Ecran total Le Quotidien

№4631 • lundi 16 décembre 2024

Spécial Les Arcs Film Festival

FOCUS

Une double actualité pour Jonas Films aux Arcs

Programme chargé au Festival des Arcs pour la productrice Elsa Klughertz. Elle présente, en avant-première, le premier long métrage de Victor Rodenbach, Le Beau Rôle, qui est aussi son premier long de fiction en tant que productrice déléguée. Cette comédie romantique, portée par William Lebghil et Vimala Pons sort en salles mercredi 18 décembre, distribué par Jour2Fête.

La productrice à la tête de Jonas Films est aussi aux Arcs pour accompagner Titouan Ropert, jeune réalisateur sélectionné au Talent Village. Il y présente son projet de long Le Chant de bêtes, qui est l'adaptation de son court de fin d'étude de la Fémis - d'où il est diplômé en montage -, déjà sélectionné à Clermont-Ferrand et à Premiers Plans.

Le film raconte l'histoire d'un jeune journaliste sportif qui va recevoir une lettre en provenance d'un employé d'un abattoir qui veut l'alerter sur la violence que subissent les animaux et la déshumanisation que vivent les employés. Il ignore d'abord cette alerte mais, quand il apprend le suicide de l'employé, il va s'emparer de cette enquête. "Le personnage va se retrouver, un peu malgré lui, dans un monde qu'il ne connaît pas du tout. Il va commencer à s'isoler et vivre l'horreur", raconte la productrice. Le film est actuellement en écriture, co-écrit avec Paul Courbin.

En attendant, Jonas Films est également en financement du premier court métrage professionnel de Titouan Ropert, L'oiseau de feu, sur le milieu des artificiers.

Films de monteurs

Elsa Klughertz est aussi en montage du court métrage de Juliette Penant, également monteuse, La mécanique céleste. La réalisatrice développe elle aussi un long métrage avec Jonas Films, Une marche avant l'enfer. Les deux projets s'inscrivent dans le même univers. Le court raconte comment une femme tombe miraculeusement enceinte et donne naissance à un enfant. Le long est centré sur cet enfant, Nana, jeune adulte isolée de ses parents, qui vit de façon précaire. Un soir, elle assiste à une scène de meurtre depuis sa voiture. Elle a le sentiment que personne en se préoccupe de ce meurtre et décide d'aller à la rencontre du meurtrier qu'elle pense avoir identifié.

Jonas Films est par ailleurs en financement d'un autre premier long, là aussi réalisé par une monteuse. "Je crois beaucoup aux films de monteurs !", s'amuse Elsa Klughertz. Enfin seuls, de Marie Loustalot, monteuse entres autres pour Léa Mysius et Morgan Simon, raconte l'histoire vraie d'une fratrie d'adolescents, qui se retrouvent à vivre seuls, abandonnés de leurs parents pendant plusieurs mois. Marie Loustalot, qui s'inspire de sa propre vie, écrit le film avec son frère Arthur et Claire Burger.

Autre projet, plus avancé celui-ci, le premier long de Christophe Herreros, co-écrit avec Marlène Post (qui a aussi co-écrit Little Jafna de Lawrence Valin, sélectionné à Venise cette année). Le projet a déjà reçu l'aide au développement de la région Nouvelle-Aquitaine.

Le synopsis : "Philippe, chauffeur routier d’une quarantaine d’années, fait la rencontre inattendue d’un petit garçon de 8 ans par l'intermédiaire de sa vieille radio cibi. Après plusieurs jours d’échanges radio, il a l’intuition que l’enfant est en danger. Il décide alors de changer d’itinéraire pour partir à sa recherche, au risque de perdre son travail et plus encore."

WORK-IN-PROGRESS

Le troisième film de Laurent Slama à la recherche d’un distributeur

Au Work-in-Progress des Arcs dimanche 15 décembre, le réalisateur et producteur français Laurent Slama a levé le voile sur A Second Life, son troisième film et son premier en son nom propre. Il a en effet déjà signé deux longs sour le pseudonyme d'Elisabeth Vogler : Paris est à nous (2020, diffusé dans 190 pays sur Netflix) et Années 20 (sorti en salles en 2022).

Son troisième film de fiction raconte l’histoire et la dépression d’une jeune femme à Paris, pendant les Jeux olympiques de 2024. “Une période très difficile pour elle, où elle travaille dans une conciergerie Airbnb et doit aller d’appartement en appartement, lutter contre sa bête noire intérieure, changer de vie, s’en offrir une seconde, rencontrer de nouvelles personnes”, explique le réalisateur et producteur chez 21 Juin Cinema (Le Monde après nous, Années 20, Reset…).

Tournage, parfois sauvage, à Paris

La protagoniste est interprétée par Agathe Rousselle (découverte dans Titane de Julia Ducournau). “Quand je l’ai rencontrée il y a quelques années, j’ai immédiatement su que je voulais faire ce film pour elle, j’avais le pressentiment qu’elle serait parfaite pour le rôle”, raconte Laurent Slama. L’idée était, à travers la musique notamment, de mettre parfois le spectateur dans la perspective sonore du personnage.

Tourné en langue anglaise pour un budget de 300 000 €, le film met aussi à l'affiche l'acteur britannique Alex Lawther (The End of the F***ing World sur Netflix) et Suzy Bemba (Le retour, Pauvres créatures).

À l’instar de ses deux précédents longs, l’ensemble du film se déroule à Paris. Plusieurs scènes ont été tournées de manière sauvage. Comprendre : sans autorisation. “Cela nous a permis d’avoir le meilleur des deux mondes, d’amener la caméra dans la ville, filmer le monde réel, être au cœur des JO et en même temps, de faciliter le tournage”, explique-t-il.

Le montage du film vient d’être terminé et devrait être livré en janvier. Laurent Slama cherche non seulement un vendeur international mais également un distributeur français.

