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Cannes 2018 : L’Afcae dresse le bilan de ses actions en 2017


 

François Aymé, entouré des membres de son bureau, a fait un long point sur l’action de l’Association française des cinémas d’art et essai (Afcae) à l’occasion de son assemblée générale qui s’est tenue lundi 7 mai, à Cannes, dans la salle Debussy du Palais des festivals. En 2017, les salles classée art et essai, en constante augmentation, ont réalisé, selon les estimations de l’Afcae, 62 millions d’entrée, soit près de 30% de la fréquentation globale dans les cinémas. Les films recommandés ont quant à eux attirés 41 millions de spectateurs, soit une légère baisse par rapport à 2016, qui en totalisait 47 millions. La part de marché de ces films est de 20%. En tout, le parc de salles classées s’élève à 1205 établissements, soit 43 de plus que l’an passé ; plus de la moitié bénéficient d’un label. Les 992 membres de l’Association représentent désormais 1146 établissements et 26 associations territoriales ; c’est 30 cinémas et deux associations de plus.

 

500.000 € supplémentaires pour l’art et essai en 2019

 

Parmi les actions menées par l’Afcae, la réforme du classement art et essai, initiée en avril dernier, est en voie de finalisation, pour une mise en œuvre intégrale en 2019. Le montant de l’enveloppe avait été alors augmenté de 1,5 M€. Frédérique Bredin, la présidente du CNC, a annoncé lors de l’assemblée générale que 500.000 € supplémentaires seront alloués en 2019, ajoutant que "dès cette année, plus de la moitié des cinémas classés, au nombre de 575, ont vu leurs subventions progresser de 17% en moyenne".

 

Les problèmes d’une enveloppe fermée

 

Si la réforme donne dans l’ensemble satisfaction à l’Afcae, l’association regrette cependant qu’en raison du dépassement de l’enveloppe, les salles aient dû subir une baisse de 7% de leur subvention liée à l’augmentation du travail des salles. Une situation qui pourrait se reproduire dans les années à venir. Elle demande ainsi que le montant de l’enveloppe soit décidé annuellement par le CNC en fonction de l’évolution globale des salles et que des ajustements soient réalisés en matière d’outils à disposition des commissions pour plus d’équité. "Le risque majeur est que la mise en place de la recommandation a priori incite des salles à développer encore plus leur programmation art et essai, avec comme conséquence paradoxale dans une enveloppe fermée, un rabotage prévisible de toutes les salles, y compris celle qui s’investissent le plus", prévient François Aymé.

 

Pour une recommandation a priori

 

Autre grand changement : la réforme de la procédure de recommandation des films a priori, sous réserve d’une phase d’expérimentation. A ce titre, l’Afcae a mis en place en début d’année une nouvelle plate-forme de visionnage des films pour ses adhérents, qui sont aujourd’hui 500 à l’utiliser, avec la participation de 67 distributeurs qui ont accepté de mettre à disposition tout ou une partie de leur line-up. L’Afcae mise ainsi sur un nombre de 200 films disponibles. L’objectif étant de pouvoir recommander les films cinq à six semaine avant la sortie.

 

L’Observatoire du renouvellement de l’équipement numérique

 

La question de l’après-VPF demeure aussi en suspens. L’Afcae avait proposé au CNC un financement tripartite assuré par les exploitants, les distributeurs et le Centre. Proposition que le CNC n’a pas retenue afin d’éviter aux distributeurs une nouvelle contribution, même si celle proposée par l’Afcae s’avérait bien moindre que les efforts fournis jusqu’ici. L’association promet de participer activement à l’Observatoire du renouvellement de l’équipement numérique de la petite et moyenne exploitation, mis en place par le CNC. Xavier Lardoux, le directeur du cinéma du CNC, a ensuite précisé que celui-ci se réunirait tous les mois afin de dévoiler à l’automne une "photographie la plus précise possible des coûts de maintenance et de renouvellement".

 

Une chronologie toujours pas arbitrée

 

Si la réforme complexe de la chronologie des médias n’a toujours pas abouti, l’Afcae a pu rencontrer Dominique d’Hinnin, le médiateur chargé du dossier par la ministre de la Culture, afin d’exposer la réalité de l’exploitation dans le temps et en profondeur. La question de la dérogation accordée à environ 50% des quelque 750 films sortant chaque année, pour une sortie en vidéo anticipée à trois mois au lieu de quatre, inquiète. A ce titre, l’Afcae demande que "le délai de quatre semaines imposé aux petites salles né du système des VPF soit supprimé ou, a minima, diminué". Richard Patry, le président de la Fédération française des cinémas français, est intervenu pour préciser où en étaient les discussions autour de la chronologie : "Rien n’est arbitré, mais, pour l’instant, le fait que les médiateurs ont repris les propositions de laisser à quatre mois la fenêtre salle, avec une dérogation à trois mois est une victoire. Mais les modalités de cette dérogation ne sont pas gravées dans le marbre puisqu’aucun accord n’est signé."

 

Un bilan positif pour les groupes de l’Afcae

 

Pour le bilan des actions des différents groupes de l’Afcae, celui chargé de l’Action Promotion a soutenu, en 2017, 33 films de 20 distributeurs différents, et revendique une grande diversité de propositions. A noter que 11 d’entre eux sont des premiers longs métrages et que 13 ont obtenu le label Recherche et Découverte. Ces films ont réalisé, tout comme en 2016, 5,6 millions d’entrées sur une durée d’exploitation moyenne de 15 semaines. A titre d’exemple, parmi les films soutenu par le groupe Action Promotion, Un homme intègre a réalisé 93% de ses entrées dans des salles art et essai. Un ratio qui est de 94% pour Faute d’amour, 71% pour 120 battements par minute et 66% pour Petit paysan. Des exploitations sur la longueur que pourrait mettre à mal une réduction de la fenêtre d’exclusivité des salles.

 

Le groupe Jeune Public a soutenu quant à lui 18 films en 2017, pour 1,5 millions d’entrées, dont 80% ont été réalisée dans les salles art et essai. Toujours en 2017, la première édition du Festival Enfants Télérama-Afcae a permis de réaliser 50.000 entrées dans 116 sallesparticipantes. En 2018, l’édition a fait encore mieux avec 70.000 entrées dans 180 cinémas. Le groupe promet des ajustements à venir pour la troisième édition, en fonction des retours qui lui sont parvenus.

 

Quant au groupe Patrimoine Répertoire, il a soutenu 12 films, quatre cycles, et deux rétrospectives, portés par 12 distributeurs. Son action a été enrichie, entre autres, de fiches-exploitants numériques dont 10 films ont bénéficié depuis mars 2017, de nouveaux documents d’accompagnement sous forme de fiche-collection, d’avant programmes numériques, ainsi que de tournées d’intervenants telles que celle consacrée à la rétrospective Clouzot pour laquelle Noël Herpe est intervenu dans plus de 30 cinémas. Ces soutiens ont permis de réaliser plus de 300.000 entrées, contre 43.000 en 2016 pour 11 films, une rétrospective et un cycle.

 

 

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