit 3,2 milliards pour le premier trimestre 2026.
Netflix compte plus de 325 millions d’abonnés payants et estime atteindre une audience proche du milliard de personnes. La consommation globale atteint 96 milliards d’heures visionnées, en hausse de 2 % sur un an. Les contenus phares incluent l’ultime saison de Stranger Things (120 millions de vues), The Beast in Me (48 millions), Frankenstein de Guillermo del Toro (102 millions), A House of Dynamite de Kathryn Bigelow (78 millions) et Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés (66 millions).
Le groupe poursuit son expansion dans la publicité avec des revenus multipliés par plus de 2,5 à 1,5 milliard de dollars, et vise une intensification de cette activité en 2026. Il développe également des contenus événementiels live à l’international, comme la retransmission du World Baseball Classic au Japon, et lance des podcasts vidéo et des jeux cloud-first.
Un dossier de taille est également en cours. Netflix est engagé dans l’acquisition de Warner Bros. et HBO pour 82,7 milliards de dollars, désormais entièrement en numéraire afin de sécuriser le vote des actionnaires de WBD prévu en avril. L’opération est vue comme un accélérateur stratégique par Ted Sarandos, codirecteur général, mais suscite des interrogations des investisseurs et une concurrence de Paramount Skydance.
Le gouvernement double le plafond du crédit d’impôt audiovisuel pour l’animation
Dans le texte du budget du projet de loi de finances 2026 pour lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité en application de l’article 49.3 de la Constitution, le crédit d’impôt audiovisuel pour l’animation a été consolidé en reprenant le texte d’un amendement proposé à l’automne par les sénateurs Cédric Vial, Catherine Morin-Desailly, Nathalie Delattre, Sylvie Robert, Laure Darcos et Jérémy Bacchi.
Le texte du gouvernement double donc le plafond du crédit d’impôt audiovisuel pour les œuvres d’animation en le fixant à 6.000 € par minute, afin de permettre d’attirer la production de nouveaux films d’animation en France et de maintenir la compétitivité des studios français. Le coût de la mesure était estimé à 3 M€ par le sénateur Cédric Vial.
L’amendement avait été adopté par les sénateurs en première lecture du projet de loi de finances, contre l’avis de la commission des finances et du gouvernement. Ce dernier semble donc avoir changé son fusil d’épaule.
Le gouvernement rabote 30 M€ au budget de l’audiovisuel public dans le PLF 2026
Dans la partie recette du projet final de loi de finances 2026 pour lequel le Premier ministre a actionné l’article 49.3 de la Constitution, le gouvernement a introduit un amendement minorant de 30 M€ la TVA allouée à l’audiovisuel public en 2026, en plus des 70 M€ déjà prévus. Le compte de concours financiers “avances à l’audiovisuel public” affiche ainsi 3,848 Md€, contre 3,878 Md€ dans la copie précédente qui affichait déjà une baisse de 1,79% du budget de l’audiovisuel public par rapport à 2025.
Deux amendements à l’article 24 concernant la taxe sur les contenus audiovisuels ont également été introduits, dont l’un décale l’entrée en vigueur du dispositif et relève son seuil à 750.000 €.
Le CNC a soutenu quatre films distribués le 21 janvier
Dans la liste des longs métrages sortant ce mercredi 21 janvier, quatre d’entre eux ont bénéficié des aides financières dispensées par le CNC, dont Imperial Princess, de Virgil Vernier, en compétition à Cinéma du réel en 2024, et le long métrage d’animation Olivia, réalisé par Irene Iborra, qui était en compétition L’Officielle au Festival international du film d’animation d’Annecy en juin dernier et nommé pour le Prix du meilleur film européen aux European Film Awards.
- Grand ciel, d’Akihiro Hata (produit par Good Fortune Films – distribué par UFO Distribution) : avance sur recettes avant réalisation, aide sélective à la distribution (aide au programme 2025), aide au développement d’œuvres cinématographiques de longue durée, aide à la création de musiques originales, Fonds Images de la diversité (production et distribution)
- Imperial Princess, de Virgil Vernier (Petit Film – Shellac) : aide sélective à la distribution (aide au programme 2025)
- Le Mage du Kremlin, d’Olivier Assayas (Curiosa Films, Gaumont – Gaumont) : aide sélective aux effets visuels numériques
- Olivia, d’Irene Iborra (Citoplasmas, Cornelius Films, Panique !, Nadasdy Film, Vivement Lundi ! – KMBO) : aide aux techniques d’animation
La FNEF dresse le bilan 2025 du cinéma et précise les enjeux de la distribution pour 2026
La Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF) organisait ce mardi son Rendez-vous annuel au cinéma du Panthéon, en présence de Gaëtan Bruel, président du CNC. Cette rencontre a réuni les principaux acteurs de l’édition et de la distribution cinématographique autour d’un état des lieux du marché, d’une analyse des publics et d’une projection sur les perspectives 2026.
