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Questions autour de la sortie de « M » de Sara Forestier


 

Ce mercredi 15 novembre sortira en salles, M, le premier film réalisé par la comédienne doublement césarisée, Sara Forestier. Elle nous y conte une histoire d’amour toute en émotion et sensibilité entre une jeune bègue et un jeune illettré. À cette occasion, nous nous sommes entretenus avec cette cinéaste pleine d’avenir ainsi qu’avec son producteur, Vincent Mazel (Chi-Fou-Mi Productions) et son distributeur, Arthur Hallereau (Responsable marketing chez « Ad Vitam »).

 

 

Sara, vous avez mis plus de quinze années à réaliser et sortir ce film très émouvant. Comment expliquez-vous un si long processus ?

 

Sara Forestier : L’écriture m’a demandé huit ans de travail car je voulais parler de l’amour comme d’une expérience très forte dans une vie. C’est un sujet si complexe et fascinant que j’avais envie de le traiter de la manière la plus animale et profonde qui soit. Je voulais aussi évoquer tout ce que ce sentiment implique en terme de transformation psychologique et humaine. Il m’a donc fallu du temps pour murir ce sujet que je voulais traiter profondément.

Je tenais à raconter une grande histoire d’amour universelle, toujours par le prisme de l’émotion, car dans le fond, nous sommes tous des handicapés de l’amour. Il suffit de voir le nombre de couples qui se séparent. Le film montre à quel point nous avons tous des empêchements à surmonter pour aller vers l’autre. Et si nous sommes tous à la recherche d’une intimité amoureuse, c’est parce qu’inconsciemment, nous savons que cela peut nous transformer.

 

 

Justement, si on se penche un peu sur les deux personnages de votre film, qu’est ce qui, selon vous, les rapprochent et les lient peu à peu car on les sent à la fois très différents l’un de l’autre mais aussi très semblables ?

 

SF : Je pense qu’ils partagent une peur de l’abandon qui nous touche tous dès lors que l’on tombe amoureux. Quand tu expérimentes vraiment ce qu’est l’amour, il y a plein de parties de ton inconscient qui vont surgir. Des peurs profondes, enracinées dans l’enfance ou ailleurs. Cette peur de l’abandon peut gâcher une histoire que certaines personnes vont parfois détruire avant même qu’elle n’ait lieue car elles auront peur d’être abandonnées.

Et puis, ce sont aussi deux êtres qui se montrent mutuellement leur vulnérabilité. C’est ça qui leur donne confiance l’un en l’autre. Le fait de voir quelqu’un lâcher prise face à toi t’amène à penser que si cette personne est imparfaite, alors tu as le droit de l’être aussi face à elle. Le film parle également du fait que nous vivons en permanence dans une culture de la performance, où il faut toujours se montrer fort, à tel point que la vulnérabilité n’a plus sa place, alors qu’on en a besoin. C’est ce qui nous permet de tous nous rapprocher.

 

 

Une dernière chose, vous avez récemment affirmé que l’important pour une actrice ou une cinéaste était de créer des émotions. D’où la question : comment parvient-on à créer cette émotion à travers toutes les étapes de la création : l’écriture, le tournage et le montage ?

 

SF : Je pense que tout se joue dans l’interprétation. C’est là qu’on fait vraiment exister l’émotion. Même s’il y a d’autres éléments. Par exemple, j’ai tourné beaucoup de gros plans afin de scruter la moindre respiration, le moindre frémissement. Le cadrage et le montage sont donc aussi des outils essentiels pour parvenir à émouvoir. C’est d’autant plus le cas ici puisque j’ai tourné plus de 200 heures de rushes et que j’ai monté le film pendant deux ans. J’ai demandé aussi à Christophe de composer quelques chansons pour apporter encore plus de poésie. Mais tout ça reste très instinctif. On n’y réfléchit pas vraiment. On travaille à l’instinct, en usant de tous les moyens possibles, afin de raconter une histoire qui nous touche et, au final, il peut se passer quelque chose d’un peu magique mais qui nous échappe.

 

 

Vincent, en tant que producteur du film, qu’est ce qui vous a incité à accompagner Sara dans cette aventure ?

 

Vincent Mazel : Tout simplement un énorme coup de cœur sur le scénario. L’histoire y était très forte et son traitement l’était tout autant. Que ce soit dans l’écriture des dialogues ou dans la construction des personnages qui apportaient tant d’émotion rien qu’à la lecture. Et puis il y avait aussi la promesse d’une réalisatrice. Je tiens à signaler que nous avons eu la chance de lire un scénario qui était complètement fini. Ce qui est assez rare. Le plus souvent, on reçoit des scénarios qui nous intéressent mais que l’on doit encore développer et construire avant de commencer le tournage. Là, on a prit une vraie claque tout de suite. On ne pouvait donc que se lancer.