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COPRODUCTION VILLAGE

Le deuxième long métrage de Sofia Alaoui en fin d'écriture

Classée cette année dans la prestigieuse liste des “10 to watch” d’Unifrance, Sofia Alaoui s’affirme comme l’une des étoiles montantes à suivre dans les prochaines années. Celle qui a remporté le Grand Prix du Jury à Sundance en 2020 et le César du meilleur court métrage en 2021 avec Qu’importe si les bêtes meurent, puis le Prix Spécial du Jury à Sundance en 2023 avec son premier long Animalia (Ad Vitam), termine actuellement l’écriture de son deuxième long Tarfaya, présenté au Village des coproductions de l’Industry Village du Festival des Arcs. 

Ce dernier, coproduit par Wrong Films (France), Jiango Films (Maroc - la société de Sofia Alaoui) et Nezri (Belgique), se présente comme un drame d’anticipation. Le pitch ? Meryam (interprétée par Zineb Triki) est une médecin non mariée d’une quarantaine d’années, travaillant dans un hôpital public isolé à Tarfaya, la ville la plus au sud du Maroc, en proie aux tempêtes de sable et à une mystérieuse nouvelle maladie liée à l’environnement. Elle rencontre un homme (casting non défini) dont elle s’amourache, mais celui-ci tombe malade. En menant l’enquête, Meryam se rend compte que l’épidémie touche les personnes qui veulent s’enfuir de Tarfaya. Sofia Alaoui souhaite ainsi s’attaquer aux éco-angoisses, sans démoraliser, mais avec “poésie et mélancolie”, comme elle l’affirme dans Variety. Au casting, on retrouve également l’actrice Nisrin Erradi. 

Plus dur qu’un premier film

Depuis 2019 et l’atelier scénario de la Fémis, Sofia Alaoui porte ce projet. Si la cinéaste l’a d’abord mis en suspens pour se consacrer à l’adaptation de Qu’importe si les bêtes meurent en long métrage, elle s’est remise ces derniers mois sur Tarfaya. Elle a développé tout au long de l’année son projet au Red Sea Lodge, le programme d’écriture du Red Sea Festival, et désormais à la Résidence du Festival de Cannes. 

Côté financement, près de 500 000 € ont pour le moment été réunis sur un budget estimé entre 2,5 et 3 M€. Le film, majoritairement en langue arabe, a reçu l’aide à la production du Centre cinématographique marocain. Margaux Lorier, la productrice de Wrong Films, espère obtenir l’aide aux cinémas du monde lors de la prochaine session. Elle recherche également un distributeur, des fonds privés marocains, un vendeur international, des diffuseurs français ou étrangers. “Pourquoi pas une plateforme, on ne veut se fermer à rien”, lâche à Ecran total celle qui est pour l’heure en discussion avec plusieurs distributeurs indépendants français.

De bon augure pour le film ? Pas si sûr. “On dit souvent qu’un premier film est dur à produire, mais un deuxième, c'est encore pire, car on ne peut plus compter sur les aides pour les premiers longs”, observe Margaux Lorier. D’autant que le contexte économique global n’est pas au beau fixe : “Les financements et les guichets se réduisent, les régions sont attaquées, même l’apport de Canal+ est menacé”, s’inquiète-t-elle. Mais la productrice espère tourner en septembre prochain pour une sortie au printemps 2026.

WORK-IN-PROGRESS

"Gabin", documentaire au long cours de Maxence Voiseux

Présenté en Work-in-Progress aux Arcs ce dimanche 15 décembre, Gabin est le premier long métrage documentaire de Maxence Voiseux, déjà remarqué pour l'unitaire Ultras sur le monde des supporters de football pour France Télévisions. Ce projet au long cours, filmé sur une dizaine d'année, suit un garçon qui grandi dans une région rurale du Nord de la France, à travers son enfance et son adolescence. "J'ai rencontré Gabin il y a dix ans, lors du tournage d'un film sur son père, dans lequel il n'était qu'un personnage secondaire", explique Maxence Voiseux. Alors qu'il est destiné à reprendre la boucherie de son père avec ses frères, il est tiraillé entre la loyauté familiale et son envie de trouver sa propre voie, notamment à travers sa passion pour les animaux. "La première fois que j'ai tourné avec lui, j'ai su qu'il allait devenir un personnage de cinéma", ajoute le réalisateur.

Maxence Voiseux suit aussi la trajectoire des deux parents de Gabin : de son père, et à travers lui de l'avenir de la boucherie, et de sa mère, qui travaille dans une ferme bovine et, épuisée par son travail, veut changer de voie pour étudier la psychogénéalogie.

Le film est produit par Alter Ego (Elise Hug et Cécile Lestrade) en France, et coproduit par Ama Film en Allemagne et Rita Productions en Suisse.

Le tournage est prévu pour durer jusqu'au moment où Gabin, maintenant âgé de 18 ans, annoncera à son père son choix. "Il était clair pour nous que le film se terminerait quand Gabin allait faire un choix", affirme Elise Hug. La livraison du long métrage est prévue début 2026. Il sera distribué en France par Arizona. Alter Ego est toujours à la recherche de distributeurs en Allemagne et en Suisse, ainsi que d'un vendeur international.

Le budget du projet est d'1M€. Il a reçu le soutien, entre autres, de Pictanovo, de Ciclic, de fonds publics allemands et suisses, et du CNC dans le cadre du fonds à l'innovation et du mini-traité franco-allemand.

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À la une

INTERVIEW

François Godard : "Canal+ va devoir faire face à l'exigence des investisseurs"

Ce lundi 16 décembre, le groupe Canal+ fait son entrée à la bourse de Londres après la scission de Vivendi. Un nouveau chapitre important s'ouvre pour le groupe français, selon François Godard, analyste médias chez Enders.

