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Classement complet Producteurs de flux 2017

 

Banijay toujours leader du flux

 

Comme chaque année au moment du Mipcom, Ecran total dévoile son classement des producteurs de flux pour la saison 2016-2017.

 

H A première vue, pas de changement no­table. Les volumes en heures sont stables et une fois de plus, c’est incontestablement le groupe Banijay France qui conserve sa position en tête du classement avec exactement la même durée d’antenne cumulée que l’année dernière, soit 2196 h 15. Une performance notamment due au maintien de la programmation du talk-show de Cyril Hanouna, Touche pas à mon poste, produit par la filiale H2O, ainsi que de Tout le monde veut prendre sa place… Mais on peut affirmer avec hu­mour qu’il est difficile de le déloger. François de Brugada, président de Banijay, explique en détail les secrets de cette performance dans l’entretien qu’il nous a accordé (page 16). Lagardère Studios quant à lui garde sa solide seconde place, fort de ses 1 029 h de programme (en légère progres­sion), dont le très important C dans l’air.

 

La fusion opérée entre Endemol et Shine per­met au nouveau groupe de se placer en troisième position avec près de 750 heures de programma­tion. Celles-ci sont confortées par les apports du premier (Les 12 coups de midi ; Secret Story), qui pointait en quatrième position de notre classe­ment précédent, et enrichies encore davantage par ceux du second (The Voice ; The Voice Kids), qui voit sa position évoluer de huit places.

 

Troisième OEil Production progresse aussi d’une place : 70 nouvelles heures à l’antenne grâce à la création de C l’hebdo.

 

Petite déception pour le groupe Newen, qui recule de la troisième à la sixième place et passant de 738 heures de programmes à près de 505 heures en raison principalement de l’arrêt de la production des Maternelles, per­dues à la suite du rachat de la société de Fabrice Larue par TF1, et ce malgré la création de plu­sieurs émissions telles que L’Hebdo Cinéma ou Pop Up. Newen ne baisse pas pour autant les bras, puisqu’il prépare plusieurs projets portés par la nouvelle société Production Valley.

 

Mais l’événement de ce classement est surtout le fruit de la progression fulgurante de certaines sociétés indépendantes. C’est le cas de Bangumi, qui se retrouve en cinquième position avec plus de 520 heures de programmes, alors qu’il ne se pla­çait qu’en 22e position l’année dernière avec 95 heures d’antenne. Un résultat quintuplé en un an, qui s’explique par le fait que l’ancienne émission phare de l’Access de Canal+, Le Petit Journal, ani­mée par Yann Barthes, soit passée sur TMC sous le nom de Quotidien avec un nouveau format, comme nous confie un représen­tant de la société : Le Petit Journal ne durait que 40 minutes lorsqu’il était diffu­sé sur Canal+. Quand nous sommes passés sur TMC avec Quotidien, sa durée est montée jusqu’à 95 minutes par jour avec en plus l’Avant Quotidien qui dure 40 minutes. Si vous ajoutez les émissions spéciales sur TF1, cela nous a amenés à augmenter considéra­blement notre volume d’heures. Nos audiences sont également au-delà de nos attentes, puisque nous sommes le premier talk-show diffusé chaque jour en Access.” Bangumi craignait qu’en passant de Canal + à TMC, le public du Le Petit Journal ne le suive pas. Il s’avère que si.

 

Pour Bangumi, une performance impressionnante, que l’on retrouve également chez trois autres sociétés indépendantes, dont nous avons sou­haité mettre en valeur le travail en recueillant les analyses de leurs diri­geants.

 

 

Jérôme Caza, cofondateur de 2P2L

 

2P2L a triplé sa production de flux au cours de l’année, passant de 106 heures de programmation à 302. Comment l’expliquez-vous ?

 

Cette progression est due en grande partie au fait que France 5 nous ait choisi pour reprendre le créneau de la petite enfance sur leur chaine, avec la création de l’émission quotidienne La Maison des Maternelles. Nous avons également des émissions sur OCS comme Ciné Séries et Cie qui viennent enrichir notre programmation. C’est la récompense d’un certain nombre de marques et de programmes qui existent depuis plusieurs années et qui se sont renouvelés et qui sont au­jourd’hui bien installés dans le paysage audiovisuel français.

 

Nous avons mesuré votre produc­tion horaire, mais qu’en est-il de vos audiences ? Vous en êtes satisfaits ?

