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Le CNC veut lancer un plan de soutien aux séries originales françaises

L'institution, dont les aides à la production audiovisuelle sont restées à un niveau historique l'an dernier, veut renforcer ses aides à la création de séries françaises et va lancer une concertation dans ce but avec les professionnels du secteur.


 

Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), qui présentait mardi 24 avril son étude sur la production audiovisuelle aidée pour l’année passée, a annoncé son intention de renforcer ses aides à la création de séries françaises « originales et créatives ».

 

L’institution, dont les aides à la production audiovisuelles sont restées à un niveau historique l’an dernier, va lancer dans ce but une concertation avec les professionnels du secteur, a annoncé Frédérique Bredin. La présidente du CNC explique vouloir développer un plan de soutien pour accompagner l’évolution de la fiction française, d’un modèle autrefois dominé par les fictions policières de 90 minutes et diffusées en prime time, vers des formats plus courts et des thèmes plus variés. « Notre souci, c’est d’encourager davantage la créativité et le risque créatif afin de diversifier les formats, les genres et le public », à l'image des réformes déjà menées en ce qui concerne les aides aux documentaires et à l'animation, a détaillé Frédérique Bredin, qui va lancer une concertation avec la filière en vue d'établir un « plan de soutien aux séries originales et les plus créatives ». Ce dispositif pourrait voir le jour dès l'année prochaine. Parmi les pistes à l'étude, la création d'une aide à l'écriture collective ou l'élargissement d'un mécanisme existant de soutien aux nouvelles séries, pour l'instant réservé aux 52 minutes, au profit de formats plus courts.

 

Légère baisse pour les aides à la fiction

 

D’après le bilan annuel du CNC, les aides ont atteint 274,8 millions d'euros en 2017 (-0,1%), se maintenant ainsi quasiment au niveau de leur sommet de 275 millions d'euros atteint l'année précédente. Le volume total de programmes audiovisuels aidés produits est également presque inchangé (+0,2%) à 4.873 heures. Cette quasi stabilité masque cependant des mouvements plus amples, dont une baisse de 3,1% à 84,2 millions d'euros des aides à la fiction, qui peut sembler paradoxale à l'heure où les chaînes françaises réinvestissent fortement dans les feuilletons et les séries face à la concurrence de Netflix et d'Amazon, notamment TF1 qui a lancé l'été dernier le feuilleton quotidien « Demain nous appartient ». Un recul des aides allouées à la fiction qui s'explique selon le CNC par un concours de circonstances et des effets de calendrier, et non par un renversement de tendance : l'organisme public évoque entre autres une baisse du volume des programmes soutenus (-2,9% à 871 heures) liée à l'arrêt de certaines séries comme « Nos chers voisins » (TF1) et à un engouement pour les formats plus courts -au coût moyen moins élevé- au détriment des 90 minutes et des 52 minutes, plus onéreux à produire. Les 52 minutes restent cependant le format de référence dans l’Hexagone.

 

Le CNC s'est également félicité des belles performances des séries tricolores : « la fiction française enregistre 88 des 100 meilleures audiences de fiction à la télévision » en 2017, en forte hausse depuis 5 ans (37 sur 100 en 2013), note le Centre, qui souligne aussi que les parts d'audience des séries françaises sont supérieures à celles des programmes étrangers. 

 

L’animation au plus haut

 

Comme l’année précédente, la fiction reste le genre le plus soutenu par le CNC avec 84,2 M€ (-3,1 %), devant le documentaire à 80,8 M€ (+1,5 %), l’animation à 61,5 M€ (+1,0 %) et l’adaptation audiovisuelle de spectacle vivant à 35,1 M€ (+2,3 %). En 2017, côté animation, le volume horaire de production a diminué de 9,1% par rapport à 2016, à 353 heures, mais le montant des devis progresse de 4,9% à 269 M€. Les financements français sont en augmentation de 5% à 208,3 M€. Les apports des producteurs français augmentent de 15,3% à 61,9 M€, soit 23% du montant total des devis. En 2017, les dépenses de production en France augmentent de 9,9% alors qu’elles diminuent de 15,6% à l’étranger. La part des dépenses de production des programmes d’animation en France n’a jamais été aussi importante et s’élève à 84,4%, contre 80,6% en 2016. « Cette relocalisation des dépenses confirme l’impact conjugué de la réforme du soutien à l’animation et du crédit d’impôt audiovisuel entrés en vigueur en 2016 », juge le CNC.

 

Avec 2266 heures aidées en 2017, le volume de documentaires est quant à lui stable, à un niveau proche de 2009. Le montant des devis des programmes documentaires est lui en recul à 397,6 M€  (-1,9%). Les apport des producteurs français sont en hausse (+8,7%), à 65,1 M€. Les financements étrangers reculent pour leur part de 27,2% à 22,3 M€.

 

Le CNC constate enfin le rôle privilégié des chaînes publiques dans la commande d’œuvres. Ces dernières représentent 48,4% du volume horaire total des programmes aidés, 59% des apports totaux des diffuseurs et 52% de l’ensemble des aides de l’institution.

 

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