Avez-vous été surpris du souhait du groupe d'entrer à la bourse de Londres ?

Le groupe Canal+ est en plein changements. Depuis 2000, ils n'avaient de compte à rendre qu'à leur actionnaire, Vivendi, sans avoir à expliquer ce qu'ils font et se défendre devant les investisseurs. Il va désormais devoir être plus attentifs à la rentabilité à court terme qu'il ne l'était avant et faire plus attention à sa communication face aux investisseurs. L’avantage c’est qu’aujourd’hui, le groupe n’a plus besoin de se défendre de son autonomie face à Vivendi. Canal+ est responsable de son marché financier. En réalité, cette entrée en bourse est beaucoup moins importante pour Canal+ que la prise de contrôle de Multichoice l'année prochaine. Cela va ajouter beaucoup à la dette du groupe et cela va changer son échelle. L’approche des contenus va être totalement transformée, tout comme sa capacité à négocier avec les fournisseurs internationaux et pour les droits sportifs. Je pense que cette fusion-acquisition qui devrait se conclure en avril, c'est en toute logique, c'est la chose la plus importante dans leur calendrier.

Cette entrée en bourse est donc la preuve de l'internationalisation du groupe ?

C'est ce que dit Vivendi. En étant à Londres, il sera beaucoup plus facile de passer des accords internationaux. Par exemple, si une fusion-acquisition avec le streamer suédois ViaPlay venait à arriver après février 2026, peut-être que les actionnaires préféreraient obtenir des actions d'une société cotée à Londres, plutôt que des actions cotées à Paris. De plus, ce type d’accord est plus facile à passer lorsque l’on a une société cotée, car il est possible de proposer une participation. Avant, il fallait proposer des actions Vivendi, chose qui n’intéressait peut-être pas ces partenaires.

La famille Bolloré pourrait-elle décider de vendre le groupe sous peu ?

Nous ne pouvons pas connaître les intentions de la famille Bolloré. Mais oui, il sera plus facile de vendre et Canal+ aura une valeur plus élevée, aussi car il n’y a plus d'autorisation TNT. Aujourd’hui, le groupe pourrait se débarrasser de CNews et CStar rapidement, en les rétrocédant à Louis-Hachette Group par exemple, et s’ouvrir à des investisseurs extra-européens*. J’ai plutôt l'impression que le groupe Bolloré est satisfait d'être dans les médias. Grâce à l’entrée en bourse à Londres, la famille Bolloré peut lancer une OPA et prendre le contrôle total du groupe ou vendre à des investisseurs internationaux ou français cotés à Londres.

S’agit-il d’une prise de risque pour le groupe ?

Canal+ va devoir faire face à l’exigence des investisseurs. De plus, il y a toujours le risque que des personnalités externes fassent une OPA hostile sur le groupe ou qu’un fonds qui a seulement 2% se mette à faire une campagne contre le management du groupe. Désormais, Canal+ change de mode de fonctionnement; Cela peut être bénéfique comme difficile.

*Selon la loi française, le détenteur d'une fréquence hertzienne ne peut être contrôlé à plus de 20 % par un actionnaire étranger.

DÉCRYPTAGE

Plans de sortie, carrières des films, art et essai... Ce que révèle l'Observatoire de la diffusion du CNC

Malgré l'offre moindre de films américains en 2023, la reprise de la fréquentation et les stratégies de diffusion mises en œuvre par les distributeurs au sortir de la crise sanitaire ont permis à la reprise de se poursuivre. C'est ainsi que le CNC introduit son étude annuelle sur les dynamiques de la diffusion en 2023, publiée ce mardi 10 décembre. Un document riche d'enseignements, dans un contexte où le CNC doit prochainement livrer les conclusions de sa mission d'information sur la distribution, probablement accompagnée d'évolutions réglementaires.

Des plans de sortie plus larges

En 2023, 13,5 films sont sortis en moyenne chaque semaine, en légère hausse par rapport à 2022 (12,8 films) et au niveau de l'avant crise (13,3 films sur 2017-2019). Les plans de sortie, eux, sont bien plus larges qu'avant le Covid-19 (+15% par rapport à la moyenne 2017-2019 ; +17 % par rapport à 2017-2019 pour les films américains, soit 341 établissements en moyenne en première exclusivité ; +23 % par rapport à 2017-2019 pour les films français, soit 163 établissements en moyenne en première exclusivité), du fait notamment de l'offre moindre et de la fin des VPF (taxe pour financer la numérisation des salles). Mais le nombre de séances par établissement n'augmente pas en 2023.

5,9 longs métrages français sortent en moyenne chaque semaine, en hausse par rapport à 2017-2019 (5, soit +17 %). Ces films français agréés sont programmés plus largement en première semaine qu'avant la crise sanitaire (202 établissements en moyenne, soit +14 % par rapport à 2017-2019). Mais, par rapport à 2022, les plans de sortie de ces longs métrages tricolores sont en léger recul de -2,9 %, contre +8,6 % pour les films américains et +18,3 % pour les films européens non français.

Les films américains mieux distribués

Le nombre de films qui sortent dans au moins 500 établissements en première semaine reste élevé (76 films, soit 11 %, +3 % par rapport à 2017-2019). Les longs métrages américains sont sans surprise mieux distribués : ils sont sur-représentés parmi les combinaisons les plus larges (38 % dans la tranche à 500 établissements et plus en S1 ; contre 57 % des films français dans la tranche à 250-499 établissements en S1). Certes, leur nombre de séances par établissement baisse par rapport à 2017-2019, mais moins fortement que pour les films d'autres nationalités.

Aussi, les films confidentiels qui sortent dans moins de 25 établissements en S1, repartent à la hausse, mais leur niveau reste faible par rapport à 2017-2019 (219 films, 31 %, -6 % par rapport à 2017-2019).