 

 

L’envie était là tout de suite mais il s’agit tout de même d’un premier film or ces derniers incitent parfois à la méfiance du côté des investisseurs. Comment avez-vous fait pour réunir les partenaires financiers ?

 

VM : Là aussi, tout s’est déroulé d’une manière assez facile et idéale car nous avons hérité du travail de Denis Freyd qui avait d’ores et déjà réuni des partenaires comme France 3 et Canal +. On a simplement eu à conclure un travail qui était déjà bien entamé.

 

 

Vous décrivez un début de production plus qu’idéal mais qu’en a t’il été pour la postproduction ? Après tout, Sara reconnaît elle-même que le montage a duré deux ans…

 

VM : Effectivement, nous avons donc fait preuve de patience et de compréhension. Ça fait partie de notre métier que d’entendre les besoins et les angoisses des cinéastes afin de les soulager. On a toujours eu foi en ce projet, même si il y a eu des périodes compliquées où le film avait du mal à se finir. Mais on a toujours su qu’on y arriverait. Sara a consacré beaucoup de temps, de travail et d’efforts à son montage mais c’est le temps qui lui fallait. Ce n’est pas quelqu’un qui travaille dans l’urgence ou sous la pression. Il était donc nécessaire, malgré l’impatience grandissante des partenaires financiers, de l’accompagner et de la laisser vivre son histoire avec son film.

 

 

Et vous Arthur, comment Ad Vitam s’est-il engagé à soutenir ce premier film ?

 

Arthur Hallereau : Ça a également été un coup de cœur pour toute notre équipe. Nous avons reçu le scénario qui nous a été envoyé par les producteurs et nous l’avons aimé dès la première lecture. On y a vu une histoire d’amour complètement improbable et une belle promesse de cinéma. À tel point que nous nous sommes engagés à sortir le film avant même le début du tournage.

 

 

Le processus de montage ayant été particulièrement long, avez-vous eu un droit de regard sur une des premières versions montées afin de la perfectionner ?

 

AH : Nous avons vu le film à quelques versions de son montage final où nous avons effectivement pu donner notre avis. On intervient très souvent à un moment où il y a encore une marche de manœuvre pour donner un avis extérieur afin d’apporter un regard frais. Sara avait une idée très précise de là où elle voulait aller et de ce qu’elle souhaitait obtenir. Mais on ne s’est jamais vraiment inquiété. On a toujours senti de la part des producteurs, la volonté d’arriver à un bon terme afin de sortir un beau film qu’on serait tous fiers de revendiquer.

 

 

Et enfin, comment avez-vous procédé pour faire connaître le film auprès du public et des professionnels ainsi que des exploitants ?

 

AH : Nous l’avons accompagné dans différents festivals et nous sommes également partis à la rencontre des spectateurs à l’occasion de plusieurs avant premières en province (Bordeaux, Strasbourg, Metz.) où Sara a pu échanger longuement avec le public. On s’est alors aperçu que même si M est un premier long métrage, qui s’inscrit dans une veine plutôt auteuriste et cinéphile, son histoire est si forte et universelle que le film parvient à séduire un public bien plus large que ce qu’on pourrait penser. On a également organisé une convention auprès des exploitants début septembre où nous avons reçu un accueil très enthousiaste.

Nous nous sommes aussi attachés les services de François Hassan Guerrar, qui a accepté de devenir l’attaché de presse du film dès sa première vision, tellement il a été touché et ému. Il s’est donné sans compter et a abattu un travail très important vis à vis des médias. On a ainsi été très présent à la télé et à la radio.

Sara a été invité successivement à On n’est pas couché de Laurent Ruquier, au Quotidien de Yann Barthes, dans l’émission Stupéfiant de Léa Salamé ou encore sur France Inter avec Augustin Trapenard. Même les chaînes BFM et France 3 nous ont consacré un sujet.

Ça a donc été une campagne promotionnelle assez intense, entre les plateaux télés et radios à Paris, en plus des déplacements à travers la France pour rencontrer le public.

 

 

 

 

 

Ce mercredi 15 novembre sortira en salles, M, le premier film réalisé par la comédienne doublement césarisée, Sara Forestier. À cette occasion, nous nous sommes entretenus avec cette cinéaste pleine d’avenir ainsi qu’avec son producteur, Vincent Mazel (Chi-Fou-Mi Productions) et son distributeur, Arthur Hallereau (Responsable marketing chez « Ad Vitam »).

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