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Louis-Julien Petit : « le FFA a tout changé pour moi »

 

 

La carrière de cinéaste de Louis-Julien Petit et son succès sont nés à Angoulême. En trois temps. Retour d’expérience d’un réalisateur, plus que ravi d’être membre du jury de l’édition 2019.

 

 

Comment avez-vous découvert le FFA ?

 

L-J. P : En 2014, il a suffit que Discount, mon deuxième long métrage, soit sélectionné au FFA pour qu’il trouve un distributeur, Wildbunch. Mais, en arrivant à Angoulême, mon équipe et moi nous étions tellement stressés que nous pensions que personne ne viendrait voir le film. Nous avions apporté des tee-shirts pour les rares spectateurs…sauf que la première salle à l’Espace Franquin était pleine. La deuxième à Némo aussi. On nous a même demandé de bien vouloir partir parce qu’on bloquait la projection du film suivant ! A la troisième projection, les gens nous criaient : « Solidaire ! » et on a dû refuser 150 spectateurs. Il s’était manifestement passé quelque chose. Nous sommes repartis le cœur plus léger à Paris… avant d’être rappelé dès le lendemain pour venir recevoir le Prix du Public des mains de Sylvie Vartan. Pour moi, c’est comme si j’avais gagné quatre Oscars ! Tout cela a déclenché une tournée en France, des articles de presse et quelques 300 000 entrées. Angoulême a tout changé pour moi !

 

 

Et depuis, êtes-vous revenu au FFA ?

 

L-J. P : Oui, en 2016, avec Isabelle Adjani et Carole Matthieu. Ce fut une toute autre expérience. L’arrivée au photo-call au bras d’une star sans un bruit ! Je me souviens encore du son de pas sur les graviers, dans la cour de l’hôtel Mercure ! Mais encore une fois, le public a été bienveillant, sincère, authentique. Le film est donc lancé là-bas, avec succès. Toutefois, la plus belle aventure, ce fut avec Les Invisibles, l’an dernier.

 

 

En quoi cette expérience était la plus forte ?

 

L-J. P : Le film était présenté en avant-première, le public nous criait encore « Solidaire ! ». Et nous avons remplis en une séance les trois grandes salles du CGR : 10 mn d’applaudissements, des pleurs, une standing ovation… Avec l’équipe, nous sommes restés quatre heures sur place ! Le film n’était plus le mien, mais celui d’un public qui ne triche pas. Depuis, il a réunit 1,4 millions de spectateurs en France. Il a été vendu dans plus de 25 territoires, est en lice pour le Prix Lux, décerné par le Parlement Européen et ses droits viennent d’être achetés pour un remake aux États-Unis. On a créé un label, des foyers pour accueillir les femmes SDF… L’aventure commencée à Angoulême continue.

 

 

En tant que juré à quoi vous attendez-vous cette année ?

 

L-J. P : Je vais prendre mon rôle très au sérieux car je connais l’exigence de Dominique Besnehard et Marie-France Brière porte à la sélection des films. C’est une responsabilité et j’aimerais que les œuvres que nous allons primées connaissent le même destin que Petit Paysan ou Shéhérazade, les deux derniers Valois.

 

 

Connaissez-vous les autres membres du jury ?

 

L-J. P : Je connais Françoise Nyssen et les deux acteurs Hugo Becker et Medhi Nebbou, et j’ai hâte de rencontrer la Présidente, Jacqueline Bisset, et les autres jurés. Et qu’on se mette au travail, l’esprit libre, reposé et frais !

 

 

Le succès des Invisibles vous laisse-t-il le temps de vous consacrer à un autre projet ?

 

L-J. P : Oui, j’ai commencé l’écriture d’un nouveau film. J’ai déjà fini toutes les recherches – et sur mes films elles sont conséquentes- et j’espère tourner l’an prochain, toujours avec la même productrice Liza Benguigui d’Elemiah Films.

 

 

De quoi s’agira-t-il ?

 

L-J. P : Toujours d’une « dramédie » sur une injustice sociale puisque c’est ce que je sais et que j’aime faire. Même si j’ai mûri en voyageant avec mes films précédents, sur la perception des femmes et sur la précarité, cela me donne envie de continuer. Mais, je m’aperçois que j’écris moins vite ce cinquième film que les précédents.

 

 

Pourquoi ?

 

L-J. P : Le succès crée le doute, et le doute l’exigence !

 

 

Propos recueillis par Véronique le Bris

 

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