(Source : CNC)

La carrière des films, de plus en plus courte

De plus en plus de films voient ainsi leurs séances et leurs entrées recentrées sur les cinq premières semaines. Ainsi, 54,2 % des films réalisent 90 % de leurs entrées ou plus sur cette période-là, contre 46,5 % en moyenne sur 2017-2019. Le constat est d'autant plus frappant pour les films art et essai : 43,4 % ont réalisé 90 % ou plus de leurs entrées sur ce laps de temps (+ 15,1 % par rapport à l'avant-crise).

Côté séances, 55,3 % des films totalisent 90 % d'entre elles ou plus sur cette période-là, contre 44,7 % en moyenne sur 2017-2019 (+ 10,6 %). Une observation encore plus visible pour les films français (59,6 %, soit +11,1 %) et encore davantage pour les films art et essai (46,7 %, +19,9 %).

Mais les films ne circulent pas plus largement : le nombre d'établissements moyens sur la fenêtre d'exploitation de quatre mois revient à son niveau d'avant-crise.

Des films art et essai porteurs

Le parc de salles art et essai repart à la hausse en 2023, atteignant son plus haut niveau (1 292 établissements art et essai, soit 28 de plus qu'en 2022, +2 %). Aussi, à rebours de la tendance générale, les plans de sortie des films art et essai sont plus larges en 2023 qu'en 2022, en raison notamment d'une offre plus porteuse et de la raréfaction des films américains. La situation est donc plus favorable pour les salles art et essai, qui affiche une meilleure reprise de la fréquentation (+1 % par rapport à 2017-2019, contre - 20% pour les cinémas non classés).

Néanmoins les films "Recherche et Découverte" sont eux moins exposés : ils ne bénéficient pas de plans élargis et leur nombre de séances se réduit.

La concentration, risque majeur

Les phénomènes de concentration restent le point noir du marché : les entrées sont majoritairement concentrées sur le top 10 (26 % des entrées en 2023 contre 23 % en 2017-2019) et le top 100 et ce, dans le même étiage qu'avant la crise sanitaire. Mais le CNC note un rééquilibrage du marché en faveur des distributeurs et des exploitants indépendants.

Par exemple, chaque année, le top 10 art et essai amasse plus du quart des entrées des films art et essai en première exclusivité. Hors top 10, le niveau de fréquentation revient à un niveau d'avant crise (25,1 millions d'entrées, +1 % par rapport à 2017-2019 et +38 % par rapport à 2022).

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DÉCRYPTAGE

Les nouvelles obligations des chaînes reconduites sur la TNT

Après des mois de travail, l’Arcom a publié, jeudi 12 décembre, les nouvelles conventions des chaînes reconduites sur la TNT à partir de mars 2025. Ces nouvelles conventions s’accompagnent de nouvelles obligations pour quasiment toutes les chaînes, avec par exemple une évolution dans les quotas imposés pour certains genres. A noter que ces nouvelles obligations reflètent souvent la programmation existante de ces chaînes. Il se peut donc que les grilles des chaînes n’évoluent qu’à la marge à partir de 2025.

Davantage d’inédits

Globalement, l’Arcom veut s’assurer que les chaînes continuent à proposer des programmes frais. Ainsi, les quotas annuels de programmes inédits ont été revus à la hausse. En contrepartie, les heures de programmation de ces inédits ont été élargies, passant de 14h-23h à 6h-1h. Dans le détail, TMC devra diffuser 800 heures par an (contre 365 heures dans l’ancienne convention), TFX 1000 heures par an (contre 456), W9 450 heures et Gulli 300 heures.

Féminisation

En outre, TMC se voit désormais de proposer au moins 12 captations de spectacles vivants chaque année (contre six auparavant), dont au moins six ont une femme pour rôle principal. Quant à sa petite sœur TFX, elle devra diffuser au moins deux retransmissions sportives féminines par an. Autre nouveauté, pour TMC, l’obligation de diffuser au moins 12 courts métrages par an, dont, là aussi, six réalisés par des femmes.

Renforcement des programmes jeunesse sur TFX

TFX, désormais deuxième antenne d’exposition de l’offre Tfou, voit ses obligations envers les programmes jeunesses augmenter. Jusqu’à présent, la chaîne devait proposer 150 heures par an. Elle devra désormais en offrir 300, dont 200 heures d’animation. La chaîne devra aussi programmer un JT quotidien destiné aux 15-35 ans, diffusé entre 9h et 23h, ainsi qu’une émission d’information hebdomadaire consacrée à destination des 6-12 ans, qui devrait être programmée le mercredi matin. De plus, la chaîne s’engage à diffuser 2000 heures de magazines et divertissements chaque année.

Sur le créneau jeunesse, sa concurrente Gulli ne voit pas ses obligations bouger : elle doit toujours proposer 1930 heures d’animation d’expression originale française chaque année, dont 1520 heures entre 6h et 19h. Une nouvelle clause demande cependant à la chaîne de diffuser des programmes “faisant la promotion d’initiatives citoyennes” sur des thématiques comme l’environnement, l’éducation aux médias, les droits des enfants etc. Cette obligation n’est toutefois pas quantifiée.

Plus de musique en primetime sur W9 et CStar

Si W9 voit son quota annuel de programmes musicaux baisser mais, en contrepartie, comme sa concurrente CStar, elle voit ses obligations en matière d’émissions musicales en primetime renforcées.

W9 devra diffuser au moins 2000 heures de musique par an (contre 3300 dans la précédente convention). Elle devra proposer 21 programmes de primetime consacrés à la musique chaque année (la précédente convention prévoyait un minimum de 12 émissions par an, partagées en M6 et W9, et 12 émissions supplémentaires pour W9).

CStar, de son côté, devra toujours proposer 4435 heures de musique par an, soit un peu plus de 12 heures par jour. Elle devra diffuser 70 spectacles vivants musicaux par an en primetime ou seconde partie de soirée (contre 52 spectacles vivants, sans spécificité de genre ou d’horaire, dans la précédente convention). En plus de ces spectacles, elle devra proposer au moins huit émissions musicales en primetime chaque année.

