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Cannes 2018 : Le SPI expose ses propositions sur la chronologie des médias


Le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) a proposé pour la première fois, mardi 15 mai, un point presse cannois sur le thème "Promouvoir le soutien à la création dans un monde numérique" pour présenter ses positions concernant les problématiques qui agitent le secteur, et notamment la chronologie des médias. Cinq membres du bureau du SPI se sont exprimés : Marie Masmonteil (Elzévir Films), Florence Borelly (Sésame Films), Mathieu Bompoint (Mezzanine Films), Gilles Sacuto (TS Productions), et Bertrand Gore (Blue Monday Productions).

 

Un accord professionnel avant l’été ?

 

Comme d’autres acteurs de la filière, le SPI insiste sur "la nécessité d’une réforme en profondeur de nos mécanismes de régulation" et veut s’inscrire dans une démarche pragmatique. Le syndicat se félicite du pic de 300 films produits l’année dernière et du nombre important d’entrée en salle mais il note "un déséquilibre sur le financement des films et sur leur exposition". Comment continuer à financer des films d’auteur dans le contexte actuel ? L’inquiétude vient notamment des chaînes de télévision : Canal+, qui n’a de cesse de baisser ses investissements dans les œuvres originales d’expression française, et France Télévisions, avec les économies qui vont être demandées à l’audiovisuel public. Par ailleurs, les chaînes de la TNT ne participent pas du tout au financement du cinéma français. Avec ses 1,9% de films français sur sa plate-forme, Netflix n’est évidemment pas une alternative possible.


Le SPI estime donc "absolument essentiel" de montrer que la filière est capable de s’entendre, au moins sur une période transitoire, pour réformer la chronologie des médias par un accord interprofessionnel, sans passer par le Parlement. Selon Marie Masmonteil, un compromis serait possible pour un accord avant l’été.
Bertrand Gore, membre du bureau long métrage du SPI et actuel coprésident du Bureau de liaison des organisations du cinéma (Bloc), indique que la position du Bloc sur la chronologie des médias a récemment été décidée. Le groupement plaide pour un maintien de la fenêtre de 4 mois pour les salles, assorti d’un engagement de comportements vertueux de la part des salles (notamment celles de la grand exploitation). Il s’agirait d’un renforcement des engagements de programmation par rapport aux accord de 2016, des engagements de promotion de la part des salles et de la création d’une commission de contrôle opérationnelle, instance de régulation qui soit garante du bon fonctionnement du dispositif.

 

Mieux financer les films à tous les stades

 

Le Bloc appelle également à de nouvelles obligations des chaînes. La question se pose notamment pour la TNT, qui forment 30% des audiences et presque autant du marché publicitaire, mais sont éclatées et n’ont pas de chiffres d’affaire élevés. Or, le seuil de déclenchement des préfinancements est à un niveau élevé (150 M€). Le Bloc préconise donc d’abaisser ce seuil.


Sur les aides publiques, Mathieu Bompoint insiste sur la nécessité de nouvelles aides à l’écriture et au développement, autour du trio scénariste-réalisateur-producteur. Il évoque aussi l’idée que l’avance sur recettes donne ses chiffrages plus en amont, afin de permettre plus de visibilité pour les producteurs.
Le SPI et le Bloc se sont également exprimés sur le seuil d’intensité des aides publiques. Le seuil maximal des aides publiques attribuées à un film est actuellement à 50%, et à 60% pour les premiers et seconds films et films à petits budgets. C’est justement pour ces derniers, qui ont souvent besoin de soutien public pour exister, que le SPI demande que le seuil soit augmenté, afin de favoriser une diversité de production. Enfin, les intervenants du SPI ont noté une tendance actuelle, notamment en région, au renforcement des aides automatiques et semi-automatiques et un point de vue économique prenant principalement en compte les dépenses engagées en région, au détriment parfois de la qualité ou du caractère novateur des projets.


Les autres enjeux actuels de la filière cinéma ont été rapidement évoqués : la lutte contre le piratage, sur laquelle "les choses avancent", et transposition de la récente directive européenne SMA dans la future loi sur l’audiovisuel public. Un seul mot d’ordre : défendre les œuvres de cinéma et leurs créateurs.

 

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