 

Il y a deux mesures d’audience : tout d’abord, celle, traditionnelle, de la télévision. De ce point de vue-là, une émission comme La Maison des Maternelles fonctionne très bien sur les cœurs de cible qui sont essentiellement les jeunes femmes et jeunes mamans. On est à 20 % de PdA sur les 25-34 ans, et 10 % sur les ménagères, ce qui est un très bon score pour France 5. Et puis, il y a une autre façon d’observer les audiences, c’est par le dialogue sur les réseaux sociaux. Par exemple, la page Facebook de La Maison des Maternelles compte pratiquement 500 000 fans avec des centaines de commentaires et d’échanges au quotidien. C’est là que l’on voit que l’émission a un vrai rôle de service public, qui est d’informer toutes les femmes en congés mater­nité, qui attendent des enfants ou qui sont en train de les élever. Cela nous permet d’être au plus près de nos télés­pectateurs.

 

Pensez-vous pouvoir vous maintenir à un tel niveau au cours de la saison à venir ?

 

Notre obsession n’est pas tant le nombre d’heures, mais plutôt de concevoir des programmes de qua­lité. La bonne nouvelle, c’est que nous allons relancer notre émission On n’est pas que des Cobayes sur France 4, alors que nous l’avions diffusée sur France 5 pendant cinq ans en prime time. Nous l’avions arrêtée il y a un an et nous allons la redémarrer, mais cette fois-ci, sous la forme d’un jeu que nous allons créer. Il sera dif­fusé quotidiennement, en Access, sur France 4. Nous programmerons, dans un premier temps, près de 45 émissions quotidiennes d’ici à la fin de l’année et si ça marche, j’espère que nous continuerons en 2018. Nous sommes très fiers d’avoir réinitialisé cette marque car elle était perfor­mante sur France 5, et c’est naturel qu’elle revive sur France 4, où nous touchons un public très jeune. Sur France 5, dont la moyenne d’âge est de 60 ans, l’émission avait un public de 38 ans – la tranche d’âge qui est justement la cible de France 4. Il était donc assez logique que cette marque passe sur cette chaîne, mais en étant complètement réinventée. D’autant plus que sur les réseaux sociaux, la marque Cobaye cartonne, avec 87 millions de vues sur nos vidéos YouTube et près de 300 000 abon­nés. Nous allons pouvoir relancer et redonner encore plus d’impact à la chaîne YouTube, puisque nous allons y diffuser de nouveaux contenus.

 

Y a-t-il des programmes étrangers que vous souhaitez importer en France ou adapter pour le marché français ?

 

Comme beaucoup de mes confrères, j’observe de nombreux for­mats à l’étranger, mais c’est vrai que je me bats depuis des années, notam­ment au sein de la Fabrique des for­mats, pour que l’on puisse créer plus de formats français. Personnellement, j’appelle à plus d’audace de la part des diffuseurs, mais il faut aussi que les créateurs soient plus performants. En ce moment, nous développons un jeu, le N’importe Quizz, qui a été aidé par la Fabrique des formats et par la Société des auteurs de jeux, et que nous allons présenter au MIP où nous espérons le vendre. Il faut que nous, diffuseurs et créateurs français, arrivions collecti­vement à être beaucoup plus perfor­mants car il n’y a pas de raison : nous sommes très créatifs, malheureuse­ment, il y a peu de nouveaux formats au fil des ans…

 

 

Thierry Bizot, cofondateur du groupe Eléphant

 

Votre société a vu sa programma­tion de flux passer de 91 heures à près de 245 au cours de cette année. A quoi est-ce dû ?

 

Nous développons en permanence des nouveaux formats. Notre CA gran­dit tous les ans depuis 18 ans grâce à notre diversité. Nous travaillons dans tous les domaines et avec toutes les chaînes, ce qui n’est pas le cas de beau­coup de producteurs indépendants, qui ont souvent un contrat structurant avec un groupe. Notre magazine Sept à Huit est à l’antenne depuis 15 ans. A l’origine, il était programmé de 7 à 8 heures et uniquement en hiver. Mais le succès a été tel qu’on nous a deman­dé de faire un magazine par semaine toute l’année. Et il y a trois ans, TF1 nous a commandé une heure de plus. Maintenant nous avons le Sept à Huit Life de 17 h 40 à 18 h 40, puis le Sept à Huit classique. C’est le plus gros Access de toute la télé française depuis 18 ans. TF1 l’appelle même son huitième prime time. Le succès de ce magazine repose sur une exigence partagée avec TF1 depuis le début, pour que nous ayons les meilleurs journalistes et les meilleurs reportages dans le monde entier, avec des histoires toujours très fortes, quel que soit le sujet qu’on traite.

 

Quels ont été les nouveaux programmes que vous avez mis en place la saison dernière ?