Autre nouveauté dans la convention de CStar, l’obligation de proposer au moins 52 œuvres audiovisuelles inédites en primetime chaque année.

En revanche, alors que les rumeurs se multiplient autour d’un possible transfert de Touche pas à mon poste sur CStar après la fermeture de C8, la chaîne ne voit pas ses obligations en avant-soirée se renforcer. Elle devra toujours proposer un magazine sur l’actualité musicale quotidien entre 19h et 21h, obligation remplie à l’heure actuelle avec un programme court de quelques minutes. Rien dans la convention n’empêche donc le transfert de TPMP sur cette antenne.

Les obligations des chaînes d’info au même niveau

Le renouvellement des trois chaînes d’info BFMTV, CNews et LCI, s’accompagne d’une remise à plat des spécificités des chaînes. Ainsi, alors que BFMTV était décrite comme une “chaîne d’information, notamment économique et financière” dans sa précédente convention, cette mention est gommée. LCI, pour sa part, perd la clause qui l’empêchait de consacrer plus de 23% de son temps d’antenne aux JT.

Les trois chaînes sont toutes décrites comme des chaînes “d’information, notamment politique, économique, locale, nationale, européenne et internationale, culturelle, sociale et sportive”, avec l’obligation de proposer au moins un journal ou rappel des titres par heure et de diffuser “régulièrement” des reportages longs format de plus de 7 minutes.

Seules spécificités : LCI se voit obligée de diffuser une rubrique dédiée à la lutte contre la désinformation et CNews une émission littéraire quotidienne d’au moins 10 minutes de durée. 

Au-delà des obligations spécifiques sur chaque chaîne, l’Arcom a introduit ou renforcé les obligations relatives au pluralisme et à l’indépendance des rédactions dans toutes les conventions.

FOCUS

Les "Meurtres à" se déclinent désormais avec le patrimoine littéraire et l'artisanat

Après 11 ans à explorer tous les contes et légendes d'une bonne partie des villes françaises de taille moyenne, la collection des "Meurtres à" teste d'autres thématiques, en s'intéressant à la littérature et l'artisanat.

Stéphane Massard, responsable de programmes fiction à France Télévisions en charge de la collection des "Meurtres à" (entre autres), révèle que plusieurs films allaient bientôt entrer en tournage. Des classiques dans différentes régions comme Meurtres à Concarneau, réalisé par Adeline Darraux (Meurtres à Cognac et Meurtres en Corrèze). En production en 2025, France Télévisions comptera aussi un Meurtres à Bussang (ville située dans les Vosges), réalisé par Didier Bivel, et un Meurtres à Millau, filmé par Jean-Marc Brandolo.
Pour élargir l'éventail de thématiques traitées dans les intrigues policières, France Télévisions a décidé de porter son regard vers d'autres sujets transverses comme le patrimoine littéraire. Un Meurtres à Charleville-Mézières, sur les terres du poète Arthur Rimbaud dans les Ardennes, est donc en cours d'écriture. En Normandie, un nouveau Meurtres à Étretat qui s'amusera avec Arsène Lupin, le héros de l'écrivain Maurice Leblanc. Il est également en écriture. Diffusé ce vendredi 21 décembre, un Meurtres à Château-Thierry (produit par Easy Tiger) qui reprendra des thématiques des Fables de la Fontaine. Réalisé par Delphine Lemoine, il compte dans la distribution Elsa Lunghini, Clément Manuel, Caroline Loeb et Philippe Lelièvre.
Concernant le monde artisanal et industriel, la collection a commencé par intégrer la spécialité de Calais avec Meurtres en dentelles, avec Jean-Marc Barr et Camille Aguilar au casting, tourné à l'automne 2024 et qui sera diffusé en 2025. Mais un autre unitaire est également prévu, cette fois à Limoges avec un Meurtres en porcelaine actuellement en écriture.

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EXCLUSIF

Arte acquiert un documentaire à impact

Script Line, société de distribution portée par Gini Lorin, annonce à Ecran total la vente à arte.tv du documentaire Collision, produit par la société londonienne Ocean Souls Films Production et réalisé par Philip Hamilton, un long format 84'. Le film met en lumière les collisions mortelles entre les navires et les baleines. L'emmêlement dans des filets de pêche et les collisions avec les navires constituent en effet la première cause de mort non naturelle chez les grandes baleines. Aujourd'hui, ces collisions avec les navires participent à la disparition de certaines populations.

Le documentaire Collision sera disponible sur la plateforme à compter du 1er Janvier 2025. La société de distribution compte à ce jour dans son catalogue une soixantaine de films documentaires entre société, histoire contemporaine et environnement (souvent à impact).



L'actualité du secteur

CHAÎNES ET PLATEFORMES

Canal+ obtient les droits de la Premier League en Pologne et au Myanmar

Canal+ devient le diffuseur exclusif de la Premier League, première division de football anglais, pour les saisons 2025-2026, 2026-2027 et 2027-2028 en Pologne ainsi qu’au Myanmar.

Canal+ diffusera donc le championnat dans son intégralité, soit 380 matchs par saison, dans ces deux pays pour les trois prochaines saisons. Canal+ est le premier diffuseur mondial de la Premier League avec plus de 50 territoires dont la France, la Suisse, la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne, le Vietnam, et l’Afrique subsaharienne.

DIFFUSION SALLES

Ouverture d'un cinéma 5 salles en Martinique

Le complexe cinématographique Les Toiles du Sud a été officiellement inauguré jeudi 12 décembre au matin à Rivière-Salée en Martinique. Il s'agit d'un cinéma de cinq salles et 962 places, propriété du groupe Elizé, seul opérateur privé en Martinique. Les Toiles du Sud sont gérées par Alexandra Elizé, présidente de la société du même nom, montée pour l’occasion avec sa sœur et ses cousins.