L’année 2025 s’est achevée sur 157 millions d’entrées. Selon l’analyse présentée par Olivier Snanoudj (Warner Bros. Discovery) et Éric Marti (Comscore Movies), elle a été marquée par l’absence de très grands succès populaires français, contrastant avec 2024, et par un retour de la part de marché des films nationaux à un niveau comparable aux années pré-Covid. L’offre de films américains est restée inférieure à celle observée avant la pandémie, conséquence directe de l’étalement des sorties lié aux grèves à Hollywood.
À l’inverse, les films art et essai ont atteint en 2025 leur plus haute part de marché depuis 2019. La fin d’année a confirmé un regain de fréquentation, avec les deux meilleures semaines enregistrées depuis décembre 2018. La fréquentation hebdomadaire a dépassé les niveaux pré-Covid à vingt et une reprises sur l’ensemble de l’année.
Une analyse des publics a été présentée par Sylvain Bethenod (Institut Vertigo), soulignant la capacité du cinéma à toucher l’ensemble des tranches d’âge. En 2025, le top 10 des films de l’année a été majoritairement porté par les moins de 25 ans. Plusieurs œuvres art et essai ont également su mobiliser un public jeune et atteindre des niveaux de fréquentation significatifs. Dans ce contexte, l’année 2026 est présentée comme une année à fort potentiel, portée par une offre diversifiée de films français et internationaux.
La question de la bataille de l’attention a occupé une place centrale des échanges. Victor Hadida, président de la FNEF, a rappelé la spécificité de l’expérience cinématographique, à la fois collective, immersive et sociale. Les interventions de Laurence Gachet (Paname), Mathieu Robinet (Tandem) et Vladimir Kokh (KMBO) ont mis en avant le rôle structurant de la distribution indépendante dans l’émergence de nouveaux talents, notamment à travers l’accompagnement des premiers et seconds films.
Face à une concurrence accrue pour la visibilité des œuvres, les éditeurs-distributeurs doivent intensifier leurs investissements en communication et développer des stratégies de promotion renouvelées, en lien étroit avec les salles. Christophe Courtois (SND) a analysé cette évolution, illustrée par Ariane Toscan du Plantier (Gaumont) et Thierry Lacaze (Studiocanal), qui ont détaillé l’augmentation des coûts de sortie et l’importance croissante de la data dans le ciblage des publics.
En conclusion, la FNEF a rappelé que l’éditeur de films demeure l’acteur exposant le plus fortement son capital dans une économie fondée sur le risque. La fédération plaide notamment pour une meilleure prise en compte des frais d’édition et de communication dans les dispositifs de soutien, une adaptation du décret SMAD, une mobilisation accrue de la data avec les exploitants, la préservation des marchés secondaires, le renforcement de la lutte contre le piratage et le maintien de la distribution dans les programmes européens de soutien.
Philipp Schmidt à la tête de la nouvelle régie globale de Webedia-Elephant
Le groupe Webedia-Elephant nomme Philipp Schmidt au poste de Managing Director (directeur général délégué) de la nouvelle régie globale, en charge des annonceurs et agences, à compter du lundi 2 février prochain. Philipp Schmidt rejoint également le comité exécutif du groupe et sera directement rattaché au PDG, Christian Bombrun.
La nouvelle régie globale unifiée du groupe Webedia-Elephant est destinée à simplifier et renforcer la relation avec les marques et leurs agences partenaires. Sous la direction de Philipp Schmidt, elle regroupera l’accès à l’ensemble des leviers du groupe (médias et audiences digitales, influence et talents, production audiovisuelle, événementiel et expériences de marque) afin de les proposer aux annonceurs et aux agences dans une approche intégrée, cohérente et orientée résultats. Cette entité inclura aussi les activités Elephant Live et The Boxoffice Company.
“Webedia-Elephant dispose d’actifs rares, combinant contenus puissants, talents influents et fortes capacités de production. Mon ambition est d’orchestrer cette richesse de manière plus simple et plus intégrée, pour construire avec nos partenaires des solutions utiles, performantes et durables.”
Philipp Schmidt, Managing Director de la régie globale, en charge des annonceurs et agences.
