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La SRF a radié Christophe Ruggia après les révélations d’Adèle Haenel

 

 

Après la publication par Médiapart d’un travail d’enquête de sept mois, la Société des réalisateurs de films (SRF) a exprimé, lundi 4 novembre, « son soutien total, son admiration et sa reconnaissance » à la comédienne Adèle Haenel, qui a eu « le courage de s’exprimer après tant d’années de silence« . La SRF a aussi annoncé que son conseil d’administration, réuni lundi, a voté à l’unanimité l’exclusion de Christophe Ruggia, qui siégeait encore à ce même conseil, après que l’actrice Adèle Haenel l’a accusé d’ »attouchements » et de « harcèlement sexuel » alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans. Interrogé par le site d’investigation, le réalisateur de 54 ans a déclaré « réfuter catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d’attouchement sur cette jeune fille alors mineure« . Cette exclusion est une première depuis la création de la SRF en 1968.

 


Concernant les accusations portées par l’actrice, les réalisateurs de la SRF ont déclaré : « Nous tenons à lui dire que nous la croyons et que nous en prenons acte immédiatement, sans nous dérober à notre propre responsabilité et sans faire l’économie de notre remise en question collective« . La SRF précise que « la grande majorité des membres du conseil d’administration ignorait tout de cette histoire, certain.e.s connaissaient la dynamique d’emprise révolue, tous ignoraient la dimension sexuelle de cette affaire. » Christophe Ruggia était une figure de la SRF, dont il a longtemps fait partie du conseil d’administration et qu’il a coprésidée à cinq reprises, entre 2006 et 2018. « Adèle Haenel a décidé de porter une parole politique en offrant son histoire à autopsier et investiguer. Nous saluons sa générosité et son courage. Nous nous engageons pleinement dans cette dynamique. En tant que cinéastes nous devons questionner notre pouvoir et nos pratiques, sur les plateaux et comme collectif« , conclut la SRF.

 

 

UniFrance salue un « témoignage est d’un grand courage »

 

 

UniFrance a également réagi, mardi 5 novembre, à la publication de Médiapart : « Ce témoignage est d’un grand courage, après des années de silence et de manque de réactions au moment des faits ». L’organisme chargé de la promotion et de l’exportation du cinéma français dans le monde a « condamné sans réserve tout fait de violence ou de comportement inapproprié« . L’association tient à rappeler que si le cinéma français est l’un de ceux qui voyagent le plus dans le monde, « les festivals et marchés professionnels se doivent d’être des zones où hommes et femmes exercent leur profession dans un cadre sûr« . Serge Toubiana, président d’UniFrance, et Daniela Elstner, sa directrice générale, ont indiqué que l’association restera « particulièrement vigilante sur ces points » et annoncent l’élaboration prochaine d’une charte à l’attention des artistes et professionnels amenés à participer aux manifestions organisées ou initiées par UniFrance. Tous deux expriment leur « profond respect à Adèle Haenel » et engagent tous ceux qui le souhaiteraient à se mettre en contact avec UniFrance pour réfléchir ensemble aux moyens à mettre en œuvre afin d’assurer un environnement de travail respectueux de tous.

 

 

Adèle Haenel précise ses accusations envers Christophe Ruggia

 

 

Dans une vidéo publiée sur Mediapart lundi soir, la comédienne s’est confiée plus avant sur les faits de « harcèlement sexuel » qu’elle aurait subis à l’adolescence, entre 2001 et 2004, impliquant le réalisateur Christophe Ruggia. Elle y explique pourquoi elle a choisi de sortir du silence, après avoir vu en mars dernier le documentaire Leaving Neverland, dans lequel témoigne deux hommes prétendant avoir été victimes d’abus sexuels de la part de Michael Jackson durant leur enfance. « Il m’a fait changer de perspective sur ce que j’avais vécu, a justifié l’actrice. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas que d’une histoire privée. (…) Quand j’ai vu Leaving Neverland, je n’ai pas pu m’empêcher de voir des mécanismes d’emprise et de fascination qui étaient complètement à l’œuvre dans mon histoire.« 
A l’âge de 12 ans, lors du tournage du film les Diables, réalisé par Christophe Ruggia, elle a indiqué à Mediapart avoir été victime d’ »attouchements » sur les « cuisses » et « le torse« , « baisers forcés dans le cou » et avoir eu à subir « un harcèlement sexuel permanent » de la part du réalisateur sur le tournage. « Il ne peut pas refaire un film avec des adolescents, estime Adèle Haenel, (…) C’est une responsabilité pour moi. J’ai un confort matériel qui fait que je ne suis pas dans la même précarité que la plupart des gens à qui ça arrive. » « Je suis encore plus choquée par le fait qu’il dise qu’il m’a « découverte », parce qu’en fait, il m’a surtout détruite« , conclut Adèle Haenel. « J’étais coupée en deux. Je passais mon temps à mentir.« 

 

 

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