La première validation par la Commission Départementale d'Aménagement Cinématographique (CDACi) remonte à avril 2018. Les travaux du cinéma, qui ont notamment équipé les cinq salles en Laser 4K et la plus grande en son Dolby Atmos, ont duré un an.

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CHIFFRES

Box-office US : Le top toujours dominé par "Vaiana 2" et "Wicked"

La nouvelle production Disney Vaiana 2 reste leader, réalisant un troisième week-end à 26,6 M$ et cumule 337,5 M$ en dix jours.

Non loin dernière, la comédie musicale Wicked – partie 1 (Universal) ajoute 22,5 M$ à son total qui se porte à 339 M$ pour son quatrième week-end..

En troisième place, démarrage très décevant pour le film Sony/Marvel Kraven The Hunter avec 11 M$.

Au pied du podium, Gladiator II (Paramount) de Ridley Scott engrange 7,8 M$ et totalise 145,9 M$ pour son quatrième week-end.

Enfin, le film d'animation The Lord of the Rings: The War of the Rohirrim (Warner) démarre à 4,6 M$.

Box-office US du dimanche 15 décembre 2024

RangSemaineTitreSitesDistributeurRecette (M$)Recette / SiteEvol.Cumul (M$)
13Moana 24000Walt Disney Studios Motion Pictures26,6$6655-48.1%337,5
24Wicked3689Universal Pictures22,5$6099-38.3%59
31Kraven the Hunter3211Sony Pictures Releasing11$3425-11
44Gladiator II3224Paramount Pictures7,8$2419-38%145,9
51The Lord of the Rings: The War of the Rohirrim2602Warner Bros.4,6$1767-4,6
65Red One3003Amazon MGM Studios4,4$1465-37.2%92,6
72Pushpa: The Rule - Part 2631AA Films3,7$5863-60.2%13
82Interstellar2024 Re-release321Paramount Pictures3,3$10327-28%11,8
91Interstella 5555: The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem641Trafalgar Releasing2,3$3632-2,3
106The Best Christmas Pageant Ever1519Lionsgate1,4$888-10.4%36,7
ENTREPRISES

La Station Animation ouvre un studio à Angoulême

La société de production La Station Animation annonce l'ouverture d'un studio à Angoulême, au sein du Pôle Image Magelis, structure de développement économique du secteur de l'image, particulièrement active dans le domaine de l'animation.

Christian Ronget, producteur et gérant de La Station Animation, indique: « Avec cette ouverture d’un studio à Angoulême, nous faisons le choix de nous rapprocher d’un vivier de talents d’environ 1500 professionnels, au sein duquel nous allons recruter en 2025 pour le lancement de plusieurs productions 2D et 3D. » L'entreprise recherche d'ores et déjà des professionnelles en storyboard, animation, fx2d, lighting, compositing, pré-production, layout, compositing, texture…

Créée en 2002, La Station Animation dispose déjà de plusieurs studios de production à Paris, Avignon et Strasbourg qui accueillent une cinquantaine d’employés. Ses productions en cours sont notamment Louca (série 3D pour Media Valley), Extra-terriens (long métrage 3D), Partie de Campagne (saison 2 de la série 3D), Griott & Mungo (série 2D), Les contes du Chat Perché (unitaire TV 3D).

France Médias Monde : le budget 2025 approuvé malgré une dotation publique en baisse

Le Conseil d’administration de France Médias Monde, société regroupant les activités des radios et télévisions publiques détenues par l'État français et ayant une diffusion internationale (France 24, RFI, Monte Carlo Doualiya) s'est réuni le jeudi 12 décembre sous la présidence de Marie-Christine Saragosse. Il a approuvé un budget 2025 « construit selon les derniers arbitrages précédant l’interruption de l’examen du projet de loi de finances et dans l’attente de la loi de finances définitive qui sera votée en 2025 ».

Une dotation publique en baisse

Le budget 2025 de France Médias Monde s’inscrit dans le cadre d’une dotation publique globale de 301,9M€ : 30,8M€ au titre de la compensation financière de la suppression de la contribution à l’audiovisuel public et 271,1M€ de dotation publique « socle », auxquels s’ajoutent 14,7M€ de ressources propres (stables par rapport à 2024). La dotation publique « socle » est en baisse de 9,9M€ (-3,5%) par rapport à la trajectoire du projet de COM 2025.

« Dans ce contexte, compte-tenu des évolutions inéluctables de dépenses et malgré un effort de rationalisation et d’économies maximal pour 2025 (renégociation à la baisse du loyer du siège de FMM, retrait partiel de la diffusion de France 24 dans les Outre-mer, diminution des dépenses de fonctionnement dans les différentes directions, etc.), France Médias Monde n’est pas en mesure d’absorber l’intégralité de la baisse de sa trajectoire de ressource publique », indique France Médias Monde. Le Conseil d’administration a donc approuvé un budget 2025 affichant un résultat net prévisionnel de -4,9M€. « Ce déficit, absorbable par les capitaux propres de l’entreprise (en forte augmentation ces dernières années grâce à une gestion rigoureuse), permet ainsi à France Médias Monde de ne pas remettre en cause le périmètre de ses missions ».

4 nouveaux projets à l’international financés par l’aide publique au développement

France Médias Monde annonce déployer 4 projets à l’international : lancement début 2025 d’une rédaction numérique à Beyrouth, déploiement d’une offre numérique panafricaine pour les jeunes en 2025, lancement d’un décrochage de France 24 pour l’Afrique francophone à horizon 2026, et enfin poursuite de RFI en ukrainien et l’objectif à terme de lancer une offre en turc.