“La création de cette régie globale et l’arrivée de Philipp Schmidt constituent une étape structurante pour Webedia-Elephant. Sa connaissance fine des enjeux annonceurs et agences, ainsi que sa capacité à fédérer des expertises complémentaires, vont nous permettre d’accélérer le développement de solutions toujours plus intégrées, lisibles et différenciantes pour le marché.”
Christian Bombrun, PDG de Webedia-Elephant.
Fort de plus de 25 ans d’expérience dans les médias et les contenus, au croisement de la technologie, des usages et des modèles économiques, Philipp Schmidt a construit un parcours reconnu dans la structuration d’offres à forte valeur pour les marques. Après des débuts chez Bertelsmann (Arvato Systems) en Allemagne, puis chez Gruner + Jahr, il rejoint Prisma Media au début des années 2000. Jusqu’à récemment directeur général et membre du comité exécutif de Prisma Media, il a notamment piloté la régie Prisma Media Solutions, le pôle Luxe, ainsi que les expertises data et innovation.
Le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand a composé ses jurys
La 48ᵉ édition du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand proposera plus de 500 courts métrages de tous genres, provenant de plus de 70 pays, du 30 janvier au 7 février. Des films XR, des projections de cinéma sonore, des masterclasses, des expositions, des conférences et des événements festifs complètent le programme du Festival.
Le festival dévoile, mercredi 21 janvier, la composition de ses jurys appelés à départager les films des différentes sélections en compétition. Le jury de la compétition internationale réunira l’actrice allemande Ružica Hajdari, la réalisatrice, scénariste et monteuse serbo-suisse Corina Schwingruber Ilić, le compositeur suédois Bahar Pars, la réalisatrice et scénariste franco-sénégalaise Ramata-Toulaye Sy et le réalisateur et scénariste franco-vietnamien Trần Anh Hùng. Ce jury appréciera les 64 films en compétition (dont deux films français projetés exclusivement dans le cadre de la compétition nationale), répartis en 12 programmes.
Le jury de la compétition nationale évaluera 51 courts métrages
Pour la compétition nationale, les cinq membres du jury sont la scénariste française Delphine Agut, l’acteur et auteur français Slimane Dazi, le compositeur franco-américain Charlie Nguyen Kim, le cinéaste, scénariste et monteur français Antonin Peretjatko et la cinéaste, scénariste, actrice et autrice française Marion Vernoux. Ils visionneront et discuteront des 51 films répartis dans 11 programmes.
Le jury de la compétition Lab réunit trois membres : la Française Céline Bréant (directrice de la Comédie de Clermont-Ferrand – Scène nationale), le réalisateur, scénariste et acteur brésilien Gregório Graziosi et la réalisatrice, scénariste et productrice malaisienne Amanda Nell Eu. Cinq programmes regroupant au total 24 films seront présentés au jury.
Pour sa cinquième édition, le jury du Queer Short Film sera composé de la photographe, autrice et réalisatrice française Marie Docher, du réalisateur français Stéphane Gérard et de l’acteur et réalisateur français Gio Ventura. Le jury se verra soumettre 24 films, répartis en cinq programmes.
Dix-huit projets seront “pitchés” au LatAm Content Meeting en avril
Quelque 100 jours avant le début du second LatAm Content Meeting, organisé par Sunny Side of the Doc à São Paulo (Brésil) du 13 au 15 avril, la sélection officielle des 18 projets retenus pour les sessions de “pitch” est annoncée. Plus de 120 candidatures issues de 20 pays ont été enregistrées ainsi qu’une augmentation significative du nombre de cinéastes latino-américains. La sélection de cette année reflète l’engouement croissant de la production documentaire locale, note les organisateurs de l’événement. Il est aussi précisé que 60% des projets sélectionnés sont réalisés ou produits par des femmes, “ce qui souligne leur rôle essentiel dans la narration contemporaine”. Parmi les projets sélectionnés figure celui porté par la réalisatrice Pauline Coste, Egypt, the Amazing Forgotten Expedition, coproduit par Enfant Sauvage-Day For Night Productions (France) et Punk Film SRO. (République tchèque)
“En cette période de transition, il est plus important que jamais pour Sunny Side de faciliter les liens entre les talents du storytelling et les marchés internationaux, en aidant notamment les projets latino-américains solides à toucher un public mondial.”
Aurélie Reman, directrice générale de Sunny Side of the Doc.
