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Mandarin Production, acteur incontournable du cinéma français

 

Forte d’une ligne éditoriale éclectique et variée depuis ses débuts, la société Mandarin Production s’apprête à dévoiler sa production la plus ambitieuse à ce jour, “L’Empereur de Paris”.

 

Fondée et dirigée par Eric et Nicolas Altmayer, Mandarin Production s’est affir­mée au fil des années comme un acteur majeur de la production cinématogra­phique indépendante en France. En témoignent ses débuts dans la comédie (3 zéros ; Brice de Nice) avant qu’elle s’ouvre à des oeuvres plus ‘auteuristes’ mais toujours populaires, comme les derniers films de François Ozon. “Le ci­néma est né dans les fêtes foraines. C’est un outil de divertissement et de culture qui n’existe qu’avec le public. On place donc ce dernier au coeur de nos films. Nous sommes des enfants de la cassette vidéo qui ont grandi avec un cinéma très diversifié. L’année 2016 est assez repré­sentative de notre line-up où on a sorti en l’espace de quelques semaines un film pa­trimonial, Chocolat, puis un film d’au­teur, Les Innocentes, et une comédie, Pattaya”, nous confie Nicolas Altmayer.

 

Aujourd’hui, c’est une nouvelle étape que les deux producteurs s’apprêtent à franchir avec la sortie de L’Empereur de Paris, un film d’époque sur la nais­sance de la légende de Vidocq, qui est leur plus ambitieux à ce jour, fort d’un budget de 22 millions d’euros. “C’est un projet qu’on a depuis vingt ans et qui correspond à notre conception du grand cinéma populaire français avec lequel on a grandi à l’époque du film du dimanche soir”, témoigne Éric Altmayer.

 

Très rapidement, la volonté de sol­liciter le duo à l’oeuvre sur le diptyque des Mesrine s’impose. Le rôle princi­pal est donc confié à Vincent Cassel et la réalisation à Jean-François Richet. D’autant plus que ce dernier s’avère être un passionné d’histoire et notam­ment de la période du Grand Empire. Les négociations se concluent aisé­ment, le comédien et le réalisateur se montrant enthousiastes et partageant le même agent : “Vincent incarne cette image du héros moderne confronté à sa part d’ombre. Et Jean-François s’imposait, tant il tenait à faire un film d’époque qui mette à l’honneur la grande histoire de France mais avec une approche de films d’action et d’aventure très moderne et contemporaine”, ex­pliquent les producteurs.

 

Soutien de Gaumont et France TV

 

Le long métrage s’annonce comme un pari de production très audacieux à l’heure où l’industrie du cinéma se montre de plus en plus hésitante pour concevoir des films de cette ampleur et privilégie davantage les comédies po­pulaires. Au moment d’élaborer le plan de financement, la Gaumont se montre un allié très précieux, via un soutien financier significatif : “Gaumont est un acteur du cinéma français qui ose des paris cinématographiques ambitieux, comme ils l’ont fait avec Chocolat et Au revoir là-haut. Chaque année, ils pro­duisent une grosse production patri­moniale qui sort de l’offre française de comédies populaires.”

 

Suit le soutien de l’Ile-de-France, du crédit d’impôt, de Canal+, de Ciné+ ainsi que du groupe France Télévisions via les chaînes France 2 et France 3. En revanche, “les chaînes privées, par exemple, TF1 et M6, n’ont pas considéré le projet dès lors qu’il s’agissait d’un film d’époque qui ne s’adressait pas directe­ment à un public familial comme Rémi sans famille ou Belle et Sébastien. Ça montre combien la situation a évo­lué, car M6 nous avait soutenus sur Chocolat. Canal+ nous soutient, certes, mais avec une diminution drastique du préachat par rapport à ce qu’on aurait pu négocier il y a trois ans. En revanche, le service public tenait à montrer qu’il était possible de faire exister ce genre de films dans le cinéma français.”

 

Privilégier les talents locaux

 

En obtenant des financements à 100 % français, en plus de la mise en place d’un crédit d’impôt déplafonné au moment où débute la production, la décision de tourner intégralement L’Empereur de Paris en France est évi­dente. Cela conforte la volonté du réa­lisateur de s’approcher au plus près de la réalité historique en tournant dans des décors authentiques de l’époque, tout en bénéficiant du savoir-faire des techniciens locaux : “On avait le senti­ment d’avoir à notre disposition ce qui se fait de mieux en terme d’artisanat du cinéma français. Un artisanat qui tend à disparaître étant donné la rareté de ce genre de films. Tous les chefs de postes, techniciens, ouvriers, peintres, sculp­teurs, patineurs, couturiers étaient d’autant plus motivés qu’ils avaient conscience qu’ils travaillaient sur un prototype de films devenu quasiment impossible à réaliser.”

 

Preuve du travail conséquent des équipes techniques et artistiques, la construction intégrale d’un “backlot” sur un terrain d’aviation à Brétigny-sur-Orge afin de reconstituer les rives de la Bièvre pour les besoins d’une scène. Un backlot dont la gestion a été reprise par le groupe TSF et qui devrait perdurer en devenant un lieu de ciné­ma qui accueillera d’autres tournages : “C’est un espace adapté pour tout type de production, avec des entrepôts qui permettent d’installer des ateliers de construction, de stocker des costumes ou des éléments de décors et même d’ac­cueillir des figurants.” La majeure partie des autres sé­quences est tournée dans des décors de l’époque de l’Empire, comme les châteaux de Fontainebleau et Vaux-le-Vicomte. La scène d’ouverture est quant à elle filmée en studio, à Bry-sur-Marne. Toujours dans un souci d’authenticité, les scènes en extérieur sont tournées avec peu de lumière et au format 35 mm.

 

Une année 2019 prometteuse

 

À quelques semaines de sa sortie en salles (le 19 décembre), le film a d’ores et déjà été vendu sur tous les ter­ritoires internationaux, à l’exception des pays anglo-saxons : “Les États-Unis et le Royaume-Uni sont deux territoires complexes à appréhender pour les films sous-titrés. Nous sommes tous sous la contrainte de la réduction du marché des salles sur ce genre de films. Les investisse­ments nécessaires à une sortie en salles dans ces pays sont devenus tellement risqués qu’il y en a de moins en moins. L’Empereur de Paris va certes beaucoup voyager, mais pas autant que Cyrano de Bergerac à son époque. Dans ce contexte, notre film est une tentative revendiquée de mobiliser un public qui n’a plus l’habi­tude de voir du cinéma français en salles”, affirme Éric Altmayer, qui ajoute que si le film est un succès, une ou plusieurs suites pourraient être envisagées, tant Vidocq a connu des aventures roma­nesques et a vécu plusieurs vies.

 

Avant cela, l’année 2019 sera extrê­mement riche pour Mandarin Production avec les sorties cumulées de Grâce à Dieu ; Blanche comme Neige ; Le Mystère Henry Pick ; Venise n’est pas en Italie et le nouveau film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir, La Vie scolaire. Sans oublier le lancement de la production de la troi­sième aventure de l’agent 0SS 117.

 

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