Ces projets font l’objet d’un financement public complémentaire à hauteur de 3,9M€ en 2025 dans le cadre de l’aide publique au développement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

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PROGRAMMATION

Le Pacte date deux comédies françaises au printemps 2025

La société de distribution Le Pacte annonce la sortie au printemps prochain de deux comédies françaises.

Prosper, premier long-métrage de Yohann Gloaguen avec Jean-Pascal Zadi et Cindy Bruna sera dans les salles le 19 mars 2025

Les règles de l'art, premier long-métrage de Dominique Baumard avec Melvil Poupaud, Sofiane Zermani, Julia Piaton et Steve Tientcheu, sortira quant à lui le 30 avril 2025.

Les deux films seront en compétition au 28e Festival International du Film de Comédie de l’Alpe d’Huez en janvier 2025.

MOUVEMENTS

Deux nominations chez RMC BFM

Le groupe RMC BFM annonce des nominations en son sein ce vendredi 13 décembre 2024.

Arnaud de Courcelles devient Directeur Général des BFM Locales. Il conserve ses fonctions de Directeur Général de BFM Business.

Karim Oudjane est quant à lui nommé Secrétaire Général de l’information de RMC BFM. Il accompagnera et coordonnera les secrétariats des rédactions et notamment ceux des BFM Locales.

Arnaud de Courcelles rejoint BFM Business début 2022, en tant que Directeur Général. Il a auparavant été Directeur des Rédactions, service des sports de Canal+, Directeur de la chaîne l’Equipe puis Directeur général de SAS Equidia.

Karim Oudjane est Directeur du développement et des opérations spéciales pour le groupe La Provence de 2015 à 2017, puis Directeur de France Bleu Vaucluse. Il a été ensuite Secrétaire Général de la rédaction France Info (2021). Il est actuellement Directeur adjoint de l’information de Radio France.

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ÉVÉNEMENTS

Les César tiennent leur troisième Brunch du Court Métrage

Ce dimanche 15 décembre 2024, l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma (Académie des César) a organisé en partenariat avec Canal+ la troisième édition du Brunch du Court Métrage. Elle réunissait les réalisatrices, réalisateurs, productrices et producteurs des courts métrages de l’année qui vont concourir pour les César 2025 en fiction, documentaire et animation.

Ovidie et Jan Kounen sont marraine et parrain de la sélection Animation, Kaouther Ben Hania et Julie Bertuccelli, marraines de la sélection Documentaire, Céleste Brunnquell et Jean-Baptiste Durand, marraine et parrain de la sélection Fiction César.

Revue de presse

LE FIGARO

Maxime Saada: "Seul Canal+ peut prétendre rivaliser avec les grandes plateformes américaines"

Beaucoup ont critiqué votre choix de traverser la Manche. Jusqu’au président de la République. Vous comprenez ?

Une option aurait été que Canal+ délocalise son siège. Mais notre actionnaire de référence, Vincent Bolloré, s’y est toujours refusé. [...]

La langue anglaise va prendre davantage d’importance pour Canal+, au regard de notre stratégie et des marchés où nous nous développons. Londres était donc une évidence. Plus je voyage à l’étranger aujourd’hui, plus j’ai le sentiment que la France ne valorise pas ses actifs et encore moins Canal+. Notre groupe est un champion français et potentiellement un champion mondial. Nous sommes les seuls aujourd’hui à pouvoir prétendre rivaliser avec les grandes plateformes américaines, même humblement. Or, rien n’est fait pour nous aider.

À quoi pensez-vous ?

Cet été, la taxe que nous versons au Centre national du cinéma a augmenté de plusieurs dizaines de millions d’euros. Au même moment, le régulateur de l’audiovisuel a choisi d’écarter C8 de la TNT. Il n’y a pas un pays au monde où un régulateur décide d’arrêter la chaîne la plus populaire, pour la remplacer par des nouveaux entrants qui ont pris des engagements et déjà indiqué qu’ils ne les tiendraient pas. Cela n’existe pas ! En octobre, l’Autorité de la concurrence a annoncé ouvrir une enquête sur la diffusion et l’acquisition d’œuvres cinématographiques dans le milieu de la télévision payante. Or, nos accords avec la filière tombent en décembre. Ne connaissant pas les griefs de l’Autorité de la concurrence, il nous est difficile de signer un nouveau contrat.

[...]

Le cinéma français va-t-il perdre son grand argentier ? Avec une audience plus internationale, investir 200 millions d’euros par an dans les films hexagonaux a-t-il du sens ?

Beaucoup ont fait un raccourci en estimant que notre retrait de la TNT signifiait l’arrêt de notre financement. Ce retrait nous rend simplement plus agiles. Est-ce que Canal+ souhaite réduire significativement ses obligations ? Pas nécessairement. Est-ce qu’il souhaite avoir la capacité de le faire ? Certainement. Nous n’avions pas besoin d’investir plus de 200 millions d’euros par an. Mais nous en avions envie. 

Notre attachement au cinéma français et européen est profond, comme celui de nos abonnés. Canal+ souhaite rester le principal partenaire du cinéma français. Si nous estimons néanmoins que les conditions ne sont plus réunies pour l’être, nous ajusterons notre positionnement, comme toujours.

Caroline Sallé, Le Figaro, le 13 décembre

LE PARISIEN

"C’est une première en France" : comment la Ville de Paris veut protéger les cinémas indépendants

Près de 400 salles obscures dans lesquelles s’enfermer pour "se faire une toile". Paris continue à remporter la palme de la capitale européenne — voire mondiale — qui a la plus forte densité de cinémas. Des lieux qui pourraient pourtant disparaître, rongés par la spéculation immobilière.

"Une salle de cinéma a besoin de pas mal de surface, et sa rentabilité au mètre carré est très inférieure à n’importe quelle activité commerciale, résume Michel Gomez, délégué de la mission cinéma à la mairie de Paris. C’est ce qui explique la disparition des cinémas sur les Champs-Élysées."