La sélection 2026 comprend trois catégories thématiques : Nature et environnement, Enquêtes et crimes réels, et la nouvelle catégorie Histoire, qui met en valeur la mémoire, les mouvements de résistance et le pouvoir de l’art en tant que force de changement social à travers un travail d’archivage approfondi. Les projets dévoileront des histoires fortes et porteront de nouvelles voix à São Paulo, renforçant ainsi le partenariat entre LatAm Content Meeting et Sunny Side of the Doc.
La sélection Histoire
- American Heart, d’Aiano Bemfica (Brésil), produit par Amarillo Produçöes Audiovisuais (Brésil)
- Egypt, the Amazing Forgotten Expedition, de Pauline Coste (France), coproduit par Enfant Sauvage Day For Night Productions (France), Punk Film SRO. (République tchèque)
- Regarding the Memory and Neglect, de Ricardo Martensen (Brésil), produit par Muiraquita Filmes (Portugal)
- Tape Peabiru, de Bruna Steudel et Juliano De Paula Santos (Brésil), produit par Frame 22 (Brésil)
- The First Americans, de Tatiana Toffoli (Brésil), produit par Kana Filmes (Brésil)
- Who is Looking Now ?, de Marcela Lordy (Brésil), produit par Coentro Produçorës (Brésil)
La sélection Nature et environnement
- Eco Warfare, de Lucas Bonini (Brésil), produit par Garupa Filmes (Brésil)
- Kõkãmou – Together, de Rafael Machado (Brésil), produit par Viralata Produçoes (Brésil)
- Mapulu, de Viviane D’Avila et Graci Guarani (Brésil), coproduit par O Par (Brésil) et Oa Filmes (Brésil)
- The Mystery of the Jaguar People, de Jochen Schmoll (Allemagne), coproduit par Cutting Edge Productions SL (Brésil) et Wanted Media Productions (Espagne)
- The Xingu Sky, de Takumä Kuikuro (Brésil), coproduit par Viva Productions (Brésil) et Instituto Rouanet (Brésil)
- Women of the Wolfes, de Gunjan Menon (Inde), coproduit par River Road Films LTD (Canada) et Amplexo Filmes (Brésil)
La sélection Investigation et “true crime”
- Dorothy Stang – An Amazonian Crime, d’Alfredo Manevy (Brésil) et Eliza Capai (Brésil), produit par Marea Cine (Brésil)
- Hague Mothers, de Juliana Soares (Brésil), produit par Destemida Filmes (Brésil, Portugal)
- Legacy, d’Ana Aranha (Brésil), coproduit par Amana Cine (Brésil) et Reporter Brasil (Brésil)
- Rainbow Mountain’s Dark Shadow, de Joel Dullroy (Autriche), William Wroblewski (États-Unis), produit par Joel Dullroy (Allemagne)
- Víctor Saldaño vs Us, de Carlos Bruno Cejas (Argentine), produit par Tulumba Cine & Magnets (Argentine)
Condor distribuera “No Good Men”, film d’ouverture de la prochaine Berlinale
Condor Distribution a officialisé l’acquisition du long métrage No Good Men, le nouveau film de la cinéaste afghane Shahrbanoo Sadat. Cette comédie romantique sera projetée lors de l’ouverture officielle de la Berlinale, le 12 février. Cette projection exceptionnelle offrira “une visibilité exceptionnelle à une œuvre issue d’une cinématographie très rare sur les écrans internationaux”, précise son distributeur français, qui n’a pas, à ce jour, fixé sa date de sortie dans l’Hexagone.
Coproduction entre l’Afghanistan – Wolf Pictures, la société de la réalisatrice – et plusieurs sociétés européennes et une américaine – Adomeit Film (Danemark), La Fabrica Nocturna Cinéma (France), Motlys (Norvège), Amerikafilm (Allemagne) –, le film est interprété par Shahrbanoo Sadat et Anwar Hashimi, qui en sont aussi les scénaristes.
No Good Man se déroule en Afghanistan, dans les jours précédant le retour des talibans en 2021. Naru, seule femme camerawoman de la principale chaîne de télévision du pays, se bat pour conserver la garde de son fils de 3 ans, à la suite de sa séparation avec son mari infidèle. Persuadée qu’aucun “homme bien” n’existe dans son pays, elle se retrouve au service du journaliste star de la chaîne qui, malgré ses réticences, accepte de l’emmener en reportage. Tandis qu’ils sillonnent la capitale qui vit ses derniers jours de liberté, leur relation semble changer de nature.































