 

Nous avons signé deux émis­sions quotidiennes. Tout d’abord, Actuality, de 18 à 19 h sur France 2, qui a démarré avec une faible au­dience car nous étions trop axés sur l’actualité, alors qu’à cette heure-là, il aurait fallu faire quelque chose de plus divertissant. On a donc complè­tement changé la formule en cours de route et ça a payé, les audiences ont commencé à grimper mais la chaîne tenait à remodeler la programmation de ses après-midi en mettant en place des programmes encore plus diver­tissants et Actuality n’a pas survécu à cette première saison. En parallèle, nous avons travaillé avec Arte autour d’un format très original, Invitation au voyage, autour de la culture, puisqu’il s’agit de portraits d’artistes, mais aussi autour du voyage. Le spec­tateur y visite des lieux où ont vécu des artistes de renom, où ils ont créé, ou vécu quelque chose de particulier. Nous avons trois voyages par émis­sion tous les jours et nous sommes renouvelés pour cette saison car la chaîne est très satisfaite de notre col­laboration.

 

 

Philippe Thuillier, dirigeant d’ADL TV

 

Le groupe ADL TV a presque doublé sa programmation de flux en une année. Vous êtes passé de 40 heures de diffusion à plus de 78. Vous avez une explication ?

 

C’est la conjoncture de plusieurs facteurs. Nous avons travaillé avec Laurent Ruquier sur des émissions de flux que nous n’avions pas l’année d’avant, telles que Mardi Cinéma et Les Grosses Têtes, qui sont également renouvelées pour cette année. Nous avons aussi reçu des commandes qui ont été passées par des chaînes de la TNT, notamment C8 avec La Télé de Luchini et La Télé de Baffie, qui ont très bien marché. Au point que la chaîne nous a commandé deux programmes de plus pour l’année à venir. Il y a aussi eu un retour de NRJ 12, car nous ne faisions plus de bêti­siers pour eux, or c’est à nouveau le cas cette année.

 

En termes d’audience, êtes-vous satisfait des résultats de ces nouvelles émissions ?

 

La première de Mardi Cinéma était une erreur de programmation. Nous ne souhaitions pas un prime time mais une émission en deuxième partie de soirée. C’est ce que Laurent Ruquier et moi-même réclamions dès le départ, mais le directeur des programmes de l’époque tenait ab­solument à nous envoyer en prime time. Ça a été difficile à accepter car on savait qu’on allait se prendre un mur et on se l’est pris. On a fait 7 % de PdA seulement. En revanche, dès qu’il y a eu une nouvelle direc­tion des programmes notre contrat a immédiatement été transformé en deuxième partie de soirée. Pour le reste, Sous les jupons de l’histoire est un succès, puisque nous venons de finir la cinquième saison, sachant que l’année dernière, nous avons produit 15 numéros, ce qui était beaucoup. Nous avons compris que c’était une production que nous devions conser­ver dans une logique de plaisir. Nous ne devions pas courir après le temps mais, au contraire, le prendre davan­tage car nous avons beaucoup d’élé­ments à prendre en compte : les faits historiques, les propos des historiens, des conservateurs de château, etc. Avec autant de sources, 15 émissions c’était beaucoup pour nous. Nous ne produirons donc que 10 épisodes cette année afin de travailler un peu plus sereinement.

 

“Mardi Cinéma” était un programme très aimé, du temps de Tchernia. Comment allez-vous le faire évoluer ?

 

Nous l’avons affiné pour la rentrée en le traitant plus comme un divertis­sement que comme un pur magazine culturel de cinéma, ce qu’était à l’ori­gine l’émission de Pierre Tchernia. On a beaucoup retravaillé sur ce prin­cipe-là durant l’été. Notre première émission de début octobre a beaucoup plu au public et aux gens du cinéma qui nous ont fait de bons retours. A tel point que pour la prochaine émission, qui aura lieu d’ici à fin novembre-début décembre, nous avons déjà le casting.

 

Comment travaillez-vous votre communication pour faire connaître vos émissions auprès de votre public ?

 

Nous nous intéressons beaucoup aux réseaux sociaux depuis peu. Nous travaillons avec les chaînes sur cet aspect, nous découpons nos programmes et mettons des extraits significatifs sur Twitter. On va notam­ment le faire pour Mardi Cinéma et pour Sous les jupons de l’histoire. Ça fait partie d’une nouvelle stratégie, auparavant nous n’avions pas pris le temps d’examiner cet aspect, mais aujourd’hui, nous missionnons des gens pour y travailler, même si ça part souvent d’une collaboration avec le diffuseur. Les téléspectateurs ont vraiment joué leur rôle avec Sous les jupons de l’histoire où il y a vraiment eu des messages forts qui n’ont pas échappé à NRJ 12. A tel point que cela les a convaincus de prolonger l’émis­sion. La nouvelle saison était prévue en janvier mais on reprend déjà avec deux épisodes avant la fin de l’année.

 

 


Établie par Ecran total chaque année le Classement complet Producteurs de flux 2017 en volume permet de savoir quels sont les producteurs ayant le plus produit de flux durant la période 2016-2017.

Établie par Ecran total chaque année le Classement complet Producteurs de flux 2017 en volume permet de savoir quels sont les producteurs ayant le plus produit de flux durant la période 2016-2017.

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