Pour lutter contre ce phénomène, la mairie a introduit une toute nouvelle catégorie dans le plan local d’urbanisme (PLU) qui vient d’être adopté lors du dernier Conseil de Paris. "Ça fait des années qu’on cherche à pouvoir inscrire dans le PLU la spécificité des salles de cinémas, poursuit le "monsieur Cinéma" de la Ville. Mais c’était très compliqué car dans le code de l’urbanisme, on ne pouvait distinguer qu’entre commerce et non commerce."

[...]

Reste la situation du Luminor (IVe). Depuis 2020, le dernier cinéma indépendant du Marais est menacé de fermeture. La société immobilière Sofra — propriétaire de ces 300 m2 — a décidé de ne pas renouveler son bail. Une procédure d’expulsion est en cours. Toute une mobilisation s’est lancée pour défendre cet établissement de quartier.

Le nouveau PLU va-t-il permettre de changer la donne ? "Malheureusement non, répond Michel Gomez. Car ce cinéma se situe dans l’une des seules zones parisiennes où les règles fixées par le PLU ne s’appliquent pas." La moitié du Marais et une partie du VIIe arrondissement sont considérées comme des "secteurs sauvegardés". Un "plan de sauvegarde et de mise en valeur" (PSMV) — régi par le ministère de la Culture — y réglemente l’urbanisme pour, ironie du sort, y protéger davantage le patrimoine.

Pauline Darvey, Le Parisien, le 13 décembre

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BOX OFFICE PRO

Le CiNey lance ses travaux

C’est sur le boulevard Ney, dans le 18e arrondissement parisien, que les travaux du CiNey ont été lancés le 30 novembre. Remplaçant un ancien Bricorama, cet espace de 1500m² sera réparti en trois pôles, chacun piloté par les porteurs et partenaires du projet. Le pôle culture sera géré par La Sierra Prod, à l’origine du CiNey, à travers la création de deux salles de cinéma – de 85 et 91 places –, un studio de répétition et d’enregistrement, un studio de post-production ou encore une salle polyvalente avec espace scénique. (…)

Avec une ouverture prévue pour fin 2025, le CiNey – qui sera le troisième cinéma du 18e arrondissement – vise le classement art et essai, ainsi que les labels Jeune public et Patrimoine. À la programmation, La Sierra mise sur des films de continuation et une participation active des habitants du quartier ou encore des étudiants, et ambitionne les 20.000 entrées pour sa première année pleine, puis une progression continue. (…)




Jules Dreyfus

THE HOLLYWOOD REPORTER

Comment réinventer une émission vieille de 70 ans à l’ère de TikTok

(…) Comment une émission traditionnelle comme The Tonight Show peut-elle rester pertinente dans une ère où les formats courts dominent ? NBC a misé sur la nostalgie et une stratégie digitale. En mars, Lindsay Lohan a repris ses rôles de The Parent Trap dans un sketch diffusé uniquement sur TikTok et Instagram, attirant 43 millions de vues. Une initiative répétée récemment avec une référence à Mean Girls, vue 15 millions de fois. Ces sketches digitaux connectés à des souvenirs marquants démontrent l’adaptation de l’émission à un environnement médiatique en pleine mutation (…).

Nick Dyer, responsable digital de l’émission, souligne que leur stratégie exploite les fandoms (Game of Thrones, Marvel, Taylor Swift) et crée un lien entre passé et présent. Selon Chris Miller, producteur exécutif, The Tonight Show diversifie ses formats pour atteindre un public habitué à des vidéos de 15 à 60 secondes sur les réseaux sociaux (…).

(…) Si le digital génère moins de revenus que la TV linéaire, l’émission tire parti de sa communauté de plus de 100 millions d’abonnés sur TikTok, Instagram et autres. Cette échelle attire les annonceurs et influence même les tendances : “Nous pouvons repérer une idée émergente et l’élever grâce à des invités comme Dwayne Johnson”, explique Miller.

L’équipe, avec Jimmy Fallon très impliqué dans la création de contenu social, garde un ton léger et apolitique. Pour Fallon, cette évolution est un atout : “Nous avons toujours pris les réseaux au sérieux. Chaque invité qui accepte de jouer avec nous contribue à ce succès.”

Alex Weprin

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THE WRAP

Dans les coulisses de "Dream Productions", la série Disney+ ambitieuse signée Pixar

(…) Dream Productions, première série longue de Pixar pour Disney+, est un spin-off du film Vice-Versa 2, plus grand succès mondial de l’année avec 1,7 milliard de dollars au box-office. La mini-série de quatre épisodes plonge dans le studio fictif qui produit les rêves de Riley, revisitant avec humour le fonctionnement d’un studio de cinéma. Pixar expérimente ici une esthétique de faux documentaire, inspirée par des légendes du genre comme D.A. Pennebaker (…).

Dirigée par Mike Jones, scénariste de Soul, et avec des voix telles que Maya Rudolph et Paula Pell, la série mélange nostalgie et satire de l’industrie hollywoodienne. Le format de la série a permis une collaboration étroite avec l’équipe de Vice-Versa 2, partageant idées et ressources visuelles. Ce double développement est une première pour Pixar, souvent comparée à la logique de l’univers Marvel (…).

(…) Dream Productions reflète aussi un changement stratégique pour Pixar, après des déceptions au box-office comme Buzz l’Éclair et Elémentaire. La série exploite des retours créatifs, y compris d’un groupe d’adolescentes appelé « Riley’s Crew », pour garantir une authenticité émotionnelle et narrative (…).

Avec 82 minutes, Dream Productions s’apparente à un long métrage, offrant un mélange unique de styles et des questions universelles : qui sommes-nous au début d’une aventure, et comment cela nous transforme-t-il ? Pixar démontre ici sa capacité à se renouveler tout en restant fidèle à son ADN.

Drew Taylor