A la télé, la société française est toujours mal représentée

19 juillet 2022
Les minorités, les femmes, les ruraux, les CSP inférieures sont toujours délaissées par les chaînes de télévision, déplore l'Arcom.

Capacité de la télévision française à représenter correctement la société : peut (beaucoup) mieux faire. L’Arcom, ex-CSA, a publié mardi 19 juillet son baromètre sur « la représentation de la société française à la télévision et à la radio », comme chaque année depuis 2009. Et le constat est sans appel : les discriminations stagnent, voire progressent, sur le petit écran.

« Les personnes perçues comme « non-blanches » ont été moins représentées en 2021 à la télévision (14 % contre 16 % en 2020). Leur présence est particulièrement faible sur les chaînes d’information en continu puisqu’elles ne représentent que 10 % des personnes indexées », note ainsi le rapport. Il se base sur 1800 heures de programmes diffusés par dix-neuf chaînes de la télévision numérique terrestre en 2021. 

Discriminations basées sur la couleur de peau

Dans l’ensemble, les personnes perçues comme « blanches » demeurent donc largement majoritaires à la télévision. Cette discrimination est moins visible dans les fictions (où les personnes perçues comme « non-blanches » sont représentées à hauteur de 17%) et les divertissements (19%), mais reste importante.

Plus grave encore, les personnes perçues comme « non-blanches » sont de plus en plus cantonnées à des rôles à connotation négative au sein des programmes d’information, à hauteur de 43%, soit 11 points de plus qu’en 2020. En revanche, ces personnes sont également largement moins représentées qu’en 2020 dans les activités marginales et illégales (de 43 à 27%).

Inégalités géographiques, sexuelles, socio-professionnelles

La présence des femmes à la télévision se stabilise, à 39% contre 38% en 2020. La parité télévisuelle est encore loin : les femmes représentent 52% de la population française.

Par ailleurs, « La télévision donne à voir une image très urbaine de la société avec toutefois des déséquilibres au sein de cet ensemble : les habitants des centres-villes historiques y sont très largement représentés (65 %) contrairement à ceux des banlieues (4 %) », indique le document.

Enfin, les catégories socio-professionnelles supérieures y sont surreprésentées, incluant 75% des personnes présentes à l’écran. Les catégories inférieures ne constituent que 10% de ce total.

En guise de conclusion, l’Arcom exhorte les éditeurs à renouveler leurs engagements, qu’elle liste en fin de document, et à les renforcer. Elle insiste particulièrement sur la nécessité pour les chaînes d’information en continu de « se saisir davantage des enjeux d’une juste représentation de la société française dans sa diversité. L’information, qui est en prise avec la réalité de la société française, devrait donner à voir une plus juste représentation de celle-ci. »